L'âme corrompue
Chapitre douzième
L'âme corrompue
Je me réveillais. Une lumière vive au-dessus de moi. Etais-je arrivé au Paradis ? Avais-je ENFIN assez souffert pour avoir le repos éternel ?
« Elle se réveille. »
Tous mes espoirs s'envolèrent. Non. J'étais encore dans ce centre psychiatrique. Ma vue s'habitua à la lumière. Il y avait un médecin et une petite poignée d'infirmiers. Qu'est-ce qui leur arrive à me regarder comme si j'avais une pustule de la taille de mon œil sur le nez ? Après quelques instants, tout me revint en mémoire. Kamaan, la torture...Je touchais ma pommette et remarquai la blessure qu'il m'avait infligée. Ce devait être horrible. Puis, ma main descendit le long de ma joue et je remarquai quelque chose d'encore plus bizarre...J'avais un objet métallique enfoncé dans cette partie de mon visage. Cela ressemblait à une...épingle ? En me rasseyant, je demandais :
« Pourquoi est-ce que j'ai ça sur le visage ? »
Personne ne répondit. Mais après quelques secondes le médecin jugea qu'il était plus juste de me dire qu'est-ce qu'il s'était passé.
« C'était Kamaan. Il vous a épinglé la...chair pendante sur le bas du visage.
-Et pourquoi j'ai TOUJOURS ça sur le visage, demandais-je en colère.
-Eh bien...D'un point de vue médical, il est bien mieux de garder ça sinon la plaie ne se régénérerait pas correctement. En plus, nous avons peur que la blessure s'infecte si nous retirons ça.
-Quoi ?! Mais vous êtes malade ! Je NE vais PAS garde ça sur le visage !
-La douleur que vous allez ressentir si nous faisons cette opération sera trois fois pire que celle de Kamaan...
-Je me fiche bien de cela !
-Ecoutez, soupira le médecin. »
Je me levai et empoignai sa blouse.
« Non, c'est vous qui allez m'écouter ! Et cela très attentivement, JE REFUSE de garder ça sur le visage et vous allez me trouver un moyen de l'enlever.
-Je refuse de me laisser dicter ma conduite par une gamine ! »
Il me repoussa contre la table. Et les infirmiers me maintinrent pendant que le médecin s'empara d'un sédatif et me l'administra. Encore un sédatif ? Je haie les sédatifs. Ils t'embrouillent l'esprit en un rien de temps. Et c'est vrai en quelques minutes, je m'endormis sans lutter. J'avais de toute façon besoin de sommeil. Pendant une fraction de seconde, je vis une ombre derrière les infirmiers, la même que la dernière fois...Peu importe. Ce devait être mon imagination.
Se tapir dans l'ombre. Regarder où ils emmènent mon corps. Finalement partir. Chercher à travers l'hôpital. Il était là. Je le ressentais, c'était comme une présence dangereuse et animale. S'arrêter devant une petite salle où quelqu'un était attaché. Il était attaché à une table en métal. S'apprêter à passer son chemin. Entendre une voix. LA voix. Entrer dans la salle. Ne plus en avoir rien à foutre s'il me voit ou pas. Réfléchir...Sortir de la salle. Se repérer le numéro. Se téléporter à une autre salle. Voir mon corps, étendue sur une table en métal, attachée seulement avec des simples menottes. Déverrouiller la porte, faire en sorte que les caméras reflètent toujours encore la même image, moi en train de dormir et celle du couloir affiche le vide. Tout est bon. La voix est libre.
Je me réveillais lentement. En voulant me lever, je remarquai que j'étais attachée. Des menottes entravaient mes mouvements. Je tirais dessus en grognant. Pas question de rester ici alors que l'homme qui a failli me tuer se repose tranquillement dans une salle à quelques mètres de moi !
Certaines personnes pensent qu'il existe quelque chose se nommant la force des sentiments, par exemple plus la colère est forte, plus la force corporelle augmente. C'est un peu comme l'adrénaline. Eh bien, croyez-le ou non mais à ce moment-là, je pense avoir été un exemple parfait pour faire en sorte que cette théorie soit acceptée par les scientifiques les plus réticents. Car je tirais encore et encore. Jusqu'au moment où j'en ai eu marre. La colère prit le pas sur la lucidité et je tirais une bonne fois dessus, la peau autour de mes poignets était lacérée mais au moins j'étais libre. Un des deux bracelets de métal avait cédé. Je me levai et marchai doucement en direction de ma cible. A ce moment c'est comme si je savais où il était. Aller à gauche, continuer tout droit, tourner à gauche, jusqu'au bout du couloir, entrer dans la salle de droite.
Je pus enfin détailler mon agresseur. Il était grand et avait la trentaine, des cheveux ébène, une peau translucide, des lunettes. Par contre ces yeux, je ne pouvais pas les regarder en face. Il avait surement ce regard bestial que j'avais osé affronter, il y a quelques jours. En verrouillant la porte, je fis exprès du bruit.
« Qui est là ? »
Aucune réponse. Je m'avançai lentement. Aucune expression sur le visage, pas même de la colère, ce gars ne devait rien discerner.
« Oh. Ma dernière œuvre ! Tu es si jolie ! Presque parfaite, si seulement je pouvais... »
Ne finissant pas sa phrase, il voulut se défaire de ces liens, au moins cinq chaînes de la taille de mes poignets le tenaient en place. L'action se passa si vite et le bruit fut tellement fort que je pensais que si des personnes passaient dans le couloir en ce moment, elles l'auraient forcément entendu. J'eu peur mais ne bougeai pas. Hors de question de lui montrer qu'il m'effrayait.
« Qu'est-il arrivé à ton regard innocent si parfait ? »
Je l'ignorais et me dirigeai vers le fond de la salle car il y avait une table avec pleins de petits ustensiles dessus. Lequel choisir ? Il y en avait tellement ! Des ciseaux et des scalpels de toutes les tailles. Une...scie à os, je suppose. Une grande aiguille et un petit marteau qui servaient surement à une lobotomisation. Je pris des ciseaux d'une taille modérée, un scalpel assez fin, l'aiguille et retournai près de cet animal. Quand il me vit, munie de ces instruments, il ria bien fort.
« Alors tu es revenue pour te venger ?
-Ferme-là ! »
Je lui tordis un doigt mais bien sûr il se retint de crier. Oh non ! Tu ne t'en tireras pas comme ça ! Je veux t'entendre crier et me supplier ! En retenant quelques commentaires désobligeants à son attention, je pris l'aiguille. Je la tenais au-dessus de lui mais il ne la regarda même pas, son attention se portait sur moi. Il me fixait. Je décidai de lui planter l'aiguille dans l'œil mais la retirais. Il avait sursauté et poussé un soupir pour éviter un cri, il gémit.
Je sentais le sang marteler dans mes tempes. Je recommençais l'opération mais toujours dans le même œil. Cette fois, j'y laissais l'aiguille. Il bougeait son globe oculaire de gauche à droite et ce qui était planté dedans balançait aussi dans les deux sens. Je l'empoignais et la tournais. Il ne put s'empêcher de crier. Oh oui, enfin ! En retirant l'aiguille, son œil partit avec, il était relié au nerf optique que je coupais. Ma victime haletait. Ce n'était que le début de ta souffrance, sale porc !
« Ouvre la bouche, ordonnais-je d'un ton plus que sérieux.
-Tu peux toujours rêver !
-Oh tu crois ? »
Je lui montrais son globe oculaire. Il parut surpris et dégoûté. Ensuite je pointais l'aiguille au-dessus de lui. Il ne bougea pas et se bouche restait scellée.
OUVRE LA BOUCHE !
En effet après cette pensée, il l'ouvrit mais pour dire quelque chose.
« Tu es le Diable en personne. »
Je pris les ciseaux et les mis dans ma bouche. J'ouvris sa mâchoire à l'aide de mes mains et la déboitais. A présent il ne pouvait plus lutter. J'allais chercher la scie à os et m'attaquai à ses orteils, j'en coupais un sur deux. Il ne pourra plus jamais marcher. Il essayait désespérément de parler mais avec une mâchoire déboitée seulement des spectres de mots en sortaient. Je sentais qu'il sanglotait. Je posais les ciseaux...
Allez, il a assez souffert.
Non pas encore !
Si. Ça suffit.
Il a fait bien pire à d'autres !
Oui mais justement je ne veux pas me transformer et devenir comme lui ! Ma vengeance est accomplie. J'abrège ces souffrances et je repars.
NON TU NE FERAS PAS ÇA !
Oh si je vais le faire.
Je me dirigeais vers la porte et tentai de l'ouvrir. Mais celle-ci était encore verrouillée. Comment étais-ce possible ? Je me retournais et vis cette ombre, près de Kamaan. Je sentais qu'elle me défiait. J'essayais de l'en dissuader du regard mais elle était décidé à finir ce que j'avais commencé. Elle agrippa les ciseaux et je courus vers elle pour l'en empêcher mais elle m'empêcha de continuer ma progression. Je m'écroulais au sol. Qu'est-ce que ?
Peut-être que nous étions la même personne à la même mentalité, aux mêmes peurs, aux mêmes goûts ; j'ai bien plus de cran !
Se tourner vers la vermine à éliminer. Lui couper la langue. En attendant le destin funeste prévu, lui tordre encore quelques doigts. Le regarder pleurer. Le laisser s'étouffer avec son propre sang. Voir le reste de vie s'envoler. Lui infliger des blessures post-mortem. Récupérer tous le sang qui coulait et celui qu'il y avait dans sa bouche et sa gorge, pour pouvoir écrire sur le mur : « Try to make me mad, again. » (« Essayez de me rendre folle, à nouveau »).
Je me réveillais en sursaut le souffle coupé. Je vérifiais tout de suite le mur...MERDE ! Il y avait écrit cette phrase. Je venais d'écrire ça sur le mur ! En regardant mes mains, je remarquai que mes doigts étaient couverts de sang. Oh mon Dieu ! Je vais vomir !
Il fallait que je sorte d'ici. Tout de suite ! Je me relevai avec du mal et me dirigeai vers la porte. Celle-ci n'était plus verrouillée. Enfin la chance me souriait ! En sortant, il n'y avait personne. Je partis vers la droite. Je regardais à gauche et à droite, les cellules étaient remplies de personnes étendues sur des plaques métalliques ou sur des chaises. Elles étaient toutes d'une maigreur...Je m'arrêtai devant une, qui était assez éloignées des autres. Il y avait un homme assis sur une chaise métallique, il avait l'air éreinté. Sans que je m'y attende, il commença à convulser. Après quelques minutes, il s'arrêta, d'un seul coup. J'en conclus qu'il était sur une chaise électrique. Qui employait encore ces moyens inhumains et rustres ?
Quelqu'un tourna au coin du couloir.
~~~~~J'avoue que ce chapitre est un peu extrême...Mais rassurez-vous...Tout cela est presque fini !
#LePetitLaRousse
Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro