❥︎ 𝓢𝓶𝓲𝓵𝓮 [ 𝓗𝓲𝓻𝓸𝓜𝓲𝓭𝓸 ]
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"- 𝓐 𝓺𝓾𝓸𝓲 𝓻𝓮𝓼𝓼𝓮𝓶𝓫𝓵𝓮𝓷𝓽 𝓵𝓮𝓼 𝓷𝓾𝓪𝓰𝓮𝓼 𝓭 '𝓪𝓹𝓻𝓮̀𝓼 𝓽𝓸𝓲 ?
- 𝓐 𝓭𝓮 𝓵𝓪 𝓫𝓪𝓻𝓫𝓮 𝓪̀ 𝓹𝓪𝓹𝓪 !!!"
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Le vent souffle, mais pas trop fort.
La nuit est noire, mais pas tant que ça.
Un sourire plane sur le visage de Hiroto, mais il est faux.
Puis les gouttes salés tombent, une à une, elles, elles sont vraies.
Assis sur l'herbe verte de la pente d'une colline, le roux se maîtrise difficilement, les sanglots longtemps retenus menacent de sortir tandis que les larmes ont déjà envahient ses joues pâles.
Hiroto n'est pas la personne la plus à plaindre, d'autres ont des soucis bien plus grave que lui, il en est conscient. Mais Hiroto il est malheureux, et il n'arrive pas à se débarrasser de cette sensation dans sa gorge, celle qui le serre et rend sa respiration compliquée. Hiroto gère mal le stresse. La pression tout ça... c'est pas pour lui, il préfère largement les plans décidés à l'avance sans changement de dernière minute. Hiroto est un bon garçon, mais comme toute personne sur cette Terre il est pourvu d'autant de qualités que de défauts. Alors même si un cœur en or se loge dans sa poitrine, un fort sentiment de jalousie envahit ses veines quand il aperçoit le doux sourire de Midorikawa adressé à Mona.
Mona, c'est une fille de la classe du rouge et du vert. Elle a de beaux cheveux blonds qui lui descendent en dessous des épaules et des yeux chocolat pétillants de vie. Mona c'est la jolie fille qui traîne toujours avec Midorikawa. Tout le temps. Tout deux passent leurs journées à rire ensemble, à se lancer des sourires complices, des anecdotes croustillantes ou encore d'échanger proverbes et citations.
Mona c'est cette même fille qui a remplacé Hiroto dans la vie de Midorikawa. C'est la fille du premier rang qui, au début de l'année n'osait pas regarder quelqu'un dans les yeux et qui maintenant peut te balancer des piques blessantes à la tête comme peut en témoigner l'attaquant.
Mais au final, ce qui désole le plus le joueur d'Eisei Gakuen c'est que son ancien meilleur ami ne voit pas à quel point cette fille est horrible, qu'il ne voit pas que derrière les beaux sourires de façade qu'elle offre au vert elle insulte le roux de tout les noms et s'amuse à piquer ses affaires.
Hiroto il ne fait rien pour se défendre, non. Il n'en voit pas l'intérêt, comme pour tout maintenant. Tout lui paraît fade, étrange, comme s'il venait d'un autre monde.
Ses pensées dérivent, il a peur. Peur de se perdre. Depuis quelque temps il se sent perdu, paumé. Il ne sait plus quoi dire ni faire, la vie est soudainement devenue si compliquée pour lui... Comme un casse-tête dont il ne parvient pas à trouver la solution. Sauf que Hiroto, il ne sait pas, plus. Doit il continuer à rester enfermé dans son silence ? Il n'en a pas la moindre idée. Il y a trop d'issues différentes, trop de possibilités, de choix. Il est indécis, quelle est la marche à suivre ?
Un soupir s'échappe de ses lèvres, formant un petit nuage qui s'élève dans le ciel pour s'envoler vers les étoiles. Ces petites lumières attirent son attention, il rêverait d'y aller, là-haut, lui il veut effleurer la lune de ses doigts. Il veut flotter dans l'espace, passer ses journées à réciter le nom de toutes les constellations. Il veut observer les étoiles qui brillent dans les yeux de Midorikawa. Il veut imaginer son sourire aussi lumineux que le soleil. Il veut être avec le vert mais seule la lune daigne lui tenir compagnie.
Il passe la nuit sur cette colline, la fraîcheur et l'obscurité demeurent ses seules amies. Mais son esprit s'est apaisé, son visage est calme et reposé, seule une lueur de passion plane dans son regard fasciné par la voûte céleste. Ses bras entourent ses jambes relevés contre lui et le vent ébouriffe doucement sa chevelure rubis.
✰✰✰
Le soleil se lève et Hiroto est toujours posé là, sur cette herbe à présent remplie de rosée. Les doux rayons orangées se reflètent sur son visage pâle, de légers cernes mauves colorent le dessous de ses paupières, ses yeux fatigués sont toujours aussi émerveillés par le paysage environnant. Il jette un coup d'œil à la montre noire nouée à son poignet gauche et affiche une mine déçue à la vue de l'heure déjà bien avancée. Il sera bientôt six heures, ce qui veut dire qu'il doit rejoindre l'orphelinat avant qu'on s'aperçoive de son absence. Hitomiko n'approuve pas qu'il passe ces nuits dehors, elle dit que c'est trop dangereux. Quelque part Hiroto la comprend, mais il ne peut pas se passer de ces moments seul avec la lune. C'est le seul instant où il parvient à se sentir vivant. Les astres ont une emprise à la fois passionante et reposante sur le garçon, s'il a le choix, il passerait sa vie à contempler le ciel et les cotonneux nuages qui le traverse paresseusement. Mais bon, la vie elle est pas comme on veut, mais au final c'est ça qui est excitant, essaye de se convaincre le roux en se relevant. Il époussète ses affaires pour retirer les petits brins d'herbes qui s'y sont attachés avant de regarde une dernière fois le soleil qui rayonne encore doucement. La brise matinale, plutôt fraîche, vint caresser sa peau, laissant derrière elle quelques frissons du rouge qui commence à avoir un peu froid. La nuit, le temps était plus doux, mais il semble qu'aujourd'hui, le vent sera de mise. Au final, le temps reflète assez bien le bazar dans sa tête.
- Hiroto ! Je peux savoir ce que tu fais dehors à cette heure ?!
Le garçon se retourne vivement, l'espace d'un instant une envie le prend de tout dire à Hitomiko, mais il la chasse rapidement, elle ne comprendrait pas.
- Je voulais voir le levé du soleil. Se contente t-il de répondre.
La femme qui lui fait face, n'est malheureusement pas dupe, elle empoigne Hiroto par la manche et l'entraîne jusqu'à sa voiture garée un peu plus loin, dans une allée de petits graviers pas très éloignée de la colline sur laquelle le rouge se trouvait un peu plus tôt encore.
- Que- commence t-il avant de se faire interrompre par un ordre de Kira.
- Monte.
Son ton est si ferme que le roux n'ose pas protester, il se contente de faire ce qu'elle lui demander sans dire un mot.
Assis sur le siège du véhicule, il lance un regard interrogateur à la femme qui lui renvoit quant à elle, un regard tout sauf sympathique avant de faire fonctionner l'auto et de sortir de la propriété. L'adolescent déglutit en se demandant pourquoi elle semble si énervée ce matin, la colère d'Hitomiko est bien connue, et pas du bon sens, souvent comparée à un ouragan, il est conseillé de ne jamais la mettre en rogne pour assurer sa survie. De toute évidence, le garçon a dû faire quelque chose qui n'a pas plût à la femme. Arrivé à cette conclusion, il se ratatine au maximum sur son siège et ne fait aucun commentaire quant au choix musicale que sa grande sœur a choisi de mettre, même si la voix aigüe d'une chanteuse commence à lui filer la migraine.
- Descend. Juste ce mot, lâché froidement à l'intention du garçon, sort de la bouche de Kira qui s'éxécute au moment même.
Il ne faut pas une minute à Hiroto pour reconnaître la façade abîmé du collège public auquel il se rend tout les jours. Une vague d'appréhension grandit en lui en se souvenant des résultats très moyens qu'il a obtenu récemment, Hitomiko est-elle en colère à cause de sa moyenne en baisse ?
Ses doutes se confirment en voyant la femme se diriger vers la salle de classe de son professeur principal.
- Bonjour Hiroto, madame Kira. L'homme qui lui enseigne la technologie a environ une quarantaine d'années et il est plutôt gentil, le roux l'apprécie beaucoup mais à cet instant son avis se diffère quelque peu.
Il tend la main pour serrer celle de l'homme avant de s'assoir sur le siège en face du bureau de celui-ci, Hitomiko déjà en place à sa droite.
- Bon. Rentrons dans le vif du sujet et ne perdons pas de temps. Hiroto, j'ai remarqué que tes résultats sont nettement moins bon depuis quelques mois et pas seulement dans ma matière. Ton comportement aussi, est différent du début d'année, tu es souvent seul et ne te mêle pas aux autres, sauf quelques fois avec, comment s'appelle t-il déjà.... Midorikawa, oui c'est ça, pourtant tu sembles moins proche de lui ces derniers temps je me trompe ? Mais bref, avec tes autres professeurs, nous nous inquiétons de tes notes, si tu ne remontes pas tu passeras difficilement les examens, prend ça pour un avertissement Hiroto, nous sommes là pour t'aider et si tu as le moindre problème tu peux nous en parler, aussi bien à moi, qu'aux autres professeurs.
Le rouge reste comme statufié quelques minutes, la tête baissé il regarde fixement les lacets défaits de ces chaussures. Ces joues sont en feu et ses yeux lui piquent, un sentiment de honte le prend, jamais il n'a été convoqué à cause de ses résultats. Son carnet avait toujours été excellent, ces notes frôlant la perfection. Aujourd'hui sa moyenne atteint difficilement les 10, comment en est-il arrivé là ?
Face au silence du garçon, Hitomiko fait un discret signe de tête à l'autre adulte avant de se lever.
- Bien. Je vous remercie d'avoir pris le temps d'en parler avec moi et Hiroto. Nous allons y aller. Kiyama n'ira pas au collège aujourd'hui, je tiens à vous prévenir. Sourit la femme en serrant fermement la main du professeur qui acquiesce sans mots.
Le roux se lève aussi, la tête toujours baissée, ses pensées en vrac dans son esprit et un sentiment de malaise pesant dans son estomac, lui filant la nausée.
Dans un silence plus que pesant, tout deux retournent dans la voiture qui roule très lentement du point de vue de Hiroto qui garde encore ses yeux au sol, comme si il ne pouvait pas regarder autre chose que ça. Finalement, après ce qui paraît être une éternité, le véhicule se stoppe enfin dans l'allée de petits cailloux blancs du sun garden.
Soudainement très pressé, le rouge sort précipitamment de l'automobile et se met à courir jusqu'à la lisière des bois qui entoure la propriété des Kira. Il se laisse tomber au pied d'un arbre et entoure ses jambes de ses bras pâles. Alors enfin, il relève sa tête observe l'éclat des rayons du soleil traverser les feuilles pour former une douce lumière verte qui se pose sur sa peau.
Verte comme les cheveux de Midorikawa.
Lumière, comme l'aura étincelante qui entoure le garçon si cher à son cœur.
Avec un soupir, Hiroto tente de remettre de l'ordre dans la tempête qui agite son esprit. Après réflexion, le problème, ça reste quand même Mona, pourquoi cette fille le déteste autant d'ailleurs ? Qu'a t-il bien pu lui faire ?
- Je pense que tu devrais parler avec Midorikawa. Je suis sûre qu'il comprendra.
La voix de sa grande sœur le sort brutalement de ces pensée, mais cette fois, les mots sont doux, rassurants. Toute colère a déserté le fin visage de la jeune femme, un sourire étire joliment ces lèvres et elle tend la main en sa direction.
Elle veut m'aider. Comprend le roux.
Pourtant, en empoignant cette main, il accepte par la même occasion de lui confier tous ces problèmes, et une sorte réserve le fait hésiter. Ses prunelles de jade croisent celles bleues nuit de la femme, lui rappelant la couleur du ciel quand le soleil se couche et que les étoiles commencent à apparaitrent. Et si c'était un signe du destin ? De prendre sa main ?
Le garçon inspire longuement, sereinement, et saisit cette main qu'on lui tend. Immédiatement, un poids semble disparaître de ses épaules. Ça y est, il n'est plus tout seul. Ça va aller on va le sortir de cette vie qui ne lui va plus on va l'aider, l'écouter. Il va aller mieux.
✰✰✰
Hiroto passe tout la journée à parler à Hitomiko. Ils sont tranquille puisque les autres enfants de l'orphelinat sont en cours. Il parle de tout, que ce soit sur Midorikawa, Mona, ou pour dire que Nagumo est nul en cuisine et que Fusuuke ressemble parfois à un fantôme tellement il est discret. La femme l'écoute, ne l'interrompant que de rares fois pour lui demander plus de précisions.
- Hiroto, je crois que la meilleure chose à faire est d'en parler au concerné. Je pense que vous avez tout deux beaucoup de choses à vous dire. Finit par déclarer Kira en se levant du fauteuil dans lequel elle était assise.
C'est la deuxième fois que Hitomiko lui demande de parler avec le vert, et le roux commence à trouver ça louche. Midorikawa voudrait-il lui aussi se confier ?
Le rouge hoche la tête et monte à l'étage dans le but de rejoindre la chambre qu'il partage avec Suzuno. Hiroto a pris sa décision, il ira discuter avec la pistache, mais l'orphelinat n'est pas vraiment le lieu idéal pour avoir des discussions privées... il se munit donc d'une feuille à carreau et d'un stylo noir qu'il trouve dans un tiroir et écrit un rapide message. C'est simple et efficace, conclut le rouge en relisant le mot, il demande au garçon aux yeux d'onyx de le rejoindre sur la colline à 20h 15. Après le dîner donc, normalement, ils n'ont plus le droit de sortir après 20h mais Hiroto reste persuadé que Hitomiko lui pardonnera ce petit écart au règlement. Après tout, c'est pour la bonne cause !
Pour faire passer le temps, il plit le papier en un bel avion, comme il les faisait plus jeune avec Midorikawa. Avec un soupir d'anxiété, il se repasse mentalement le plan qu'il a prévu de réaliser ce soir. Tout d'abord, il devra parler de Mona, lui dire que cette fille est insupportable et méchante. Ensuite, il lui parlera du sentiment de manque depuis qu'il ne parle plus aussi souvent qu 'il le voudrait au garçon. Enfin, il lui avouera qu'il éprouve une drôle d'émotion en sa présence et qu'Hitomiko avait confirmé qu'on appelait ça "amour".
Voilà, son plan est parfaitement élaboré, il n'a aucune raison d'échouer si il exécute correctement les différentes étapes qui le constitue. L'alarme de son téléphone sonne, par mesure de précaution il en avait mis une pour ne pas louper l'heure à laquelle les enfants rentrent à l'orphelinat. Il ne voulait pas manquer l'arrivée de Midorikawa.
Il descend rapidement les escaliers, pile à temps pour voir débarquer les collégiens exténués de leur journée de cours.
- J'AI FAIM ! Braille justement Midorikawa en fonçant vers les placards pour en sortir une boîte de biscuits.
Un grand sourire fleurit sur le visage de Hiroto, les gestes du vert l'amusent autant que ses réactions spontanées.
- Ça fait longtemps que t'avais pas sourit. Souffle Suzuno à son oreille.
Un sursaut secoue le rouge et il s'écarte vivement du blanc sous le rire moqueur de Nagumo. Le glaçon lui sourit et débute la centième dispute de la journée avec la tulipe. Kiyama s'avance vers la table de la cuisine et se plante devant la pistache, il lui tend l'avion en papier si soigneusement plié et attend. Des plaques rouges prennent étrangement possessions de ses joues et de son cou, et il joue nerveusement avec ses doigts pour une raison qui lui est inconnue.
- Ch'adore les avions merchi Hiroto ! Lâche le vert en mâchant ses cookies au chocolat.
- Regarde à l'intérieur andouille ! Lui crit Nagumo avant de se prendre une tape de Fusuuke sur le haut de la tête.
Encore plus gêné, Hiroto se balance d'un pied à l'autre, pourquoi diable se sent-il si mal à l'aise ? Il n'y a pourtant rien de sorcier, c'est juste un... rendez-vous amicale pour discuter de certaines choses.
- "Rendez-vous à la colline à 20h 15, je dois te parler de certaines choses. Signé Hiroto" lit Midorikawa à haute voix.
L'auteur du mot ne peut s'empêcher de claquer sa main sur son front, quel moment de gênance !
- C'est la technique la plus nulle pour demander un rencard pwouahahah ! Explose de rire Nagumo, vite rejoint par Suzuno et Reina qui vient d'arriver et a tout entendu.
- Ça sent le rendez-vous amoureux foireux, quel boulet celui-là ! Je te pensais pourtant plus intelligent Hiroto ! Rigole la bleue en se tenant le ventre.
Intérieurement, Kiyama se maudit de son manque de discrétion, et se lamente quant aux peu de chances de la réussite de son plan. Il coule un regard au vert et constate avec étonnement qu'il est devenu tout rouge. Ce dernier, en croisant son regard, s'empresse de le détourner et d'enfourner trois cookies dans sa bouche, mais trois c'est un peu beaucoup et il se met à tousser, s'étant sans doutes étouffé.
Kiyama tape fortement le dos du vert avant d'aller lui chercher un verre d'eau, devant les trois autres adolescents hilares. Qu'est ce qu'ils sont lourds quand même !
- Je viendrai, souffle la pistache, les joues rougies et le regard fuyant.
Le roux se contente de hocher tranquillement la tête de haut en bas avant de lancer un regard de reproche à Nagumo, Suzuno et Reina toujours morts de rire à l'entrée de la pièce. Puis il remonte les escaliers et revient dans sa chambre pour s'assoir sur son lit. Il se demande si Midorikawa rougit de gêne à cause des paroles des trois idiots ou s'il éprouve des sentiments vis-à-vis du roux...
Oui, c'est peut-être idiot, mais depuis la discussion de cet après-midi avec Hitomiko, Hiroto se sent mieux. Il s'autorise à croire que tout va s'arranger. Il s'autorise à croire que oui, peut-être, Midorikawa l'apprécie plus qu'il le pense. Oui, Hiroto veut croire que c'est possible.
✰✰✰
C'est l'heure, pense Kiyama, dans sa tête se répète le discours qu'il a longuement construit. Une introduction, trois paragraphes et une conclusion, comme on lui a apprit en histoire. Mais cette fois, le sujet ne porte pas sur la Première Guerre Mondiale, mais sur lui et Midorikawa. C'est pas pareil. Pas exactement.
Il se dépêche de monter sur la colline, respirant à plein poumon l'air frais. Ses yeux, immédiatement attirés par le ciel, ne sont pas déçus du spectacle qu'ils observent. Sous ses yeux émerveillés, le soleil à déjà largement entamé sa descente, l'hiver, la nuit arrive plus tôt, et un dégradé de couleurs pastels s'étale sur le ciel.
Ces oreilles captent le bruit des pas appartenant à Midorikawa, il la reconnait, cette allure pressée et sautillante qui reflète parfaitement la personnalité de la pistache.
Hiroto a beau s'être entrainé tout l'après-midi à réciter son discours, les mots lui manquent, au moment fatidique les phrases se mélangent, les lettres changent d'ordre, plus rien n'a de sens dans sa tête. Pourtant, il ne laisse pas le stresse lui supprimer tranquillement tout ses moyens, il respire un bon coup, le regard toujours tourné vers le ciel, une idée lui prend.
- Dit, Midorikawa, à quoi ressemblent les nuages d'après toi ?
La question est vaste, les possibilités de réponses infinies, un poisson, une vache, tu peux voir tout ce que tu veux. Mais la réponse de Midorikawa, elle, est unique.
- DE LA BARBE À PAPA ! S'exclame joyeusement le vert, ses yeux étincelants d'envie d'en manger, bah oui l'estomac sur pattes est toujours là.
Le roux l'observe, il a quitter des yeux le ciel pour se plonger dans l'océan noir que sont les prunelles de Ryūji, noir peut-être, mais plein de vie, que sa joie fait briller de millions de petites étoiles.
Hiroto voulait toucher le soleil quand il était plus jeune, aujourd'hui son rêve se réalise. Maladroitement, il avance sa main droite pour frôler la joue coloré du garçon en face de lui. Les choses ne sont pas toujours comme on se les imagine, pense le roux, tandis qu'une grande chaleur envahit son visage.
Hiroto avait pleins de choses à lui dire, un développement construit pour être précis, mais il vient de comprendre que parfois, les mots ça sert à rien, er que son texte de trois pages il est bien où il est, bien caché sous son oreiller. Hiroto l'a enfin compris, il l'a trouvé son but dans la vie, sa raison de vivre. Ce qu'il souhaite, c'est compter les constellations dans les yeux de Midorikawa, être éblouit par son sourire, perdre la tête au son de son rire.
La pistache reste silencieuse, contemplant calmement son aîné. Le garçon sonde le roux, ses yeux perdus dans le vague, sa chevelure rubis qui a l'air si douce, sa peau pâle. Il analyse les sensations, la caresse des doigts du rouge sur sa joue à lui, la gêne et le plaisir que ce contact lui procure. Pour une des première fois de sa vie, Ryūji est sérieux. Son esprit n'est pas occupé à calculer le nombre de biscuits qu'il lui reste ou à réciter ses proverbes favorits. Il ne pense plus à Mona qui est devenu insupportable depuis quelques semaines. Non, il est juste là, en face de ce garçon aux cheveux rouges qui perturbent ses sens. Les paroles de Suzuno lui reviennent à l'esprit, le troublant plus qu'il ne l'est déjà.
"J'ai une question Midorikawa. Hiroto, c'est qui pour toi ?"
Sur le coup, le vert n'avait pas compris, se contentant de répliquer que le rouge était son frère et son meilleur ami. Le rire du blanc lui avait fait relever la tête vers ce dernier.
"Vous êtes si naïfs tout les deux. Je me demande qui s'en rendra compte en premier."
Puis, il avait déclarer qu'il était temps de se remettre au travail. Le nez plongé dans son livre de chimie, Midorikawa avait laissé les paroles de son ami tourner dans sa petite tête.
Maintenant il comprend, les mots ont soudain un sens évident, tout se met en place comme par magie, ça y est, il l'a trouvé la solution de l'énigme.
Ce qu'il veut Midorikawa, c'est écouter la voix de Hiroto. L'entendre parler l'apaise, le son de sa voix qui s'élève dans une pièce est pour lui comme une mélodie qui vient chanter à ses oreilles. Il veut plonger ses yeux dans la mer de jade que sont les pupilles du rouge, s'y perdre à jamais.
Ça peut paraître bizarre de loin, deux adolescents plantés l'un en face de l'autre, le regard dans le vague. Mais en cet instant, tout deux s'en fichent, ils profitent simplement de la présence de l'autre, du contact qui fait frissonner l'un et sourire l'autre.
Il faut encore plusieurs minutes pour que Hiroto sorte enfin de sa transe, il a l'air changé, remarque tout de suite le vert, plus sûr de lui, conclut-il. Le roux vient coller son front à celui de son compagnon qui rougit un peu de cette proximité.
- Midorikawa je... t'es mon étoile, sans toi je suis perdu. Je sais pas si tu comprend, mais t'es tout, sans toi y a que le vide, le noir. Éclaire mon chemin s'il te plaît. Je t'aime. Ces phrases, à peine soufflées, s'envolent emportées par le vent.
Pas une seule fois le rouge n'a détourné les yeux de ceux du vert. Même quand il a vu sa réaction, d'abord la surprise puis la joie. L'air gêné de la pistache ne le rendait que plus mignon d'après Kiyama, il est content ça se voit. Content de voir le garçon face à lui, répondre un "moi aussi". Content de le voir se jeter dans ses bras et de le serrer fort contre lui.
Hiroto il a retrouvé le sourire et la joie, tout ça, grâce à Midorikawa. Jamais il ne pourrait le remercier pour ça, son cœur bat la chamade dès qu'il croise les yeux onyx de son copain, car oui, ils sont ensemble. Bye bye la Mona, expédiée aux Caraïbes elle viendra pas les embêter.
- J'aime bien. Quand tu souris. Lâche Ryūji, les joues rosies.
Le roux serre la main du vert, fort. Dans sa tête, il se fait la promesse de toujours sourire, pour Midorikawa. Il lève les yeux vers le ciel, de la barbe à papa, pense t-il en voyant l'ombre sombre des nuages dans la nuit, et un sourire plus grand encore que les précédent fleurit sur ses lèvres.
✰✰✰
LBDCamellia chuis vraiment un boulet-
Je l'ai écris pour ton anniv et j'ai oublié de le poster- vraiment chuis la pire c'est pas possible bruh.
Bon bah j'espère que t'as aimé au moins !
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