Chapitre 29: Le bonheur ne dure jamais
Kyô explosa de rire. A ses côté, Red se tenait les côtes, riant également de sa propre plaisanterie. Le japonais essuya les larmes qui perlaient à ses yeux.
- Celle-là était géniale!
- Moi aussi je me trouve douée! fanfaronna Red, en toute modestie.
Avec un sourire amusé, il lui donna un petit coup de coude dans les côtes.
- Ta tête gonfle, ironisa-t-il.
Red lui tira la langue, enjambant un salaryman ronflant allègrement sur le trottoir, déjà ivre-mort à cette heure avancée de la nuit.
- Je me demande si on trouvera encore un bar ouvert à cette heure, j'ai faim.
- Sérieusement? On va déjeuner dans deux heures, tu peux attendre non?
- Certainement pas! C'est long deux heures, mon estomac affamé ne le supportera pas!
- Bien, soupira Kyô, il doit y avoir un combini dans le coin, suis-moi la morfale!
- Je ne te permet pas! protesta ladite morfale, qui obtempéra tout de même.
Ils empruntèrent une petite ruelle en plaisantant, trouvèrent le fameux magasin ouvert 24h sur 24, où Red dévalisa les rayons.
- Direction Tokyo bay! annonça ensuite Kyô.
Red ouvrit de grands yeux.
- Tu rigoles j'espère? Même en prenant le train c'est super loin!
- Tu exagère, cela nous prendra une heure tout au plus, la tempéra-t-il.
- En plus, on a pas le droit manger dans les transports en commun, ronchonna la jeune femme, tout en l'ignorant.
- Ton ventre peut attendre non?
- Seulement si tu me donne la raison de ce monstrueux détour!
Le japonais détourna le regard.
- Disons, hésita-t-il, que c'est un endroit qui me tient particulièrement à coeur.
- Je ne savais pas les eaux polluées du port attrayantes à ce point, fit remarquer Red, sans la moindre délicatesse.
- J'y ai passé la majeure partie de mon adolescence, à jouer dans les entrepôts vides, rétorqua simplement Kyô. Je pensais aller y jeter un coup d'œil, en souvenir du bon vieux.
Sa compagne le regarda d'un air étrange.
- Kyô le dur aurait-il un coeur? s'étonna-t-elle avec un petit rire. Aller on s'arrache, je mangerais au port.
Il lui offrit un sourire reconnaissant, puis il se détourna, en quête du métro le plus proche. Red ne vit pas la lueur de doute qui vînt un instant éclairer ses prunelles. Peut-être aurait-elle alors changé d'avis.
Alors que le train filait dans la nuit, Kyô, la tête appuyée contre la vitre, se remémora l'étrange semaine qu'il venait de vivre. Après lui avoir fait contempler un magnifique coucher de soleil en Italie, Red l'avait traîné à Marseille, lui faisant explorer les Calanques avec elle. Il n'avait pas vu ne serait-ce que la couleur de l'aéroport, puisqu'elle était repartie aussi sec. Elle l'avait ensuite emmené en Charente, lui faire goûter du vieux cognac, puis s'était ensuite dirigée vers Royan, où elle avait manqué de le noyer dans l'océan Atlantique. Ils avaient dansés le tango sur le pont d'Avignon, fait du saut à l'élastique dans les gorges du Rhône, et avaient fini par se perdre dans les ruelles de Paris. Une fois à l'aéroport de Roissy, alors qu'il allait embarquer, surmontant à grand peine son aversion de l'avion, la petite tornade nommée Red avait débarqué avec un grand sourire, en lui annonçant qu'elle partait avec lui. Il n'avait rien dit. En réalité, il avait autant espéré que redouté qu'elle ne l'accompagne. Mais, maintenant qu'il la sentait assise à côté de lui, une pointe de scrupule perçait dans son esprit.
Il soupira, son souffle formant un cercle de buée sur la vitre. La voix de Red le tira de ses pensées.
- On est arrivé Caliméro, bouge-toi avant que les portes ne se referment.
- J'ai toujours adoré ton sens de la délicatesse, grogna-t-il.
Elle rit, ignorant la pique. Le port n'avait pas changé. Des grues immenses, des entrepôt un peu décrépis, et des bateaux, plein de bateaux. Kyô jeta un regard nerveux de droite à gauche. Contrairement à ce qu'il avait prétendu dans le combini, il détestait cet endroit. Il ne s'y sentait pas à l'aise, et avait de bonnes raisons pour ça. En fait, il n'y avait qu'un seul endroit dans tout Tokyo où il s'estimait vraiment serein.
- Hey, il y a un entrepôt ouvert!
Avant même qu'il ait pu protester, Red s'y engouffra. Avec un soupir, il la suivit. L'entrepôt en question n'avait rien d'extraordinaire, et empestait le poisson. D'un bond, Red se jucha sur une pile de caisse, laissant ses jambes pendre dans le vide. Une fenêtre, placée juste un peu plus haut, laissait filtrer la lumière des réverbères, la baignant d'un halo jaune orangé. Kyô l'observa quelques instant, avant de se racler la gorge.
- Dis-moi, commença-t-il, je me suis toujours posé la question: comment se fait-il qu'une fille comme toit soit devenue une criminelle?
- Une fille comme moi?
- Enfin... je veux dire, tu es si... si normale! Tu as tout d'une citoyenne ordinaire, tu aurais pu avoir une vie simple, il n'y a jamais eut de facteur X ayant pu faire basculer ton destin comme dans le cas de Violet. Alors pourquoi?
Red lui sourit doucement.
- Qu'en sais-tu? rétorqua-t-elle simplement. Tu te bases sur tes propres conclusions, mais elles ne sont pas forcément justes.
- Nous en revenons toujours à ma question première, fit-il remarquer, le regard perçant.
- Dommage que je ne puisse y répondre! répliqua Resd en riant.
Sans un mot, Kyô continua de la fixer, le regard impénétrable. Elle soupira, puis claqua de la langue.
- Alright, tu as gagné!
Au même moment, un claquement sec se fit entendre. Kyô se crispa. Il tourna brusquement la tête vers Red. Oh non... Ses yeux étaient devenus durs et menaçant. Il ne l'avait vu arborer une telle expression qu'une fois dans sa vie. Un sourire amer étira ses lèvres.
- Déjà? se moqua-t-elle. Tu as fait vite.
Kyô eut un petit sourire, dissimulant à grand peine sa nervosité, feignant l'innocence.
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles...
- Quelle phrase clichée! Bon, je suppose ma nourriture va devoir attendre.
- Attends que...!
Il n'eut pas le temps de finir. D'un geste brusque, Red se jeta sur la fenêtre. Dans le même temps, une vingtaine d'hommes armés surgit de derrière les caisses empilées dans tout l'entrepôt. Du haut de son perchoir, la fugitive leur fit un petit signe de la main.
- Sayonara les mecs!
Et elle bondit à l'extérieur. Se réceptionnant habilement, et ignorant la douleur cuisante de sa voûte plantaire, elle se redressa prestement et se mit à courir. Un homme se planta devant elle, son arme braquée sur son front.
- Ne bougez pas!
Même pas en rêve mon pote! Elle glissa sa main dans sa veste et en sortit un petit pistolet. Sans ralentir le rythme de sa course, elle visa, puis tira sans aucun état d'âme. Elle sauta lestement par-dessus le cadavre, entendant ses poursuivants de l'entrepôt surgir dans son dos. Red accéléra, et contourna une pile de container en dérapant. Elle plissa les yeux. Une ombre à droite. Elle se jeta en avant dans une roulade parfaite et tira. L'embusqué tomba raide mort à ses pieds. Malheureusement, il n'était pas seul.
- Merde! jura-t-elle en reprenant sa course.
ça commençait à craindre sérieusement. D'un mouvement habile, elle attrapa son téléphone et composa un numéro. Son interlocuteur décrocha au bout de la première sonnerie.
- Allô?
- Hey, je suis dans le pétrin, s'écria Red en arabe, il va falloir...
Soudain, une énorme masse lui tomba sur les épaules. La jeune femme l'évita de justesse. Voilà ce que c'est de vouloir faire trois choses en même temps! pesta-t-elle intérieurement. Elle lui asséna un superbe coup de pieds dans la mâchoire. Elle allait s'enfuir de nouveau lorsqu'on lui attrapa le bras cette fois-ci. Elle n'eut aucun mal à faire lâcher prise à son assaillant, mais grinça des dents en découvrant qu'ils étaient en fait trois. Au téléphone, on s'impatientait.
- Red qu'est-ce qui ce passe à la fin?!
- A ton avis! s'écria la jeune femme, toujours en arabe. Je suis en train de faire un barbecue et je t'appelle pour que tu viennes faire griller les saucisses! ironisa-t-elle, explosant l'arcade sourcilière de son premier agresseur et tirant dans la tête du second.
Cependant, le troisième lui porta un coup à la main gauche, faisant voler son téléphone.
- Red? s'inquiéta la voix.
- Opération Pommes Rouges! Hurla cette-dernière, avant que l'homme n'écrase son téléphone d'un coup de talon.
Red lui jeta un regard noir. S'il savait combien de temps elle avait passé à le sécuriser! Ce fut la seule pensée qu'elle s'autorisa avant de commencer son carnage. Red aurait peut-être pu s'en sortir si elle n'avait eut affaire qu'avec les trois hommes. Malheureusement, non seulement les tuer s'avéra un peu plus long que prévu, mais ses autres poursuivants finirent par la rattraper. Lorsque son chargeur fut vide, Red su qu'elle était faite comme un rat. Bien... capitula-t-elle. Mais n'espérez pas que je me rende aussi facilement.
Les combattants japonais n'avaient jamais vu ça. Ce n'était pas une femme qui se tenait face à eux, mais un démon. Viser une cible en mouvement était difficile. Cela devenait complètement impossible lorsque la cible en question s'arrangeait toujours pour se placer dans un angle où il était impossible de la toucher sans tuer un camarade au passage! De plus, non contente de jouer les acrobates, la demoiselle savait se battre. Cependant, elle ne pourrait plus tenir très longtemps. Car plus elle abattait d'homme, plus la possibilité qu'elle se fasse toucher était grande. Soudain, elle se dégagea d'un bond et, se servant d'un de ses adversaire comme trampoline, se propulsa derrière une grue. Red se cru un instant sauvée par son action risquée. Tout du moins une seconde avant qu'une balle ne lui transperce l'épaule gauche et qu'une bande de japonais en furie en profite pour lui sauter sur le dos. L'un d'eux l'immobilisa en une clé de bras vicieuse qui la fit grogner de douleur, tandis que son comparse lui appliquait un mouchoir imbibé de chloroforme sur le nez. Dieu que je déteste ce produit!
La tête de Red retomba sur sa poitrine. Kyô s'approcha prudemment du groupe. Un homme s'en détacha et vint à sa rencontre. Les cheveux noirs, il avait tout du japonais ordinaire.
- Kyô! l'accueilli-t-il chaleureusement, beau travail!
Ce dernier eut un petit sourire forcé.
- Tu réalise que ce n'était qu'un avant goût? Elle a déjà tué 10 des nôtres, c'est dire à quel point ça va être facile de la convaincre de coopérer.
- 5 plus précisément, le corrigea son ami, les autres peuvent être sauvés. Les ambulances arrivent d'ailleurs. Elle n'y est pas allée de main morte! Même après que son chargeur eut été vidé, elle a réussi à déboîter des épaules et à casser des membres à mains nues.
- Elle n'a peut-être pas le profil, mais elle reste ROUGE, fit remarquer Kyô. L'incident de Saint-Pétersbourg a prouvé au monde qu'elle était incapable de la moindre émotion.
- Shikamaru-san, le dockers ne vont pas tarder, il faut vider les lieux.
- Bien, appliquez les ordres et rapatriez ROUGE dans sa cellule.
Ensuite, Shikamaru se tourna vers son ami.
- On y va!
Kyô sourit et grimpa dans une voiture. Et maintenant, direction le quartier de la Défense! Soudain, Shikamaru se tourna vers lui avec un sourire taquin.
- Au fait, j'ai oublié de te dire: Bon retour parmi nous, agent Asami!
Helloooooo! alors euh, ne me flagellez pas, je sais que ça fait longtemps que j'ai pas posté, et en plus j'ai aucune excuse valable. Enfin si, une: j'étais arrivé dans une période de transition dans l'histoire, et j'ai trouvé ça vraiment délicat de la faire redémarrer comme il faut, ça se ressent peut-être dans le chapitre. En tout cas, maintenant, plus de mystère sur l'identité de personne. Pour les durs de la feuille, si on résume tout, Kyô est flic. Oui, celles et ceux qui voyaient déjà se profiler un couple Kyô/Red, je peut vous dire que c'est pas pour tout de suite, loin de là! comprenez, entre criminelle et gardien de la paix, y a un petit conflit qui dure depuis...depuis le commencement de la civilisation en fait! CQFD: ils sont dans la mouise. Voilà. Bonne nuit, bon matin, bon après-midi, bon n'importe quoi, du temps que c'est bon! Bises à tous!
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