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Chapitre 5_Duncan Calice

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Raffey se réveilla doucement les rayons de soleil lui tapant les paupières. Après une longue séance d'étirement, la fillette se leva. Ce fut à ce moment-là qu'elle se souvint d'un détail important. La souris de l'orphelinat ! Elle l'avait complètement oublié. L'orpheline courra vers la poche de sa veste et vit avec effroi que la souris s'était échappée. À présent, elle ne voulait plus rester avec la fillette. Raffey avait l'impression que chacun l'abandonne et ça la mettait sur les nerfs. Tentant de se calmer, elle prit la carte où étaient inscrits les menus de l'hôtel. Pleins de noms étranges tels que :"raviole du printemps" ou" Langue de veau saupoudrée de pistaches de saison" y étaient inscrits. Finalement elle choisit un" flan", plat dont le nom l'amusait plus qu'autre chose. En attendant que son petit déjeuner arrive elle demanda à ce qu'on lui donne un plan de New York où elle chercha le théâtre Topaze elle s'y rendit pour l'audition après avoir mangé son flan. Elle le trouva rapidement. C'était un grand bâtiment qui ne se trouvait pas très loin de son hôtel.

Son petit déjeuner arriva sur un magnifique plateau d'argent plus que bien présenté. En famine elle l'ouvrit rapidement et découvrit une sorte de gelée jaune avec ce qui semblait être du caramel au dessus. La nourriture émanait une douce odeur sucrée qui émoustillait ses papilles gustatives. Quelle déception ! Le petit déjeuner faisait la taille d'un petit gobelet pour enfants et était par conséquent : guère nourrissant. Raffey s'amusa à faire bouger l'assiette pour voir cette chose bouger dans tous les sens. Activité inutile n'étant pas la caractéristique première d'un flan. Visiblement cette chose était aussi amusante que son nom songea t'elle tandis que son flan bougeait en faisant parfois des petits bloup bloup. La fillette qui avait eu son petit moment d'amusement prit la fourchette dorée que l'on lui avait servi et prit soin de couper un petit bout de son plat. L'odeur qui s'en émanait ne faisait que renforcer son envie de le manger. Elle piqua dans le flan d'un geste lent et entreprit de le fourrer prudemment entre ses lèvres en appréhendant le goût. Raffey ferma ses paupières en dégustant son petit déjeuner qui fondait lentement dans sa bouche. Un goût sucré qu'elle aimait. Une fois la première bouchée entamée, elle en prit une seconde puis une autre et encore une. En moins de temps qu'il n'en faut, le plateau se retrouva vide. La fillette en recommanda dix autres. Après ce petit déjeuner succulent Raffey entreprit de remettre ses vieux vêtements d'hier et sortit de l'hôtel se promettant intérieurement d'aller faire du shopping l'après midi même. L'orpheline encore fatiguée entreprit d'hypnotiser le taxi pour qu'il l'emmène au théâtre.

Une fois arrivée, une grande foule de filles de son âge était déjà présente. Raffey s'installa à l'arrière de la file d'attente. Son plan était très simple : elle hypnotisera le metteur en scène, deviendra connue, fera en sorte d'être la seule à jouer dans la pièce et de n'avoir pas trop de ligne à dire, le jour de la représentation hypnotiser tout le public et comme ça tout le monde connaîtra son nom et Liam pourra la retrouver sans problèmes. Elle attendit une heure, deux heures presque trois lorsqu'enfin arriva son tour.

- numéro 242 Raffey Holly. Appela la secrétaire.

La tête haute, la fillette s'avança et entra dans la salle d'audition. À l'intérieur se trouvait un homme encore jeune avec l'air exténué. Il est brun et de longs cernes entouraient ses yeux chocolat.

- Vas-y présente toi... Dit il d'un ton las.

Raffey serra les poings et le regarda droit dans les yeux.

- Je m'appelle Raffey Holly.

Ses pupilles émeraudes attaquaient déjà celles de son hôte.

- J'ai. 12. Ans. Articula-t-elle tandis que son regard vert fusillait l'employeur.

- Et je suis. Très. Ta-len-tu-euse. Dit-elle lentement alors que son hypnose lançait son coup final.

L'homme était en transe, elle n'avait aucun doute de cela.

- À présent que vous êtes en mon pouvoir vous allez m'embaucher pour le rôle principal de votre pièce. Je serai la seule à jouer, et moi seule sera toujours sur scène, je suis merveilleuse et j'ai beaucoup de talent. Articula-t-elle mot pour mot.

L'homme acquiesça. C'était fait. Elle avait le rôle principal, il ne lui restait plus qu'à hypnotiser ce... Duncan pour qu'il la laisse tranquille. C'était presque trop facile songea l'orpheline tandis qu'un sourire narquois se dessina le long de ses lèvres.

- Où est Duncan ? Demanda-t-elle.

- Dans sa loge, troisième étage.

Raffey acquiesça et partit. Mais avant de passer la porte, elle dit d'un tont détaché.

- lorsque je taperai dans mes mains vous sortirez d'hypnose et quand je claquerai des doigts vous retournerez en mon pouvoir.

Puis elle frappa ses mains entre elles et sortit. Raffey trouva facilement l'ascenseur et arriva sans problèmes devant la loge du garçon. Sans se poser des questions elle ouvrit la porte sûre d'elle. C'était assez grand, blanc et un grand miroir ornait le coin de la pièce. À côté, une immense fenêtre donnait place aux rues chargées de New York. Raffey jeta un léger regard à la foule et au décor, un orage était en route.

- Tu fais quoi ici ? Appela une voix derrière elle.

La fillette se retourna et croisa le regard froid d'un grand garçon blond. À ce moment, il y eut un coup de tonnerre à l'extérieur. C'était sans aucun doute Duncan. L'orpheline ne dit rien, ne jugeant pas cela utile et se contenta de fusiller la star de son regard émeraude. Elle avait beau régler son hypnose au maximum, le blond n'entrait pas en transe. Il ne faisait que la regarder bizarrement.

- Ça va ? Demanda t'il poliment. Déconcentrée Raffey arrêta ses tentatives. Pourquoi son hypnose ne marchait pas sur lui ? Ça avait toujours marché, alors pourquoi pas cette fois-ci ?

- Oui... Répondit vaguement la fillette.

- Alors réponds, tu fais quoi ici ?

À le voir de plus près, Duncan portait le long de ses lèvres un sourire hautain, il avait une peau blanche comme la neige, un nez allongé et des yeux en amandes de couleur acier. Comparée à lui, Raffey faisait tache dans ce décor de luxe. Avec son vieux pull taché, son jean troué par des crocs de souris, ses cheveux en bataille et son nez en forme de patate, elle ne convenait évidemment pas à ce milieu. Pourtant, bientôt elle montera sur scène, jouera, deviendra célèbre et retrouvera Liam. Enfin, c'est ce qu'elle espérait, Liam était son but final. Si par malheur elle ne le retrouvait pas, ce voyage aura servit à rien. Raffey s'obligea malgré tout à rester positif.

- Je joue le rôle principal en duo avec toi.

Duncan surpris se mit à détailler la fillette de haut en bas. Elle n'était pas particulièrement grande, ni même jolie comme le voulait son agent. Il supposa qu'on l'avait choisi pour son talent et non pas pour son physique.

- Et comment se nomme ma chère partenaire ? Les mots que le blond employait avaient le don de rapidement énerver l'orpheline. Fils de bourgeois songea t elle. S'il y en avait un qu'elle aurait voulu hypnotiser ça aurait bien été lui et pourtant il a fallu que son talent ait une faille à ce moment précis. Raffey soupira exaspérée pour la première fois par l'hypnose.

- Holly, Raffey Holly. Dit-elle froidement. L'orpheline craignait de s'attacher à une personne qu'on lui enlèvera d'une manière aussi brutale que ce qu'elle avait vécu il y'a quelques jours.

- Enchantée.

- de même. Dit-elle froidement. Puis elle sortit de la loge.

Quelques jours plus tard Raffey était entrée dans la salle d'entraînement de danse suivie par Duncan, le carrelage était d'un noir d'encre et s'étendait, prenant la lumière dorée des nombreux lustres massifs. Les murs étaient hauts et bordés de miroirs à cadre doré, et le plafond abritait une grande fresque de couples en train de valser.

Sous eux, avec leurs talons fins et leurs bottes, Raffey avait l'impression qu'ils la piétinaient comme si elle n'était que de la terre.

Un vieil homme à l'air sévère se tenait au milieu de la pièce. Il avait un long nez, des cheveux noirs qui repoussaient, et des lèvres effrontées. Il commençait déjà à faire des duos entre les danseurs. Son cœur s'effondra quand les yeux du professeur ont dérivé de Duncan à elle.

- vous deux.

- putain. Grommela-t-elle. Le regard amusé qui vacillait dans les yeux clairs du blond lui donnait l'impression de ne pas pouvoir marcher correctement.

Cela pouvait-il vraiment arriver ? Une personne pouvait-elle oublier comment marcher ? Alors qu'elle se dirigeait vers lui, tout semblait faux. Elle se sentait mal. Ses jambes étaient trop lourdes, et elles semblaient se plier dans le mauvais sens. Ses pas étaient trop courts, ou sa foulée trop longue.

Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ?

Malgré ses problèmes, elle a réussi à se retrouver à à peine à un mètre de lui.

- Bonjour. L'a t il salué, un sourire facile sur les lèvres. Elle haussa un sourcil mais dû rapidement se détourner pour étouffer une toux. Après quelques secondes passées à essayer agressivement de dégager sa gorge d'un goût de cuivre, elle se retourna vers lui, les joues roses.

- Désolé.

Raffey n'était pas vraiment préoccupée par le fait qu'elle crachait du sang, elle était surtout ennuyée. C'était très gênant.

Andonis, le professeur de danse, traversa les deux rangées, le dos droit et le menton haut, ses yeux scrutant chacun d'entre eux. Il s'était arrêté devant Raffey, une lueur de jugement scintillé sur ses traits tandis qu'il la regardait.

-Et vous êtes ?

- Raffey Holly monsieur.

Était-elle censée s'incliner ? Elle avait bien l'impression que c'était ce qu'il attendait.

- Et connaissez-vous les rouages de la danse de la Régence, Mlle Holly ?

Une grimace a failli se dessiner sur ses lèvres. Son ton dépréciatif lui donnait l'impression d'être une enfant de cinq ans incompétente. Elle voulait dire oui, bien sûr qu'elle savait. Mais apprendre à danser n'a jamais été une de ses priorités, et mentir ne ferait que la ridiculiser.

- Je n'ai jamais eu la chance d'apprendre.Sa voix est coupée alors que Raffey croisa le regard de Duncan, qui semblait s'amuser de son embarras.

- Clairement,dit Andonis. Il soupira et regarda Duncan, J'espère que vous pouvez gérer cela ?

Rêvait-elle ou y avait-il un soupçon de respect dans la façon dont il s'adressait à Duncan ? Raffey se mordit les lèvres, elle savait qu'il était populaire en ville, mais elle n'avait jamais pensé qu'il pouvait avoir un nom en dehors de Broadway.

Ce qui était stupide de sa part, vraiment. Bien sûr qu'il se créerait un titre, il devait se construire une bonne réputation s'il voulait réussir un jour. Son ambition était un poing fort qui semblait motiver tout ce qu'il faisait.

Duncan a légèrement incliné la tête vers le bas,

- Bien sûr, monsieur. Ses yeux sombres se posent à nouveau sur Raffey.

Aussi amusant que cela puisse être de la voir trébucher et échouer, sa patience avait des limites. Espérons que sa danse ne soit pas aussi épouvantable que son chant.

Leur instructeur a parcouru les étapes plusieurs fois, prenant tout le plaisir d'offenser Raffey à tout moment. Après près d'une heure, Andonis a tapé dans ses mains et la musique a commencé à jouer, un bel air orchestral qui accompagnait leurs mouvements.

Raffey comptait mentalement le rythme pour savoir quand commencer. Ses paumes étaient en sueur et elle les essuyait impatiemment sur sa robe. Pourquoi était-elle nerveuse ?

C'était seulement Duncan avec qui elle dansait, et ce n'était pas forcément romantique. En plus, il y a des témoins qui décidaient de faire quelque chose. Ce qu'il ne ferait probablement pas, il était beaucoup de choses, mais un idiot n'en faisait pas partie.

Un accord a été joué sur un violon, le son magnifique a résonné sur les sols en marbre et tout le monde s'est avancé.

Raffey a senti son cœur s'accélérer alors qu'elle regardait Duncan se rapprocher, son bras droit tendu et elle a légèrement placé sa main dans la sienne alors qu'ils marchaient en cercle. C'était étrange de le toucher, une notion qu'elle réalisait être très peu commune. Bien sûr, ils ont déjà été en contact auparavant.

Mais là, c'était différent, c'était intentionnel de la part des deux parties et bizarrement, ça semblait normal.

C'était presque agréable.

Ils continuèrent à monter les marches, Raffey ne faisant qu'un léger faux pas en contournant une autre danseuse pour rejoindre Duncan. Il prit sa main dans la sienne lorsqu'ils se tournèrent, faisant deux pas en avant, puis en arrière.

- Puis-je poser une question ? Sa voix était à peine noyée dans la musique et les bavardages légers des autres.

Elle voulait dire non, ou quelque chose de plus sarcastique, mais elle savait qu'il le demanderait de toute façon. Raffey hocha la tête alors qu'ils s'éloignaient l'un de l'autre et s'arrêtaient alors qu'un autre couple marchait autour d'eux avant de se rejoindre.

- Que sais tu sur le conte de la clé ?

Duncan sentit son corps se raidir légèrement à côté de lui, mais elle continua heureusement à danser.

- Tu es toujours sur ce sujet ? C'est juste une énigme de conte de fées.

Une pointe d'inquiétude lui traversa l'estomac, mais elle ne parvint pas à en identifier la source.

- dis moi tout alors.

Il l'a réprimandé en contournant une fille du nouveau groupe. Raffey n'a pas manqué la façon dont les yeux de la jeune fille de leur âge ont suivi la forme de Duncan.

Elle devait admettre qu'il avait l'air plus stoïque que d'habitude et d'autant plus séduisant. Ses vêtements s'adaptaient bien à ses formes et la lumière dorée de la pièce semblait s'infiltrer dans sa peau. Il rayonnait pratiquement d'une aura énigmatique. Raffey débattit avec elle-même alors que Duncan les menait le long de la ligne, se faufilant entre les autres avec des pas gracieux.

- Qu'est-ce que tu veux savoir ?

Un soupir quitta ses lèvres, elle se sentait faible d'avoir cédé si facilement. Mais Duncan allait sans doute la presser davantage jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il voulait.

- simplement tes connaissances actuelles sur le sujet.

Tandis qu'ils dansaient l'un en face de l'autre, Raffey faisait de son mieux pour ignorer les yeux bleu claires qui lui brûlaient le visage, lui chauffaient les joues.

- Eh bien, pour commencer, la clé est un objet qui existe depuis la nuit des temps. Il y a deux histoires parallèles au conte. L'un parle de Raffaella et la vie tragique qu'elle a menée jusqu'à sa mort, l'autre parle de l'amour de Duncanion qui a recherché la clé pour sauver Raffaella.

Duncan fredonna alors qu'ils faisaient un pas l'un vers l'autre, à peine à un pied de distance. Leurs deux bras étaient levés, paumes vers l'extérieur alors qu'ils se pressaient légèrement l'un contre l'autre, avant de s'éloigner.

Sa peau était encore froide.

- et sa fin à lui ? Est elle joyeuse ou pas ?

- Je sais pas trop, la gorge de Raffey se démangeait avec l'envie de tousser, et elle sentait quelque chose de chaud s'accumuler à la base de sa langue, mais elle se força à se racler la gorge.

- Mais je pense qu'il y a une raison pour laquelle la clé du destin est si puissante, et pas seulement parce que l'univers l'aurait créé.

Duncan la regarda avec une lueur curieuse dans les yeux, et Raffey l'a reconnue presque instantanément. Cette vision a fait naître un sentiment étrange et chaleureux dans sa poitrine. Il avait cette même lueur, une soif de savoir, qu'avait eu Liam quand elle lui avait appris l'hypnose. C'était attachant et Raffey dû cligner des yeux pour chasser ce sentiment.

L'affection et Duncan Calice sont deux choses qu'elle n'aurait jamais associées.

- Oui, la clé peut changer les destins. Et on sait que seule ceux que la clé choisie peuvent l'utiliser. Mais imagine quelqu'un en possession de tout ce pouvoir...l'univers n'aurait jamais créé un objet aussi puissant délibérément.

Le regard vide que Duncan lui lança fit arrêter Raffey.

- S'il te plaît, dis-moi que tu ne fais pas partie de ces gens qui pensent qu'elle existe.

- tu n'y crois pas ?

Duncan ne haussa que légèrement les épaules tandis qu'ils faisaient des pas prudents l'un autour de l'autre, au rythme de la musique.

- Il y a très peu de récits prouvant leur existence.

- pourtant la magie n'est pas si inexistante que ça.

Raffey lui lança un sourire amusé. C'est sûr que Duncan devait avoir du mal à croire à la magie. Mais elle, elle savait. Si un livre d'hypnose pouvait lui permettre d'être là à danser à Broadway, alors une clé changeant les destins n'était pas une idée si abstraite.

- Holly.

Le ton de Duncan a fait cesser les divagations de Raffey, cette lueur s'était transformée en autre chose. Peut-être la consternation ? Mais non, ça ne pouvait pas être ça.

- Quoi ? Dit Raffey bêtement et se sentit soudainement petite alors qu'ils faisaient à nouveau un pas l'un vers l'autre. Lorsque sa main toucha légèrement la sienne, la chaleur de sa peau la traversa, lui donnant un frisson de rage dans le dos.

Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ?

- Tu crois en la magie ?

Elle a hoché la tête, sans s'étendre davantage sur le sujet.

Duncan la regarda un moment. Il la regardait vraiment, cette pâle jeune fille aux cheveux roux. Ses yeux étaient légèrement injectés de sang, indiquant qu'elle n'avait pas beaucoup dormi. Mais il se demandait ce que ces bassins verts avaient vu d'autre.

Quelles merveilles, quels secrets, quelles connaissances, quelles horreurs. Il voulait savoir tout ce qui était enveloppé dans ce sublime esprit qu'était le sien.

Il lui a fallu une seconde pour comprendre ce qu'elle avait dit. Raffey connaissait la magie, ce qui était une notion dont beaucoup débattait de l'existence. Mais la magie est généralement quelque chose d'héréditaire.

Pendant qu'ils dansaient, Tom se demandait comment était sa vie avant New York. Elle ne parlait jamais de ce qui concernait sa famille ou ses amis. Ce qui était curieux en soi, vu l'attachement qu'elle semble avoir pour les gens. Alors qu'il regardait le fouillis de cheveux roux se déplacer dans la pièce, les pas synchronisés avec les siens, il essayait de deviner qui lui avait appris l'existence de la magie.

- Tu es enfant unique ?

Sa question l'a prise au dépourvu, faisant légèrement trébucher Raffey sur ses propres pieds.

- Pardon, quoi ?

Pourquoi lui demandait-il cela ? Pourquoi Duncan prendrait-il la peine de poser des questions sur sa vie personnelle ? Sûrement pas pour faire une conversation légère, Duncan n'était pas le genre à initier une conversation sans intérêt.

- As-tu des frères et sœurs ? Il haussa un sourcil devant son changement soudain de comportement. Quelque chose en elle s'est refermé, une garde a semblé tomber.

Elle ne lui faisait pas confiance.

Il soupira à cette idée. Oui, il suppose qu'il a rendu la tâche difficile pour elle de lui faire confiance. Ce qui était vraiment dommage. Tout serait tellement plus facile autrement. Mais une partie de lui-même l'aimait bien comme elle était. Elle était résistante, ce qui était parfois ennuyeux, mais elle n'était pas si facile à persuader.

- pourquoi tu veux savoir ça ?

Le regard méfiant qu'elle lui lançait était plutôt amusant.

- Simple curiosité, Holly.

Serait il mal de le lui dire ? Elle supposa que non.

Elle lui parla de Liam, de ses yeux bruns et espiègles, de son sourire et comment elle le considérait comme son frère.

- Ce Léon a l'air d'être un sacré personnage, il a grandi tout seul pendant toutes ces années ? Demanda Duncan, se déplaçant autour d'elle en cercle avant de s'arrêter devant elle pour qu'elle puisse faire de même.

- Liam. Son nom c'est Liam. Il y avait une légère nouvelle en elle, il pouvait physiquement sentir le stress qui pesait sur ses épaules s'envoler.

La chanson s'est terminée par une note unique, douce et aiguë. Tous les couples sont retournés dans leurs rangs, se faisant face.

A sa grande surprise, Raffey s'était bien amusé.

Les jours passèrent rapidement et furent répétitifs. Le matin répétait, le midi déjeuner avec l'équipe, l'après midi shopping et finalement le soir elle restait dans sa chambre à regarder les chaînes de télé américaines. Tous les jours elle mangeait des flans. Et cela dura deux mois. Raffey avait appris que les parents de Duncan finançaient la pièce. D'ailleurs celui-ci s'était avéré être bien plus différent qu'à l'écran. En réalité, il était plutôt aimable, timide et attentionné. Elle avait acheté plusieurs vêtements de luxe et à la mode, passant de la pauvre orpheline mal habillée à la future star aux vêtements luxueux. Mais elle n'avait pas oublié son but, retrouver Liam. Si son plan marchait, ce soir elle serait avec lui. Car oui, la représentation avait lieu aujourd'hui au grand public.

Lorsqu'ils répétaient elle se contentait donc de créer une légère pression sur l'équipe pour qu'on admire ses soi-disant talents pour la danse, le chant ou encore le théâtre. Évidemment il n'en était rien. Raffey était une catastrophe dans chacune de ces matières. Mais quand après la présentation les spectateurs l'acclameront ils verront bien à quel point elle est fantastique. Enfin, c'est ce qu'elle espérait. En vérité elle stressait énormément. Comment pouvait-elle être sûre que toute la salle serait hypnotisée ? La fillette ne pouvait qu'y aller au feeling et espérer que la chance soit avec elle. Cela la mettait en rogne, compter sur la chance n'était pas ce qu'elle préférait. La chance pouvait rapidement se transformer en malchance. À présent Raffey se trouvait dans sa loge où on la maquillait. La fillette était habillée d'une robe de soie émeraude assortie à ses yeux. Ses cheveux interminablement décoiffés avaient été attachés en un léger chignon. On lui avait donné de petits souliers verts qui lui allaient parfaitement malgré qu'elle préférât largement porter des chaussures plus confortables.

L'orpheline se regarda un instant dans le grand miroir en face d'elle. Pour la première fois de sa vie elle se trouvait jolie. Était-ce l'effet de l'hypnose qui agissait sur le miroir ? Peu importe. Il y avait là un grand décalage entre la petite orpheline délabrée d'il y a quelques mois et cette fille riche et bientôt célèbre habillée élégamment aux petits airs de princesse gâtée. Un coup de porte la sortit de sa rêverie. Raffey se tourna vivement vers la personne qui venait d'entrer dans son espace privé et fronça ses sourcils en voyant Duncan dans l'entrebâillement de la porte. Durant ces deux mois elle ne s'était guère rapprochée du blond. Elle faisait de son mieux pour l'éviter. Le jeune garçon dit d'un ton léger.

- Ça va ? Dépêche-toi ça commence dans 15 minutes.

L'orpheline soupira et murmura.

- Idiot.

Elle reprit cette fois plus fort.

- Dit à Éric que j'arrive dans deux minutes.

Duncan acquiesça et sortit de la pièce. Éric est le metteur en scène de la pièce. Toujours gentil et joyeux, parfois trop positif songea l'orpheline. Celle-ci n'avait dit à personne qu'elle n'avait pas de parents, elle avait simplement assurée qu'ils travaillaient à l'étranger. Raffey s'admira une dernière fois dans le miroir et sortit en laissant le manuel d'hypnose dans son sac à dos. Elle se dirigea vers les coulisses où on l'accueillit avec joie.

- voilà ma petite princesse de la pièce ! Dit Éric avec enthousiasme. Tu vas assurer Raff' on a tous confiance en toi !

Il restait dix minutes avant la représentation. Plus le temps passait, plus la fillette sentait une boule se former dans le creux de son ventre. Elle salua toute l'équipe. Huit minutes. Le réglage des lumières commença. Cinq minutes. On fit placer sur scène Raffey et Duncan. Quatre minutes. Les lumières s'éteignirent. Trois minutes. Raffey stressait comme jamais. Ses mains saintes et glissantes ne cessent de trembler. Deux minutes. Duncan lança à la fillette un regard rassurant. Tandis que celle-ci priait intérieurement que son plan se passait bien. Une minute. Les mains moites, Raffey se crispa et ferma ses yeux attendant le levé des rideaux. Trois secondes, deux secondes, une seconde... Le rideau rouge sang se leva, les lumières éclairèrent les deux enfants. La fillette commença à marcher le long de la scène en fixant chaque personne de son regard hypnotique. Au fur et à mesure chacun se fit hypnotiser. Le seul bémol fut à l'arrière du théâtre où elle avait du mal à voir les spectateurs. Mais elle augmenta la puissance de son regard. Les spectateurs se stabilisaient et Raffey en conclut qu'ils étaient sous son emprise. La fillette sourit, elle avait réussi. Tandis que les caméras faisaient des gros plans sur ses yeux de couleur émeraude elle s'avança d'un pas. La pièce qu'ils jouaient raconte l'histoire d'une légende. Aux temps du moyen-âge, une fille de 12 ans était très riche et avait tout ce qu'elle voulait. La fillette était très superficielle et narcissique. Mais un jour, il a eu un accident. Leur demeure familiale avait pris feu. Ses parents y perdirent la vie. Seule restait Raffaela, la fillette. Elle ne possédait plus rien et allait bientôt devoir aller dans un orphelinat triste et mal fréquenté. Mais un garçon du même âge, Duncanion et qui était amoureux de l'orpheline, eut pitié. Il entendit miraculeusement parler d'une certaine clé du destin. Capable de modifier la destinée des vivants. Il voulut la posséder pour faire en sorte que Raffaëlla aille vivre avec une famille riche et aimante, à ses côtés. Malheureusement il ne la trouva jamais. Raffey jouait Raffaëlla et Duncan Duncanion. À présent tout ce qu'elle avait à faire c'était d'envoyer ses ordres au public. Ce qui tombait bien, c'était que l'héroïne avait besoin de faire en sorte que tout le monde l'admire. Et étant donné que son personnage était assez narcissique cela collait parfaitement et ne devrait pas être trop louche. Mise à part quelques unes de ses paroles. Raffey sourit au public et dit d'une voix calme et ensorceleuse.

- Bonjour...

Les spectateurs ne répondirent pas, trop occupés à admirer les beaux yeux verts de la fillette. C'était comme si un filtre vert avait enveloppé leurs regards. Convaincue de son hypnose, elle commença à chanter d'une voix aiguë et mal entraînée :

- Ne me regardez pas comme si j'étais un mystère.

Sachez que je peux me procurer ce qu'il y a de plus cher.

Si je le veux.

Je le peux.

Écoutez moi bien attentivement.

Vous avoir sous mon emprise était un jeu d'enfant.

Acclamez-moi.

Le public doit être en émoi.

Car la seule star ici, c'est moi !

Écoutez ma belle voix.

Admirez mon jeu d'actrice.

Comme je chante avec malice.

Je danse si bien.

Quelques applaudissements ce n'est rien.

Moi je veux,

Que vous regardiez dans les yeux.

Retrouvez Liam

Le seul qui m'aime de toute son âme

Mon meilleur ami

Retrouvez le je vous en supplie

Moi seule sur un milliard,

J'entre dans l'histoire !

Elle avait elle-même rapidement écrit ces paroles. Normalement, ça devrait marcher comme des ordres donnés en rimes et en chanson. Des ordres servant à retrouver Liam. La voix de Raffey sonnait comme une craie que l'on fait glisser lentement sur un tableau scolaire et qui produit un son des plus insupportables. Sa chanson finie, la fillette attendit la réaction du public qui n'attendit pas longtemps pour se manifester. La foule était en délire, tous hurlaient son nom :"RAFFEY ! RAFFEY ! RAFFEY !" Elle avait réussi. La pièce passa rapidement. À chaque phrase ou mouvement que faisait Raffey, la foule l'acclamait. C'était comme dans un rêve. Jamais l'orpheline ne s'était sentie aussi bien de toute sa vie. Bien sûr Duncan voyait bien qu'elle chantait et dansait affreusement mal. Il fut même abasourdi de voir que le public applaudissait. Mais il ne dit rien gardant ses réflexions pour soi.

Le spectacle finit lorsque tout un groupe de journalistes vinrent leur poser des questions à Duncan et à elle.

- Que pensez-vous de ce spectacle ? Vous pensez l'avoir réussi ? Demanda l'un d'eux.

- Oui, même plus que réussi. Répondit l'orpheline.

- Vous et Duncan Calice, vous vous entendez bien ?

Cette fois, ce fut au tour de Duncan de répondre.

- plutôt bien oui.

La fillette leva les yeux au ciel tandis que des cris d'extases furent poussés dans le public.

- Croyez-vous en la légende que raconte la pièce ? Celle avec la clé.

- Je... Commença l'orpheline, mais elle se fit vite interrompre par son partenaire.

- Non, cette légende est complètement fausse. Une clé capable de modifier la destinée des gens ? Et puis quoi encore ? Non, nous sommes les seuls à pouvoir écrire notre propre destiné. Dit Duncan d'un ton assuré. Les journalistes notèrent tous ses mots à la lettre. Soudain à travers la foule une fille blonde aux yeux bruns, sortit de nul part. Elle était grande et attrapa Duncan par les épaules et lui ébouriffe les cheveux.

- Qu'est-ce-que mon petit Duncinou a grandiiit !! Il est tout beau maintenant ! Une vraie star !! Dit-elle excitée.

- He-Helena du calme.... Réussi à articuler le blond. Celle-ci en voyant que son frère étouffait le lâcha. La jeune femme remarqua Raffey et demanda au garçon :

- Ça ne me présente pas sa partenaire de scène ?

- Il n'a pas besoin de le faire, je sais me présenter toute seule. Dit Raffey agacée. Je m'appelle Raffey Holly enchantée... Helena je crois ?

- Oui ! Helena Calice, grande sœur de ce petit monstre. Dit-elle en pointant Duncan du doigt. Maintenant qu'elle le disait. Helena ressemblait effectivement au blond. Ils avaient la même couleur de cheveux, le même long nez, le même visage carré et les mêmes longs pieds.

Celui-ci habitué au caractère énergique de sa sœur se contenta de demander calmement :

- Où sont papa et maman ?

- Oh ils ne devraient pas tarder. Répondit sa sœur en bougeant sa main de haut en bas. Et en effet les parents Calice ne tardèrent pas. Un homme et une femme arrivèrent et prirent leurs fils dans leurs bras. Tous deux étaient blonds. Le père possédait de petits yeux bruns tandis que madame Calice les avait bleus gris, semblables à ceux de Duncan.

- qu'est ce que tu as grandi ! Dit madame Calice en embrassant le front de son fils.

- On est si fière de toi ! Dit monsieur Calice.

-On était tous derrière, on n'a pas pu se procurer des places plus à l'avant on est tellement désolés Duncan. Dit Helena en gonflant sa joue.

La fillette remarqua que monsieur Calice ne disait rien, se tenant droit. Il semblait se contenter de regarder avec fierté son fils. Raffey se sentait de trop, elle enviait tellement Duncan d'avoir une famille si géniale et bien attentionnée. Elle voulutvoulu partir mais madame Calice la retint par le bras.

- ne t'en vas donc pas. Je suis Sylvie Calice enchantée.

- de même madame. Répondit l'orpheline gênée.

- Oh ne m'appelle pas comme ça ! Dit juste Sylvie.

- d'accord Sylvie.

- Et tu es ?

- Raffey Holly. Répondit la fillette en jetant des regards autour d'elle. Elle était pressée de partir et continuer ses recherches sur Liam.

- C'est spécial comme nom ! Je constate que tes parents sont des gens originaux. Continua Sylvie.

- Je... À vrai dire je ne les ai jamais connus. Dit Raffey, cette révélation posa un froid dans la conversation. Les journalistes murmuraient :

- Raffey Holly serait orpheline ... ?

La fillette ferma ses yeux. Oui, elle n'avait pas de parents et l'assumait à quoi cela aurait-il servi de mentir sur leurs existences ? Certes elle l'avait fait jusque là mais Raffey ne voulait plus cacher la vérité sur ses origines. Elle tourna son regard vers les Calice. Sylvie parut gênée, monsieur Calice prit de pitié, Duncan sous le choque et Helena surprise. Celle-ci posa sa main sur l'épaule de l'héroïne.

- passes à la maison un de ces quatre ! On t'accueillera avec plaisir !

Raffey murmura un petit merci couvert par l'appel du metteur en scène.

- Holly ! Calice ! Dépêchez vous, interview avec Jacques Parkle dans 15 minutes. Et demain matin à 9h séance photo à Central Park. Partez vite vous changer !

Les deux enfants acquiescèrent et laissèrent les parents Calice. Duncan sourit une dernière fois à sa famille avant de partir. Sur le chemin jusqu'aux loges il dit :

- Je... Savais pas que t'étais orpheline.

- Évidemment, pourquoi je te l'aurais dit ? Répondit Raffey. Elle avait raison, pourquoi aurait-elle dit à Duncan Calice qu'elle n'avait pas de parents ?

- Tu vis où ?

La fillette ne savait guère pourquoi elle répondait à ses questions. Ce n'était pas à son habitude d'être aussi sociable avec les gens. Mais elle répondit.

- Je vis dans un hôtel non loin d'ici.

- Vraiment ? Tu payes comment ?

- Je...

Elle ne pouvait pas dire qu'elle hypnotisait les gens. Alors l'orpheline dit :

- Mes... Parents ont laissé une grande somme derrière eux.

- wow, et tu te débrouilles toute seule ?

Raffey n'eut pas le temps de répondre. Trop occupé dans sa discussion, Duncan bouscula un homme qui émit une sorte d'hennissement hautain.

- désolé monsieur. S'excusa Duncan.

- Monsieur, vous dites ? Monsieur ?! Vous devriez être honteux jeune homme !

Duncan ne su que dire abasourdi qu'une personne aussi hautaine existe il allait répliquer mais l'orpheline le devança.

- Il aurait dû vous appelez comment alors ?! Madame ?

L'homme refit son hennissement snobe.

- N'essayez plus jamais d'appeler "monsieur" un baron !

Raffey ennuyé le poussa en tenant Duncan par la main. Elle détestait ce type de personnes.

- Ce mec n'avait pas l'air commode. Mais j'aurais pu répondre tout seul tu sais ? Dit le blond une fois arrivés plus loin. J'ai une langue, je peux parler. Tu veux une preuve ?

- Vu le nombre d'idioties que tu réussis à sortir, je ne pense pas que t'ai besoin de prouver l'existence de ta langue.

Il rit.

- Amis ? Demanda le Calice en tendant sa main à Raffey.

- Amis. Raffey souriait, Duncan était son deuxième ami. Elle se promit que malgré tout ce qui pourrait arriver elle le protégerait. Car même s'ils se connaissaient à peine, l'héroïne ne laisserait jamais personne toucher à l'un de ses proches, quel qu'il soit. Ils allèrent se changer dans leurs loges. Tandis que la fillette tentait de faire quelque chose pour rendre sa tignasse rousse foncée présentable, elle reçut un appel sur son portable. L'orpheline l'alluma et approcha l'appareil de son oreille. Tout d'abord il y eu un halètement rapide. Ce qui mit la jeune fille mal à l'aise. Puis tout d'un coup une voix sortit du téléphone. Une belle voix mélodieuse.

- R-Raffey ?

Cette voix, elle l'aurait reconnu entres milles. C'était Liam.

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Heyy voilà c'est le cinquième chapitre, j'espère sincèrement qu'il vous a plu :D

➤ Que pensez-vous de la chanson de Raffey ?

➤Comment Liam a-t-il fait pour appeler Raffey ?

➤McCarthy est-il au courant ?

Voilà c'est tout pour moi, Ciao !

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