Pas de nouvelle, bonne nouvelle. C'était ce que Chan se disait à propos de Hyunjin. Ils ne s'étaient pas échangé beaucoup de messages depuis qu'il était venu passer la nuit chez lui et, ces derniers jours, ils s'étaient même faits inexistants. Il y prêtait attention parce qu'il s'était tout de même habitué à discuter un peu avec lui, mais ça ne l'inquiétait pas plus que ça. Il était sûr de son coup. Il plaisait à Hyunjin, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Alors il laissait le temps s'écouler, tant qu'il réussissait à peindre ce qu'il avait envie et que l'inspiration ne lui faisait pas défaut.
Aujourd'hui, il n'avait pas vraiment eu l'occasion de penser à Hyunjin. Cela faisait deux jours qu'il était occupé à ranger son atelier, à mettre ce dont il ne se servait pas dans des cartons afin de tout emporter dans une galerie d'Insadong qui organisait un vide-atelier. Au volant de sa voiture, Chan pensait seulement aux toiles qu'il avait mises dans le coffre et qu'il espérait voir partir, même si c'était pour une bouchée de pain. Avec toutes les nouvelles peintures qu'il avait réalisées, il avait besoin de faire de la place et de se débarrasser de celles qui traînaient dans un coin. Il avait aussi emporté de vieux croquis sans importance, mais qu'il n'avait pas eu le cœur à jeter. Peut-être qu'il s'était montré un peu trop sentimental sur ce coup et il préférait qu'ils trouvent preneur plutôt que de les voir finir à la poubelle.
Une fois à proximité de sa destination, Chan ralentit et observa attentivement les alentours. Heureusement, en début de matinée, l'artère principale du quartier n'était pas bondée. Il put s'y engouffrer tranquillement, sans risquer de renverser un piéton. Il arriva devant la galerie dont l'entrée était coincée entre deux petits immeubles. Il s'arrêta, coupa le moteur, et descendit du véhicule. Aussitôt, un homme s'avança vers lui dans le but de lui prêter main forte. Il ouvrit alors le coffre et ils firent quelques allers-retours afin de tout disposer sur le stand qui lui était réservé. Pas mal d'artistes étaient déjà là, sans doute bien plus matinaux que lui. Il les salua, il en connaissait déjà certains mais de loin. Il n'était pas du genre à faire ami-ami avec d'autres peintres. En général, il se méfiait d'eux, comme s'il craignait qu'ils le jugent à cause de son nom. Une fois que tout fut en place, il retourna à la voiture afin de la bouger de place. Il se gara à une rue de là et revint dans la galerie. Il alla chercher un café à la machine, puis prit place sur la chaise qui était mise à sa disposition. Il avait déjà la sensation que la journée allait être longue. Très longue. Il en avait déjà marre d'attendre, mais il devait bien se débarrasser des choses qui trainaient, et pourquoi pas récupérer un peu d'argent. Il ne courait pas après, il avait tout ce dont il avait besoin pour vivre, même bien plus. Mais c'était l'héritage que son père lui avait légué et il n'avait aucune fierté à tout dilapider sans jamais apporter un centime de sa propre poche.
Il n'y eut pas beaucoup de visiteurs avant qu'il soit onze heures. C'était le moment où le monde commençait à affluer. Quelques personnes s'étaient déjà montrées tôt le matin, mais Chan n'avait rien vendu. Pas comme certains. Et quand il regardait les stands des autres artistes, il se sentait minable. Il avait la sensation de ne pas être à leur niveau, de ne pas être capable de faire aussi bien. Il détestait être en compétition et, même si ce n'était pas réellement le cas et qu'ils étaient tous assez soudés en temps normal, Chan s'imposait beaucoup trop d'exigences. Il savait qu'il ne devait pas se comparer aux autres, ils faisaient tous des choses différentes, ils avaient tous leur façon de faire, mais c'était plus fort que lui.
Les minutes défilèrent et Chan restait assis, renfermé sur lui-même. Il donnait l'impression de ne pas avoir envie qu'on vienne lui parler alors qu'en même temps, il aurait aimé qu'on s'intéresse à lui et à ce qu'il faisait. En réalité, il était tiraillé, pris entre deux feux. Cela le blessait que son art n'obtienne pas d'attention, mais ainsi il n'attirait pas les regards, il se fondait dans la masse. Il ignorait comment il avait pu en arriver là, à ressentir une sorte de honte pour ce qu'il avait pu produire.
Quand midi sonna, il se leva enfin pour marcher un peu et se dégourdir les jambes. Il n'allait jamais tenir toute l'après midi comme ça, prostré sur sa chaise en attendant il ne savait quoi. Sûrement pas un miracle. Il n'avait rien vendu, pas même des fournitures dont il ne s'était jamais servi. Peut-être que finalement, ce n'était pas son art le problème, mais lui. En marchant dans les allées, il observa les œuvres de ses compères. Il soupira. Même s'il s'agissait d'un vide-atelier, ils proposaient des pièces magnifiques. Il se dépêcha de faire le tour et alla se réinstaller derrière son stand. Il n'avait même plus faim, ça lui avait coupé l'appétit que de se sentir inférieur aux autres. Il préféra passer du temps sur son téléphone, priant intérieurement pour que les heures défilent rapidement. Il n'en pouvait plus d'être là, d'entendre les gens s'extasier sur telle ou telle peinture alors que lui, personne ne venait s'intéresser à ce qu'il faisait. Quelques visiteurs observaient ses tableaux de loin, mais ça s'arrêtait là. Pas une vente, même pas un quelconque contact. De toute façon, il n'avait pas envie qu'un être humain vienne lui adresser la parole. D'ailleurs, il aurait mieux fait de rester chez lui et appeler Hyunjin pour lui proposer de venir le soir même.
Depuis la nuit qu'il avait passé chez lui, Chan avait beaucoup peint et il appréciait le rendu. Quand il voyait Hyunjin, il se sentait bien car il savait que cela allait lui apporter beaucoup dans les jours suivants. Il avait terminé plusieurs toiles, mais il ne voulait pas se résigner à les brader dans un vide-atelier. Il les trouvait spéciales, peut-être qu'elle avait une saveur et une valeur toute particulière. Non, il ne pouvait pas les bazarder comme si elles ne comptaient pas. Alors il préférait les garder pour le moment, se disant qu'un jour elle trouverait sans doute preneur s'il les proposait à une galerie. Bizarrement, même s'il était peu sûr de lui en général, quand il était question des peintures qu'il avait faites après avoir vu Hyunjin, il se sentait confiant. Heureusement qu'elles étaient là pour remonter le peu d'estime de lui qu'il avait. Il était conscient que c'était grâce à Hyunjin, et il devrait peut-être le remercier de lui insuffler autant d'inspiration.
Il souffla un bon coup et décrocha les yeux de son portable. Il fut surpris de constater qu'un homme s'était arrêté devant son stand. Il restait là, silencieux, les bras dans le dos. Son regard jonglait d'un tableau à un autre et soudain, il battit des cils et se pencha davantage. Chan resta aux aguets. Était-ce enfin son petit moment de gloire de la journée ? Il l'espérait plus que tout. Il se leva finalement pour s'avancer. L'homme grisonnant et aux lunettes sur le bout du nez observait attentivement un tableau, et pas n'importe lequel. Chan ne se souvenait même plus pourquoi il avait emporté ce dernier dans le lot. Il s'agissait de la première peinture qu'il avait réalisé après avoir mis Hyunjin à la porte. Ce n'était clairement pas sa meilleure œuvre, elle était un peu brouillonne et délirante, pas du tout le genre de chose qu'il avait l'habitude de sortir ou même d'apprécier. Il ignorait même pourquoi il avait peint ce zèbre aux formes bizarres et aux multiples couleurs. Il aimait tout ce qui était un peu morose et mélancolique, et c'était la première fois qu'il s'essayait à un tout autre style, bien plus bariolé et contemporain.
— Je peux vous aider ? osa-t-il demander après quelques secondes.
L'homme releva la tête et replaça ses lunettes.
— Oui, ce tableau, vous le vendez ?
Chan hocha la tête.
— Oui, tout ce que vous voyez là est à vendre.
— Hm, et il est à combien celui-ci ?
Il fit mine de réfléchir, mais il n'avait pas pensé aux prix. Il était vraiment venu là sans réelle intention de vendre. Oui, il était parti défaitiste avant même d'avoir essayé.
