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Les yeux de la mer

J'étais en croisière. Je suis parti de France, puis je suis allé en Espagne ; j'ai fait un arrêt en Italie et, enfin, en ce jour de 1982, fin d'après midi, jeudi 17 mars, je partais en bateau pour la Floride après avoir passé le Détroit de Gibraltar. Je profitais du coucher de soleil, sur le pont, la petite cigarette des vacances dans une main, un mojito dans l'autre. Je n'étais pas gros fumeur ni gros buveur, mais pour les vacances...

Comme le ciel se couvrait, je décidais de rentrer. Une fois dans ma cabine, je m'installais confortablement, en pyjama et robe de chambre, sur mon lit. Vers minuit, je ne dormais toujours pas. Je n'ignorais rien de ce qui ce passait dehors : le vent et la mer houleuse malmenaient le bateau le traînant de gauche à droite puis de droite à gauche... Les marins criaient et je les imaginais parfaitement, courant comme des fous sur le pont, échappant de justesse à une énorme vague, essayant de se démener dans un chaos des plus total.

« Et il fait nuit, pensai-je, non, vraiment, je ne serai jamais marin ! ». Finalement, le sommeil m'emporta aux alentours de 2h 30 du matin. Je rêvais qu'un poulpe géant, un kraken probablement, secouait mon bateau dans tous les sens. Je me réveillais en sursaut. 6H23. La tempête de la veille avait cessé et le pont semblait calme. Trop calme. Me levant prestement, je décidais d'aller voir. Les gros nuages gris avaient laissé place au soleil matinal, bien que ce ne soit que l'aube. Étant habillé, j'allais voir le capitaine du navire pour lui demander quelques explications concernant la veille.

« On a essuyé une tempête, me dit-il simplement.

- J'avais remarqué, répliquai-je, mais où sommes-nous ?

- Cet imprévu... Nous a fait dériver... loin... »

Il hésita avant de lâcher :

« - Nous avons passé le Cap Horn.

- Le Cap Horn ?

- Le Cap Horn. Deux fois, aller et retour. C'est un gros retard.

- Je vois ça...

- Hum... Le problème n'est pas là... marmonna le capitaine.

- Alors où est-il ?

Devant son silence, je m'écriais :

- Mais parlez, bon sang !

- Notre trajectoire est recalculée pour la Floride.

- Encore heureux, soupirai-je.

- Nous serons obligés de passer par le Triangle des Bermudes. »

La nouvelle s'abattit lourdement. Brisant le silence, (en prenant conscience de la situation) je m'exclamais :

« - Mais c'est impossible !

- Hélas c'est ce qui nous pose problème... Durant toute la traversé de l'Océan Atlantique, nous n'avons pas réussi à reprendre le contrôle du bateau.

Il se gratta le menton.

« - Ma parole ! M'exclamai-je, pendant tout ce temps, vous n'avez pas réussi à redresser le navire ? Mais vous êtes capitaine Monsieur ! Capitaine ! Et vous, vous faites passer vos clients par les deux zones marines les plus connues, mais surtout les plus dangereuses ! Non mais je rêve !

- Écoutez, nous allons rattraper ça... Et puis pour ma défense, je vais vous dire quelque chose : Pendant que vous étiez tranquillement dans votre petite cabine, bien au chaud, nous, braves marins, nous affrontions le Cap Horn ! Deux fois ! Et avant, tout le long des cotes Américaines, pendant que vous dormiez et faisiez de jolis rêves, nous, nous faisions face à une brume des plus épaisses qui a tenu jusque vers l'Argentine. Alors les reproches... !!!

Je bouillonnais de rage mais un détaille retint mon attention :

- Du brouillard ?

- En effet. Comme si les dizaines voir les centaines de kilomètres qui séparent l'Amérique du Nord de L'Amérique du Sud avaient été réduits en quelques mètres par cet étrange condensation...

Nous restâmes ainsi quelques minutes, songeurs. Puis, retrouvant le fil de notre dispute, le capitaine lança, sur un ton amer :

- De toutes manières, la décision ne vous revient pas. Vous n'êtes qu'un touriste et moi un marin expérimenté. Alors du balai ! J'ai du travail... »

Je fermais les yeux pour contenir ma colère. « Vous n'êtes qu'un touriste ». L'insulte tournait en boucle dans ma tête. Le pire c'est que je ne pouvais rien faire. A part attendre. Alors j'attendis.

1h34 du matin. Une violente secousse me réveille en sursaut. Suivie d'une autre. Et encore d'une autre. Argh ! Encore une tempête ! Alors je me souvins. Le capitaine, la brume, le Cap Horn et... Le Triangle des Bermudes ! Soudain, un cri déchirant rompit le silence. Suivi d'un autre. Et encore un autre. Bientôt un chaos infernal secoua le navire. J'en déduisis que la nouvelle s'était répandue !

Je ramassais donc mes affaires et sortis sur le pont, bagages à la main. Je n'étais pas le premier, déjà certains passagers se jetaient dans les canots de sauvetage. Une secousse me fit perdre l'équilibre. La pluie tombait drue. Les éclairs zébraient le ciel et le tonnerre grondait. Me relevant, je m'approchais du bord pour voir la hauteur et le nombre de canots mis à l'eau. Tout à coup, un nouveau tremblement me fit passer par dessus bord. Dans un cri, je me raccrochais de justesse à la rambarde. La peur me nouait la gorge et l'estomac. La barrière était glissante à cause de la pluie et je ne parvenais pas à me hisser jusque sur le pont. Mes affaires étaient tombées. Alors je pris une décision : je respirais un bon coup et lâchais le garde-fou. L'eau était glaciale. Le froid mordant me fit frissonner. Au bout de quelques instants, je tentais de remonter. Quelque chose, si l'on peut dire que c'était une chose, m'en empêcha. Les yeux me piquaient, les poumons et la gorge aussi. Me demandant ce qui m'arrivait, je me débattis avec force. Je cherchais à remonter. Mais je coulais, inexorablement. Petit à petit. Au bout d'une vingtaine de secondes, j'abandonnais, épuisé. Je me dis en plaisantant, que je comprendrais peut être ce qui était arrivé au Vol 19 et à tous les autres navires et avions ayant disparus dans le secteur ! De l'eau commença à s'infiltrer dans mes poumons. C'était la noyade qui m'attendait. Alors, j'aperçus mon porte-feuille et lus mentalement :

Nom: James Megue Alquin

Profession : Technicien

Né le : 19 février 1950 à Rouen

Nationalité : Française

Je ferme les yeux quelques instants. Les poumons me brûlent et l'eau s'y infiltre. J'ai peur. Je ne peux rien faire. Une pointe de désespoir dans l'esprit, je me surpris à espérer qu'un jour, on me retrouve. Qu'on parle de moi. Mais je serai mort. Je ne peux résister à cette force qui m'attire vers le fond. Toujours plus profond. Je rouvre les paupières. Devant moi luisent deux yeux. Je peux voir l'océan à travers et pourtant... Ils ont l'air d'être là sans l'être pour autant. Comme s'ils appartenaient à un fantôme. Ce sont ceux d'une femme, merveilleusement beaux. Doux et tristes en même temps. Nostalgiques en fait. C'est ma dernière pensée : Les yeux de la mer.

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