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...pourtant réel

    Depuis plusieurs minutes, le silence résonnait dans tout l'appartement. Hormis le grattement incessant des insectes qui trouvaient refuge sous le papier peint. Evin ouvrit lentement la porte de la salle de bains, malgrès les supplications de sa compagne, et jeta un coup d'oeuil circulaire dans le salon. Rien n'avait bougé. Ils étaient vraisemblablement seuls.
    Supportant la jeune fille, il passa le cadre de la porte et se dirigea vers le centre de l'amoncellement de tapis. Là, elle reprit pied, et le remercia d'une voix horrifiée. Evin choisi l'une des portes au hasard, et Summer le suivit sans mot de son pas chancelant, incapable de réfléchir à quoi que ce soit. Il l'ouvrit sans mal, car le bois vermoulut ceda son la pression de la poignée. Une odeur ignoble de pourriture s'empara du salon.
   Summer courut dans la pièce à la suite de l'adolescent. Elle le trouva au chevet d'un lit aux draps jaunis et rongés par les nuisibles. Dessus était posé le corps d'une jeune fille, à moitié conservé comme s'il avait été momifié. La peau nécrosée se déchirait par endroits pour laisser apparaître des os grouillants de vermine ou de la chair remplie de moisissures. Sur les joues du cadavre s'épanouissaient les mêmes larmes factices que sur celles des vivants. Evin se retourna au bruit que fit le mur sous le poids de Summer. Aux pieds de la jeune fille s'étendait une flaque de liquide sombre. Qu'elle avait dissimulée sous une chaise renversée.
    Les yeux de Summer pâlirent, accentuant le verdâtre de sa peau. Les tremblements reprirent si fort qu'elle ne put faire le moindre mouvement. Les traits avaient été déformés par la décomposition, mais restaient tout de même reconnaissables.
 _Anna...
   Ce furent les dernières paroles de la jeune fille, et elle s'écroula lourdement contre le plancher pourrit, incapable de se relever. Evin connaissait également Anna, mais ne l'aurait sûrement pas reconnue. Il fit sortir Summer, qui resta muette, comme si elle avait oublié la parole. Il la portait presque, et tomba à genou dans le salon sous son poids. Ca n'avait aucun sens

   Ils finirent par se relever, et entreprirent de bloquer l'accès à la chambre avec le mobilier fracassé qu'ils trouvaient par terre. Quand ils eurent terminé, Summer s'agenouilla devant la porte de fortune, et prononça quelques mots à voix basse dans ce qui devait être un latin approximatif. A ce moment-là, Evin vit assez clairement les symboles sur les joues de la fille se mouvoir, et s'épaissir. Il se garda de lui en parler quand elle se releva, et lui tendit la main pour qu'elle se relève.
 _Tu es chrétienne ?
 _Non, Anna l'était. C'est comme ça qu'elle aurait voulut...
   Sa voix se perdit dans un murmure rauque incompréhensible. Sur les fausses larmes de ses joues roulèrent des vraies. Evin la déposa sur le canapé rouge, et se dirigea vers la dernière porte. Il l'ouvrit, mais ne découvrit derrière qu'une pièce humide au plancher déchaussé. Ca avit dû être la chambre des parents, car un garnd lit prenait l'ensemble de la pièce. Il n'y avait là ni morts ni vivants ni traces de sang. Evin referma la porte : c'était au moins une seule chose de positive.

   Summer le regarda revenir vers elle, et lui dire qu'il n'y avait rien de plus à signaler. Elle entendait les mots, mais ne comprenait pas les paroles. Tout autour d'elle sonnait comme dans un mauvais rêve : tout était distant, immatériel, impossible et pourtant effroyablement logique. Elle ne réussit pas à mettre le doigt sur ce qui lui faisait parvenir cette conclusion, quand des pas lourds chargés de colère sonnèrent dans le couloir extérieur, derrière la porte verrouillée.
   Les deux adolescents, trop épuisés pour courir se cacher, se jetèrent dans les bras l'un de l'autre. De ses larmes silencieuses, Summer noya son visage et le sweat-shirt bleu d'Evin. Il la serra plus fort, Autant pour se rassurer que pour la consoler. les pas se rapprochaient lentement, inexorablement derrière la porte verrouillée.

   Evin ne pleura pas, puisqu'il n'était pas triste. Il avait seulement peur. Une peur tenace qui croissait à chaque nouveau pas, toujours plus proche. Sa vue se brouilla, et il serra encore plus fort la dernière chose qui le raccrochait encore à quelque chose de réel, de possible. Dans ses bras, Summer avait cessé de sangloter. En silence, la terreur les gagna, s'insinuant en eux comme le venin mortel d'un serpent que l'on redoute. Tout ça était impossible. Derrière la porte, les pas se firent plus lourds, plus proches.

   Les pas résonnaient comme le son de cloches lugubres criant un hymne d'agonie. Comme le hurlement de mille oiseaux de proie portant leur ombre sur la terre. Comme le chant de la faucheuse déguisée de nuit.

   Lorsque les gonds de la porte grincèrent, les deux adolescents fermèrent les yeux d'un même mouvement.

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