Chào các bạn! Vì nhiều lý do từ nay Truyen2U chính thức đổi tên là Truyen247.Pro. Mong các bạn tiếp tục ủng hộ truy cập tên miền mới này nhé! Mãi yêu... ♥

Chapitre 19 - Le cliché


Je suis pathétique. Me voilà en train de pleurer pour un garçon. Comment ai-je pu en arriver là ? Pourtant, je ne parviens pas à stopper mes sanglots qui me donnent l'air d'être une potiche sans cervelle.

- Si tu continues à pleurer, je me barre !

Les paroles si réconfortantes d'Apollon me sont d'une grande aide. Nous aimons tous nous faire crier dessus lorsque nous nous sentons déjà mal.

- Je n'ai pas de médicament contre les larmes alors arrête merde !

Il devrait prendre des cours de communication. Même un bûcheron perdu au fin fond des montagnes serait plus doux que lui. Je ne sais pas par qui il a été élevé mais les bonnes manières n'ont apparemment pas été transmises. La sympathie, la compréhension, la compassion, ce sont des termes dont il doit ignorer l'existence.

Je ravale un sanglot et essuies mes perles de larme d'un revers de la main. Je ne vais pas rester là, planter face à lui, et continuer de pleurer indéfiniment. Je vais plutôt aller me calfeutrer dans ma chambre, à l'abris des regards. Surtout de son regard.

Me voyant partir, Apollon se place soudain entre la porte et moi. A quoi joue-t-il ? Peut-être qu'au fond ça l'amuse de me voir dans cet état. Le malheur des autres doit le faire jubiler.

- T'as une morve qui sort du nez, tu ne vas quand même pas te montrer avec ça devant les autres passagers.

Je le maudis intérieurement pour son tact et attrape du papier toilette pour me moucher. Je vide mes voies nasales avant d'enfin quitter les lieux. Dans le couloir, les autres voyageurs passant par-là me dévisagent. Je dois avoir une mine affreuse. Me sentant déjà mal, être jugée de la sorte me met encore plus mal à l'aise. J'aurais peut-être dû rester cachée dans les toilettes des garçons.

Deux mains chaudes viennent se poser sur mes épaules. En tournant la tête, je remarque qu'il s'agit d'Apollon. Celui-ci lance un regard noir aux personnes arpentant le couloir dans lequel nous nous trouvons. Tente-t-il de m'aider ? Je ne sais pas à quoi il joue mais je ne veux pas qu'il me porte secours. Je suis persuadée que si je le laisse faire, je lui en serrai redevable et il ne manquera pas de me le rappeler. Il est donc hors de question que j'ai un service à lui rendre !

D'un coup d'épaule, j'enlève ses mains posées sur ma peau. D'un pas rapide, je quitte ces lieux devenus trop fréquentés. J'ai besoin de retrouver le calme de ma chambre. Crier toute ma colère envers Charlee sous ma douche.

- Hey toi ! Tu vas où ?! Me crie Apollon en me courant après.

- J'ai un prénom je te signale ! Me retournais-je vers lui.

- Je sais.

- Alors utilise le !

- Non.

Chacun de ses mots, de ses phrases lorsqu'il m'en fait, me surprennent. Elles sont complètement incohérentes. Il me court après comme s'il souhaitait me parler mais lorsque nous entamons une discussion, il retombe dans ses réponses courtes sans intérêt. Ce soir, je n'ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec tout ça.

- Pourquoi est-ce que tu viens me parler ? Je croyais qu'on devait vivre chacun de notre côté.

- Tu veux connaitre la vérité ? C'est Charles qui m'a obligé de t'accorder une danse ce soir pour m'excuser de mon comportement la dernière fois.

- Donc t'es en train de me faire des excuses là ?

Tel un enfant ne voulant pas avouer sa bêtise, il regarde de gauche à droite en prenant soin de ne pas poser ses yeux sur moi. Il reste muet, comme à son habitude. Je n'appelle pas cela des excuses moi.

Mais en l'observant là, planté face à moi, je réalise alors une chose. Son comportement est exécrable et il a un visage imperceptible, il est impossible à comprendre et pourtant lui il arrive à me dire la vérité. Il s'est montré sincère avec moi en m'expliquant pourquoi il a eu ce brin de gentillesse en m'apportant un médicament. Malgré son caractère de cochon, il a su se montrer sincère, chose que Charlee a été incapable de faire ce soir.

- Tu veux vraiment te faire pardonner ? Emmène-moi prendre une photo avec le commandant, dis-je en fixant du regard mes pieds.

