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17.


C'est la première fois que je fais ça pour quelqu'un. Je me sens nue.

Je crois que je déteste.

Ton regard qui n'a plus rien de vivant, ton regard fixé sur l'appareil photo, ton regard qui dévale mon corps, lisse, froid, calculateur.

Je ne sais pas comment me tenir, je ne sais pas comment te regarder, si je dois avoir l'air d'un mannequin de magazine, ou de rien du tout, s'il faut que je laisse mes bras balants le long de mon corps ou s'il faut que j'ai l'air de savoir où aller.

Je me concentre sur ta bouche qui marmonne des choses, sur l'odeur dans ton salon, sur la musique, différente de la dernière fois, plus lente encore.

Tu me dis que je suis belle. Tu dis ça en me regardant vraiment, avec des yeux qui ont l'air de m'aimer. Je ne réponds pas. J'ai un peu mal au cœur, je pense au bleu qui s'étale sur le côté de mon ventre et que tu apercevras si je relève trop les bras.

Je ne te demande pas à quoi ça servira, tout ça, ces photos. Je suis murée dans un silence sans nom, je vois bien qu'il te fait peur.

Je vois bien que je te fais peur, parfois.

Je rentre chez moi après, sans vraiment dire au revoir. Tu es déçue, je sais. Je pose simplement mes doigts sur les tiens. J'ai froid, je veux une autre vie où je n'aurai connu que tes yeux et ta bouche.

Appartement plongé dans le noir, la rumeur de la télévision, une bière sur la table basse. Mais Mathéo n'est nul part. Je le cherche dans toutes les pièces, j'ai peur qu'il soit là, tapi dans l'obscurité, qu'il m'attrape les poignets et qu'il me hurle au visage.

Tout est silencieux.

Je prends une douche, j'applique ma pomade, les gestes sont mécaniques, répétés depuis mille fois. Je ne regarde même plus ma peau, le changement de couleur qui avant me fascinait, je me souviens, j'avais l'impression d'avoir des planètes sur les hanches sur les cuisses les bras le ventre les seins, maintenant rien, juste des tâches informes, immondes, des tâches que je veux détruire. Un jour, je plongerai mes mains dans ma peau et je l'arracherai, je n'en laisserai rien.

Je m'enroule dans une grande serviette blanche et je traverse l'appartement. La fenêtre de ma chambre est grande ouverte sur le balcon. Charly est là, je le sais, assise sur son lit, le nez contre la vitre froide, si je m'approche elle me sourit, me fait un geste de la main, elle est heureuse de notre journée, triste que je ne sois pas restée davantage mais elle comprend, c'était bien déjà, la musique, les photos, mes sourires pour de faux et les siens pour de vrai.

Je m'accoude au balcon. Elle ouvre sa fenêtre. On se regarde longtemps, comme ça, les yeux dans les yeux trop loin l'une de l'autre. Il y a un monde qui s'ouvre quand je suis en sa présence, un monde différent, pur, qui ne s'embarrasse de rien, un monde bleu pâle. Quand elle me regarde, j'oublie tout le reste, c'est idiot, c'est niais cliché de dire ça mais c'est tellement vrai que j'ai envie de tout laisser tomber et d'aller la rejoindre, de me plonger dans ses bras d'embrasser ses paupières, de lui dire de me protéger contre tout le reste, de fuir avec moi très loin des poings des blessures des mots crachés.

Tu m'envoies un avion de papier. Il tombe à mes pieds, léger, blanc, porteur de tous les mots du monde. Je le déplie, ce n'est pas un poème, c'est toi tout entière.

C'était un rêve, ton corps nu dans le soleil ?

Je me redresse. Non, ce n'était pas un rêve. C'était là, il y a des semaines. Je ne sais plus pourquoi j'ai fait ça. Tu t'en souviens alors ? Tu m'avais vraiment vu...

Je te souris. Relance l'avion dans ta direction. J'attends que tu te baisses pour enlever ma serviette. Je pense à tous les autres voisins. Non. Je n'y pense pas. Tes yeux sont à nouveau là, immenses, ciels ouverts sur le monde, tes yeux ont envie de moi je le sais, tes yeux me brûlent en entier. Je suis nue devant toi et si tu avances les mains tu ne me toucheras pas.

La porte claque dans l'appartement. Je sursaute brusquement, recule jusque dans la chambre. Tes yeux ne me quittent pas, s'accrochent. Deux pierres translucides.

Mathéo rentre dans la chambre. Je lui souris. Fenêtre ouverte sur la nuit. Il a un peu bu, je le sens à son haleine lorsqu'il m'embrasse mais ses mains sont des caresses lentes, ses mains ne font pas mal. Je me repose entièrement dans ses paumes larges, ses doigts qui coulent entre mes cuisses. Je m'agrippe à ses épaules. Il me dit que je suis belle, qu'il y a longtemps qu'il ne m'avait pas trouvé belle comme ça, il me dit qu'il a envie de moi. Je lui dis que je l'aime, je dis ça en fixant ta fenêtre, ton ombre sous les rideaux.

Je n'ai pas honte.

Je le laisse faire, son corps nu est lourd tout contre moi. Je l'aime dans ces moments d'amour là, quand il embrasse mon cou, quand ses lèvres disent mon prénom comme lors de nos toutes premières fois, je l'aime si fort quand il passe ses doigts sur mes hématomes, qu'il me dit qu'il s'excuse, qu'il est désolé pour ça, que nous c'est plus fort que tout, que j'peux pas le quitter.

Non je peux pas.

Je ne réponds rien. J'ai un orgasme. C'est bon, ça faisait si longtemps. J'ai un orgasme et je pense à elle, à ses mains, à sa bouche, à ses yeux derrière l'appareil de photographie. Je pense à elle qui me touche et je l'imagine si légère que le corps de Mathéo devient un poids qui m'opresse.

Je n'ai pas honte.

Mais j'ai mal au cœur quand même.

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