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Chapitre 40 : Unknown Sacrifice

1977

Chapter 40 : Unknown Sacrifice

Aleksander avait chaud, trop chaud même, mais surtout il avait mal. Une douleur insoutenable lui déchirait tout son côté gauche, que ce soit son bras ou ses côtés ou même son cœur. Tout le faisait souffrir. C'était comme si la chaleur et le poison s'étaient mis d'accord pour lui ronger en même temps la moitié de son corps. Aleksander s'était réveillé à deux heures du matin en sueur dans ses draps, aveuglé par la douleur... Il s'était dirigé à pas tremblants vers sa salle de bain et s'était noyé sous le jet d'eau glacé de la douche. Mais cette douche n'avait pas réussi à calmer la douleur et c'était complètement trempé qu'Aleksander avait quitté son dortoir en tremblant.

Il était remonté dans sa Salle Commune, torse et pieds nus, les cheveux dégoulinants d'eau. C'était à ce moment-là que son avant-bras avait commencé à le brûler. La douleur l'avait pris de court, Aleksander avait trébuché sur la table basse et s'était retrouvé à gémir par terre, les larmes coulant à flot sur son visage. Il avait tellement mal, tellement mal. Il voulait juste que ça s'arrête... La chaleur, le poison, la brûlure... Pourquoi ? Pourquoi tout lui tombait dessus ? Qu'est-ce qu'il avait fait ? Aleksander en avait marre. De tout le monde.

Ces questions avaient réveillé en lui toute l'amertume et le regret qui sommeillaient en lui depuis des mois. Et au milieu de tout cela, une autre émotion s'était emparée de lui : la rage. Aleksander était en colère et pour une fois ce n'était pas contre lui-même.

Aleksander en voulait au monde entier en cet instant. Il en voulait à sa belle-mère pour tout les cris et insultes. Il en voulait à son père de ne l'avoir jamais défendu. Il en voulait à sa mère de l'avoir abandonné. Il en voulait à son frère d'avoir eu la mère aimante qui lui avait été volé. Il en voulait à Rabastan Lestrange d'avoir défiguré son corps avec sa magie noire. Il en voulait à tout les élèves de Durmstrang et au Ministère de l'avoir élevé au rang de monstre.

Mais surtout il en voulait à un homme en particulier. À un homme qui se trouvait actuellement dans ce château et qui était la cause de tout ses malheurs en cet instant de douleur. À cet homme qui l'avait réduit à un tas de chair gémissant et brûlant.

Tout était de sa faute.

Aleksander finit par se relever, sa colère l'aidant à chasser momentanément la douleur de son esprit. Il ne restait que la haine.

Sans avoir une idée claire de ce qu'il faisait, Aleksander sortit de sa Salle Commune et se mit à déambuler dans les couloirs.

L'air frais de janvier aurait dû le faire trembler, surtout qu'Aleksander n'avait revêtu qu'un bas de pyjama, mais le Serpentard avait trop chaud pour s'en soucier.

Remus l'avait plusieurs fois qualifié de radiateur humain sans savoir à quel point il avait raison. Le corps d'Aleksander se chauffait naturellement et était très rarement atteint par le froid, si l'on omettait la pluie mordante d'Écosse. Car l'eau éteignait le feu. Sous la pluie Aleksander était plus vulnérable. C'était la raison pour laquelle il prenait des douches glacées quand il sentait sa magie s'agiter incontrôlablement, l'eau était censée de calmer le feu. Mais cette nuit ça ne marchait pas. Rien ne marchait. Aleksander était seul avec sa douleur.

Le Serpentard finit par atteindre les escaliers et les grimpa d'un air absent, laissant son corps avancer tout seul vers sa destination. Ce n'est que quand il arriva devant une statue de gargouille qu'Aleksander revint à la réalité.

— Nids de cafards, lâcha-t-il d'une voix hachée.

Il se rendit alors compte qu'il était essoufflé. Très essoufflé. Sa voix tremblait à cause du manque d'air dans ses poumons. Sa rage avait peut-être fait disparaître sa douleur pendant un certain temps mais elle ne l'avait certainement pas rendu endurant... En même temps si Fabian n'y était pas arrivé en trois ans, personne n'y arriverait.

— Merlin Fabian, murmura Aleksander en s'arrêtant sur la première marche de l'escalier qu'avait dévoilé la gargouille. Gideon... Qu'est-ce que vous me manquez...

Après toutes ces années passées à se chamailler avec eux et à les regarder avec admiration, les frères Prewett faisaient désormais partis intégrantes de sa vie. Mais Aleksander ne les reverrait probablement jamais. Du moins pas comme il l'espérait...

À nouveau son souffle s'étrangla dans sa gorge, une nouvelle sorte de douleur lui comprimant douloureusement les entrailles. Bon sang comment il avait pu penser qu'il réussirait sa mission ? Il n'était pas assez fort. Il n'était pas du tout assez fort. Il n'avait pas la bravoure de Sirius ou la détermination de Camille ou le mental de Victory... Il n'y arriverait pas, il n'y arriverait pas, il n'y arriverait...

« Si t'y arriveras », souffla cette voix encourageante dans cette voix, si ténue mais si insistante. « T'as toujours une dette à payer. »

Aleksander n'avait pas le choix de toute façon. C'était trop tard, la machine était déjà engagée. Emma était déjà morte, non ? Le plus dur était fait...

Aleksander arriva en haut des escaliers et se retrouva face à une large porte en bois. Il toqua mollement contre la porte.

Non, réflexion faite : le plus dur n'était pas fait. Loin de là. Le plus dur serait la réaction de tout les autres. De ses amis, des Prewett... Du reste du W.O.R.L.D et de l'Ordre. Ils le haïraient. Tous. Et c'était de sa faute.

— Entrez.

Albus Dumbledore l'avait peut-être sauvé mais il l'avait aussi précipité en Enfer.

Aleksander poussa le battant de la porte et se retrouva dans le bureau de son directeur. Et il se rendit alors compte... Qu'il n'avait plus envie de crier. Il n'avait plus envie de se battre. Aleksander ne sentait plus une once de rage maintenant qu'il se trouvait à l'endroit où il avait prévu de hurler. Il se sentait tellement vide.

— Aleksander ? Merlin mon garçon que t'es-t-il arrivé ? Tu es complètement trempé.

La voix amusée d'Albus Dumbledore retentit dans le bureau, résonnant entre les murs de pierre. Aleksander croisa alors le regard incroyablement bleu du professeur. Albus le regardait avec bienveillance, l'ombre d'un sourire étirant ses lèvres. Mais au fur et à mesure que son regard perçant l'inspectait, Aleksander vit ce sourire progressivement disparaître pour laisser place à un visage impassible et un froncement de sourcil imperceptible.

— Professeur je...

Les mots s'étranglèrent dans sa gorge et Aleksander sentit avec effroi la douleur revenir.

— Oui ? Que puis-je faire pour toi Aleksander ? Il est arrivé quelque chose ?

« Vous. Vous êtes arrivé. Vous avez gâché ma vie », pensa le Serpentard avec amertume.

Mais les mots refusèrent de franchir ses lèvres en présence de l'éminent directeur. À la place Aleksander sentit les larmes s'accumulaient derrière ses paupières. Il essaya de les retenir. Il détestait pleurer, les seules fois où il acceptait de pleurer en public était devant Camille. Elle ne le regardait pas avec pitié, elle n'essayait pas de le consoler... Elle le laissait juste tranquille tout en étant une présence rassurante à ses côtés. C'était tout ce qu'il lui fallait.

La douleur le frappa de plein fouet. Ce fut d'abord la chaleur qui l'étourdit en instant, puis le poison qui vint lui paralyser le côté gauche et finalement la marque maudite qui finit par lui brûler l'avant-bras.

— Je... Je peux pas... Je peux pas, balbutia Aleksander en s'avançant dans le bureau. Je peux pas professeur, je suis désolé... Je ne peux pas le faire...

Le regard de Dumbledore s'adoucit derrière ses lunettes en demi-lunes alors que son visage se durcissait. C'était un contraste saisissant qui laissa Aleksander de marbre. Il était habitué au masque illisible qu'affichait souvent Albus Dumbledore. Après des années il avait fini par en percer certains secrets.

— Bien sûr que si Aleksander. Je crois en toi, tu peux le faire.

— Non je ne peux pas ! J'ai... J'aurai à peine dix-sept ans, ils me découvriront et... Les autres ils me haïront... Et je... Je ne peux pas professeur... J'y arriverai pas... Je ne peux pas les trahir...

— Tu ne les trahis pas, Aleksander, le rassura le professeur Dumbledore. Au contraire tu les protégeras. D'une manière qu'ils ne pourront pas comprendre mais tu les protégeras. Tu auras un rôle important Aleksander.

— Je n'y arriverai pas, répéta Aleksander.

Les larmes coulaient à flot sur son visage bien qu'il ne sache si elles étaient dûes à la douleur ou au désespoir qui l'engloutissait. Albus finit par sortir de son bureau et se dirigea vers l'élève qui recula face à ce mouvement brusque.

— Tout ira bien Aleksander, promit le professeur avec douceur. Je crois en toi.

— Vous n'avez aucune idée de ce qu'il va se passer, rétorqua le Serpentard. C'est pour ça que vous m'envoyez moi, je suis dispensable.

— Dispensable ? Bien au contraire. Tu joueras un rôle crucial Aleksander, j'ai besoin de toi.

— Mais je ne suis pas assez fort, je n'y arriverai pas professeur... Prenez quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus fort, de plus doué... Je vais tout faire rater.

Aleksander savait à quel point ses paroles étaient égoïstes et empreintes de sa propre couardise. Mais il avait peur. Il avait tellement peur... Pas seulement de mourir — même s'il savait qu'il le risquait fortement — mais surtout d'échouer et de mettre tout le monde en danger.

— Ils t'ont demandé de faire autre chose ? demanda soudainement Albus. Tu as reçu un autre message d'Antonin Dolohov ?

Aleksander secoua piteusement la tête, projetant des gouttes d'eau sur le sol. Le Serpentard prit soudain compte de sa position. Il se tenait trempé, en bas de pyjama, à deux heures du matin dans le bureau d'Albus Dumbledore. Ça sonnait presque comme le début d'une mauvaise plaisanterie.

— Non... Pas depuis novembre...

— Bien, bien, murmura Albus d'un air songeur. Le moins il t'en demande, le mieux ce sera...

— Vous savez que ce sera différent le jour où j'aurais dix-sept ans... Ils me demanderont plus, souffla Aleksander. Ils me demanderont le pire.

Le professeur Dumbledore pinça ses lèvres avant de darder à nouveau son regard perçant sur le Serpentard.

— C'est une éventualité à laquelle nous étions préparés depuis le début Aleksander... Je t'ai prévenu des grands sacrifices qu'impliquerait ce rôle que tu joueras.

— Mais si c'est Camille ou Vic' ou Fabian ou un autre membre qu'on amène devant moi ? Qu'est-ce que je suis censé faire ?

— La première priorité sera toujours la fuite dans un cas pareil. La deuxième...

Le silence qu'Albus laissa planer était pire que s'il avait énoncé la fatalité à voix haute. Aleksander avait l'impression qu'on avait rempli son estomac de plomb, il tremblait de tout ses membres.

— Je ne pourrais jamais faire ça professeur, s'il vous plaît je ne pourrais jamais faire ça, hoqueta-t-il.

— Mais j'ai confiance en toi Aleksander. Tu es un des sorciers les plus intelligents et ingénieux que je connaisse. Tu sauras te débrouiller, tu sauras faire face à chaque situation, c'est pour ça que je t'ai proposé de remplir cette mission...

« C'est surtout parce que je suis le seul capable de le faire. Le seul connard de la bande. Le seul suffisamment endetter auprès de vous pour accepter. »

— Tu es un bon sorcier Aleksander, tu as beaucoup de potentiel. Un potentiel qui n'intéresse pas seulement le vieux sorcier que je suis mais d'autres personnalités puissantes de notre monde... Comme Antonin Dolohov. C'est pour ça que ce rôle te revient. Tu es le seul qui pourra le remplir à perfection.

— Je hais la magie noire. Je la hais tellement professeur.

— Et c'est pour ça que je peux te faire confiance : tu n'es pas quelqu'un de corruptible Aleksander. Surtout pas par de la magie noire. Je connais ta valeur, je connais ton cœur... Il est bon, il est pur. Il ne sera pas souillé par Voldemort.

— Vous n'en savez rien...

— Je connais mes élèves. Sans vouloir me vanter, je ne suis pas du genre à me tromper quand j'évalue leur potentiel. Je sais reconnaître un homme bon d'un homme vil et j'ai parfaite confiance en toi. Et j'ai besoin de toi. Tu seras peut-être celui qui réussira là où j'ai moi-même échoué, celui qui fera pencher la balance en faveur de la lumière plutôt que des ténèbres.

— En tuant des innocents ? En étant obligé de suivre les ordres de Voldemort ?

— Tu sauveras plus de vie que tu n'en prendras en récoltant des informations. Sans toi nous n'aurions peut-être pas su qu'Antonin Dolohov prévoyait d'envoyer le traître du gouvernement français en Argentine...

— Podmore vous aurez dégoté l'information grâce à Rockwood...

— Sturgis nous a rapporté des informations volontairement trafiquées par des Mangemorts, lui rappela le professeur. Tu nous seras d'une plus grande aide.

— Et le nombre d'horreurs que je serai obligé de commettre pour gagner leur confiance ? Qu'est-ce qu'on en fait ? Je ne pourrais plus jamais les regarder en face, ils vont me détester et moi... Moi aussi...

— Aleksander, appela calmement le directeur en posant une main ferme sur l'épaule de son élève.

Le Serpentard releva les yeux, la douleur le faisant frissonner à nouveau. Pourtant quand son regard croisa celui du professeur Dumbledore, toujours aussi calme et bienveillant, son cœur ralentit légèrement et la brume qui avait envahi son esprit s'éclaircit peu à peu.

— Ce ne sont pas nos actes qui nous définissent. Ce sont nos motivations. J'ai moi-même fait de mauvaises choses pour les mauvaises raisons et j'ai passé ma vie entière à essayer de les racheter... Mais toi ce que tu feras au sein des Mangemorts tu ne le feras pas pour Voldemort, tu le feras pour l'Ordre. Chaque vie que tu prendras sera une dizaine d'autres sauvées.

— Et la mort d'un est justifié par la survie de plusieurs ? Un sacrifice pour le plus grand bien professeur ?

Dumbledore tressaillit légèrement à ces mots et pendant un instant Aleksander jura voir un spectre danser dans ses yeux. Mais le professeur finit tout simplement par esquisser un pauvre sourire, l'air aussi las que résigné.

— La guerre... La guerre justifie parfois cela en effet... Ce sont des temps sombres que nous traversons en ce moment Aleksander, nous perdons beaucoup de gens... Pour la plupart des moldus innocents. Mais ce que tu vas faire — le rôle que tu vas jouer — cela pourrait en sauver d'autres, beaucoup d'autres. Si tu participes à la chute de Voldemort alors ce que tu auras fais paraîtra de moindre ampleur face à tout les crimes qu'il a lui-même commis... Et ce n'est pas seulement notre morale qui est en jeu Aleksander, c'est tout un pays. C'est toute notre communauté. Voldemort est notre plus grande menace à nous tous, moldus comme sorciers, depuis Grindelwald et le chaos qui l'a accompagné. Nous devons éviter à tout prix que ce chaos ne revienne... Nous avons besoin de toi Aleksander.

— Et ça doit justifier tout mes actes ? Même les plus atroces ?

— La guerre nous transformera tous Aleksander, pour le meilleur ou pour le pire. Ce qui compte c'est la personne que tu seras à la fin, pas celle que tu auras du être. Peut-être que les autres ne te reconnaîtront pas, qu'ils te mépriseront, qu'ils te verront différemment... Mais tu sais qu'à mes yeux, aux yeux de Dorcas et d'Alastor, tu resteras toujours le même, Aleksander. Si tu ne crois pas en toi, alors crois en moi quand je te dis que tu n'es pas et ne seras jamais une mauvaise personne. Tu as bon cœur Aleksander.

Aleksander le fixa en silence tout en essayant de puiser de la confiance dans le sourire toujours chaleureux de son professeur. Mais ce sourire ne fit qu'affaisser ses épaules. Il lui en demandait trop. Toujours trop... Mais au moins ils seraient là, eux trois. Dumbledore, Meadowes, Maugrey... Ils sauront qui se cacherait derrière le faux masque de Mangemort.

— Vous faites trop confiance aux gens, professeur, finit-il tout de même par lâcher. Ça vous jouera un tour un de ces jours...

— Très certainement. Mais pas aujourd'hui, sourit tranquillement Dumbledore. Je vais t'emmener à l'infirmerie mon garçon, tu as visiblement besoin d'un bon remontant et de beaucoup de repos... Ah aussi, il faudrait mieux cacher cela. Je suis la seule personne dans ce château qui doit être au courant de son existence.

Aleksander baissa le regard vers son avant-bras et la chose qui lui brûlait toujours affreusement la peau. Pourtant cette fois-ci quand il le regarda — ce maudit tatouage — il n'éprouva pas une once de dégoût. Juste de la résignation... Et de la détermination. Il n'était peut-être pas destiné à l'avenir d'un grand héros comme l'étaient Sirius ou Victory, mais il ferait en sorte que les têtes brûlées dans leur genre ne tombent pas dans un piège des Mangemorts. Aleksander payerait sa dette à Dumbledore en protégeant le reste de l'Ordre coûte que coûte, quitte à devenir ce qu'il détestait le plus.

Après tout c'était tout ce qu'il était bon à faire, non ? Il avait déjà un casier judiciaire assez chargé, une ou deux charges en plus ne changerait pas beaucoup la donne... Il suffisait de voir le visage de son ancien camarade Lukas — brûlé à vif par sa magie — pour en être sûr : Aleksander était déjà un monstre.

La baguette de Dumbledore tapota l'avant-bras du Serpentard et Aleksander regarda la Marque des Ténèbres imprimée sur son corps disparaître, se fondant dans sa peau et s'ancrant plus profondément dans sa chair.

Pour la première fois Aleksander réussit à se convaincre qu'il y arriverait, qu'il réussirait sa mission.

Voldemort ne gagnerait jamais la guerre tant que l'Ordre vivrait et Aleksander allait faire en sorte qu'il vive longtemps.

***

Regulus ne croyait pas en beaucoup de choses, mais surtout pas en l'utilité de fêter son anniversaire. C'était étrange comme concept, fêter sa naissance comme si c'était un grand accomplissement. Regulus préférait voir les choses différemment : on le félicitait plutôt d'avoir survécu une autre année. On lui offrait un cadeau pour le récompenser d'être toujours en vie. Regulus pouvait comprendre ça, plus que de le célébrer pour sa naissance, surtout que ce n'était pas simple de rester en vie en ce moment.

Le Serpentard enfila sa chemise avec des gestes prudents, veillant à ne pas toucher les hématomes qui coloraient ses côtes.

Bellatrix n'y allait pas de main morte durant leurs séances « d'apprentissages » comme elle aimait les appeler. Séances de tortures aurait été plus approprié selon l'avis de Regulus. Pendant ces séances il ne faisait que recevoir des sorts douloureux en essayant vainement de parer pendant plusieurs heures. Le pire c'était que ça ne servait à rien, Bellatrix ne lui apprenait même pas à jeter les sorts et les parer. Elle préférait les démonstrations.

Quand il était coincé avec elle, Regulus en venait presque à regretter les longues heures passées avec son mari Rodolphus à réciter des sorts et à étudier de la magie noire. Presque. Le mari de sa cousine avait beau être beaucoup plus pédagogue du fait de son métier — chercheur à l'université d'Oxford — il n'en restait pas moins que Regulus haïssait la magie noire de tout son être. Au moins il était bon acteur et réussissait à feindre d'être intéressé par tout ce que lui disaient les Lestrange même si dès qu'il était de nouveau seul, le jeune héritier recrachait l'entièreté de son estomac.

Ces séances le fatiguaient en plus de le dégoûter et Regulus en avait perdu l'appétit et l'envie de dormir. Il se retrouvait donc à somnoler en cours ou dans la Grande Salle ou sur son balai et à chaque fois c'était Jebezel qui devait le réveiller, ce qui n'avait pas empêché Regulus de recevoir un certain nombre de retenues pour son manque d'attention en classe et de nombreux discours moralisateurs de la part d'Axel Yaxley.

Regulus s'attendait donc à recevoir de bons cadeaux aujourd'hui parce qu'il les méritait largement avec tout ce qu'il devait subir lors des vacances et des week-ends.

— Seize ans ! lança la voix de Pucey. J'en reviens pas que tu sois le plus âgé de notre année Black.

— Pourquoi ? C'est toi qui est petit et maigrichon Owen, rétorqua Jebezel.

Regulus retient un rictus en entendant la pique de son ami. C'était fou à quel point Jay changeait de comportement et caractère quand ils étaient devant d'autres personnes. Il se renfermait aussitôt et n'hésitait pas à faire taire un de ses camarades par un regard noir et une menace de retrait de points. Ça changeait du Jay si détendu et patient auquel il était habitué avec Lucinda et Barty.

— Tu peux passer ton permis de tapis volant aujourd'hui, fit remarquer ce dernier d'un air songeur.

— Pourquoi je voudrais passer mon permis de tapis volant ? remarqua Regulus en enfilant sa cravate. J'ai même pas de tapis volant.

— Ouais mais maintenant tu peux en avoir un.

— J'espère pour toi que mon cadeau n'est pas un tapis volant.

— Tiens c'est vrai que c'est une bonne idée. Mais non Monsieur le collé, j'ai bien mieux.

— Arrête avec ce surnom...

— Je trouve qu'il te va bien vu que tu te retrouves en retenue chaque soir. Est-ce que tu sais que tu es censé dormir dans ton lit et pas sur un bureau ?

— Très spirituel Bartemius. Tu sais tu n'avais pas besoin de venir nous chercher dans les vestiaires après l'entraînement, on se serait passé de ta présence.

— Lucinda traîne encore avec Dice mais moi je peux pas la voire en peinture cette fille. Hors de question que je reste avec elles.

— C'est bon vous êtes habillé vous deux ? appela Jebezel en finissant de lacer ses chaussures. Pas trop trempé Reg' ? T'es allé haut aujourd'hui...

— Cette saleté de Vif d'Or voulait se promener dans les nuages, marmonna Regulus en passant une main irritée dans ses cheveux trempés. Je l'ai quand même attrapé cette saloperie...

— On n'insulte pas les balles Black ! cria Axel en rentrant dans le vestiaire.

— C'est sûr qu'on ne veut pas les froisser, elles et leurs oreilles imaginaires, se moqua Aleksander en le suivant et en s'emparant de son sac. Mais honnêtement là j'ai bien envie d'insulter ce maudit Cognard qui refusait d'entrer dans la boîte...

— Merci encore mec, j'aurais pas pu le rentrer seul.

— Aussi distrayant que c'était de te voir rager, tu commençais à me faire de la peine... Ah et aussi joyeux anniversaire Black, lança le batteur en poussant la porte.

— Tu ne te changes pas ici ?

— Nan, je préfère les dortoirs, éluda le Serpentard en sortant.

— Il va encore mettre de la boue dans notre chambre, désespéra Tom.

— Il est bizarre quand même ce type, marmonna Barty.

— De toute façon, c'est mieux qu'il ne se change pas ici. Ce serait bizarre, lança Pucey.

— Pourquoi ?

— Parce que c'est un pédé ? rétorqua le gardien sur le ton de l'évidence. J'ai pas envie qu'il me regarde moi.

— Ne t'inquiète pas Owen, y'a rien à regarder, renvoya Axel avec un regard étincelant.

Pucey piqua un fard alors que Jebezel esquissait un rictus. Regulus de son côté attacha sa cape en silence et ne manqua pas l'expression dégoûtée de Barty. Regulus comprenait sa réaction même si lui-même se fichait des préférences de Brand. Chacun ses problèmes après tout.

— On y va ? appela Regulus.

— C'est toi qu'on attends depuis le début.

— T'avais qu'à rester au château Bartemius.

— Et me recevoir le regard noir de Rogue parce que j'ai respiré trop fort à l'autre bout de la Salle Commune ? Non merci, je préfère encore me taper les vestiaires qui puent.

— Insulte-les, nettoie-les, répliqua vertement Axel en enfilant sa chemise. C'est la règle.

— Je vais demander à mon elfe de venir le nettoyer c'est sûr, l'air est irrespirable...

— Fais donc ça, soupira Jebezel. Allez viens Regulus va se mettre à râler si on lui donne pas ses cadeaux maintenant.

— Je râle pas, marmonna Regulus derrière son écharpe.

Jebezel lui adressa un regard sceptique par dessus son épaule en saluant Yaxley d'un signe de la main. Regulus grommela un au revoir avant de sortir à la suite du préfet, suivi de près par Barty qui continuait de jeter des regards dégoûtés aux coins sales du vestiaire. Les trois Serpentards s'enfoncèrent ensemble dans l'air froid de janvier et Regulus retint un grognement en remarquant qu'il avait commencé à neiger. Jebezel, lui, fixait les flocons avec ravissement comme chaque hiver.

Le préfet avait passé la plupart de sa vie dans la ville natale de sa mère au Mexique et forcément la neige le plongeait toujours dans un état d'excitation agaçant. En première année il réveillait Regulus et Barty à sept heures le samedi pour qu'ils aillent faire des bonhommes de neige ensemble au grand désespoir des deux garçons.

Regulus roula les yeux quand Jebezel essaya de manger un flocon alors que Barty émettait un claquement de langue agacé. Ça faisait des années qu'il s'entêtait à répéter que ce n'était pas hygiénique mais Montague n'en avait rien à faire.

— Pour la centième fois Jebezel on ne doit pas...

— ...manger les flocons je sais. Je m'en fiche. C'est génial la neige. Il a neigé pendant les vacances chez mon frère et j'ai emmené mes neveux faire un bonhomme de neige, raconta Jebezel. Je voulais les emmener voler au départ mais ma belle-sœur m'a hurlé dessus quand j'ai sorti les balais... Ça va c'est pas comme s'ils étaient si petit que ça.

— Ils ont pas deux et six ans ? lui rappela Barty avec perplexité.

— Oui ?

— C'est beaucoup trop jeune pour apprendre à voler Jebezel...

— La première fois que j'ai volé j'avais cinq ans, raconta Regulus avec un visage impassible. Sirius m'a mis sur un balai et m'a poussé du quatrième étage. J'ai failli m'écraser au sol puis ma magie s'est manifestée et j'ai atterri sur le toit. Mère était tellement contente que je ne sois pas un cracmol comme l'avait prédit ma tante et ma grand-mère qu'elle en a oublié de nous punir. Et ma cousine Bellatrix a donné une claque à Sirius parce qu'il lui avait volé son balai.

Regulus continua d'avancer en parlant pendant un moment avant de se rendre compte que ses deux amis étaient figés quelques pas derrière lui. L'attrapeur se retourna et leur adressa un regard déconcerté.

— Qu'est-ce qu'il y a encore ?

— Tu as la famille la plus dysfonctionnelle de toute la Grande-Bretagne Regulus, déclara Barty avec un regard presque impressionné. Même mon paternel est moins cinglé que tes parents.

— Vous n'avez rien vu, commenta sobrement Regulus. Imaginez ce qui ce serait passé si toute la branche française de notre famille avait survécu à la guerre contre Grindelwald.

— Un holocauste ?

— Qui sait.

— Pas étonnant que t'es finis si blasé. Ta famille est une catastrophe naturelle.

— Barty, râla Jebezel. On en a déjà parlé : il faut réfléchir avant de parler.

Barty haussa les épaules et reprit sa marche tranquillement. Jebezel rejoignit Regulus et lui jeta un regard inquiet ce qui l'agaça immédiatement.

— Arrête de me regarder comme ça.

— Il a droit de s'inquiéter, intervint Barty. Ça fait des mois que tu n'as pas décroché un mot sur ta famille et là tu nous sors toute une anecdote. C'est presque flippant.

— Ça doit être mon anniversaire qui me rend nostalgique, ironisa Regulus d'un ton pince-sans-rire.

— Sûrement, commenta Jebezel mais le préfet n'avait pas l'air convaincu.

Heureusement pour Regulus ils franchirent les portes du château à ce moment-là et il en profita pour échapper aux questions de ses amis.

— Je vais déposer mes affaires dans le dortoir, je vous rejoins après dans la Grande Salle.

— Tu sais que tu peux les laisser dans les vestiaires ?

— Je comprends qu'il ne veuille pas les laisser là-bas, c'est dégoûtant comme endroit...

— Mais nettoie-les si t'es pas content !

— C'est peut-être ce que je vais faire en effet. Et vous m'aiderez vous deux. N'est-ce pas Regulus ?!

Regulus l'ignora et s'éloigna à grands pas vers les cachots. Bien sûr que non il ne nettoierait pas les vestiaires, c'était une mission suicide après tant d'années sans qu'un balai ménager n'y soit passé. Mais c'était bien le genre de Barty de se lancer dans une mission nettoyage, il était légèrement maniaque sur les bords. Être son colocataire était l'horreur, il hurlait à la moindre trace de boue ou la moindre chaussette qui traînait.

Alors qu'il s'enfonçait dans le château, Regulus maudit silencieusement Salazar Serpentard d'avoir placé sa Salle Commune dans les cachots glacés. Comme si les Serpentards n'étaient pas déjà assez ostracisés, ils devaient en plus être exilés dans les entrailles du château. Le pire restait l'hiver quand les températures chutaient drastiquement et qu'ils devaient ranimer le feu trois fois par jour. Regulus se souviendrait toute sa vie du jour où Victory avait convaincu Brand de mettre le feu à une table basse pour qu'ils puissent tous se réchauffer autour. Résultat il y avait eu tellement de fumée dans la Salle Commune et les dortoirs que les Serpentards avaient dû aller dormir dans la Grande Salle.

C'était quoi le problème de Brand avec le feu d'ailleurs ? Regulus l'avait déjà vu incendier pas mal de choses...

En parlant du loup, Regulus croisa justement le batteur, en pleine dispute avec Remus Lupin.

— Je sais pas ce que je vais faire de toi Aleks ! Tu m'épuises !

— Ça va Rem' je vais bien, arrête de m'engueuler tout va bien...

— Tu es sorti il y a à peine trois heures de l'infirmerie et tu t'es dis que c'était une bonne idée d'aller faire du Quidditch alors qu'il neigeait ? Non mais sérieusement parfois tu es encore plus inconscient que Sirius et crois-moi il m'en a fait des coups comme ça ! Rien que vendredi dernier il est parti pique-niquer dans la Forêt et a attrapé un rhume... Pique-niquer dans la Forêt Interdite ! Mais qui fait ça sérieux ?

— Honnêtement ce qui me surprend c'est que James et Sirius ne l'aient pas fait avant...

Regulus se figea un instant en entendant ça et il ne put s'empêcher de jeter un discret coup d'œil dans leur direction. Mais Aleksander releva la tête à ce moment-là et haussa un sourcil en le voyant. Regulus se détourna précipitamment et se réfugia dans sa Salle Commune avant que Lupin ne le voit aussi.

Il ne savait même pas pourquoi il s'était arrêté... Pour avoir des nouvelles de Sirius ? C'était ridicule, il ne faisait jamais ça d'habitude... Très tôt il avait pris l'habitude d'ignorer toutes les rumeurs étranges qui accompagnait son frère à Poudlard. Mais après tout ils avaient coupé les ponts dans le Poudlard Express, les rumeurs seraient désormais son seul moyen pour avoir de ses nouvelles. Sirius ne lui parlerait plus jamais. La preuve il ne lui avait même pas fait exploser une part de tarte à la figure pour son anniversaire comme il avait l'habitude de le faire. Alors peut-être que Regulus s'accrochait juste à la moindre miette d'information sur son grand frère...

Agacé contre lui-même mais surtout fatigué, Regulus descendit les escaliers de sa Salle Commune en passant une main nerveuse dans ses cheveux trempés. Il ne savait plus quoi penser de Sirius maintenant. Tout ce qu'il devait subir avec les Lestrange était de sa faute après tout... Mais d'un autre côté c'était Regulus qui avait choisi de faire ça pour le protéger. Ou du moins il pensait le protéger...

— Bon sang pourquoi tout est si compliqué... Je pouvais pas avoir une famille normale ?! ragea Regulus en claquant la porte derrière lui.

Son dortoir était vide. Tant mieux pour ses colocataires, Regulus aurait passé ses nerfs sur eux s'ils avaient été là.

Regulus jeta sèchement ses affaires sales dans les paniers que Barty avaient posé au pied de chaque lit — complètement taré ce garçon — mais fut plus précautionneux quand il rangea son balai dans sa malle. C'était son bien le plus précieux. Exténué, Regulus allait s'effondrer sur son lit pour cinq petites minutes quand son regard tomba sur une enveloppe de papier kraft. La curiosité l'emporta sur la fatigue et il l'ouvrit avec des gestes prudents. Si ça se trouve c'était une autre farce stupide de Fawley... Cependant quand Regulus sortit le contenu du paquet, il se rendit immédiatement compte que ce n'était pas une farce.

Il tenait entre ses mains une écharpe Serpentard avec un mot épinglé dessus.

« Je sais que je suis un traître à mon sang et un sale dérangé déshérité, blah-blah-blah... Mais moi j'ai porté ton cadeau, alors t'as intérêt à porter le mien Reg'. — S »

Regulus fixa le mot sans bouger. Il se souvenait parfaitement du cadeau dont Sirius parlait... En novembre dernier — pour son dix-septième anniversaire — Regulus lui avait offert une écharpe Gryffondor pour remplacer celle que Walburga avait brûlé. Il n'avait pas mis de mot sur le cadeau mais Sirius avait fini par deviner que ça venait de lui. Ils n'en avaient jamais reparlé. Cette écharpe devait être sa façon de lui dire merci. Une façon bizarre mais c'était bien le style de Sirius.

Regulus attacha l'écharpe autour de son cou et remercia Merlin que Sirius ait oublié de mettre du poil à gratter dessus. Le Serpentard se dirigea vers la sortie en la portant. Peu lui importait qu'il soit à l'intérieur, Regulus ne pouvait se résoudre à l'enlever. Cet étrange cadeau c'était son dernier lien avec son frère.

***

— Je m'attendais à mieux...

— C'était pas si mal que ça, commenta Victory. C'était juste tranquille.

— Il n'y avait même pas d'explosion, se désola James.

— Ou de dragon, continua Camille.

— Encore tes dragons...

— Moi j'ai trouvé ça bien, lança Lily.

— Évidemment tu n'as aucune fibre artistique Evans, marmonna Sirius.

— Mais vous vous attendiez à quoi au juste ? À ce qu'ils arrivent sur des licornes volantes ? À dos de dragons d'eau ?

— Ne sois pas ridicule Lily, les dragons d'eau détestent qu'on les chevauche, réprimanda Camille.

— C'est moi qui suis ridicule ? Les délégations n'allaient pas arriver en faisant exploser le château non plus !

— Des licornes volantes ça aurait été plus stylé qu'arriver avec un simple Portoloin, je dis ça je dis rien, commenta Aleksander.

— Ils ont aucun sens du spectacle ces européens.

— On est européen nous aussi James, rappela patiemment Remus.

— Non nous on est anglais Lunard, une distinction importante.

— Je suis gallois.

— Et moi londonien, ajouta Sirius.

— Londres fait partie de l'Angleterre abruti.

— Ne sois pas ridicule Camille, on a beaucoup plus de style que les campagnards.

— Les campagnards t'emmerdent, s'indigna James, appuyé par le hochement de tête de Peter et Mary.

— Excusez-moi, appela une voix, on m'a dit que mon binôme était ici. Sirius Blake ?

Sirius et Camille se figèrent sur leur banc en reconnaissant la voix. En face d'eux Aleksander fixait la nouvelle arrivée en essayant de masquer du mieux qu'il pouvait son choc.

— Alors ? Il est ici ou pas Blake ? s'agaça la voix.

— C'est moi, répondit Sirius en se tournant. Sirius Blake... Black. Sirius Black.

Tout en se présentant, il fixa la jeune fille en face de lui et put assister en direct à la décomposition du visage de son binôme, Juliette Beylier. La sœur du défunt Lionel Beylier et une des rescapées de l'attentat de Beauxbâtons. Juliette dévisagea Sirius avec un mélange d'horreur et d'incompréhension.

— Bienvenue en Écosse ? tenta le Gryffondor.

— Je crois que tu lui as donné un arrêt cardiaque, murmura Camille.

Le regard de Juliette tomba alors sur la blonde assise à côté de Sirius et elle blêmit encore plus si c'était possible, jusqu'à ce que son visage ne se torde de fureur.

— Alors là c'est non ! explosa soudainement la française. Je refuse d'être avec toi !

La jeune fille tourna sur ses talons et s'éloigna à grands pas en ignorant les regards choqués que les élèves envoyés dans sa direction. Sirius la regarda partir avec une grimace avant de se retourner.

— La délégation de Beauxbâtons est arrivée il y a moins d'une heure ! désespéra Remus. Comment as-tu réussi à te mettre à dos ton propre binôme en moins d'une heure ?

— Le talent ?

— C'est pas du talent ça. Ça c'est juste catastrophique. Qu'est-ce que je vais faire de vous sérieusement ?

— Je tiens à souligner que moi je me suis mis personne à dos, intervint James avec un air fier.

— Mais pourquoi tu me lâches comme ça mec ? se décomposa Sirius.

— Désolé Pat' mais si j'ai une chance de remonter dans l'estime de Remus, je la prends. Y'a pas de meilleur ami qui tienne dans ce cas-là.

— Faux fr...

— Camille ! intervint une autre voix en interrompant Sirius au passage. Ça fait une heure que je te cherche toi et ta sœur !

Ce fut au tour de la plus jeunes des Light d'écarquiller les yeux en se retournant précipitamment.

— Narcisse ?!

La Serpentard faillit se cacher sous la table quand elle se retrouva face au regard perçant de son cousin, Narcisse Fontaine. Avec ses épis cuivres et ses yeux verts, c'était le portrait craché de sa petite sœur Capucine.

— N'aie pas l'air si surprise. Tu savais que je viendrais, lui reprocha Narcisse. Tu as vu mon nom sur la liste.

— Oui mais... Je pensais que tu viendrais que pour les épreuves vu que t'es arbitre, se justifia piteusement Camille avant d'accuser sa sœur. C'est Sophie qui me l'a dit !

— J'y m'attendais Sophie ne m'aime pas. En même temps elle aime très peu de gens... Toi en revanche... Je m'attendais à mieux de ta part. J'encadre la délégation, évidemment que j'allais arriver en même temps que les élèves à Poudlard !

— Attends... Ça veut dire que... Que tu vas rester ici à Poudlard ? Tout le temps ? s'horrifia Camille.

— Non. Je dormirai chez tes parents. Dis le moi si tu veux que je passe le bonjour à oncle Charles, ironisa Narcisse.

— Ne te donne pas cette peine, grommela Camille en s'assombrissant. On ne se le dit même pas en face. Tu te rends compte que tu devras rester dans la même maison que Belvina Lestrange quand même ?

— Et pourquoi est-ce que tu crois que je suis en Angleterre au juste Camille ? rétorqua Narcisse avant de passer de l'anglais au français. Si je participe à ce Tournoi c'est avant tout pour avoir une petite discussion avec les Lestrange.

Camille le fixa sans comprendre avant qu'une lumière ne s'allume dans son esprit.

— Pour Capucine ? souffla-t-elle.

Le regard de Narcisse se durcit et Camille crut voir quelque chose étinceler dans son regard si vert. De la peine ? De la haine ? Elle ne savait pas mais si Narcisse voulait voir les Lestrange ce n'était certainement pas pour boire un coup avec eux. Il savait pertinemment que Bellatrix Lestrange avait assassiné sa sœur, c'était la seule chose que Camille lui avait avoué sur sa mort, même si un manque de preuve et de témoins avait rendu impossible son incarcération. Le nom de Bellatrix restait blanc comme neige malgré le sang qui maculait ses mains. Narcisse voulait sans nulle doute apporter justice à sa défunte sœur, qu'elle soit au moins venger dans sa mort. Ce qui était une grave erreur selon l'avis de Camille, on ne pouvait pas gagner contre les Lestrange. Jamais.

— C'est une mauvaise idée Narcisse, tu ne dois pas provoquer les Lestrange...

— Je t'en prie épargne-moi le discours moralisateur, la coupa Narcisse avec dédain. Castiel m'a déjà assez noyé sous ses « arrête de te comporter comme un abruti et rentre en France ». Félicitations pour le mariage d'ailleurs. J'ai hâte d'y être, déclara Narcisse avec un regard mauvais. Bon où est ta sœur ?

— Pourquoi tu veux savoir ça ? Tu veux aller l'emmerder elle aussi ? rétorqua sombrement Camille.

— Précisément, sourit Narcisse avant de se pencher en avant pour ne pas qu'on l'entende. Tout ce que je cherche ce sont des réponses, Camille. Tu le sais ça. Si toi tu ne veux pas me les donner alors j'irai les chercher ailleurs, jusqu'à Bellatrix Lestrange s'il le faut. Et si je peux tordre le cou de cette saleté au passage, je le ferai sans hésiter. On ne touche pas à notre famille sans en payer le prix Camille.

— Tu vas le regretter imbécile. Fais toi tuer si tu veux mais n'implique pas mes parents, mes sœurs ou Castiel là dedans.

— Pourquoi ? Tu as retrouvé un semblant d'affection pour une partie de notre famille ?

— Sophie est à la table des Serpentards là-bas. Maintenant laisse-moi tranquille, ordonna Camille d'une voix plus forte en se retournant.

— Merci bien, on se verra au mariage cousine, ironisa Narcisse d'une voix mielleuse en lui ébouriffant les cheveux.

— Fous le camp, siffla sa cousine en se recoiffant.

— Ravi de vous avoir rencontré ! salua le blond en s'adressant aux amis de Camille.

Il s'éloigna sous le regard noir de la Serpentard et les mines déconcertées de ses amis. Camille eut juste le temps de distinguer l'expression de pure irritation qui tomba sur le visage de Sophie lorsque Narcisse l'interpella avec un grand sourire avant qu'elle ne se retourne.

— Quel connard ce type...

— Une de tes connaissances Camille ? devina Remus.

— Cousin. Malheureusement. Narcisse Fontaine...

— Quoi ? Tu as dit Narcisse Fontaine ? intervint subitement James avec un regard pétillant. Tu veux dire le nouveau gardien de l'équipe nationale de France ? Mais ce mec est un prodige volant !

Camille lui jeta un regard noir.

— Super. Si jamais tu as un poster à son effigie envoie-le moi pour que je puisse le réduire en cendres.

— Tu penses qu'il me signera un autographe ?

— Sûrement, comme son nom l'indique ce n'est pas la modestie qui l'étouffe... Par contre je te préviens : je cracherai dessus, menaça Camille.

James — qui dans son enthousiasme s'était levé — se rassit immédiatement et afficha une mine défaite.

— Je suis sûr qu'il y aura plein d'autres célébrités, le réconforta Peter.

— Mais c'est Narcisse Fontaine, geignit James. Dans cinq ans ce mec sera définitivement considéré comme une légende du Quidditch...

— Oh par Merlin ne lui dis jamais ça ! s'horrifia Camille. Déjà qu'il a pire ego que la Terre n'ait jamais porté — pire que le tien et celui de Sirius combinés — mais si en plus tu lui sors qu'il va devenir une légende... Je risque très fortement de l'assassiner.

— Vraiment ? Il a un pire ego que Black ? s'étonna Victory.

— Une horreur ce type. Encore quand il avait sa sœur pour le faire redescendre sur Terre ça allait mais maintenant... Il est incontrôlable.

— Qu'est-ce qu'il est arrivé à sa sœur ?

— Elle est morte en novembre, répondit Camille après un temps d'hésitation. Elle étudiait à Beauxbâtons.

Il ne leur fallut pas beaucoup plus d'explications. Les yeux de Peter et Mary s'écarquillèrent alors que Remus et Lily optèrent pour un regard désolé.

— Et il prends ça comme une excuse pour se comporter comme un connard et un abruti en plus, continua Camille en piochant dans ses frites. Il a aussi failli quitter l'équipe.

— Quoi ?! Non il ne peut pas !

— Qu'est-ce que tu veux Potter, chacun gère son deuil différemment...

— Et toi tu le gères bien ? s'enquit Lily avec un calme qui avait le mérite d'être très reposant au milieu de tout ses Gryffondors agités.

— Ça va, répondit vaguement Camille. Ce n'était pas ma sœur non plus... On ne se voyait plus beaucoup depuis plusieurs années. Je vais bien.

Sirius retint un soupir agacé en entendant ça. C'était devenu être son refrain favori « je vais bien ». Il ne comptait plus le nombre de fois où elle lui avait sorti ça et il doutait que plus de la moitié soit vraie. Mais il savait aussi que s'il ouvrait la boîte de Pandore que Camille cachait en elle alors elle risquerait d'ouvrir la sienne en même temps. Et Sirius n'était pas prêt pour ça. Alors il se taisait, parce que tout était préférable à affronter le monstre que ses parents avaient laissé en lui, toutes les interrogations, les marques, les peurs qu'ils avaient créé... Il préférait les enterrer comme Camille avait enterré ses cousines et les deux Mangemorts qu'elle avait tué par accident.

La stratégie de la fuite était devenue leur préférée.

— On ne va jamais bien lors d'un deuil, intervint brusquement Peter.

Cette intervention fut accueillie par autant de regards surpris qu'attristés. Sirius se tourna vers son ami avec un temps de retard. Parmi eux tous, le seul à pouvoir comprendre ce qu'un deuil représentait, la douleur qu'il apportait, était Peter. Il avait fait face seul à la mort de son père alors qu'il n'était âgé que de treize ans. Ses amis n'avaient pas su comment le soutenir dans cette période sombre. À cet âge-là Sirius ne comprenait même pas qu'il puisse pleurer pour la mort de son père, quelque chose qu'il aurait lui-même accueilli avec joie. Impuissants, ses trois amis l'avaient alors vu se recroqueviller sur lui-même, s'emmurer dans un silence peiné qu'il n'avait jamais vraiment quitté.

Camille ne répondit pas, troublée par l'affirmation de Peter. Elle semblait être à court de mots rassurants pour une fois. Sirius se demanda un instant s'il devrait la pousser vers Peter pour qu'elle commence enfin à s'occuper du deuil qui la rongeait. Quoique réflexion faite ce n'était pas une si bonne idée... Peter était toujours trop fragile sur ce sujet et Camille était convaincue de bien gérer la situation. Ça n'aurait aucun intérêt de les laisser ensemble.

— Bon je pense que tout le monde a fini de manger, lança Aleksander en se levant.

— J'ai pas fini moi, protesta Victory en montrant sa purée et ses légumes.

Aleksander lui jeta un regard exaspéré mais Camille, Sirius et Remus parurent comprendre son message car ils se levèrent à sa suite. Le reste du groupe resta manger et Victory lança tout de même un regard inquiet à Camille avant de replonger dans son assiette. James quant à lui chercha à distraire Peter en faisant virevolter le jus de citrouille hors de sa carafe avec sa baguette. Cette démarche eut le mérite de faire rire Queudver quand le jus atterri sur la tête de Severus Rogue. Loin de cacher qu'il était le coupable avec son sourire goguenard, James se reçut un regard noir de la part du Serpentard suivi d'un maléfice cuisant. Le Gryffondor eut la chance de l'esquiver de justesse et s'apprêtait à répliquer quand Lily lui ordonna de lâcher sa baguette immédiatement.

— Potter je te jure je t'envoie mon assiette de purée en plein visage si tu lui jettes un sort.

Persuadé qu'elle le ferait vraiment, James abandonna à contrecœur son envie de riposter. Sirius eut un léger ricanement en voyant cela et donna un coup dans les côtes de Remus pour attirer son attention.

— Pour la dernière fois Patmol : tu n'es pas obligé de me frapper pour attirer mon attention, s'exaspéra le préfet. Tu peux aussi m'appeler par mon nom.

— Beaucoup moins drôle. Et vise-moi ça Lunard, notre Cornedrue se fait remettre à sa place par Evans. On dirait qu'il s'assagit.

— Tant mieux... Il ne reste plus que toi à remettre sur le droit chemin. Malheureusement contrairement à James ou Aleks, tu ne sors pas avec une personne responsable...

— Heureusement tu veux dire. Déjà qu'elle m'oblige à travailler avec elle mais si en plus Camille me disait d'arrêter de faire des conneries je...

— Tu quoi ? intervint Camille d'une voix forte.

Sirius s'interrompit et Remus arqua un sourcil devant ce silence louche, un sourire ironique aux lèvres.

— Tu ferais quoi Sirius ? demanda Camille. En fait non j'ai mieux comme dilemme... Qu'est-ce que tu choisirais entre moi et tes mauvais coups ?

— Ça ne se fait pas de demander ça ! protesta Sirius avec un regard nerveux pour Remus.

Le loup-garou se contenta de l'extorquer à répondre avec un grand sourire.

— Alors Sirius ? ajouta Aleksander avec sadisme.

— Je... bredouilla Sirius.

Remus observa avec satisfaction son ami paniquer en cherchant désespérément la bonne réponse à la question. Le batteur déglutit même en croisant le regard noir de sa petite amie. Sirius hésitait à opter pour la technique de la diversion quand la mine sérieuse de Camille se fendit finalement et elle éclata de rire.

— Oh ta tête paniquée n'avait pas prix ! ria Camille alors que Sirius la dévisageait d'un air interloqué. Ne t'inquiète pas Sirius, je ne m'attendais pas à ce que tu répondes. Je sais que tu les aimes d'amour tes farces et qu'elles font partie intégrantes de ta personnalité... En même temps tu serais terriblement ennuyant si tu abandonnais les mauvais coups. Au moins j'ai toujours une anecdote ridicule à raconter sur mon copain comme ça !

Sirius fut tellement soulagé que Camille n'attende pas de vraie réponse qu'il en oublia de s'insurger sur la fin de sa phrase. De son côté Remus soupira : ce n'était pas demain la veille que Sirius deviendrait responsable avec une petite-amie pareille. Surtout que Camille continuait de rire.

Remus jeta un coup d'oeil à son propre petit-ami qui fixait ses amis avec amusement juste à côté de lui. Parfois il se demandait si Aleksander s'agaçait de son sens des responsabilités... Remus s'était toujours imposé des limites strictes à ne pas franchir et même s'il adorait planifier des farces, il respectait toujours certaines règles. Toutes ses restrictions devaient être exaspérantes aux yeux de quelqu'un d'aussi peu conventionnel et d'aussi libre qu'Aleksander. Il n'aimait pas qu'on lui dise quoi faire et agissait comme un véritable électron libre parfois, contrairement à Remus qui était plus classique et retranché dans un confort fait de règles et de limites... Ils étaient si différents que c'en était presque surprenant qu'ils soit restés ensemble si longtemps...

Remus s'apprêtait à lui poser la question quand le sourire d'Aleksander se figea sur ses lèvres minces. Le Serpentard se redressa, le regard perdu dans la foule et les épaules tendues ce qui alerta tout de suite son petit ami.

— Aleksander Brand ! Ça alors !

Sirius et Camille abandonnèrent leur échange de regards pour se retourner et se retrouvèrent face à un groupe d'élèves de Durmstrang. Les trois adolescents qui se tenaient devant eux les ignorèrent et la fille qui les menait se détacha même du groupe pour aller se planter devant Aleksander, bousculant Camille au passage.

— Presque cinq ans depuis qu'on s'est vu et tu ne viens pas saluer tes anciens camarades ? ironisa-t-elle.

— Tu m'as pas vraiment manqué...

— Quel dommage. Tu sais Durmstrang est tellement froid sans toi... Ça manque de chaleur...

— Qu'est-ce que tu veux Gloria ? soupira Aleksander en ignorant ses piques.

— Juste te saluer. On va devoir faire équipe pendant plusieurs mois après tout, on est partenaire. C'est quand même fou que sur plusieurs centaines d'élèves je me retrouve coincé avec le seul bâtard cinglé du lot ! Le monde est si petit.

— Tu vas m'insulter pendant tout le Tournoi ?

— Pourquoi pas ? On ne change pas de si bonnes habitudes.

— C'est sûr que toi tu n'as pas changé en cinq ans... Quoique, tu es presque aussi détestable que ta tante Sorscha maintenant.

Le sourire de Gloria s'effrita et son regard se durcit à la mention de Sorscha, le seul lien qui la rattachait filialement à Aleksander.

— J'aurais préféré être avec un elfe de maison plutôt qu'avec toi sang impur, siffla Gloria.

— Je t'en prie, n'hésite pas à quitter le Tournoi. Ça m'arrange honnêtement vu que j'aimerais gagner.

— Gloria laisse tomber il n'en vaut pas la peine, intervint un autre élève de Durmstrang. Regarde-le franchement.

— N'en vaut pas la peine ? siffla son ami. Tu te fous de moi Cibor ? Ça fait cinq ans que j'attends ce moment ! Brand !

Gloria récupéra son sourire mielleux en voyant son cousin par alliance se décomposer devant ses yeux.

Personne n'aimait se retrouver devant ses démons et le pire démon d'Aleksander avait accompagné Gloria jusqu'en Écosse.  

Le Serpentard eut l'impression qu'on le frappait en plein visage quand Gloria fut écartée d'un geste sec par Lukas Ziemann, son cauchemar de première et deuxième année à Durmstrang. À côté de lui Remus laissa échapper une exclamation étranglée en apercevant le visage de Lukas.

On ne pouvait pas lui en vouloir de fixer l'allemand avec des yeux écarquillés ainsi... Toute la peau qui entourait son œil droit était couverte de marques de brûlures, sa peau était rugueuse et rougeâtre et son œil fixait le vide sans rien voir. Les marques s'arrêtaient juste en dessous de sa pommette droite mais donnaient l'impression que tout son visage était défiguré, et les mèches brunes qui tombaient sur son front cachaient à peine les dégâts infligés par Aleksander cinq ans auparavant.

— Lukas...

— Aleksander Brand. Toujours en liberté, hein ? J'arrivais pas le croire quand mes parents m'ont dit qu'une mystérieuse personne t'avait sauvé la mise en t'envoyant aux États-Unis ! Tu aurais du finir dans un hôpital psychiatrique ou rejoindre tes semblables à Nurmengard cette nuit-là ! cracha Lukas, écumant de rage.

Aleksander ne répondit rien, la colère de Lukas était tout à fait justifiée. Il ne s'attendait pas à ce qu'il lui est pardonné, loin de là.

— Tu ne réponds pas Aleksander ? Ta sang-de-bourbe de mère ne t'a pas appris les bonnes manières ? Normalement quand on défigure quelqu'un on lui demande au moins pardon. Ou est-ce que c'est quelque chose qu'un dégénéré dans ton genre ne peut pas comprendre ?

— Si ça peut te faire plaisir alors pardon. Mais je ne vois pas en quoi tu te sentirais mieux parce que je me suis excusé. Ce n'est pas tellement ton style Ziemann.

— T'as raison, admit Lukas après un temps de réflexion. T'es peut-être pas si limité que ça finalement... La seule chose qui me ferait me sentir mieux serait de te rendre la pareille. Malheureusement il paraît que c'est illégal de blesser des sang-impurs dans ce satané pays, soupira Lukas avec un claquement de langue agacé. Dommage.

— À quoi tu t'attendais ? C'est le pays de Dumbledore ici Luke, rappela Cibor avec ennui.

— J'avais oublié... Ce vieux fou est une plaie. Tu as au moins intérêt à gagner pour Durmstrang, Brand, menaça Lukas avec un regard étincelant pour Aleksander. Évite de faire encore plus honte à notre établissement.

— Loin de moi cette idée... Ce n'est pas comme si c'était un château rempli d'ordures...

Lukas se rapprocha d'un pas, l'air menaçant, et Remus s'interposa alors entre les deux. Il n'avait rien compris à leur conversation vu qu'ils s'exprimaient tous dans une langue étrangère — de l'allemand selon ses souvenirs — mais le ton de Lukas et Gloria était suffisamment explicite. Remus n'aimait pas non plus les regards haineux et même rageurs que Lukas envoyaient dans sa direction, ni le pas en avant menaçant qu'il avait esquissé. Remus pointa sa baguette entre les deux, l'appuyant légèrement sur le cou de Ziemann avec un regard appuyé.

— Tu parles anglais ?

— Évidemment. Dégage le balafré, ordonna Lukas d'un ton sec mais dans un anglais correct.

— Si tu comprends alors écoute-moi bien, je sais pas c'est quoi le règlement de Durmstrang mais ici nos règles sont très claires : on n'agresse pas les élèves.

— Quel établissement ennuyeux, commenta Cibor.

— Oh Poudlard est loin d'être ennuyeux... Par exemple si jamais vous vous en prenez au moindre élève, surtout Aleks, alors vous en subirez les conséquences et croyez-moi : vous regretterez Durmstrang, prévint Remus avec un éclat dangereux dans les yeux.

— Tu nous menaces ? s'amusa Gloria.

— Je vous conseille juste de faire attention, nuança Remus, et de ne pas vous mettre les mauvaises personnes à dos.

— « Surtout Aleks », hein ? Le bâtard cinglé est ton pote ? releva Lukas avec un sourire mauvais.

— Ouais donc évite de l'insulter, rétorqua Remus.

— Bah ne t'inquiète pas le balafré, je sais très bien qui je ne dois pas me mettre à dos, répondit Lukas.

— Ouais c'est nous, lança la voix de Sirius dans son dos.

Lukas se retourna en arquant un sourcil et fut accueilli par le regard furieux de Camille et l'air menaçant de Sirius. La Serpentard avait sorti sa baguette et jaugeait froidement les élèves de Durmstrang, se demandant si elle devait leur jeter un sort particulièrement vicieux. Histoire de leur donner un avant-goût de ce qu'il se passerait s'ils touchaient à Aleksander ou Remus. Quant à Sirius il toisait Lukas d'un air sombre, tout sourire envolé de son visage.

— Si vous devez avoir peur de quelqu'un ici, c'est de nous, prévint Sirius.

— J'en doute pas, répondit Lukas en les examinant du regard. Vous avez l'air d'une belle bande de cinglés. À part toi poupée.

Lukas adressa un clin d'œil à Camille qui mit un certain temps à réaliser qu'il lui était destiné et encore une minute à comprendre ce qu'il sous-entendait.

— Poupée ? répéta-t-elle en même temps que Sirius.

Le même dégoût transpirait dans leurs voix et Sirius avait l'air de plus en plus furieux. Camille hésitait vraiment à leur jeter un maléfice désormais. Lukas se contenta de lui sourire froidement.

— T'es toute mignonne, tu ressembles à une poupée... Un conseil : tu devrais t'éloigner de ces mecs. Trop dangereux pour toi petite.

— Ça se voit que t'es nouveau ici. À Poudlard ce sont les Serpentards qui sont dangereux, rétorqua Camille en pointant l'écusson qui ornait sa robe. Si t'es pas convaincu on pourra voir ça pendant le Tournoi... Tu en fais partie j'espère ?

Le sourire de Lukas vacilla et il lança un regard noir à Aleksander par dessus son épaule avant de se retourner vers Camille.

— Malheureusement non. Alors fais-moi plaisir poupée et défonce ces cinglés à ma place si t'es si dangereuse, ironisa-t-il avec de s'en aller.

Il avait déjà rejoins Cibor et Gloria — ignorant la mine incrédule de Camille et l'air proprement furieux de Sirius — quand le sorcier étranger se retourna une dernière fois, un ultime sourire provocateur aux lèvres.

— Ah et aussi... Évite de défigurer tes adversaires Brand, j'ai entendu dire que c'était disqualifiant.

Aleksander aura voulu pouvoir lui répondre et lui renvoyer une pique mordante, il le voulait vraiment. Malheureusement il ne se sentait pas le droit de répliquer... Tout ça il le méritait. Des années plus tard, il recevait enfin le châtiment qu'il aurait dû affronter cinq ans plus tôt. Aleksander avait joui d'une période de paix et de bonheur au cours de ces dernières années : maintenant il devait payer.

***

🏳️‍🌈 HAPPY PRIDE MONTH GUYS 🏳️‍🌈
Soyez fier de qui vous êtes !

Pour célébrer ce mois j'ai décidé de demander à notre couple gay phare ce qu'ils en pensent :

« Remus — Je pense que c'est l'occasion de porter haut et fort nos couleurs et de célébrer nos différences. Soyez fier de qui vous êtes. Sauf si vous êtes homophobes, là vous risquez de vous prendre une rouste.

Aleksander — Ouais. Et la pride c'est cool.

Remus — Je reviens je dois empêcher James de cuisiner d'autres cupcakes arc-en-ciel... »

Vous avez bien lu chers lecteurs : la pride c'est cool. Et si vous êtes homophobe vous vous prendrez une rouste de la part de Remus et d'Aleksander et ça fera mal je vous l'assure. Mais surtout... Les cupcakes arc-en-ciel sont délicieux.

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre assez lourd et rempli de révélations et n'oubliez pas de voter !

À dans deux semaines !

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