Chào các bạn! Vì nhiều lý do từ nay Truyen2U chính thức đổi tên là Truyen247.Pro. Mong các bạn tiếp tục ủng hộ truy cập tên miền mới này nhé! Mãi yêu... ♥

Un Diamant Alhorien 2/11

S'il y avait bien un homme protecteur parmi les protecteurs, c'était bien le roi. Il prenait des mesures spéciales pour assurer la sûreté de son peuple, comme ériger un mur de trente mètres autour de la ville, ou bien interdire à sa douce fille de sortir seule hors du château. Qui sait ce qui pouvait arriver ? Or, cet après-midi là, Jaya avait insisté pour partir en balade sur le centre-ville afin d'aller admirer les décorations florales liées à la Fête de la Floraison. Frost était resté sceptique, savoir que sa fille pourrait être exposée au danger ne le réjouissait pas et faisait ressortir de bien sombres souvenirs.

Notamment les plus récents, à savoir son kidnapping dans la Forêt des Murmures et celui perpétré par Starania. Mais pouvait-il toujours la retenir ? L'enfant était devenue femme, elle rêvait de voir l'extérieur depuis toujours et il l'en avait empêchée. Il n'avait jamais pensé que cela puisse autant toucher Jaya et ne désirait plus la rendre triste.

Mais pouvait-il se blâmer lui-même pour n'avoir été qu'un père protecteur envers ce qu'il avait de plus cher au monde ?

Devant les yeux suppliants de sa fille, le roi convint à une trêve. Elle faisait beaucoup d'efforts ces temps-ci et c'était louable, mais lui imposa des conditions. Elle pouvait sortir deux heures supervisée par une escorte de soldats. C'était suffisant pour Jaya, suffisant pour gommer l'angoisse de recevoir une nouvelle invitation de la part de sa tante. Les sessions habillages et maquillage d'Evanora étaient plus ennuyeuses que les anecdotes sportives de son oncle.

Ce fut la raison pour laquelle Jaya se retrouvait en ville, déambulant parmi les passants et les ouvriers en plein travail de décoration malgré le froid mordant. Des hommes clamaient de l'aide, montés sur des échelles, afin d'accrocher des guirlandes de fleurs nivéales fraîchement tissées. Violettes, clématites, perce-neiges, hellébores et autres hamamélis se mariaient dans une myriade de couleurs égaillant la blancheur de la neige recouvrant les toits et les gouttières. Celle-ci avait cessé de tomber la veille, les villageois redoublaient d'effort pour dégivrer leur perron ou même les rues afin de faciliter les allers et venues des mineurs de fer tractant leur labeur dans d'énormes charrettes jusqu'au poste de tri. 

Les parfums fleuris, divers et variés, attendrissaient le cœur de la princesse qui replongea un instant dans son adolescence. À cette époque, cette fête était tout ce qu'elle attendait pour quitter le château en douce et rejoindre Tiordan et Symphorore dans les petites allées étroites du village pour admirer les fleurs et prendre le goûter. Adorant la pâtisserie, Symphorore ramenait toujours ses fameux « délices symphoniques », des biscuits qu'elle faisait elle-même. Leur goût semblait imprimé sur le palais de Jaya. Sucré et légèrement farineux, elle engorgeait la pâte de châtaignes concassées et de baies bleues. Elle les avait nommés ainsi car, selon elle : une seule bouchée et on chantait à tue-tête leur délicieuse saveur.

Ce n'était pas faux.

Symphorore... Tiordan... Jaya se demandait ce qu'il leur était arrivé. Elle ne les avait plus jamais revus après l'incident de Cassandore. Allaient-ils bien ? Étaient-ils toujours avec Amaros ? Elle l'espérait, ce pauvre garçon n'avait désormais plus de famille. Plus de père... et plus de cousin.

Soudain, l'œil de Jaya fut accroché par le scintillement d'une vitrine. C'était une bijouterie, des colliers, bagues et boucles d'oreilles magnifiques et scintillants y étaient exposés. La porte de l'enseigne s'ouvrît, laissant voir la silhouette chic d'un homme très bien habillé. Plantée sur la rue pavée, Jaya croisa son regard...

D'un noisette très vif.

— Princesse Jaya ?

C'était l'homme du manoir de sa tante ; ce fameux Lord Elroy... Lorsqu'il s'approcha, un grand sourire au visage, les trois gardes escortant Jaya formèrent une barrière autour d'elle. Elle dut leur assurer qu'il n'y avait aucun danger pour qu'ils se détendent.

— Cher Lord... Quelle surprise de vous voir par ici.

— Je vagabondais en quête de la perle rare, si je puis dire. Cette bijouterie m'a été conseillée par mon oncle, j'y suis donc allé pour voir quel genre de pierres utilise-t-on à Alhora.

— Et qu'avez-vous trouvé ?

— Beaucoup d'aigues-marines, de morganites, d'opales et de saphirs. Apparemment, ceux-ci sont les favoris de votre dynastie.

— Nos mines de saphirs sont les plus prolifiques du royaume, ils représentent la couleur de notre blason et de la famille Northwall.

— C'est une belle représentation.

Un moment de flottement s'instaura entre eux, le temps qu'un petit flocon ne chute d'un toit pour tomber sur l'épaule du lord.

— Et vous, princesse, que faites-vous ici ? Je n'ai même pas pensé à vous le demander plus tôt, je suis bien trop bavard. Pardonnez-moi.

— Non, ce n'est rien. Je me baladais, j'aime beaucoup m'enivrer de l'ambiance festive qui arrive à cette époque de l'année.

— Je dois dire que c'est plutôt agréable aussi. Puis-je... vous accompagner durant votre balade ? Enfin... si vous êtes d'accord, bien entendu. Loin de moi l'idée d'être trop audacieux.

Un instant, Jaya le jaugea du regard. Sa bouche ne coopéra pas avec son envie de partir au triple galop.

— Non, ce... ce serait avec plaisir.

Pourquoi ai-je accepté ? Jaya l'ignorait elle-même, mais sa réponse sembla ravir le jeune Lord Snovar qui vint marcher à côté d'elle. Sur plusieurs mètres, le calme habilla leur promenade. Jaya s'en voulait un peu d'avoir si vite accepté, presque froidement, peut-être que ce lord était offensé par sa distance s'il ne disait pas un mot. Ce n'était pas son intention ; la brune décida alors, après s'être nerveusement mordue la lippe, de briser ce silence afin de réchauffer l'atmosphère.

— Alors, vous... v-vous êtes diamantaire ?

— Oui, je suis propriétaire d'une mine de diamants sur les reliefs du massif d'Entreneige, à Eldemir. Mes employés récoltent les diamants bruts que je taille ensuite pour augmenter leur valeur esthétique et leur prix à la revente. C'est un travail d'orfèvre, parfois, en vue de la dureté du minerai. Il faut être très fin dans la main-d'oeuvre. Couper, cliver et polir un diamant est une tache minutieuse mais si gratifiante lorsqu'on réussi à obtenir la plus importante réflexion lumineuse à sa brillance.

— C'est impressionnant.

— Je suis heureux de savoir que mon travail vous impressionne. Mais parfois, je ne m'arrête pas qu'aux diamants. Je voyage beaucoup afin de trouver des pierres sortant de l'ordinaire. C'est une passion pour moi.

— C'est une bien belle passion. Mais... que voulez-vous dire par « la plus importante réflexion lumineuse » ?

À cette question, Elroy étira un large sourire. Elle paraissait si innocente vêtue de ce regard curieux pointé vers lui.

— Laissez-moi vous montrer.

Glissant sa main dans sa besace de cuir entourant ses épaules, il sortit une pierre trouble et difforme qu'il tendit à Jaya. Interpellée par cette étrange gemme, Jaya la prit en main et l'inspecta.

— Qu'est-ce que c'est ?

— C'est un diamant brut, il n'a pas encore été travaillé.

Un diamant brut ? C'était bien la première fois qu'elle en voyait un comme cela. D'habitude, les diamants étaient transparents, si brillants. Or, celui-ci ne ressemblait ni plus ni moins qu'à un morceau de caillou grisâtre.

— Vous voyez ? Aucune lumière ne passe à travers, il n'a donc pas la bonne esthétique, ni la bonne forme pour réfléchir la lumière. Le but de mon travail est d'avoir le bon pourcentage de lumière réfléchie et diffusée. Le principe est que toute la lumière qui pénètre le diamant par la table ou la couronne doit ressortir par ces deux endroits. Pour arriver à la forme finale, cette pierre devra passer par plusieurs étapes : le marquage, le sciage, le clivage, le débrutage et finalement le facettage. Et...

Il glissa à nouveau sa main dans son sac pour en sortir autre chose.

— Voilà ce qu'on obtient.

Il lui présenta un objet rutilant dans les mèches blondes du jour. Le prisme frappait la main du Lord et se reflétait avec émerveillement dans les yeux de Jaya. C'était magnifique ; comment une roche si banale d'apparence pouvait devenir si belle par la main de l'homme ?

— Il est superbe. Je ne savais pas que le procédé était si... laborieux.

Elroy sourit en rangeant ses deux gemmes.

— Je pensais qu'une princesse dont le père possède la totalité des mines de cristaux alhoriens connaissait un peu plus la matière.

— Non, je m'intéresse peu aux pierres, à vrai dire. Je préfère les fleurs. Une fleur est aussi belle, même quand il lui manque des pétales, mais après... elle reste éphémère contrairement aux gemmes. C'est ce genre de beauté qui me fascine.

Un instant, Vadim glissa dans ses pensées. Il était les deux à la fois pour elle ; un diamant indomptable, fort, coupant et beau, mais aussi une fleur fragile qu'on lui avait arrachée. Le minuscule sourire qu'elle portait à ses joues disparu aussitôt. À ses côtés, Elroy ne la quittait pas des yeux. Elle semblait si morne tout à coup, le regard et le cœur perdus dans le lointain.

Il s'arrêta soudain dans sa marche, attirant l'œil de Jaya.

— Après le bal de la floraison, je vais devoir rentrer chez moi, à Eldemir pour mon travail.

Il lui fit face, droit et imperturbable.

— J'aimerais vous dire une chose, princesse... Vous m'êtes très charmante, un diamant de la plus belle eau, même s'il serait encore plus beau avec un sourire.

Le toisant avec prudence, Jaya intercepta cette déclaration avec une légère confusion rapidement remplacée par un peu de timidité lorsqu'il saisit sa main pour y déposer un baiser.

— À vous revoir, princesse.

Lorsqu'il lui tourna le dos pour partir, Jaya resta immobile à fixer le mouvement de balancier de ses épaules carrées. Elle n'avait pas dit un mot, se contenta de remballer sa main sous sa cape pour la garder au chaud. Le contact chatouilleux de sa barbe restait encore sensible sur sa peau.

Quel homme intrigant... et charmant.


— Princesse, vous avez reçu un présent !

Dans sa chambre, en pleine lecture d'un palpitant roman d'amour, Jaya leva les yeux sur sa porte où se dessinait la silhouette de Madis. Celle-ci, toute joyeuse, entra sans y être invitée, une belle boîte enrubannée dans les mains. La princesse fronça les sourcils ; qu'était-ce donc ce paquet ? Elle n'attendait rien. Posant son livre, elle se leva de son fauteuil de velours pour voir cela de plus près.

— Il y a un mot dessus.

Un instant, elle ne songea qu'à un seul nom : Leftheris. Qui d'autre la recouvrait de lettres et de présents ? Mais quand elle prit le petit carton et qu'elle le déplia, ses yeux s'arrondirent de surprise.

« Des semaines de travail, les plus belles pierres de mon atelier, mais aussi la plus belle pièce de ma création, je vous les offre en gage de respect et d'admiration, princesse. J'espère vous voir avec pour le bal. Diamant de la plus belle des eaux.

Elroy Snovar. »

— Le fameux Lord Snovar ! s'écria Madis. Tout le monde ne fait que parler de lui, ces jours-ci ! Et il vous envoie personnellement un présent... Ça ne veut dire qu'une chose, princesse.

— Quelle chose ?

— Il s'intéresse à vous !

Jaya baissa les yeux sur la boîte encore fermée. Ce pourrait-il ? Mais, elle ne le connaissait que depuis peu pour ne pas dire du tout. Cette réflexion posa une certaine amertume sur le bout de sa langue.

— Qu'est-ce que vous attendez, votre altesse ? Ouvrez le.

Poussée par l'œil impatient de Madis, Jaya se rendit à sa coiffeuse où elle posa le coffret. Ses doigts délicats défirent le ruban et ouvrir le couvercle.

— Par la sainte grâce d'Ymos !

L'exclamation de Madis ne troubla même pas Jaya devant la somptueuse, incroyable et subjuguante rivière de diamants sertie de ses mille lumières. Les pierres étincelaient comme des dizaines de soleils incolores collés les uns aux autres sur de menues armatures d'or blanc. Cette parure de toute beauté la laissait béate d'admiration.

— Quelle merveille ! Elle doit valoir une vraie fortune !

Jaya soupira devant l'enthousiasme de sa domestique.

— Je n'en veux pas...

Madis crut s'étouffer avec sa propre salive.

— P-pourquoi ?

— C'est...

Ses doigts caressèrent le bijou.

— C'est un cadeau magnifique, mais... je me vois mal accepter des choses venant d'autres hommes. Mon... mon mari était très jaloux.

C'était donc pour ça ? À cause de son défunt mari qu'elle aimait probablement encore. Madis pencha la tête sur le côté, tristement, offrant un regard compatissant à la jeune veuve.

— Peut-être... serait-il temps pour vous de tourner la page.

— Tourner la page ?

Jaya avait lancé ces mots comme une aberration. Ses yeux tristes s'accrochèrent sur l'autel de fortune où le masque blanc trônait toujours, au milieu des coquillages. Abattue, elle tomba assise sur une chaise devant sa coiffeuse, le front dans la main.

— Je... Je ne sais pas si je pourrais...

— Faites le progressivement, alors. Ce lord m'a l'air plein d'attentions envers vous, ça va faire des jalouses.

Jaya réprima un petit rire méprisant envers elle-même ; si seulement elle n'avait pas toute cette attention et ces jalousies sur ses travers, elle s'en porterait que mieux. Madis posa une main sur son épaule.

— J'imagine bien que la perte de votre époux vous affecte encore malgré le temps qui a passé, mais vous êtes jeune... Vous pouvez encore trouver un homme bien qui saura prendre soin de vous. La saison des cœurs va recevoir une multitude de jeunes hommes tous plus séduisants les uns que les autres, c'est l'occasion rêvée pour vous de peut-être sortir de cette bulle dans laquelle vous vous enfermez.

— Mon mari était un homme extraordinaire malgré toutes les horreurs que l'on dit sur lui... confessa Jaya, après un court silence. Il me comblait à tous les égards... Jamais je ne retrouverai quelqu'un comme lui. Qui puisse... éveiller tout ce qu'il a pu éveiller en moi.

— C'est ce que vous pensez... mais la vie réserve beaucoup de surprises. Profitez de la vie, princesse. Essayez, vous verrez. Même juste une soirée.

Ses doigts s'enroulèrent à la larme pendant à son cou. Une soirée ? Oserait-elle y croire, même une seule soirée ? Il était encore tôt pour le dire. Si tôt...

Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro