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La Rage d'une Géante 4/4

« Je t'aime...

— Pourquoi... ? Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour me dire ?

Jaya baissa timidement la tête, faible face à ce regard turquoise pénétrant.

— Parce que je n'en étais pas sûre. Je le suis désormais.

— Je te croyais incapable de m'aimer.

— Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis. »

Dans le blizzard, les bras de Vadim se resserrèrent sur Jaya, n'acceptant pas que tout ce qui s'était passé avait pu véritablement se produire. La tenir ainsi, alors qu'elle ne respirait plus, ne dégageait plus cette aura rayonnante de vie qui l'avait fait éperdument tomber amoureux d'elle, attisait ce sentiment atroce qu'il pensait ne plus jamais connaître de sa vie.

Celui de l'impuissance.

« Je t'aime aussi, princesse... Tu n'imagines pas à quel point. »

Cette chaleur quand elle l'embrassait, ce bonheur de vivre auprès d'elle lui était jeté en pleine figure, dans ses souvenirs...

« Tu sais, le roman d'amour que je lis... Il y a un champ similaire aussi. Mais ce sont des pissenlits.

— Ça pique un peu plus, le pissenlit.

— Probablement. Et tu sais ce que fais l'héroïne ? Elle danse... sous la pluie. »

La beauté de son âme, de son corps, de son sourire, de tout son être...

« J'ai toujours rêvé de faire ça ! gloussa-t-elle. Comme Lady Mishana.

— C'est bien l'attitude d'une héroïne de roman à l'eau de rose, ça. »

De sa douce folie qui avait soigné son cœur malade et son esprit à la dérive, une pâquerette dans les cheveux...

« Réponds ! Ne t'avise pas de me mentir !

— Oui, j'ai couché avec lui, si c'est ce que tu brûles de savoir ! Mais je l'ai fais qu'une fois ! Je te croyais mort !

— Tous ces sacrifices, toutes ces heures à ne penser qu'à toi, alors que tu te faisais baiser par ce chien ! »

Elle lui avait littéralement fait perdre la raison, noyé sous la colère d'imaginer quelqu'un d'autre que lui avoir cette chance innommable de pouvoir l'effleurer, ne serait-ce qu'une infime seconde... Et elle avait tout de même su le pardonner.

— Jaya... Jaya...

Sa voix était une brisure dans le temps, un éclat de miroir planté dans son cœur qui lui repassait tout ce qu'ils avaient vécu ensemble. Inlassablement.

— Non... tu... tu ne peux pas...

Il la pensait plus forte que tout, malgré sa finesse. Plus maline et dégourdie que quiconque. Elle avait escaladé une montagne hostile sans l'aide de personne, tué un troll et un lycan... Elle... Elle ne pouvait pas mourir, ici. Elle n'avait pas le droit de sombrer dans cette faiblesse. Il le refusait catégoriquement.

— C'était pas censé se passer comme ça ! J'étais censé te protéger ! Tu n'as pas le droit de me faire ça, Jaya ! Tu n'as pas le droit ! Réveille-toi ! Regarde-moi ! Relève-toi ! Je t'en prie...

Il secoua vivement sa femme bien-aimée, l'espoir vacillant dans ses yeux. Son si joli visage retombait toujours dans le vide.

— Jaya... Jaya, s'il te plaît, ouvre les yeux. Je t'en supplie...

Il laissa échapper un sanglot, posant sa tête contre la sienne.

— Tu ne peux pas partir. Pas maintenant... Ce n'est pas comme ça que ça se termine ! Tu m'entends ?! Tu ne peux pas me laisser. Je sais que Danil t'appelle et qu'il a besoin de toi. Il a besoin de sa mère auprès de lui, mais... j'ai aussi besoin de toi. Je ne suis rien sans toi, tout est fade sans toi... Je ne peux pas vivre... sans toi.

Son ton devint suppliant. Toute sa faiblesse et ses cauchemars les plus profonds lui tombaient sur le dos. Il glissa sa main sur sa joue grisâtre, lisse et glaciale. Le contact devait être préservé, afin qu'elle sache dans son subconscient qu'il était là. Qu'il ne la lâcherait pas et qu'il la rattraperait toujours.

— Je ferai tout, Jaya. Tout ce que tu veux... Juste... reviens-moi. S'il te plaît...

Il ferma les yeux, une larme coulant le long de sa joue, se perdant dans l'éternité du moment. Il l'aimait terriblement, malgré tout ce qui leur était arrivé. Il regrettait les paroles, les gestes, et tout ce qui avait pu corrompre ne serait-ce une seconde leur mariage et leur amour.

Il regrettait tant.

Et à présent, il comprenait ce que Jaya avait ressenti durant un an, lorsqu'elle le pensait à sa place actuelle, sur ce fil étriqué de la mort. Toute cette peine qui torturait, cette maudite impuissance, la sensation de marcher sur un fil trop fragile et tomber dans un gouffre sans fin où cette moitié, qui consolidait sa seule lumière, s'était éteinte.

Il s'agrippa à son corps inerte et dépourvu de cette chaleur qui l'avait tant consolé, entre force et désespoir. Il poussa un hurlement d'animal. Une bête que l'on venait de tuer, de poignarder au plus profond d'elle-même. D'écorcher vive, sans attention, ni anesthésie. Brisée, éclatée, en poussière.

Et ce fut ce cri de chagrin qui guida le roi jusqu'à lui, à travers les dunes enneigées.

— Vadim !

Un tressaillement vint atteindre l'âme brisée du guerrier. Son regard s'était, depuis longtemps déjà, perdu dans les abîmes des larmes. Se rendant compte que Frost avait réussi à les rejoindre, il serra davantage le corps de Jaya contre lui et hurla :

— Ne la touchez pas ! Laissez-la !

Le roi avait l'entièreté du corps noué devant cette vue. Lorsque la géante avait disparu dans la tempête, il avait immédiatement quitté ses hommes, au galop, pour se lancer à la poursuite de la tâche bleue que représentait Vadim dans son esprit embrumé par les événements. Il savait que quelque chose était arrivé à Jaya.

Mais son âme de père ne pensait pas à cela, à cette gravité...

Vadim avait les yeux vitreux, inanimés, mais pourtant gorgés de chagrin. Il ressemblait à un lycan blessé prêt à attaquer pour défendre son bien le plus précieux.

— Elle... elle n'est plus là...

Lorsque le blond avait prononcé ces mots, c'était comme s'il avait révélé la chose la plus effroyable qu'un être humain puisse exprimer. Frost se figea, tenta de saisir le regard de Vadim pour déchiffrer l'indéchiffrable. Son palpitant accéléra en cadence par la peur grandissante.

— Je n'ai rien pu faire... Je suis perdu...

Frost sentit ses jambes flancher face à la vérité. Il explosait en morceaux, s'agrippant à ses cheveux comme pour tenter de faire face à cette douleur qui prenait possession de lui.

— Non...

Frost respirait difficilement. Il ne pensa plus à rien, pas même à son royaume, au combat, ni au froid. Il se dépêcha de prendre la cape de fourrure blanche que lui avait laissé Chrysiridia, posée sur son cheval, et tomba à genoux pour entourer le corps glacé de sa fille avec. Ses doigts épais tremblaient, les larmes montaient et finirent par choir lorsqu'il lui prit la main. Si fine, elle était raide, glaciale, d'une pâleur sans nom. Ses traits, d'une beauté éternelle, étaient apaisés. Elle ne souffrait plus, contrairement à eux.

Son enfant, sa chère petite...

Il glissa une main dans ses longs cheveux de neige.

— Non... C'est impossible... pas ma fille... c'est impossible ! murmura le roi, le cœur en miettes.

— J'ai essayé... j'ai essayé ! marmonna Vadim. J'ai cherché à la ramener à elle, j'y serais arrivé si... J'ai cherché, tant que j'ai pu... mais... je t'en supplie, Jaya... Viens me chercher, je... je suis perdu sans toi. Je ne pourrais pas...

Ses paroles transcendaient le silence. Un coup de lame dans la gorge et il pourrait la retrouver, c'était ce qu'il souhaitait le plus, à cet instant. Briser le voile de la mort pour la tirer vers lui, ou bien s'y abandonner et la laisser le saisir à pleines poignes.

Pendant longtemps, il avait cru que perdre Danil serait la pire épreuve qu'il eut à passer, mais il avait tort...

— Il doit y avoir un moyen ! hurla-t-il de douleur.

Soudainement, un léger frémissement des feuilles capta l'attention de Frost. Par un rapide coup d'œil, il distingua le visage de Chrysiridia. Elle n'avait plus sa stature imposante de géante et revêtait son corps fin d'humaine. Son regard, mêlant impatience et tristesse, était posé sur lui. Il comprit immédiatement qu'elle voulait qu'il vienne. Se levant sans un mot, Frost constata l'indifférence de Vadim à son égard et se dirigea vers sa reine, résolu.

Elle le questionnait des yeux.

Un regard de sa part et elle comprit.

L'horreur dans son cœur, la fatale réalité.

Frost enveloppa Chrysiridia dans son épaisse cape de fourrure noire, posant ainsi un voile sur sa nudité. La cape retenait encore sa chaleur réconfortante et son parfum. Puis, pieds nus et insensible à la température, Chrysiridia s'élança à travers la neige vers sa fille. Elle se jeta au sol avec empressement, prit son doux visage et le tourna vers elle.

— Jaya ? Jaya ?!

Pas la moindre réaction. Elle refusait d'accepter ce silence funeste.

— Elle n'est plus là...

Le souffle de Vadim, alors qu'il la serrait encore contre lui, lui donna des frissons. Lentement, sans un mot, Chrysiridia écarta le manteau blanc aux bois de cerf qui protégeait Jaya pour dévoiler sa poitrine.

Elle était marquée au niveau du cœur.

Comme elle le craignait.

Un hoquet de stupeur lui échappa, puis elle s'écroula une deuxième fois, submergée par les larmes. Elle avait échoué. Terriblement. La culpabilité de n'avoir pas su veiller avec assez d'attention et de prudence sur l'état de Jaya la rongeait ; elle savait qu'elle ne se le pardonnerait jamais.

Elle avait été une mère si médiocre pour elle depuis toujours et aujourd'hui, elle le réalisait plus que jamais.

— L'Anthaya, dites-moi qu'il y a un moyen... On peut peut-être la soigner grâce au Risen.

— Je... Il y a peu d'espoir... Une fois le cœur de la géante explosé, la malédiction meurt en même temps que le réceptacle. C'est la seule façon de venir à bout d'une géante. Rahya... est morte de la même manière. Pour Rahya, je n'avais aucune solution... mais...

Mais ? Une fois ce simple mot sorti de sa bouche, il continua sa route jusqu'au cœur de Vadim pour y faire un cocon. Il posa un œil rougi sur la matriarche, tout comme Frost.

— Là... J'en ai peut-être une. Il y a peut-être encore une chance.

L'espoir. L'espoir qui renaissait dans la poitrine, la lueur dans les yeux des deux hommes face à la pensée de la reine. Elle était d'une rare sériosité.

— Mais nous devons faire vite. Plus nous serons prompts à agir, plus nous augmenterons nos chances de réussite.

À la vitesse de l'éclair, Chrysiridia se releva, ignorant la morsure du froid lui scindant les pieds et les jambes. Son mouvement fut celui de Frost qui marcha aussitôt dans sa direction, les yeux et le cœur écarquillés sur la suite de son plan. D'un bras, il la retint de justesse lorsqu'elle s'étiola, la tête lui tournant comme un manège.

— Chrysiridia, ça va aller ?

— Oui, ça va, ce n'est rien. Ce sont les retombées douloureuses de ma transformation, ça va passer. Vadim, porte Jaya et envole-toi. Frost et moi prenons le cheval. Tu n'auras qu'à nous suivre, je vous expliquerai lorsque nous serons en chemin.

L'espoir, tel un soleil perçant les ténèbres, venait de les cueillir dans leur malheur. Peut-être avaient-ils une chance, aussi mince soit-elle, de ramener Jaya à la vie. Et si cela s'avérait vrai, Vadim s'y jetterait à corps perdu, quel que soit le danger.

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