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Histoire : Si je reste...
Chapitre : 12
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Les petits plaisirs de la vie ont continué. Mignane a commencé à s'ouvrir et à recevoir de '' l'aide'' de son père.
La maison paraissait toute neuve et il échelonné dans son travail comme il le voulait.
Entre temps Yandé a encore disparu, personne ne sait où elle est allée.
Nous nous sommes rendus chez son petit ami, il ne l'a pas vu ni entendu.
On l'avait déclaré à la police et sa photo était partout sur internet.
Yandé n'est pas une fille comme les autres, elle ne rêve pas d'une petite vie simple avec un mari et des enfants.
Elle a des rêves, beaucoup de rêves, de l'ambition et des projets. Son frère a parfois du mal à la comprendre et a accepté le fait qu'elle grandit et a une personnalité qui lui est propre.
Elle n'a rien laissé comme indice qui pourrait nous permettre de la retrouver.
Nous avons pensé à tout, son école, le studio où elle traîne avec des mannequins parce que oui mademoiselle a fait de la mode sa religion. Nous nous sommes rendus chez chacun de ses amis et même appelé son ex petit ami.
Rien.
Elle n'était nulle part.
On était tous déboussolé mais impuissant et incapable de faire quoi que ce soit.
Nous attendions juste les conclusions de l'enquête de la police.
Mignane s'en voulait énormément, il se sentait responsable.
Je l'ai rassuré du mieux que j'ai pu.
Au bout d'un mois, on a fini par nous lasser des recherches et nous avons laissé la police continuer son travail toute seule.
Mignane culpabilisait toujours mais beaucoup moins qu'avant car il recommençait à retrouver son appétit et un peu le sourire.
Nous étions sûrs d'une chose, Yandé n'était pas morte nous avons fait le tour des morgues de la région.
Mais était-elle seulement en sécurité ? C'était cela la grande question.
Mais on ne pouvait rien faire en attendant de savoir.
Pendant tout ce mois, Mr le ministre nous a beaucoup soutenu.
Il nous a aidé à ne pas sombrer en quelques sortes.
Il s'est déplacé lui-même pour voir son fils, dans la maison où a vécu l'amour de sa vie , ma défunte belle-mère Sountou.
Et dès qu'il a commencé à se rapprocher de son fils, ses deux tantes sont réapparues presque par magie.
Ces vipères ! Elles n'étaient pas là quand leur propre sœur avait un cancer et là elles osent se pointer pour soi-disant s'enquérir de la disparition de Yandé.
Foutaises !
Elles ont juste vu le changement de décor de la maison.
Mon mari ne les a même pas calculé.
( ... )
Ses appels se faisaient de plus en plus fréquents désormais , courts parfois longs, brefs ou interminables.
Ses cadeaux, idem !
Et bien-sûr je les prenais maintenant sans gêne, sans me faire prier.
Je me couche sans stresser par rapport au dépenses maintenant et j'ai monté un petit business de vente de tissu getzner, ça me rapportait des sous vraiment.
Ce qui fait que mon mari ne se pose même pas de questions. Il pense que j'ai la belle vie parce que mon commerce marche bien.
Mais bon c'est une façon de voir les choses.
Ces derniers jours, Séga insistait pour que j'aille me fournir à Dubaï, d'autres marchandises que les tissus.
Et bien évidemment, mon côté matérialiste avait déjà dit oui mais tout haut j'ai dit non malgré moi.
C'est Dubaï quand-même !
Pour quelqu'une qui vit mode, Dubaï c'est firdaws. Pour quelqu'une qui n'avait jamais pris l'avion auparavant, c'était le rêve.
Mais j'ai mis de l'eau dans mon bissap et je me suis calmée.
Ça n'a pas empêché à Séga d'insister.
Mon mari ne serait pas contre, non seulement je sais comment le convaincre mais je sais aussi qu'il tient à ma réussite personnelle.
Le problème serait de lui expliquer d'où a germé cette idée de voyage et les moyens qui vont le réaliser.
Je vais répondre quoi ?
" Il n'est pas obligé de savoir" me dit Séga.
Comme à chaque fois.
Je me suis dite que j'en parlerai à Mignane le moment venu.
Les jours suivants Séga était à l'étranger et nous nous sommes entendus rarement.
Mais à son retour à chaque fois qu'on s'entendait, je changeais de sujet pour éviter " Dubaï " avec ses gratte-ciels et ses lampes.
Il a dû comprendre et il n'a pas insisté par contre je sentais qu'il n'avait pas complétement lâcher l'affaire.
À son retour à Dakar, il a organisé une rencontre avec mon mari dans un hôtel de la place.
Je devais les y rejoindre car apparemment c'était imprévu et mon mari s'y est rendu directement après une course en ville.
Je suis arrivée bien sapée, comme ça Mignane sera non seulement content de me voir mais sera ravi de me présenter à tout un chacun.
Mais étrangement je suis arrivée sur place et je n'ai pas aperçu la tête de mon mari. Il devait être en retard. Sega me demande de prendre place.
- Il est où Mignane ?
- Comme tu peux le voir, il n'est pas là. Je t'en prie assieds-toi.
Je m'asseois.
- Tu as essayé de l'appeler ? Lui dis-je
- Pas besoin dit-il. Il n'a pas été invité. C'est toi mon invité aujourd'hui et au passage tu es ravissante.
J'étais dans l'incompréhension là, la totale.
Je déglutis en le regardant, cherchant dans son regard des réponses.
- Tu peux m'expliquer ce se passe là ?
- Poulméra respire un coup. J'ai juste invité ma belle-fille à déjeuner ou plutôt devrais-je dire ma très belle fille. Mignane a du goût comme son père, il a l'oeil ce garçon.
-...
- Poulméra ne t'en fais pas, rien ne se fera ici sans ta volonté.
- Comment ?
- Tu sais pourquoi je t'ai invité ?
- Non et je crois que je vais rentrer là dis-je en me levant.
- Je crois que tu devrais te rasseoir pour le bien de tous. Regarde autour de toi, tu es parfaitement à ta place quand tu es en face de moi. J'adore mon fils mais je trouve que tu n'es pas à sa taille.
- Assez maintenant je m'en vais...
J'aperçois au même moment, un gars me regardait dans les yeux puis baisser son regard vers sa ceinture où je crois voir... Une arme.
Le gars me fait signe de me rasseoir.
Je me rasseois gentiment.
Sega me fait un sourire malicieux avant de me dire :
- Sage décision. À présent nous pouvons parler comme des adultes qui savent ce qu'ils veulent.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- C'est toi que je veux Poulméra. Toi!
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# RebbeiL
14 Avril 2019 - 00:26
À bientôt
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