- Tu plaisantes j'espère ?! Tout le monde est passé à table depuis dix minutes, on ne va pas aller le déranger pour un stupide cliché sans intérêt !

Dès l'instant où mes yeux, encore rouge à cause des larmes, rencontrent les siens, il semble surpris. Son expression de stupeur ne coïncide pas du tout avec le ton autoritaire de sa voix. C'est comme si enveloppe corporelle se battait avec celle intérieure, que les deux étaient en désaccord et de ce fait, chacune s'exprimait comme elle en avait envie. La question est de savoir laquelle est le reflet de ses émotions.

- S'il te plait, juste une petite photo et je te laisse tranquille. Sans toi, on ne me laissera pas avoir accès à sa table.

S'il a une once de compassion, c'est maintenant qu'il doit la montrer. Pourtant, son attitude rigide ne laisse pas paraitre un tel sentiment. Il reste aussi droit qu'un piquet de glace, complètement stoïque à mes paroles. Converser avec le vase, situé sur une table en marbre juste derrière lui, serait beaucoup plus divertissant.

A chaque instant où je crois qu'il s'ouvre un peu, il se referme presque aussitôt, me laissant que l'enveloppe charnelle aussi dure qu'un œuf d'autruche. Lassée de son indifférence, je capitule et accepte ses excuses relativement bien dissimulées. Après tout, c'est moi la première à l'avoir enquiquiné pour qu'il accepte les miennes lorsque je l'avais frappé par mégarde. Lui en vouloir serait tout bonnement illogique.

- J'irai voir Charles pour lui dire que tu es venu t'excuser, lâchais-je avant de faire volte-face.

Il ne me répond pas, ne me retient pas non plus. D'un pas lourd et sans énergie, je traine des pieds dans le couloir. Je devrais certainement m'activer pour ne pas tomber sur Charlee et m'énerver contre lui en sortant tous les mots blessants que j'ai en bouche. Pourtant, mon corps ne va pas y mettre du sien. J'ai la sensation d'avoir couru un marathon ou qu'un vampire assoiffé m'a vidé de mon sang. Je suis écœurée par cette soirée désastreuse.

- C'est bon viens !

Alors que je suis au bout du couloir, j'entends la voix d'Apollon raisonner comme s'il se trouvait juste derrière moi. Malgré le fait qu'il parle peu, lorsqu'un son sort de sa bouche il ne passe guère inaperçu. Sa voix porte, elle me fait d'ailleurs penser aux chanteurs de country que j'aimais écouter au collège. Pendant que certains ont eu leur période de pop coréenne, d'autres de métal à l'adolescence, moi j'ai eu une envie soudaine de country. A chaque fois que j'écoutais un morceau, j'avais cette sensation de grands espaces. Je me voyais dans ma voiture, sillonnant les routes désertiques du Nevada ou de l'Arizona. En un seul morceau, j'avais eu l'impression d'un voyage de plusieurs semaines aux Etats-Unis. C'était magique.

D'un geste de la main, il me fait signe de venir le rejoindre. N'étant pas son chien Groot, je croise les bras et ne bouge pas de ma position. Quelqu'un doit lui apprendre à mieux se comporter avec les autres, il est donc hors de question que je fasse ne serait-ce qu'un seul pas dans sa direction. J'ai déjà accepté ses fausses excuses, je ne vais pas en plus le laisser aussi mal me parler.

- Encore une fois, j'ai un prénom alors si tu veux que je vienne, dis-le comme il faut.

Malgré la distance qu'il y a entre nous, je l'entends très clairement grommeler entre ses dents. Au moins ce soir je vois qu'il est doté d'expressions. La colère, le mécontentement, il les maitrise à la perfection.

- Je n'ai pas envie de me battre avec toi ce soir alors s'il te plait, fait un effort.

Ma phrase raisonne plus comme un murmure de désespoir. Je ne sais même pas s'il l'a entendu. Pourtant, à ma plus grande surprise, il avance dans ma direction. A chaque mètre gagné, j'ai l'impression que de l'énergie vient me revigorer. Je ne me sens plus aussi molle qu'il y a quelques instants. Cependant, à mi-chemin, il se stoppe net. Les bras croisés sur son torse, je comprends alors qu'il est en train d'imiter ma position. Souhaite-t-il que je parcoure les derniers mètres pour que chacun est fait une partie du chemin ? Il ne manque pas d'air mais puisqu'il a fait un effort, j'accepte et le rejoint.

Face à face, chacun nos bras croisés, nous nous scrutons. C'est un peu comme le jeu « Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette. Le premier qui rira aura une tapette ». Contrairement à Apollon qui sait parfaitement cacher ses émotions, j'ai beaucoup de mal à jouer aux indifférentes. De nature expressive, je laisse échapper un sourire provenant de cette situation que je trouve relativement amusante. Il est drôle dans un sens.

- Merci d'avoir fait l'effort de parcourir la moitié de la distance.

Il me gratifie d'un petit hochement de tête avant de me faire signe de le suivre. Me trouvant derrière lui, alors que nous marchons en direction du restaurant, je remarque qu'il est encore vêtu d'un élégant costume blanc. Je me demande quel est son style dans la vie de tous les jours car j'imagine qu'il ne porte pas cela une fois le bateau à quai. Je l'imagine alors en vulgaire jogging, un vieux t-shirt sentant la transpiration en guise de haut. Son image se verrait entachée à jamais s'il se trouve que j'ai raison. Cependant, je l'imagine mal avoir ce genre de goût.

Sans m'en rendre compte, mon cœur n'est plus comprimé dans ma poitrine. Il est de nouveau léger, joyeux, je le sens revigoré comme si une arrivée massive de sang lui avait redonné sa pêche habituelle. Pourtant, le garçon qui se tient juste devant moi est loin d'être aussi enthousiasme dans la vie. Malgré ce fait, c'est bel et bien lui qui a su me remonter le moral. Il n'est peut-être pas si mauvais dans les relations avec autrui, il suffit simplement de comprendre son fonctionnement pour le moins étrange. Je suis persuadé que j'ai sous les yeux un véritable ours en guimauve. Sa carapace en chocolat, l'enrobant, n'est qu'une illusion.

Lorsque nous entrons dans la vaste salle de restaurant, l'hôtesse d'accueil salue poliment Apollon. Elle nous laisse passer sans poser la moindre question. Je suis donc le châtain qui slalome entre les tables bondées. Ici, la décoration est beaucoup plus raffinée qu'au Britania où je dîne tous les soirs. J'ai mis les pieds dans la partie du navire inabordable pour mon budget d'étudiante. En revanche, cela ne semble pas être le cas pour Apollon qui sait très bien où il va.

Le nez tournant à droite et à gauche afin d'admirer les lieux, je ne remarque pas que la personne que je suis s'est arrêtée. Je lui fonce donc directement dedans, mon front heurtant son menton.

- Pardon ! M'empressais-je de m'excuser.

- Pourquoi tu n'es jamais calme sérieux ! J'allais te dire de ne pas faire de bourde devant le commandant mais c'est trop tard, il nous regarde maintenant. Il faut toujours que tu te fasses remarqué c'est dingue !

Je lui aurais bien sortie une réplique comme : « si tu ne t'arrêtais pas sans prévenir, ce ne serait jamais arrivé », mais je m'abstiens. Faire une scène devant un gratin de personne relativement aisée n'est pas dans ma liste de choses à faire avant de mourir. Je ne souhaite pas non plus me montrer déplaisante face à Apollon qui a finalement accepté de m'emmener voir ce cher commandant.

Telle une enfant timide je me cache derrière lui alors que nous nous approchons de la table qui nous intéresse. Les plus hauts placés présents sur ce navire sont attablés juste devant nous, c'est assez impressionnant. Je me sens très gênée de lui demander une photo. J'ai l'impression que ma requête serait complètement déplacée. Pourtant, Apollon se lance pour moi.

- Bonjour Fred, je suis désolé de venir te déranger en plein repas mais j'ai avec moi ta fan numéro un.

- Mon petit Apollon tu sais que tu ne me déranges jamais ! Où est ton amie ?

En entendant qu'il parle de moi, je me déplace afin de ne plus être caché par le châtain. Comprenant que je suis mal à l'aise, l'homme à la chevelure blanche me sourit chaleureusement.

- Ne sois pas timide voyons, je ne mange personne.

Je serre la main qu'il me tend et me détend enfin. Il a beau piloter ce géant des mers, il reste un homme très accessible et amical. Je ne suis absolument pas déçue de faire sa connaissance. Le souvenir de poser à ses côtés alors qu'Apollon nous prend en photo avec mon téléphone portable, restera sans aucun doute l'un des meilleurs moments de cette croisière hors du commun.

_________________________________________________________________________________

Dans ce chapitre, ainsi que dans les prochains, vous apprendrez comme Alix à mieux connaitre Apollon. C'est un personnage complexe et difficile à comprendre parfois mais je le trouve attachant. J'adore écrire sur lui !

Merci beaucoup les 1.5k vues, c'est énorme pour une première romance alors que je suis une habituée des fanfictions. Je suis contente de vous retrouvez chaque semaine !

Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro