Victoire ? Oui ? Mais à quel prix ?
- Nous allons procéder à une petite analyse de texte, comme dans notre passé académique. déclaré-je.
Le juge hausse le sourcil.
- Je vais commencer ma lecture après quelques explications.
Je me rapproche de l'écran pour montrer les pages du journal intime :
- Comme vous pouvez le lire, tout comme le début d'une récit nous résume la situation, le journal intime fait de même. Ainsi, Claudia Roussel écrit : " Je vais commencer un journal, car je ne supporte plus de voir ma cousine aussi désirée.. Maître Emmanuel Bruneaux m'a dit que l'on faisait sans cesse la cours à Luna.. Notamment un certains Loïc Bouvier, mais surtout.. Lucas.. Lucas que j'aime tant..! " . Fin de citation. dis-je pour marquer la fin de ma lecture.
Les yeux de l'assemblée et du juge se tournent vers Maître Bruneaux, ce dernier rugit de fureur. Moi, j'observe Lucas du coin de l'œil pour vérifier son état. Je remarque avec soulagement qu'il respire plus posément et tremble moins.
Un soupir m'échappe, rassurée et je croise ses émeraudes. Il remarque avec étonnement que je me soucie de lui même en plaidant pour lui, et il m'offre un tendre sourire, délicat, infime, mais bel et bien présent.
Je lui souris en retour, quelques secondes, quelques fractions de secondes, apaisée, avant de reprendre, plus déterminée que jamais :
- Nous savons maintenant que que Mlle Claudia Roussel était amoureuse.
- Mais en quoi cela nous intéresse-t-il ? se moque quelqu'un du camp adverse.
- Vous comprendrez en lisant la suite du journal intime de Claudia Roussel. On peut lire en effet qu'un sentiment de jalousie se forge dans l'esprit de Mlle Claudia Roussel. Ainsi, "Le jour suivant ~
Maître Bruneaux a raison. Pourquoi ce serait ma cousine la plus belle ? Elle n'a rien fait comme étude. Pff, secrétaire, c'est une honte pour notre famille ! Et moi, et moi j'ai travaillé dur pour finir femme d'affaires ! " Fin de citation. dis-je pour marquer la fin de ma lecture. Libre à vous de continuer votre lecture. Ce passage nous montre très bien l'agacement que ressent cette femme envers sa cousine. expliqué-je en apercevant le juge retirer ses lunettes.
Je laisse un instant s'afficher "Tout le monde sait à quel point c'est difficile pour une femme d'arriver à la tête de plusieurs entreprises en tant que PDG et pourtant je l'ai fait ! J'y suis arrivée ! Alors pourquoi n'aurais-je pas le droit d'être à mon tour désirée par Lucas ? " . Je poursuis :
- À cet instant, après la jalousie et la colère, l'abattement comme nous montre ces lignes : " Un autre jour ~
Maître Bruneaux s'inquiète pour moi, paraît-il.. Il me dit que si je continues à pleurer ainsi toutes les nuits, je tomberais en dépression.. Peut-être est-ce déjà le cas ? Je ne sais pas. Je ne sors plus, je ne mange presque plus, je ne ris plus. . . "
Des murmures d'étonnement et d'inquiétude résonnent dans la salle.
- La compassion que vous ressentez et que j'ai ressenti à son égard va voler en éclat à la lecture de l'effroyable passage : "Aujourd'hui, je vais mieux. Maître Bruneaux m'a proposé un plan : puisque je suis si embêtée que cela, je dois effacer la source de ce soucis. Et comme la source de ce soucis est Luna, je dois effacer Luna. "
Tout le monde s'horrifie, choqué.
- Ce n'est pas tout, ajouté-je dans le brouhaha. Vous vous demandez sûrement quel est le lien entre une femme jalouse de sa cousine et un tueur en série s'étant évadé ? Eh bien la réponse est simple en lisant tous les relevés téléphoniques entre les deux.
Pour cela, je pointe du doigt ceux-ci au milieu de l'écran.
- Comme vous l'avez probablement deviné, oui, Mlle Claudia Roussel a engagé quelqu'un pour tuer sa cousine. Surtout que les relevés téléphoniques s'arrêtent après l'heure de la mort de Mlle Luna Roussel et reprennent peu avant la nuit du meurtre de M. Bouvier.
- Où voulez-vous en venir ? m'arrête le juge.
Je tourne la page du journal intime en déclarant :
- Vous comprendrez mieux en lisant ceci : " Le plan de Maître Bruneaux est vraiment ingénieux ! : il se chargera de faciliter l'embauche d'une de mes connaissances s'étant éloigné du droit chemin afin qu'il puisse assassiner Luna sans problèmes tandis que une voiture pleine de pom pom girls que j'aurais payé s'arrêtera juste devant l'entreprise, attirant évidemment tous les hommes à l'extérieur. " Fin de citation. dis-je pour marquer la fin de ma lecture. Voilà ici la preuve écrite des propres mains de Mlle Claudia Roussel qu'elle a bel et bien commandité le meurtre de sa cousine.
- Qui nous dit que c'est bien elle qui écrit ? s'enquit aussitôt un avocat du camp d'en face.
- Les documents magiques que vous apercevez juste ici prouvent noir sur blanc que les empreintes retrouvées sur les touches sont bien les siennes. déclaré-je en un sourire fier. Je les ai relevées et vous pourrez les comparer à qui vous voudrez ! rétorqué-je en haussant le ton. Vous comprenez maintenant le lien entre l'amour que Claudia Roussel ressentait et qui l'a poussée a engagé un tueur en série ? ajouté-je encore plus fortement. Mais, le plus important dans tout ça, c'est que, commencé-je en me tournant vers Maître Bruneaux, VOUS êtes lié à tout cela !
L'annonce eut l'effet d'une bombe.
Des consternations se firent entendre, des cris de surprise résonnent dans la salle d'audience. Tout le monde était choqué. Même le juge me fait les gros yeux. Mais Maître Bruneaux, au contraire, laissa échapper un rire amusé paraissant complètement serein.
- Qu'en dites-vous, Maître Bruneaux ? interrogea le juge.
Il hausse les épaules.
- Ce n'est pas parce qu'une femme folle amoureuse cite mon nom et déclare que j'ai participé à l'élaboration de ce meurtre, que c'est vrai. réplique-t-il.
J'esquisse un sourire, mes yeux traduisant une rage folle.
- Ne vous en faites pas. Vous ferez moins le malin quand vous verrez ce qui vous attend. lâché-je entre deux rires feintés.
L'assemblée tremble face à mon regard de tueuse puis j'ajoute dans le plus grand des calmes :
- Libre à vous de lire la suite de son journal intime.
Aussi, j'attends quelques minutes, le temps qu'ils lisent : "Apparemment, Lucas n'est pas du genre à faire cela, du coup, il restera à l'intérieur. Mais je n'y crois pas. Il est un homme après tout ! Ainsi, lorsque Luna sera morte, je reviendrai vers lui, en larmes, et il me consolera ou je le consolerai.. Je ne sais pas encore, mais je suis tellement impatiente d'y être ! À tel point que j'ai mis un point d'honneur à m'occuper de toutes les dépenses ; Maître Bruneaux n'avait pas réussi à m'en dissuader" .
- Avant d'analyser le cas de Maître Bruneaux, voyons le cas Roussel, si vous le voulez bien.
- Fort bien. acquiesce le juge.
- Parfait. fis-je en me retournant vers l'assemblée. Jusque là, le plan était parfaitement bien rodé. admis-je. Personne ne pouvait émettre la folle hypothèse ou encore faire un quelconque lien criminel entre Luna Roussel et sa cousine. Et pourtant, et pourtant, me répété-je théâtralement, il y eut un terrible imprévu comme on peut le lire dans ce nouveau passage. Je cite : " Bonjour,
Je me sens mal.. Je ne sais pas pourquoi, Lucas est soupçonné.. Maître Bruneaux dit qu'il vaut mieux l'emprisonner sans qu'il n'y ait de procès pour éviter que l'on remonte jusqu'à nous".
- C'est totalement faux ! C'est une folle à lier qui m'idolâtrait ! s'emporte aussitôt Maître Bruneaux, rugissant de fureur.
J'aperçois Lucas sursauter, effrayé, tandis que Rose fait de son mieux pour le calmer. Tandis que tout le monde, le juge y compris, est trop choqué pour arrêter Maître Bruneaux.
Moi, je foudroie du regard ce dernier, prête à passer à l'acte s'il le fallait.
Lucas, découvrant par inadvertance le regard que je lance à Maître Bruneaux, regagne peu à peu une respiration relaxée.
Je... J'ignorais combien... Elle était prête à pour me protéger. réalise soudain le brun, à la fois admiratif et ébahi.
En apercevant que Lucas s'était détendu, je regagne mon calme, moi aussi, et lui glisse un rassurant sourire avant de reprendre mon discours, ignorant royalement Maître Bruneaux :
- On comprend mieux pourquoi la date du premier procès de M. Ledoux ne figurait nulle part. C'était tout simplement parce qu'il n'y en avait pas eu, et ce, grâce à l'influence qu'a Maître Bruneaux en tant que brillant avocat. expliqué-je. Libre à vous de continuer la lecture de son journal qui nous montre une fois encore l'impitoyable raison qui la guidait à commettre tout cela :
" J'ai protesté autant que je le pouvais, mais il n'a rien voulu entendre.. Et puis, quelque part, il a raison.. Je ne voudrais pas que cette histoire vienne gâcher la réputation que j'avais mis tant de temps à construire. "
Je sens Maître Bruneaux trépigner de colère lorsque je continue :
- On apprend ensuite pourquoi M. Ledoux a été exactement emprisonné 6 mois avant de vivre avec Maître Bruneaux. Je cite : " Heureusement, Maître Bruneaux m'a promis que ce n'est que 6 mois plus tard que Lucas ressortira ! 6 mois, ce n'est rien comparé aux dures années que j'ai vécu dans l'ombre de ma cousine ! J'ai si hâte ! Surtout qu'il est persuadé que personne ne voudra de Lucas comme client car il s'arrangera pour lui donner une réputation exécrable et ainsi être son avocat pour mieux contrôler les procès et ne jamais remonter jusque nous ! ". Fin de citation. dis-je pour marque ma lecture.
Je laisse quelques secondes de flottement afin que l'assemblée et le juge réalise la portée de ces propos.
- Effrayant, n'est-ce pas? repris-je en notant combien l'audience s'était tue. Mais ne vous inquiétez pas, ajouté-je en marchant lentement, car c'est à ce moment précis, qu'il y eut un autre grand bouleversement : nous, moi-même ainsi que Maître Duchêne, déclaré-je en croisant le regard de Rose qui me sourit en coin, impressionnée de tout le travail que j'avais fait seule - je lui rends son sourire, comme pour lui assurer que ce n'était que mon boulot-, comme nous montrent ces lignes. Je cite : "Bonjour,
Aujourd'hui je suis en colère. Ce n'est pas une mais deux avocates qui ont répondu présentes à l'appel " désespéré " de Maître Bruneaux. Ah, les gueuses ! Comment osent-elles se mettre en travers de mon chemin ?! Et cette satanée Estelle Delaine qui ose L'HÉBERGER chez elle ! " Fin de citation. dis-je en laissant toutefois les lignes suivantes apparentes.
Je retiens un rire afin de ne pas m'emporter tandis que j'ajoute :
- Je vous épargne les insultes que cette charmante dame m'a réservée pour arriver à la nouvelle élaboration d'un plan : le harcèlement de M. Ledoux. Je cite : " Mais ce n'est pas fini ! Oh non ! Maître Bruneaux a un plan. Il m'a promis qu'il réussira à pousser à bout Lucas pour qu'il fasse une grosse bêtise, et qu'il retourne ainsi en prison ! Là, MOI, j'irais le voir et deviendrai son pilier, son soutien moral et le soutiendrai sans ciller ! Ha, ha ! Tu peux toujours courir, Estelle, tu.. " Fin de citation.
Je glisse ma main dans cheveux tandis que je déclare, cette fois :
- Pardonnez mon irritation mais je sauterai encore ce passage pour arriver enfin à cela : je cite : " Alors, Estelle, quel goût ça a ? Le goût de la peur et de la défaite, comment est-il ? Car après avoir tué Luna, Loïc Bouvier a été une suite logique, non ? Tu dois sûrement t'attendre à ce que Lucas soit le prochain. Mais non, au contraire ! Lucas est notre pièce maîtresse, comment pourrait-on le tuer ? Le doute, et la peur. C'est le plan de Maître Bruneaux. Moi, je ne fais que contacter des ' amis oubliés ' pour exécuter ces trouvailles. J'adore notre collaboration ! Bientôt, j'en suis certaine, Lucas retournera sous les barreaux. " Fin de citation. Ce passage, en plus de nous montrer que Mlle Claudia Roussel est une fois de plus liée à cette histoire, nous confirme que Maître Bruneaux l'est aussi.
Je ne laisse pas le temps à ce dernier de s'énerver que je continue :
- D'ailleurs, j'ai moi-même fait une erreur de calcul en fuyant puisque j'ai cru ce qu'ils voulaient que je croie. avoué-je, culpabilisante. Je tenais à dire qu'il s'agit de la raison pour laquelle nous avons disparu du jour au lendemain.
Je regarde droit dans les yeux le juge.
- Je pensais mon client en danger. J'ai donc agi en conséquence. Je tenais à le préciser.
Il hoche de la tête, le visage fermé. C'est la première fois que je le vois ainsi.
Il réalise enfin tout ce que j'avais compris avant lui.
Je poursuis malgré tout :
- Voici un autre passage tout aussi intéressant. Je cite : "Je ne comprends pas comment Maître Bruneaux peut mettre autant de temps ! Ils se sont ' enfuis ' , paraît-il. Envolés. Disparus. Pff, la bonne blague ! S'il ne les retrouve pas rapidement, je vais m'énerver et lancer tous mes contacts s'étant éloignés du droit chemin à leurs trousses. Et, je vous le dis, ça risque de faire mal ! " Fin de citation. Cela explique les difficultés que nous avons eu à maintenir notre sécurité, nous avons multiplié les couvertures, en vain, nous étions perpétuellement exposés au danger. narré-je ; le regard de Rose est traversé par la douleur à cette idée. Cette période a été extrêmement difficile et je tiens à saluer le courage de mon client tout au long de celle-ci. ajouté-je en un petit sourire en coin ; Lucas prend des couleurs en me souriant timidement, touché.
Cet instant semble durer une éternité. Lorsque nous reprenons nos esprits, je reprends :
- Nous venons donc d'analyser ensemble le mystère derrière Claudia Roussel. En bref : Claudia Roussel, jalouse de sa cousine, a orchestré plusieurs assassinats, en commençant par cette dernière, puis par l'homme qui aimait sa cousine et enfin par une de mes sources. Tous ces actes sont d'une lâcheté glaçante, et je tiens à dire combien je regrette que ma source aie été mêlée à cette tuerie que Claudia Rousse a horriblement désigné comme étant un simple "accident" comme vous pouvez le lire ici. indiqué-je, sentant mon sang bouillir dans mes veines.
Des indignations résonnent dans la salle d'audience tandis que j'ajoute :
- Libre à vous de lire les détails des autopsies de Mlle Luna Roussel et de M. Bouvier. Moi, repris-je en esquissant un terrifiant sourire, je me pencherai sur le cas de Maître Bruneaux.
Celui-ci grimaça furieusement.
- Comme vous l'aurez compris, c'est bien Maître Bruneaux qui a incité Mlle Claudia Roussel à orchestré le meurtre de sa cousine.
Le juge approuve silencieusement, impatient de connaître la suite de mon discours.
- En plus d'avoir manipulé Claudia Roussel, Maître Bruneaux s'est rendu coupable de terribles abus perpétrés à mon client après lui avoir illégalement infligé un séjour en prison.
Aussitôt, un énorme brouhaha s'ensuit, l'assemblée étant offusquée que de telles actions puissent être perpétrées au nom de la loi.
J'esquisse un sourire déterminé, sentant enfin le vent tourner en notre faveur, ou plutôt, en celle de mon client, Lucas. me dis-je en l'observant avec tendresse. Ce dernier ne me quitte plus des yeux, fasciné, ébahi que je tienne autant le choc face à toute cette pagaille. Je retiens un rire lorsqu'une voix forte retentit :
- Silence ! ordonne le juge.
J'en avais parlé avant avec Lucas, et il était d'accord, si cela lui offrait sa libération.
Je change la page du projecteur et lance une vidéo, le cœur tout de même brisé par cela.
- En voici la preuve, âmes sensibles, s'abstenir. dis-je, l'air sombre.
Sur l'écran, maintenant, nous pouvions tous voir très clairement Maître Bruneaux amener Lucas dans sa cellule en le tirant par les cheveux. Il crie, il hurle, il pleure.
Mes yeux s'embuent de larmes lorsque l'avocat commence à brutaliser mon client avec une batte en fer. J'arrête en précipitation la vidéo lorsqu'il commence à le jeter sur le lit et le déshabiller.
Émue, je demande :
- Je vous laisserai ma clé USB sur laquelle se trouvent toutes les vidéos sordidement conservées par Maître Bruneaux incluant celle que je vous ai montrée. dis-je d'une voix étonnement forte. Il semble évident au vu des mots de Claudia Roussel qu'elle ignorait ces abus opérés par Maître Bruneaux et ses complices, cela paraît d'autant plus évident qu'elle était prête à tuer pour l'être aimé.
Le juge hausse les sourcils, murmurant avec surprise :
- Vous êtes assez juste pour en plus défendre une meurtrière là où elle n'est pas coupable. s'étonne-t-il.
Je hausse à mon tour les mains en l'air, déclarant :
- Cela, c'est à vous de nous le dire. Moi, je ne suis là que pour innocenter mon client de cette terrible conspiration. insisté-je.
Je reste un instant silencieuse, là, prête à infliger mon prochain coup, tandis que les personnes de l'audience se révoltaient d'un tel traitement, en ébullition, et comprenant enfin l'ampleur de ce drame.
Je ferme un instant les yeux, soulagée que toutes ces dures journées passées à marcher, encore et encore, toutes ces nuits blanches, ces journées où je ne mangeais même plus, payaient enfin.
Je crois bien que cela était notre dernière audience. Pour notre plus grand bonheur. réalisé-je.
Non, Estelle. Ne t'emballe pas trop vite. Tu n'en as pas encore terminé avec tout ça. me rappelé-je soudain.
- Eh oui, repris-je avec lenteur, M. Ledoux est bel et bien innocent dans cette affaire. Car les coupables sont Mlle Claudia Roussel ayant engagé un tueur en série pour assassiner sa cousine, puis M. Bouvier et ensuite ma source Mme Olivier, comme nous le montrent le résultat des autopsies de ces derniers ; mais aussi Maître Bruneaux ayant manipulé Mlle Claudia Roussel, envoyé M. Ledoux en prison illégalement et injustement, et plus tard, abusé de lui en groupe avant de nous harceler et agressé à plusieurs reprises. J'ai moi-même été victime des coups de ses complices comme vous pouvez le voir avec ma plainte déposée ainsi que les photos de moi le prouvant.
Je lis de la peine dans le regard de Lucas à cette évocation mais je lui offre un doux sourire.
C'est nécessaire pour l'affaire. lui avais-je assuré ce matin, avant notre départ pour ce long combat qu'est ce procès.
- Pourquoi M. Ledoux et pas un autre ? m'interroge alors le juge, son visage appuyé sur sa main, en pleine réflexion.
- Je me suis posée cette question lorsque, perdue au milieu de nulle part - et c'est vrai - et en pleine nuit, j'avais découvert la clé de ce mystère. avoué-je.
- Et quelle a été votre réponse ? me relance le juge, décidément impatient.
- C'est simple. dis-je en affichant une nouvelle page. Maître Bruneaux étant une personne à l'égo surdimensionné, a créé un blog entièrement destiné à ce qu'il faisait subir à M. Ledoux comme vous pouvez le voir. dis-je en faisant défiler l'écran sur le blog de ce dernier. Et, à ce paragraphe, nous pouvons lire :
" Vous voulez savoir pourquoi je fais cela ? C'est simple : j'aime Claudia. Je l'aime bien plus que mon idiote de femme ! Et pourtant, elle n'a d'yeux que pour ce pauvre c*n, ce piteux Lucas ! Alors qu'il n'est qu'un moins que rien ! Il n'est qu'une enflure ! "
Ma voix tremble de colère tandis que je lis cela.
- Excusez-moi, fis-je en toussotant pour camoufler mon énervement, mais je passerais ce passage dans lequel il ne fait qu'insulter M. Ledoux, pour en venir à ce qui nous intéresse réellement : je cite : " Alors, en poussant à bout cet idiot de Lucas, je suis persuadé qu'il se suicidera. Là, Claudia sera anéantie et elle ira voir qui ? MOI ! MOI ! Enfin j'aurais mon heure de gloire ! Enfin elle me verra ! Et je me délecterai de la mort de ce pauvre imbécile ! " Fin de citation. dis-je pour marquer la fin de ma lecture.
Je m'arrête de parler, curieuse de ce que le juge allait me demander cette fois-ci, quelle antithèse il allait avancer pour me déstabiliser, me perturber...
Mais il n'en est rien.
Il hoche silencieusement de la tête, tandis que les 2 autres juges se murmurent des paroles inaudibles.
Une vague de soulagement me prend en réalisant que ça y est, nous allons gagner, nous avons gagné.
C'est terminé ! me dis-je en sautillant intérieurement de joie.
Oh...
J'aurais tellement que ce soit le cas.
Car ma sérénité enfin retrouvée est interrompue par des cris stridents résonnant dans la salle. Je me retourne aussitôt vers mon client et ma meilleure amie, prise d'un mauvais pressentiment.
- Ne bougez plus !! Hurla Maître Bruneaux en tirant trois coups de feu en l'air.
- Calmez..! tente le juge bravement au milieu de ce brouhaha, des gens courant de partout.
- Vous LA FERME !! Explosa Maître Bruneaux avant de lui tirer dessus ; le juge tombe de sa chaise, évitant de peu la balle.
{Taylor Swift, I Knew You Were Trouble}
La tête me tourne et ma chaleur monte en réalisant que je ne trouve pas des yeux ni Rose ni Lucas. Je reste immobile, comme sonnée à l'idée de perdre deux personnes qui me sont chères.
Ce n'est qu'après que je les vois ramper sur le sol afin s'éloigner de Maître Bruneaux.
Dieu merci ! me dis-je en m'apprêtant à les rejoindre.
Je n'aurais pas dû me réjouir si tôt car Maître Bruneaux, poussant tout le monde sur son passage, armé, se dirige en courant vers eux, le pistolet braqué sur ces derniers :
- Tu as cru que je ne t'avais pas vu, petit c*n ? s'égosille-t-il la voix.
- Non, arrêtez !! m'écriai-je aussitôt en me précipitant vers eux en l'apercevant tirer par les cheveux Lucas.
- Pression !! s'exclame aussitôt Maître Bruneaux.
Je fus stoppée net dans mes mouvements avant de m'écrouler violemment sur le sol, les yeux grands ouverts.
- Aaaargh..! Gémis-je alors que je me sentais détruite de l'intérieur, encore plus que par le sort d'Esteban.
Que quelqu'un... aide... Lucas..! pensé-je, l'esprit étourdi à cause du puissant sortilège.
Mais je réalise avec horreur que plus personne n'arrivait à bouger... Le juge, les journalistes, Rose.. Nous étions tous à terre, impuissants..
J'essaie, en vain, de me relever, tandis que du sang dégouline de mes lèvres à cause de mes efforts pour lutter.
- Arrêtez..!! gémit péniblement Rose alors que Maître Bruneaux commençait à descendre le pantalon de Lucas sans ménagement.
Moi, je n'arrive même plus à parler, à peine à respirer, et suis forcée de regarder cette déchirante agression, impuissante...
Lucas, lui, se démenait de toutes ses forces, pleurait, criait...
Mes larmes me montent aux yeux tandis qu'il se débat comme il peut, hurlant :
- Lâchez-moi..! Lâchez..moiiiii..!!
Mais Maître Bruneaux, pour notre plus grand malheur, n'en faisait rien.
- Ha ha ! Tu crois avoir trouvé quelqu'un qui t'aime ? se moque Maître Bruneaux en riant à gorge déployée.
- Laissez-moiii..!!! tente de se protéger Lucas.
- Tu crois vraiment qu'un être humain peut aimer un monstre comme toi !!? reprend Maître Bruneaux.
Et je crois devenir folle tant je sens la colère monter en moi et mes larmes manquer de couler.
J'ai envie de crier ma rage mais c'est comme si ma voix avait été scellée...
Il n'a pas le droit..!! Il n'a pas le droit de faire vivre cela à mon client !! Il n'a pas le droit de dire cela à Lucas !! m'énervé-je intérieurement, voyant trouble tant j'étais remontée et luttais contre le sortilège.
- Tu n'es qu'un déchet !!!! affirme Maître Bruneaux qui avait déjà dévêti le bas de Lucas.
- Nooon..! C'est..c'est..pas..v.. gémit Lucas, rouge de honte, en larmes.
- Ha ha ! Vas-y ! Essaye de te rattraper !! s'esclaffe l'avocat.
Des larmes débordent de mes yeux tandis que je mords ma lèvre inférieure tellement fort qu'elle en saigne..
Il n'avait pas le droit !!
Mon cœur se serra, un nerf lâche dans mon cerveau et je hurle de toutes mes forces en me relevant d'un bond malgré le haut niveau de magie de Maître Bruneaux et le sang dégoulinant de mes lèvres :
- LUCAS !!! NOOOON !!
Maître Bruneaux lève des yeux surpris vers moi tandis qu'il envoie valser Lucas sans ménagement à plusieurs mètres de là. Le pauvre tombe sur le sol, tête la première.
Je pleure tandis que ma bouche est tordue en un horrible rictus.
Quelle horrible et ridicule et incompétente avocate je fais..! me désolé-je en courant à toute vitesse vers mon client.
Cependant, Maître Bruneaux se met en travers de mon chemin et, hors de moi, aveuglée par la colère, je lui donne un violent coup de poing dans la figure comme j'avais toujours rêvé de le faire depuis un moment maintenant.
Il vole à une vingtaine de mètres et je ne regarde même pas où il atterrit.
Non.
Je me jette près de Lucas avant de le serrer fortement dans mes bras, bouleversée par ce qu'il venait de subir. Ce dernier, pleure à chaudes larmes dans mes bras, complètement terrifié et secoué de tremblements.
- Tout va bien... lui assuré-je d'une voix brisée mais si douce en le pressant tendrement contre moi. Tout va bien.. C'est fini... Je suis là... le rassurai-je du mieux que je peux, lui s'agrippe à moi de toutes ses forces, des cris de douleur lui échappant.
Je réponds à son étreinte tendrement tout en veillant à retirer soigneusement ma robe d'avocate afin de le recouvrir de celle-ci, de le protéger, et de cacher sa partielle nudité.
En entendant le terrible hurlement du juge, je me tourne et découvre que Maître Bruneaux, en furie, se dirige vers lui.
- Lucas, cachez-vous, j'arrive. lui promis-je en réalisant le danger encouru tout en résumant rapidement la situation à Thibault et Laëti.
- N-Non..! s'enquit celui-ci, apeuré.
- Je dois m'occuper de lui, il est trop dangereux. lui assuré-je, à la hâte tandis que je lisais dans ses émeraudes la peur, celle de me perdre.
Je dépose un bref baiser dans ses mèches brunes avant d'ajouter, tout bas, tendrement :
- Vivez. Pour moi. le supplié-je presque, émue.
Les lèvres du brun se séparent de stupeur tandis que je me retourne avec précipitation et me dirige vers Maître Bruneaux afin de le prendre par surprise.
Mes réserve de magie ont été drainées par notre téléportation pour arriver au procès et par tous les efforts que j'ai réalisé jusque-là.
Pour autant, je n'allais pas me défiler et continuer de me battre jusqu'au bout.
Je ne trouve plus des yeux Rose, mais je vais la protéger, elle, et toute l'assemblée, si je mets hors service la menace qu'est devenue Maître Bruneaux.
Cependant, ce que j'ignore c'est que Lucas, en proie à une crise de paniquer, ne peut s'empêcher de détaler en courant vers la sortie de la salle d'audience.
Quelques instants plus tard, avant qu'il ne l'atteigne, les grandes portes du tribunal s'ouvrent en grand sur une trentaine de policiers. Aussitôt, Maître Bruneaux se retourne et m'observe, fou de rage :
- Oh la p*te.
Mais le plus effrayant dans tout cela, le plus inquiétant, c'est qu'il pointe le canon de son arme derrière moi ; il me suffit d'une fraction de seconde pour réaliser qu'il vise en fait mon client que j'aime tant, celui que je me devais protéger, au péril de ma vie, s'il le fallait.
Je n'ai plus d'énergie magique, je n'ai plus de force, mais...
Dans un effort ultime, dans un sprint final vers la mort, je me dirige vers Lucas à la vitesse de l'éclair pour me jeter sur lui, le protégeant de mon propre corps.
Il tombe sur le ventre et n'est pas touché par la balle.
Je remarque avec surprise, sonnée, que je n'ai été qu'éraflée dans le dos, comme me le prouvent le sang tâchant ma chemise blanche.
Un instant, je suis soulagée, je suis rassurée.
{La Bohème, Charles Aznavour}
Mais mon cœur déjà bien abîmé se brise en mille morceaux lorsque je vois ma meilleure amie, mon amour, ma Rose, allongée sur le sol, baigner dans une marre de sang. . .
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