
Chapitre XXIV :
PRECEDEMMENT :
Le cliquetis de la porte résonne et celle-ci s'ouvre doucement. Je ferme les yeux un instant pour m'habituer à la lumière. L'instant d'après, la source de mes questions est en face de moi.
- Tu es vraiment perspicace. Remarque le docteur.
Je me mords les lèvres. Il a compris mon manège.
Je le regarde pris de court.
- Viens la salle est prête. Me dit-il en me laissant passer.
.....
Je sors de ma prison avec un sentiment bizarre. Il referme la porte derrière moi.
Pourquoi est-il venu à ma rencontre ? Il pose la main dans mon dos mais je m'écarte aussitôt.
Il ne relève pas.
Il avance, serein, et je ne peux que le suivre rempli de curiosité. Je suis certain que tenter de m'enfuir maintenant serait vain.
- Je vais te donner les réponses que tu attends. Siffle-t-il bizarrement.
- Pourquoi le feriez-vous ?
Il joint ses mains derrière son dos.
- Vois-tu je suis quelqu'un de particulièrement patient mais je comprends l'idée de ton père. Pour attaquer un nouveau chapitre, il faut le contexte du précédent.
Je le suis dans les couloirs immaculés. On tourne à droite et pourtant le couloir à l'air identique à l'ancien.
Je réfléchis à la question que je peux lui poser.
- En quoi me souvenir changera les choses ?
Il hoche la tête, pensant sûrement à la liste des possibilités que j'ai.
- Te souvenir ne changera pas grand chose à proprement parler. C'est plutôt ton comportement qui va changer. Et c'est ce comportement là qu'on veut pour le prochain chapitre.
Ils veulent un autre comportement. Alors l'hypothèse que les souvenirs vont altérer mon jugement se révèle exacte.
Nous continuons de marcher, et voyant qu'il ne cherche pas à m'en dissuader, je continue de poser des questions.
- En quoi consiste le nouveau chapitre ?
Il me regarde. Ses yeux sont remplis de malice.
- C'est justement tout le suspens.
Je grimace en voyant son expression.
- Pourquoi moi ?
Je regrette de ne pas l'avoir formuler d'une meilleure manière mais il hoche quand même de la tête.
- Tu étais le patient parfait.
Je fronce les sourcils.
- C'est tout ?
- C'est tout.
Il s'arrête devant une porte au fond du couloir.
- Quand vous m'avez dit que vous répondriez à toutes mes questions, je pensais à tort avoir plus de détails. Vous êtes bien évasif pour quelqu'un qui veut que je me souvienne.
Il pose sa main sur la poignée mais n'ouvre pas la porte.
- Je veux que tu te souviennes de ton passé, certes, cependant rien ne m'oblige à te détailler tout mon plan.
Il ouvre ensuite la porte, me laissant rentrer en premier. Je découvre une salle d'opération. La pièce est grande, et des chaînes sont encastrées dans l'un des murs. Deux lits d'opérations se trouvent au centre de la pièce avec le matériel adéquat, des outils et une chaise. Il y a aussi un cardioscope.
Je comprends ce qu'il essaie de faire mais la vue de cette salle ne me rappelle rien.
Il m'observe du coin de l'oeil. J'essaie de rester de marbre. La dernière chose que je veux, c'est qu'il m'analyse.
- Tu ne te souviens donc pas.
Ce n'était pas une question.
Il coche la case d'une liste imaginaire dans sa tête. Du moins, c'est ce que je me dis en le voyant acquiescer.
- Bien. Retournons dans ta chambre.
- C'est tout ?
Il ne prends pas la peine de me regarder quand il se dirige vers la sortie
Je le vois disparaître dans le couloir.
- Alors vous m'emmenez ici pour me faire voir une salle puis on repart comme si de rien était. Vous vous rendez compte de ce que vous faites au moins ? Sur des enfants qui plus est !
Je sors après lui mais il n'est plus là. À la place il y a un jeune garçon au sol. Il doit avoir une dizaine d'années tout au plus.
A mesure que je m'approche de lui, je le vois agoniser. Il s'étrangle avec son propre sang. Je n'ai pas le temps de réagir qu'il meurt.
Je suis là. Planté là sans avoir rien pu faire. J'aurais fait quoi ? Il était déjà presque mort quand je suis arrivé.
Presque.
Et puis comment le docteur a fait pour disparaître aussi vite ?
- Tous les jours quelqu'un va mourir. Jusqu'à que tu te souviennes.
Je me tourne vers le docteur. Il a les mains jointes dans le dos et regarde le corps sans vie, presque las.
- Vous êtes sérieux ? La vie n'est pas un jeu !
Il lève les yeux vers moi ces yeux pleins de malice et d'excitation.
- La vie est un outil qu'il faut apprendre à manier. En l'occurrence, aujourd'hui, je t'apprends que ta vie m'appartient et que c'est moi qui décide comment je la manie.
Je le regarde incrédule. Mes poings se ferment.
- J'essaie toujours la manière facile mais je remarque que c'est par la force qu'on obtient de bon résultats.
Je me rapproche de lui, bien décidé à lui montrer toute l'ampleur de ces propos.
- Vous ne connaissez même pas la valeur de la vie. Si cet homme était votre fils ou votre petit-fils, vous auriez compris que la vie a de la valeur.
Le docteur semble amusé par mon discours. Il fait signe à quelqu'un derrière moi d'approcher, ce qui m'empêche de le toucher.
William m'amène à ma cellule mais je ne le quitte pas des yeux. Cet homme, je jure de le tuer moi-même. Pour tous les gens qu'il a fait souffrir. Il fait tout ça pour que je me souvienne. Me souvenir de quoi au juste ? Qu'est-ce qui est plus important que la vie ?
Je le vois ouvrir un passage dans le mur. Je tourne ensuite la tête devant moi.
J'ai au moins ma réponse sur sa subite disparition.
Ce n'est pas un asile ici mais un lieu d'expériences, où des pièces et des couloirs sont même cachées dans les murs.
Décidemment je vais devoir me dépasser pour sortir d'ici.
.........
Le lendemain matin, je n'ai pas le temps de cogiter que je reçois une tête décapité en signe de réveil.
Je vomis presque en la voyant. Je détourne les yeux jusqu'à que William la récupère en me servant le repas.
Je fais un fuck à la caméra. Je me colle au coussin et j'essaie de penser à tout sauf à ça.
Je suis mort par ta faute.
Non, ce n'est pas moi qui t'ai tué.
.......
Willy m'ouvre la porte en évitant le nouveau mort gisant au sol. Il m'invite à sortir puis me dit qu'il a une urgence et que je connais le chemin. Il me laisse seul avec le corps mort au sol.
C'est un adolescent poignardé en plein coeur. Il est blond, maigre et le regard paniqué. Je lui ferme les yeux puis je reste focalisé sur le couteau planté dans sa poitrine.
Au même moment le médecin apparaît au bout du couloir. Mon sang ne fait qu'un tour. Je retire le couteau et cours vers le médecin. Je le vois marcher lentement. Je cache mon arme derrière mon dos.
- Docteur !
Il se tourne vers moi. Je plante le couteau dans sa jugulaire avant de compter jusqu'à trois, priant pour n'avoir aucun témoin. Son erreur a été de me laisser seul avec un couteau à portée de main.
C'est fini pour lui. Cette mort est pour toutes les personnes mortes par sa faute.
Ses yeux s'agrandissent de stupeur. Le sang gicle sur mes habits et mon visage.
Je tremble un peu et lâche le couteau. Il tombe au sol, le docteur aussi, essayant tant bien que mal de respirer. Il fait un bruit morbide avant que la lumière dans ses yeux s'éteignent. Ses membres arrêtent soudain de bouger, n'ayant qu'un ruisseau de sang au sol.
Je regarde l'arme au sol à présent pleine de sang.
Je l'ai fait.
Je l'ai tué.
Pourtant quelques choses se brisent en moi. Je ne ressens pas la satisfaction que j'aurais dû avoir.
Un bruit de reniflement résonne
Je sursaute et fait volte-face pour me convaincre que ce n'est pas un fantôme.
Ce n'est ni son fantôme, ni son cadavre. Ce n'est pas lui mais bien un inconnu.
Il me fixe de ses pupilles lavande clair et je me surprend à me trouver débile d'avoir penser à un fantôme, idiot réflexe de gamin.
Le jeune homme s'avance, le regard fixé sur le corps. Il a une prestance qui me fait rétrécir inconsciemment.
- Tu t'es fait avoir ! affirme-t-il en fixant le cadavre.
Mon coeur rate un bond.
*"*"*"*"*
Quel est le piège ?
Qui est la personne ?
Et ces fameux souvenirs c'est quoi à votre avis ?
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