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𝐄 𝐏 𝐈 𝐒 𝐎 𝐃 𝐄 - 13 : Mjöltznir 1/9

— La Géante ? Qu'est-ce que ça signifie ?

Sitôt remise debout, Chrysiridia déglutit. Elle se tenait devant ses quatre compagnons, y compris Vadim, qui la fixaient avec des regards empreints d'incompréhension. Son cœur était lourd de révélation et reflétait la douleur de cette difficile vérité qu'elle s'apprêtait à leur dévoiler. Une profonde vulnérabilité enveloppait son être alors qu'elle se confrontait au regard de son gendre qui semblait chercher des réponses dans ses yeux.

Elle savait que ses paroles allaient bouleverser leur perception de la réalité et remettre en question les fondements de leurs relations avec Jaya. Malgré sa détermination à faire face à la situation, elle ne pouvait se permettre de perdre du temps.

— Continuons notre recherche, je vous expliquerai en chemin. Ma fille ne doit pas être loin !

— Votre fille ? clama Symphorore. Mais qu'est-ce que...

Subitement, en scrutant avec finesse le profil offert par la matriarche, la jeune femme fut saisie d'un éclair de lucidité. Un frisson lui parcourut l'échine, face à cette similitude frappante tout droit revenue d'entre les morts.

— La... la reine... ? Vous êtes la reine Chrysiridia ?

Cette déclaration, lancée comme une flèche par la chasseresse, sidéra Tiordan. Il rejoignit la surprise en s'écriant :

— Mais vous... Vous étiez censée être morte !

— Je ne le suis pas et ça n'a que peu d'importance. Jaya est peut-être encore proche, alors suivez-moi !

— Hors de question ! Vous allez m'expliquer immédiatement ce qui arrive à ma femme avant toute chose !

Avec fermeté, Vadim avait agrippé le bras de Chrysiridia, la retournant vers lui. Devant cet acte d'irrévérence, elle le zébra d'un regard foudroyant, avant de retrouver une certaine contenue.

— Il... Il y a une malédiction sur les femmes de la famille De Myre. L'héritage terrible de notre aïeule, Olya Calpernia. Avant de poser pied sur le sol de Glascalia, elle fut maudite par la famille de son premier mari abusif et violent, usant de ce qu'on appelle un élixir malédique qui la changea en véritable monstre : une géante de glace. C'est ainsi qu'elle fut bannie. Elle a tué son horrible mari pour conserver sa vie et a récolté la vengeance ignoble de sa belle famille ! J'avais pris soin de sceller le Risen de Jaya, non par cruauté, mais dans l'espoir de la préserver de cette sombre part de nous qui nous consume de l'intérieur, génération après génération. Mais désormais, son Risen s'est éveillé. La malédiction grandira en elle, se multipliant à chaque accès de colère. Nous devons la retrouver au plus vite ! Si jamais la géante se réveille, elle sera une tempête de destruction !

— Mais attendez, comment ça, l'héritage ? Pourquoi les membres de votre famille ont hérité de sa malédiction ? demanda Amaros, perdu.

— Lorsqu'une malédiction est infligée à une personne, elle devient un Malédictus, un humain maudit qui portera en lui l'essence d'une créature mi-homme, mi-démon. La forme du démon dépend de la confection de l'élixir. Cette malédiction s'insinue dans son sang, s'enroule autour de ses fibres les plus intimes et ne peut jamais être délogée. Elle devient une part inextricable de son être, un gène sombre et indélébile qui se transmet à sa descendance. C'est ce qui est advenu à notre lignée. Chaque femme du clan De Myre porte en elle le fardeau de ce legs maudit. Nous sommes des filles de Malédictus.

— Ça veut dire que... vous aussi... ?

Chrysiridia posa son regard sur chacun d'entre eux, s'attardant finalement sur Vadim avec une attention particulière.

— Oui, moi aussi. Cependant, j'ai appris à maîtriser ma géante, à tenir les rênes de ce pouvoir colossal plutôt que de le subir. Je suis parvenue à faire de cette force une alliée, afin de m'en servir lorsque je le souhaite.

— Alors c'était vous, la géante qui a détruit Alhora ? C'est pour cela que vous avez quitté le royaume, ce soir-là, et que vous vous êtes faites passée pour morte ? susurra Symphorore, la voix tremblante d'effroi.

— Non... ce n'était pas moi. C'était... ma petite sœur.

Un silence lourd s'immisça durant une fraction de seconde, une éternité qui sembla insoutenable pour la reine déchue et ses souvenirs empoisonnants. Sans plus attendre, elle la rompit :

— Lors de la guerre entre Alhora et Thorimay, toute ma lignée a été décimée. J'ai consenti, le cœur lourd, à épouser le fils de ceux qui avaient ôté la vie à mes proches, dans l'unique but de mettre un terme à ce conflit sanglant. Mais il restait quelqu'un... ma petite sœur, Rahya. J'ai abandonné Rahya à Thorimay parmi les survivants, lorsque j'ai dû épouser Frost, et elle m'en à toujours voulu. Mon unique désir était de la mettre à l'abri, de la préserver du cruel destin qui avait emporté nos parents et nos frères. Des années se sont écoulées avant que la géante en elle ne prenne le dessus, rongée par la haine. Poussée par son désir de vengeance contre les atrocités commises par l'armée des Northwall sur nos terres, et par le besoin de me retrouver, elle s'est dirigée vers Alhora. C'est là que j'ai été contrainte de retourner dans les montagnes pour affronter ma propre sœur, afin de protéger ma fille, mon mari, mon royaume et mon peuple. Quand j'ai retrouvé Rahya, elle avait entièrement succombé aux ténèbres. J'ai tenté de la ramener à la raison, de réveiller la petite sœur douce que je connaissais, mais la géante avait dévoré son âme. Elle n'était plus là. J'ai donc été obligée de l'achever pour que plus jamais cela ne se reproduise, mais surtout pour protéger les survivants de Thorimay contre sa folie aveugle.

Elle pointa douloureusement les larges cicatrices sur sa joue.

— Ce que j'ai au visage est une résultante du combat avec ma sœur. Si je ne l'avais pas arrêtée, elle aurait détruit Glascalia.

Un poids mélancolique s'abattit sur le cœur de Chrysiridia en y repensant.

— C'est pour cette raison que je cherche ardemment l'entrée du Coda Leolan. Son eau est la seule chose qui puisse détruire la malédiction en nous et nous délivrer à jamais de ce mal. Mais en vain.

À la fin de ce récit, Vadim fut le seul à oser bouger. Il avait pleinement saisi les enjeux et les risques auxquels ils étaient exposés, et plus particulièrement ceux qui pesaient sur Jaya. Il n'attendrait pas une seconde de plus. Hache en main, suivi de près par Liloïa, il se précipita en avant, dépassant tout le monde d'un pas résolu, se frayant un chemin à travers bois.

— Je dois absolument retrouver Jaya et ce maudit lac ! Et mettre un terme à tout ça !

— Vadim, attends-nous ! Tu ne vas quand même pas y aller seul ? clama Amaros qui suivit la horde, à nouveau en marche derrière le guerrier.

— Je n'ai pas besoin de vous !

— Ne joue pas les héros, mon garçon, gronda la cheffe. Tu ne sais pas à qui, ni à quoi tu as à faire !

S'immobilisant brusquement, Vadim brandit son arme tranchante en direction du groupe derrière lui, l'œil noir.

— Je ne joue pas les héros ! Un héros ne fait que le bien dans sa vie, il sauve le monde. Pas moi ! Peu importe ce qu'elle est, c'est ma femme et je la sauverai avant tout ! Je brûlerai ce monde pour elle... je vous brûlerai tous autant que vous êtes.

Ses yeux perçants se fixèrent particulièrement sur Tiordan qui frissonna sous son manteau. S'il avait eu l'audace de soutenir son regard ne serait-ce qu'une seconde de plus, il aurait juré qu'il aurait pris feu sur-le-champ.

Vadim se retourna alors vers Liloïa.

— Utilise ton sonar pour trouver Jaya, ma belle. Guide-moi jusqu'à elle.

La dragonne, un grondement sourd s'échappant de sa gorge, fit frémir ses barbillons qui crépitèrent, émettant une lueur ondoyante. Elle se concentrait. Instantanément, les membranes délicates, semblables à des ailes de papillon, encadrant sa tête, se dressèrent. Elle se tourna vers le nord ; elle l'avait sentie ! Vadim, sans la moindre hésitation, la suivit lorsqu'elle s'élança au galop à travers la nuit enneigée.

— Ce garçon va me rendre chèvre, grogna Chrysiridia. Venez, vous trois !

Sans plus attendre, elle se lança à sa poursuite, bientôt rejointe par le trio. La neige recommençait à se déposer doucement, recouvrant les empreintes laissées par Jaya, dont la silhouette s'était depuis longtemps estompée à l'horizon.


Paniquée et submergée par la culpabilité, Jaya courait. Toujours plus loin, laissant derrière elle sa vie devenue si paisible. Elle courait jusqu'à en perdre le souffle, son corps transpercé par une froideur qui s'intensifiait dangereusement. Ses pieds ripèrent sur les rochers gelés de la montagne, mais elle se releva avec bravoure, nourrie par l'espoir de mettre la plus grande distance possible entre elle et le hameau.

Pourquoi ? Elle-même ne le savait pas.

Plus rien n'était clair dans sa tête torturée, seule cette douleur persistait. Insoutenable, déchirante, glaciale.

Et cette peur... Cette peur de blesser à nouveau, cette peur de voir jaillir ce qui forçait en elle de toutes ses forces jusqu'à en fissurer sa cage thoracique.

Elle percevait des appels lointains ; la voix de sa mère, mais elle continua de courir. Elle allait devoir trouver une solution pour maîtriser ce tumulte intérieur, ou attendre que la douleur se dissipe, avant de pouvoir les confronter.

Ses larmes n'étaient plus que des cristaux de gel sur ses joues. Durant sa course éperdue, elle repensa à Vadim. Était-il mort après avoir entendu le cri ? Elle l'avait abandonné comme un moins que rien, dans ce chalet en proie aux flammes. Malgré toutes les horreurs qu'il lui avait proférées, elle s'en voulait terriblement. Elle n'avait rien pu contrôler, cette haine avait pris toute la place.

S'il venait à mourir à cause d'elle... Elle mourrait avec lui. Tout s'arrêterait ainsi, plus aucune douleur, plus aucune peur. Juste lui et elle, et leur fils, dans les cieux.

Jaya bondit par-dessus une congère avant de s'effondrer à genoux dans la neige tendre, épuisée, essoufflée et endolorie. Lorsqu'elle leva les yeux, guidée par le murmure apaisant de l'eau, elle prit conscience de sa proximité avec le fleuve du fjord, là où se dressait le drakkar. Agité délicatement par le courant, le navire dans l'obscurité ressemblait à une créature mythique, une bête de légende émergeant de l'ombre.

Elle était piégée.

— Jaya !

Derrière elle, les cris s'intensifiaient, devenant de plus en plus audibles. Elle pensa même discerner le rugissement profond de Liloïa... Se remettant sur pieds, Jaya vacilla un instant avant de se précipiter vers le bord du fleuve. Devant l'indomptable tumulte des eaux, elle resta en suspens. Que pouvait-elle faire à présent ? Il lui était impossible de traverser. À la nage, ce serait du suicide.

Dans un élan de désespoir, elle se précipita vers les cordages du drakkar, croyant naïvement pouvoir les dénouer seule pour s'enfuir. Malheureusement, ses bras frêles se révélèrent peu utiles face à la tâche.

— Jaya, reviens, je t'en prie !

— Braoooouuu !

Elle frissonna, le cœur battant. Ils étaient tout proche !

Alors que Jaya posait son pied sur la rive dans un mouvement de recul instinctif, la magie qui pulsait en elle se manifesta de nouveau. Lorsque la surface de l'eau se transforma en glace dure sous son poids, elle fut frappée par une vague de stupéfaction mêlée de peur. Ses yeux s'écarquillèrent devant ses semelles qui scintillaient d'une lueur bleutée.

Soudain, elle songea à l'impossible. Devant elle se dessinait une possibilité de traverser le cours d'eau, mais l'appréhension la paralysait. Et si la glace se brisait durant sa traversée ? Elle tomberait à l'eau et se ferait emporter. C'était dangereux, inconscient... mais elle voulait le tenter.

Le cœur cognant comme un tambour, elle prit une profonde inspiration et posa délicatement son autre pied sur l'eau qui gela instantanément, s'étirant en une plaque solide qui s'étendait sur plusieurs mètres autour d'elle. Un autre pas, plus assuré, suivit, puis un autre. Encore un, puis une série. Les vagues du fleuve se figeaient à son passage, créant des pics hurlants qui se ruaient vers elle, tels des bêtes enragées. Sans faiblir, elle les esquiva avant qu'ils ne se pétrifient.

Elle glissa à un moment et failli trébucher, mais elle tint bon, nourrie d'une détermination nouvelle face à sa magie.

Dans un dernier saut, elle atterrit sur l'autre rive, s'étalant violemment sur le sol. Haletante, elle jeta un dernier regard sur le sillon de glace qu'elle avait tracé à travers le fleuve. Elle avait réussi.

Mais elle allait devoir continuer, désormais.

Se redressant courageusement, Jaya contempla la forêt dense qui s'étendait devant elle. Elle se remémora alors leur première partie de chasse avec les habitants du hameau. Elle se souvint de ce lieu mystique que sa mère avait évoqué, un lieu consacré et interdit aux villageois.

Mjöltznir.

Ces terres redoutées, parsemées de cratères noirs et emplis de mystères, lui avaient été formellement interdites. Chrysiridia avait parlé d'autres gens, peut-être des mages, qui gardaient jalousement de nombreux secrets. Si aucun membre du hameau n'avait osé y poser le pied, peut-être que les réponses à ses questions s'y cachaient.

Aux tréfonds de son être, Jaya nourrissait l'espoir de trouver en ces lieux étranges, un moyen de rectifier sa faute et, qui sait... savoir ce qui la consumait de l'intérieur.

Comprendre.

Et guérir.

Si le hameau ne pouvait l'aider, elle n'avait plus que cette solution.

Ses pieds semblaient avoir leur propre volonté, attirés par l'aura mystérieuse qui émanait de cette région des Montagnes Boréales. Elle avança, sans relâche, traversant forêts et buissons jusqu'à découvrir ce champ de sentinelles de pierre noire et brillante. Ces lances acérées surgissaient de la neige comme des cornes, et un voile de brouillard enveloppait les cratères qui se dissimulaient çà et là.

Malgré l'angoisse qui la tenaillait, Jaya oublia les recommandations et s'y aventura.

Elle avança avec prudence, ses pas pesants résonnant dans le silence, ses oreilles aux aguets sur le moindre bruit. Les roches noires, luisantes et tranchantes, entrelacées aux arbres géants, dessinaient un labyrinthe lugubre où il était facile de se perdre. Le vent neigeux et les hululements d'une chouette des neiges semblaient murmurer des avertissements, mais pour Jaya, il n'était plus question de faire demi-tour.

Elle était pleinement consciente du danger que sa déviance représentait, de l'inconscience qu'elle affichait face aux mises en garde de sa mère. Chaque frisson qui parcourait son corps lui rappelait l'extravagance de sa décision de s'aventurer dans un lieu aussi sombre, étouffant et menaçant, bien plus que la forêt qui s'étendait sur l'autre berge.

Elle avait été bien trop intrépide... Ce n'était pas une bonne idée.

Elle s'immobilisa au cœur du sentier nimbé de blanc, là où aucun ciel n'était visible, puis fit un pas en arrière. Il était peut-être préférable de rebrousser chemin...

Mais il était trop tard.

Un bruissement dans les feuillages lui fit rebondir le cœur.

— Vadim ?

Le silence.

— M... mère ?

Des crissements de pas dans la neige.

Elle ne voyait rien, tout était si sombre. Quelle folie l'avait poussée à venir ici... Elle devait s'en aller, et au plus vite ! Une présence indéniable rôdait dans les parages, alimentant et amplifiant sa crainte déjà grandissante.

Cependant, au moment où elle s'apprêtait à faire volte-face pour fuir, un bruit sifflant fendit l'obscurité, provenant d'un buisson proche. Une flèche, rapide comme l'éclair, vint se loger avec force dans l'arbre juste à quelques centimètres de sa tête, faisant voler l'écorce en éclats.

Elle était attaquée !

Par qui ? Par quoi ? Elle n'en avait aucune idée, mais elle choisit de faire confiance à son instinct et prit ses jambes à son cou.

Elle s'élança avec une frénésie quasi démente, inspirant de grandes bouffées d'air qui lui gelaient les poumons. Elle tenta de gravir la pente enneigée, mais dérapa. Des ombres agiles la pourchassaient, la traquant comme une proie.

Jaya tenta de se hisser en s'accrochant à un buisson sans prendre garde aux épines transperçant sa peau, mais ses pieds glissèrent sur des pierres friables et elle se retrouva écrasée au sol, le souffle coupé.

Elle ne put aller bien loin, car trois silhouettes massives la surplombait dans les ténèbres.

— Ne me touchez pas ! Non !

Qui étaient-ils ? Son cœur sembla s'arrêter, gonflé par la terreur, lorsque l'une de ces silhouettes brandit un gourdin au-dessus de la tête de la princesse et l'abattit avec brutalité sur son crâne fragile.

Jaya fut assommée d'un coup sec, sombrant douloureusement dans le voile de l'inconscience.

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