— Votre prix sera le mien, dit-il finalement.
L'homme croisa les bras, sans un mot. Chan eut peur que sa réponse le fasse fuir, mais il restait là, silencieux et contemplateur. Ce moment invraisemblable dura beaucoup trop longtemps.
— À vrai dire, je n'ai aucune idée de combien il pourrait valoir.
— Je vais vous dire quelque chose jeune homme, je suis totalement sous le charme de votre peinture… C'est vivant, ça raconte une histoire et ça, ça me plaît. Je vous en propose quatre cent mille Wons.
Chan manqua de s'étouffer avec sa salive. Quatre cent mille Wons, c'était une somme tout de même assez conséquente. Son père avait vendu des tableaux bien plus chers que ça, mais il était reconnu dans le milieu, mais lui, il n'était que son fils, et personne ne pouvait le savoir juste en le voyant comme ça dans un vide-atelier tout bête.
— C'est… C'est tout de même beaucoup… dit-il, la voix cassée.
L'homme fit quelques pas vers lui pour se pencher.
— Je sais que nous sommes dans un endroit où les artistes bradent leurs productions mais je m'en voudrais de vous arnaquer. Ça, ce que vous avez fait, c'est d'une rareté… Vous en avez d'autres comme ça ?
— Non… C'est la seule que j'ai faite.
Il sembla soudain déçu, mais cela ne l'empêcha pas de sortir son portefeuille. Il l'ouvrit et en extirpa quelques billets qu'il compta pour avoir le compte juste. Il y ajouta une carte de visite et tendit le tout à Chan. Celui-ci hésita avant de les saisir. C'était insensé. Le tableau au zèbre était là depuis le matin, personne ne lui avait accordé d'attention, et voilà qu'un homme sorti de nulle part lui en offrait une très belle somme.
— J'aimerais beaucoup obtenir une petite collection dans ce style alors si vous vous lancez dans d'autres projets similaires, n'hésitez pas à me faire signe. Je suis prêt à y mettre le prix.
D'une main tremblante, Chan prit l'argent et la carte sans même prendre la peine de recompter. Cela ne servait à rien, il avait vu tous les billets que son acheteur avait sortis et ça ne faisait aucun doute sur le fait qu'il ne cherchait pas du tout à l'arnaquer.
— Je vous fais une facture tout de suite.
Chan saisit le petit carnet qu'il avait emporté et griffonna une sorte de reçu pour attester de la vente. Heureux, l'homme emporta son nouveau bien et se dirigea vers le comptoir où il pouvait le faire emballer afin qu'il soit protégé pendant le transport. Encore un peu secoué par la vente qu'il venait de réaliser, Chan se laissa tomber sur sa chaise, les bras ballants. Il posa les yeux sur la carte de visite que l'homme lui avait confié et l'attrapa pour le regarder un peu plus en détails. Il écarquilla les yeux quand il comprit que cette personne n'était pas juste un amateur d'art parmi tant d'autres. Il était directeur d'une galerie qui se trouvait dans le coin. Et il aimait son tableau au point de le lui acheter et de lui en demander d'autres dans ce style, c'était fou. Complètement fou. Il ne put s'empêcher de sourire bêtement et la seule chose qu'il eut envie de faire fut d'envoyer un message à Hyunjin. Il ouvrit leur conversation et finalement, plutôt que de lui envoyer un message, il préféra lui téléphoner.
Ce ne fut qu'après plusieurs sonneries que le jeune homme décrocha. Sa voix était fluette et même s'il ne le voyait pas, Chan pouvait deviner qu'il souriait.
— Comment tu vas ? demanda Hyunjin.
— Très bien ! s'exclama-t-il.
Il jeta un coup d'œil aux alentours, il avait peut-être parlé un peu trop fort.
— Et toi, tu vas bien ?
— Ça va, je suis au travail et c'est plutôt calme à vrai dire. Tu avais quelque chose à me demander ?
Chan déglutit. À chaque fois qu'il devait parler ou voir Hyunjin, il se sentait tout puissant. Mais une fois qu'il était en contact avec lui, il paniquait et sentait une chaleur étrange s'éprendre de lui. Le jeune homme avait quelque chose d'intimidant. Peut-être était-ce le fait qu'il se rendait toujours compte après coup qu'il était en train de fricoter avec un homme.
— En fait, je voulais savoir si t'avais envie de passer dans la semaine.
Un court silence s'installa avant que Chan n'entende un bruit de pages qui se tournaient.
— Euh… Je pense que ça va pas être possible, je vais être assez occupé.
— Ah…
Chan fronça les sourcils. Quelques secondes avant, Hyunjin lui avait dit que c'était assez tranquille alors pourquoi changeait-il soudainement de version ? Encore une fois, il trouva son comportement bizarre, mais il ne pouvait pas en déduire qu'il ne voulait pas le voir.
— Par contre, je peux passer ce week-end. Si t'es d'accord bien sûr.
— Ouais ! On fait comme ça.
— Hm, j'espère que t'as prévu de me faire des choses intéressantes… murmura Hyunjin.
Chan en eut le ventre sens dessus dessous. Quand il lui parlait ainsi, d'une voix suave et basse, il avait l'impression qu'un feu ardent se déclarait à l'intérieur de lui. Il baissa la tête, comme si tout le monde avait entendu ce que Hyunjin lui avait dit.
— Oui, chuchota-t-il, une main devant la bouche. Compte sur moi.
— Parfait. J'ai vraiment très hâte alors.
—Moi aussi.
Ils se turent pendant quelques secondes avant de se saluer. Chan raccrocha, le cœur tambourinant et les doigts parcourus de milliers de fourmillements. Il avait aussi très hâte, même s'il était en panique totale. Peut-être que cette fois, il oserait aller plus loin que celle d'avant. Mais il doutait. Encore et toujours. Et quand il était dans cet état, il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait le secouer : Minho.
***
Une fois rentré de la galerie, il s'empressa de passer un coup de téléphone à son meilleur ami. Il avait besoin de lui, de ses conseils avisés et surtout, d'un bon coup de pieds aux fesses. Minho était occupé sur le tournage d'une publicité, mais il avait trouvé le moyen de libérer sa soirée pour Chan.
Ce fut sur les coups de vingt heures qu'il arriva à la villa, le visage fatigué.
— J'ai bossé comme un taré, souffla-t-il en s'affalant dans le canapé.
— Ça se voit à ta tronche. Si tu pouvais pas venir, j'aurais compris.
— T'inquiète, j'ai toujours du temps pour mon meilleur pote, dit-il en lui décochant un clin d'œil.
Amusé, Chan leva les yeux au ciel tout en souriant.
— Je te sers quoi ?
— Un truc fort. Une vodka. Dis-moi que t'as de la vodka ?
—Depuis quand tu bois ça ?
— Depuis que je dois habiller Yang Jeongin et qu'il est insupportable ! Je t'ai déjà dit à quel point il me cassait les couilles ?
Chan laissa filer un rire et secoua négativement la tête. Minho expira bruyamment.
— Une plaie ! Je te jure, j'ai même pensé à faire une poupée vaudou à son effigie.
— Qu'est-ce qu'il fait pour te mettre dans un état pareil ? demanda-t-il depuis la cuisine.
— Il a été chouiner sur la tenue que j'ai confectionnée pour la campagne de Zestique. Elle est trop serrée cela, pas assez travaillée ceci, inconfortable, et j'en passe !
Chan écouta son meilleur ami se plaindre pendant qu'il était occupé à sortir un verre. Il ramena la bouteille de vodka sur la table basse et servit un shot à Minho qui Minho avala sa boisson d'une traite.
— Tu bois pas ?
— Je suis pas censé avoir un problème avec l'alcool ?
— Hm, pas faux. Je vais prendre ta part alors, dit-il en poussant son verre.
Chan le servit une seconde fois.
— Bon, parle-moi de ce qui te tracasse.
— Oui… Je…
Il s'éclaircit la gorge.
— J'ai rappelé Hyunjin aujourd'hui, parce que j'avais envie de le revoir. Et bon, il m'a dit qu'il passerait ce week-end et…
— Et ? fit Minho en levant un sourcil.
— Il m'a demandé si j'allais lui faire des trucs intéressants.
— Ahah ! J'espère bien !
Minho prit le soin de se resservir un troisième shot qu'il engloutit cul-sec.
— Non mais attends ! Je sais pas comment m'y prendre avec lui, mais j'ai tellement besoin de le voir pour mes tableaux !
— Putain mais si t'avais besoin de coucher avec un mec pour peindre, fallait me le dire, je me serais porté volontaire !
Chan pouffa de rire. Son ami n'en manquait pas une pour lui faire comprendre qu'il lui plaisait et remettre son envie d'aller plus loin avec lui sur le tapis. Il savait tout ça, Minho n'aurait pas fait la fine bouche, mais justement, c'était Minho, et Chan n'avait pas du tout envie de faire quoi que ce soit avec lui. Minho, ce n'était pas Hyunjin, et Hyunjin avait un pouvoir tout particulier sur lui. Il ne l'expliquait pas, c'était comme ça. Alors coucher avec un mec pour avoir de l'inspiration, oui, mais pas avec n'importe lequel. En réalisant cela, Chan ferma les yeux un moment avant de soupirer.
— C'est pas pareil…
— Comment ça ? demanda Minho, les sourcils froncés. Tu l'aimes bien ?
Chan se renfrogna dans le canapé, le regard fixé sur la bouteille de vodka.
— Je sais pas, c'est… C'est pas que je l'aime pas du tout tu vois, sinon je lui demanderais pas de venir chez moi. Sérieusement, tu sais comment je suis, je revois jamais mes plans cul.
— Oui mais lui c'est pas juste un plan cul comme les autres.
Il fut forcé de l'admettre. Il était différent de toutes les histoires d'une nuit qu'il avait eues. Hyunjin était spécial, à commencer par le fait qu'il soit un homme. Et puis, lui, il avait envie de le revoir, surtout parce qu'il lui faisait ressentir des choses nouvelles et pour lesquelles il se questionnait beaucoup.
— Écoute, si t'as des sentiments pour lui…
— Non ! l'interrompit Chan. J'ai pas de sentiments pour lui, c'est juste… pour mon travail.
— Pour ton travail ? Chan, c'est la chose la plus idiote que j'ai entendu sortir de ta bouche. Et pourtant, pour dire des conneries, t'es pas le dernier.
Chan soupira.
— Je te jure, j'ai pas de sentiments. Oui, il est sympa, et il est mignon, on peut faire des choses ensemble, mais c'est tout, ça sera jamais pour un truc sérieux.
— Et tout ça tu vas pas lui dire, bien évidemment.
Il se détourna de son ami et secoua négativement la tête. Ils n'en avaient jamais discuté, Hyunjin et lui se voyaient, c'était sans prise de tête et l'un comme l'autre n'avait pas cherché à mettre des mots sur leur relation.
—Je pense pas qu'il ait besoin de connaître les détails. Enfin, ça aurait quelle importance ? On se voit, on fait quelques trucs et basta. On va pas non plus signer un contrat chez le notaire.
— J'espère que ton beau blond est pas amoureux de toi ou va pas le devenir. Tu vas lui briser le cœur avec ton comportement de mâle hétéro qui visiblement n'est pas si hétéro que ça.
— C'est pas le souci Minho.
— Si, c'est le souci. Tu cherches tellement à te convaincre que c'est impossible que tu sois attiré par un mec que tu vas jouer avec lui. Tu aurais dû être clair dès le premier jour où il s'est ramené chez toi.
Chan se mordit la lèvre. Oui, il aurait dû être clair. Minho avait presque toujours raison, alors sur ce point aussi. Mais après tout, Hyunjin n'était pas tenu de lui dire pourquoi il acceptait de venir s'amuser chez lui, alors pourquoi lui devait-il le faire ? L'un comme l'autre n'avait jamais prétendu désirer quelque chose de sérieux et il ne pouvait pas être le seul à blâmer dans cette situation. Il plaisait à Hyunjin, c'était un fait, mais de là à spéculer sur les attentes du jeune homme… Entre eux, ce n'était que du sexe. Ils ne se connaissaient pas vraiment, et c'était très bien comme ça. Chan n'avait pas envie de se prendre la tête avec tout ça, mais il essaierait de lui en toucher un mot à leur prochaine rencontre.
Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro