Chapitre 35: Quand le Fou rejoins la Reine
Je heurtai le coin du mur et grognai de douleur, tandis que Ryuiichi ricanait. Cela faisait à peine quelques semaines que nous étions sortis de l'hôpital, et je n'avais pas encore récupéré toutes mes facultés motrices. Pour être honnête, c'était plutôt rageant de ne plus maîtriser son corps comme avant, mais j'essayais de faire avec.
Je jetai un regard noir au mur, bien qu'il n'y soit pour rien, et gratifiai mon ami d'une petite tape sur l'arrière du crâne. Il rit de nouveau, puis repris son sérieux.
- Tu es vraiment sûr que tu ignore la raison pour laquelle on te convoque?
- Pour la trente-six millième fois au moins de la journée, je n'en sais rien! rétorquai-je en levant les yeux aux ciel excédé.
J'adorais Shikamaru, vraiment, mais parfois, il était lourd!
- C'est bien joli de parler de moi, repris-je, mais tu as également été convoqué je te signale, et je n'en frais pas tout un plat pour autant.
-C'est...
Je plissai aussitôt les yeux. Mains tortillées, plus malaise, plus air dépressif et hanté ne pouvaient signifier qu'une chose chez Ryuiichi.
- C'est à propos de ta mission en Arabie c'est ça?questionnai-je d'un ton plus doux.
- Bingo! marmonna-t-il en fuyant mon regard.
- Bon sang mais c'était il y a des années! m'exclamai-je, pourquoi est-ce que...
- Je n'en sait pas plus que toi, me coupa-t-il sèchement, et j'adorerais qu'on arrête d'en parler si tu veux bien, ça me rends nerveux.
Je me tu, respectant son silence. J'observai mon ami, puis secouai la tête.
L'Arabie Saoudite avait été la toute première mission de Ryuiichi à l'étranger, et la dernière. Je me souvenais parfaitement de la brève jalousie qui m'avait étreint. Pourquoi l'avaient-ils choisi lui plutôt que moi? A cause des antécédents de mon père? Un froid s'était installé entre nous, et il était parti.
Des mois avaient passé, où je n'avais reçu aucune nouvelle de lui. Puis un jour, il était revenu, et n'avais plus jamais été le même. Lui qui rêvait de parcourir le monde avait demandé un poste cantonné au Japon, à mes côtés. Il avait mis des années avant de se confier à moi, de me raconter ce fardeau qui lui pesait sur la conscience. J'avais alors regretté ma jalousie.
Nous arrivâmes en vue d'un long corridor et nous engouffrâmes dans la première pièce. Je déglutis. Une grande partie de mes supérieurs hiérarchiques se tenaient devant moi. Bon sang, dans quoi m'étais encore fourré cette fois? Nous saluâmes, et on nous ordonna de s'asseoir. Une femme âgée, dotée d'une classe certaine, prit la parole.
- Messieurs, il semblerait que nous soyons face à un changement de programme. Nous venons de recevoir un coup de téléphone nous proposant de faire un échange de prisonnier avec la dénommée Green. Reconnaissez-vous cet homme?
Mes yeux s'agrandirent de surprise.
- Mais c'est Nick!
Je redressais la tête.
- Qu'a-t-il à voir avec tout cela?
Tous, y compris Shikamaru me regardèrent d'un air étrange.
- Tu le connais? me demanda prudemment Shikamaru.
- Bien sûr que oui, rétorquai-je, c'était l'un de mes compagnons dans la traque d'Amitroff, Nickolas Strange. C'est un faux nom, il avait des contact dans la mafia chinoise, Milianno l'avait choisi à cause de cela.
Mon ami détourna le regard, semblant choisir ses mots avec soin.
- Ton ami n'a jamais eut de contact avec la maffia chinoise. C'est un ex-yakuzas, le famauex homme invisible que tout le monde croyait mort.
- Ne me dis pas que...soufflais-je.
- Nikito Kalahan est encore en vie, termina Ryuiichi.
Je restai bouche bée, essayant tant bien que mal d'encaisser la nouvelle. Pour une raison que j'ignorais, cette révélation me contrariait plus qu'elle ne me choquait. Je savais déjà Nick capable du pire. Cependant, je ne pouvais pas faire le lien entre la bête humaine assoiffée de sang qu'était Kalahan et l'homme à l'humour douteux qu'il m'avait toujours montré. Le Nick que je connaissais maintenant haïssait la maffia. Comment un tel revirement de situation avait-il put se produire?
La sonnerie du téléphone me coupa de mes pensées. La femme décrocha, lâcha quelques mots, puis fronça les sourcils dans ma direction. A ma grande surprise, elle me tendit le combiné.
- C'est avec vous qu'il veut traiter.
Je grinçai des dents. Même à des milliers de kilomètres de distance, Nick réussissait encore à me mettre dans l'embarra.
- Allô?
- Salut mon pote, on discute business?
Je faillit sourire au son de sa voix. Bien que je ne l'avouerais jamais, cet imbécile m'avait manqué.
- Qu'est-ce que tu veux alors?
- Quoi même pas bonjour ni rien? se vexa-t-il. La politesse se perd de nos jours, je pensais les agents de la défense mieux élevés que ça.
- Arrête de blablater pour rien, je n'ai pas le temps pour les banalités et tous mes supérieurs m'observent d'un regard meurtrier, donc je te prierais de faire bref.
Mon dieu, je ne venais quand même pas de clamer cela à voix haute? C'est pas vrai, il me faisait vraiment dire n'importe quoi!
J'entendis l'éclat de rire de Nick à travers le téléphone.
- Nick...fis-je d'une voix menaçante.
- D'accord, d'accord, je me calme, nous sommes en affaires après tout.
Il reprit d'un ton tout à fait professionnel que je ne lui connaissais pas.
- Je, enfin, nous, voulons faire un échange. Moi contre Gretchen.
J'eus un mouvement de surprise.
- Pourquoi accepterions-nous?
Je l'entendis prendre une profonde respiration. Alerte à la bombe! me cria mon cerveau.
- Gretchen ne vous sert à rien. Je suis un ex-yakuza appartenant à l'un des plus grand réseau maffieux du Japon. Cela fait peut-être quelques années que je suis parti, mais je connais encore du monde, et pas mal de leurs méthodes.
- Les yakuzas savent déjà que tu es encore en vie, lui rappelais-je. Cela pourrait être une de tes combines pour assurer ta protection.
- Je suis accompagné de criminelles comptent parmi les plus douées au monde, andouille! Ma protection est déjà largement assurée, voire un peu trop.
- Justement Nick, Gretchen fait parti de ces criminelles.
Il soupira à l'autre bout du fil.
- T'es vraiment dur en affaire.
- C'est mon travail.
Il y eut un court instant de flottement. Je l'entendis prendre une profonde respiration. Alerte à la bombe! me cria mon cerveau.
- Très bien, lâcha-t-il. Dis à ton ami Ryuiichi que j'appliquerais le même marché que le soir de ma mort, il comprendra.
Puis il me raccrocha au nez. Je me tournais vers Shikamaru, le sourcils froncés. Il semblait déconcerté. Le silence s'éternisa. Ma supérieur finit par en avoir assez.
- Agent Shikamaru!
Il redressa brusquement la tête.
- Il nous propose d'être nôtre taupe parmi les alliés de Rouge, lâcha-t-il de but en blanc.
En effet, c'était une jolie bombe.
***
Une fois Kyô partit, il ne resta plus que Shikamaru et une poignée de supérieur. La femme le regarda dans les yeux.
- Vous savez pourquoi nous vous avons convoqué?
- Oui. Il s'agit d'Aïsha, n'est-ce pas?
- Il semble qu'elle ait un lien avec Rouge.
Il écarquilla les yeux et recula, un brin effrayé.
- Je ne sais pas ce que vous lui voulez, mais je refuse catégoriquement d'y prendre part. Laissez donc cette femme tranquille, elle a suffisamment souffert pour qu'on la laisse en paix le reste de sa vie!
Elle se contenta de l'observer d'un air impénétrable.
- Vous semblez prendre sa situation très à coeur.
- Avec tout le respect que je vous dois, si vous aviez ne serait-ce que plongé vos yeux dans ceux de la femme qu'elle était alors, vous aussi ne pourriez faire autrement que lui prêter attention.
- Mais elle reste une criminelle.
-Prenez un autre agent. Je refuse d'être impliqué dans cet enfer à nouveau.
Puis, il parti, sans attendre qu'on l'ai congédié.
On une fois dehors, il s'adossa à la porte, le souffle tremblant. Non, plus jamais il ne voulait avoir affaire à cette femme.
Il repartit, le regard sombre d'Aïsha hantant son esprit.
***
- Je ne veux plus que vous ne les lâchiez d'une seule semelle. Ils sont bien trop impliqué sentimentalement. Laissez-les mener l'affaire. Mais au moindre faux pas, je veux que vous les mettiez à l'arrêt immédiatement.
- Bien madame.
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