Chapitre 38: Téléphone maudit
Le rire de Red résonnant dans la salle me fit un effet étrange, comme à chaque fois depuis sa sortie de prison. Lorsqu'on la regardait ainsi, riant avec les informaticiens, qui l'avaient vite adoptée, on peinait à croire que c'était la même prisonnière hantée à laquelle j'avais fait face.
Je la croyais à un point de non retour, et elle s'était soudain relevée, plus forte que jamais. Une petite flamme de rage s'était allumée dans ses yeux, différente de celle l'habitant auparavant. Elle avait été libre. Il avait suffit d'un coup de téléphone pour qu'elle ne sois plus seule. Il y avait quelqu'un, mais que j'étais bien damné si je trouvais qui. Peut-être cette Espéranza, qu'on ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.
Cependant, un autre point me demeurait obscur: Red n'avait rien négocié, ou si peu que Blue était toujours prisonnière. Au demeurant, elle semblait très bien s'accommoder de la situation. La seule discussion qu'elle avait eut avec Red, consistai en un long paragraphe en français de la part de cette dernière, et quelques mots craché de la sienne. Cependant, j'avais le sentiment que leur dispute n'était pas lié au fait que Blue soit captive. Je n'y comprenais rien. La jeune voleuse, très silencieuse depuis les deux uniques larmes qu'elle avait versé, s'était depuis murée dans un tel silence que je me demandais si elle allait recouvrer l'usage de la parole un jour. Probablement pas, de même que je ne la reverrais sans doute jamais pleurer.
Encore un fameux casse-tête.
En attendant, mon rôle d'informateur m'épuisait. Les yakuzas ne savaient pas encore que j'étais sur le sol japonais, si bien que les seuls fois où j'étais sorti de la Défense se résumaient...à jamais en fait. Lorsque je m'en étais plains à Kyô, arguant que j'allais devenir fou si ça continuait, il m'avait simplement répondu que c'était impossible. Il s'était tout de même arrangé avec ses supérieurs, et je pouvais maintenant circuler dans tout l'étage, au lieu de deux ou trois pièces. Je ne croisais pas souvent Red. Ce n'était pas vraiment étonnant: ils n'allaient pas laisser l'espion trop longtemps avec l'espionnée.
Je soupirai pour la énième fois. Kyô travaillait, et personne n'avait besoin de ma présence. Je décidai de rejoindre Red, m'échappant d'une mort certaine, par ennui.
La jeune femme, penchée sur ordinateur, jouait à celle qui pénétrerait le plus vite le pare-feu de la Défense.
- Bingo! s'écria-t-elle, alors que son voisin, un homme maigrichon et à lunette s'affalait sur sa table.
- C'est pas juste, se plaignit-il, je suis sûr que tu as écouté notre stratégie de tout à l'heure.
- Faux! Je suis simplement naturellement douée, se vanta-t-elle. Tu ne peux pas rivaliser avec la plus grande geek de tous les temps!
Je souris, me remémorant la signification des initiale de son groupe criminel. GGT: Great Geek Team. Lorsque j'avais interrogé Red sur le grammaticalement correct de l'abréviation elle m'avait répondu qu'elle n'en avait aucune idée, mais que le contracté sonnait bien en français, et était rigolo à prononcer en anglais. J'avais arqué un sourcil, et planté les yeux dans les siens, découvrant avec aberration qu'elle était sérieuse.
Un autre informaticien, plus vieux que le précédent, mais qui ne devait pas beaucoup voir la lumière du jour, chassa le premier de son siège.
- A moi, revendiqua-t-il, tu as une poisse légendaire, tout le monde le sais, alors cette fois c'est moi qui tiens la souris, et tu vas voir, nôtre prochain programme va marcher Red!
- Rêve toujours Ken, rétorqua-t-elle en tirant la langue. Si tu veux vraiment que ça marche, tu devrais laisser Koko faire, la probabilité de réussite sera plus élevée!
- Bien vu, donc laisse-moi le siège, lui enjoignit une petite brunette, je n'ai presque pas touché à l'ordinateur depuis le début de la journée!
- Arrêtez de vous disputer, il faut impérativement qu'on trouve par où elle est passée, les rappela à l'ordre le petit maigrichon, Toranosuke, si je me souvenais bien.
L'endroit grouilla alors de murmure, l'ensemble me faisait irrémédiablement penser à un essaim d'abeilles. J'en profitais pour aborder Red, qui les observait, un petit sourire amusé sur les lèvres.
- Nick! m'accueillit-elle, avec son éternel sourire aux dents blanches.
- Salut Red, quoi de neuf?
- I'm the winner! Bon, j'avoue, je met de plus en plus de temps à contourner leurs défenses, Tora et Koko sont très doués.
- Pauvre Ken, seul et rejeté!
- Il n'est pas ici depuis longtemps, c'est normal qu'il se fasse doubler par des plus aguerris, mais il a du potentiel! s'insurgea Red.
- Je plaisantais, mme la Justice. Comment sais-tu que c'est un nouveau.
- Tchh, pas besoin d'être un génie. Il a l'attitude typique de quelqu'un qui commence tout juste à travailler en groupe, sans compter qu'il ne décèle pas tout de suite des ruses qu'un informaticien plus aguerri ne laisserait pas passer.
- Bravo Sherlock, tu ne voudrais pas ouvrir un cabinet de détective, tant que tu y es?
- Moques-toi, n'empêche que tu serais bien incapable de...
La sonnerie de son téléphone portable la coupa au plein milieu de sa phrase.
Qu'elle puisse récupérer l'engin, très précieux à ses yeux, avait été une de ses seules conditions, accompagné du fait qu'aucun membre de la GGT ne serait plus inquiété. Elle avait bataillé longuement, mais avait gagné, même si les employés la regardaient tous d'un très mauvais oeil.
Je l'observai regarder le nom de son interlocuteur avec un petit froncement de sourcil de sa part. D'un geste brusque, elle décrocha.
- Shénme?
Je retins une grimace. Parmi les choses que j'avais découvertes récemment chez Red, se trouvait un don naturel pour parler toute sorte de langues étrangères. Ainsi, elle avait surpris tout le monde en sortant un discours en japonais parfait, et je ne comptais pas son entrevue en français avec Blue, son anglais parfais, et son aptitude à parler italien couramment. Dieu seul savait combien d'autre langues elle parlait encore. ça devait être compliqué de s'y retrouver.
Je l'écoutais donc patiemment se disputer en chinois au téléphone. Que cela m'agaçait de ne rien comprendre! A défaut de pouvoir faire autre chose, j'observais ses réactions, qu'elle ne semblait pas vouloir contrôler, comme à l'ordinaire. Colère, frustration, mon dieu elle va le/la tuer, de la...peur?! Je fronçais les sourcils, très, très perturbé. Toute émotion négative était mauvais signe chez Red, car signifiait que l'heure était grave.
Elle raccrocha brusquement. Je la sondais d'un air inquiet.
- ça va?
- Oui, mais tu devrais me laisser seule, je dois travailler.
Je me retint de lui faire remarquer que, pour l'instant, personne ne la réclamait, et obtempérai. Mieux valait ne pas insister, on ne savait jamais avec elle, d'ici qu'elle se mette soudainement en tête de m'arracher les yeux sous le coup de la colère. Cependant, alors que je me retournais une dernière fois, je la vis réellement en train de travailler, murmurant des instructions précises à son dictaphone.
Un frisson me parcouru l'échine. J'avais un mauvais pressentiment. Je décidai d'en parler à Kyô demain, estimant que Red ne pourrait rien faire dans un laps de temps aussi court.
***
Des bruits de pas précipités me réveillèrent, ainsi que des bruits de disputes.
- Il ne saura rien! Madame je...
- VOUS, ne faites rien du tout.
- Madame, il était sous étroite surveillance, à aucun moment il n'aurait pu.
- Je me passerais également de votre avis Mr Shikamaru.
La porte s'ouvrit en grand, et je fis un bond en arrière.
- J'ai rien fait! clamai-je automatiquement. Je n'ai aucune idée de quoi on veut m'accuser, mais je suis innocent.
Mon intervention sembla surprendre la femme quelques secondes. Kyô les mit à profit.
- Nick, Red s'est enfuie.
Bouh! c'est moi (non sans blague, ça allait être le voisin d'à côté). Donc voilà, on s'approche des 40 chapitres dis-donc! Perso ça m'arrange, parce que l'histoire avance en direction de nouveaux personnages, dont un couple que j'adore, j'avoue que ce sont mes petits chouchous, j'ai vraiment adoré les créer, et j'espère que vous les aimerez. Une idée de pourquoi Red est partie (c'est pas bien compliqué de deviner)? Est-ce que c'est vraiment une trahison ou non?
Le mot en chinois (je l'ai cherché sur google trad, donc désolé, si vous savez parler chinois, si la traduction n'est pas correcte), veut juste dire "quoi".
Bisous qui... vous font pousser des poils verts tiens, je suis d'humeur diabolique! 3:)
PS: Je vous préviens, ça va peut-être pas arriver tout de suite, mais la suite va être mastoc, et en flash-back et en effusion de sang.
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