
Les lions
Chris se demanda si c'était le bon moment pour aller lui parler. Non, c'était encore trop tôt, il risquerait de se faire recaler, une fois de plus. S'il voulait des informations, il fallait frapper au bon moment. Et il savait où chercher Maurice quand l'heure sera venue.
Il fit demi-tour et passa devant une affiche du cirque. Il avait complétement oublié le cirque !
Il regarda l'heure. Ce n'est pas non plus aujourd'hui qu'il irait voir le cirque. La journée a été longue et difficile. Il retournerait voir le cirque après une bonne nuit de sommeil.
***
Les premiers rayons de soleil entrèrent dans la chambre de Chris. Une nouvelle journée commença pour le jeune journaliste.
Une fois prêt, il se mit en route pour le bar. Mais une fois sur place, il ne vit pas Maurice. Sa fille était au bar, servant un café au vieil homme qu'il avait vu deux jours auparavant, discutant avec ses amis. Chris s'installa à coté du doyen. Si Maurice n'était pas là, son ami ou sa fille savaient peut-être quelque chose.
-Un café s'il vous plait.
Marine hocha la tête.
-Excusez-moi ? Vous savez ce qu'il s'est passé hier sur la place de la mairie ?
-L'accident ?
-Oui
- On ne sait pas vraiment ce qu'il s'est passé, mon père n'est pas sorti de la nuit, on a rien entendu.
-Vous voulez dire que la voiture a été volé ?
- Je ne vois pas d'autres explications. Les gendarmes disent qu'ils sont sur le coup. Je trouve ça vraiment bizarre comme affaire.
-Le plus étrange sont les dessins qu'on a trouvés près de l'accident.
-En effet...
-En 80 ans, c'est la première fois que je vois ça !
Marine servit le café à Chris. Il but une première gorgée.
-Mais bon, il n'y a pas eu de victimes, c'est déjà ça.
-Vous n'avez pas une petite idée de qui aurait pu voler la voiture ?
-Non, vous savez, ici, c'est très calme, on ne sait pas vraiment qui aurait voulu nous faire du mal, surtout en détruisant la voiture. Ce n'est pas comme Larry, il a absolument tout perdu.
-Vous croyez que ces deux événements sont liés ?
-Je ne sais pas. Avec tout le travail que j'ai au bar, je n'ai pas vraiment le temps de penser à tout ça, mais il y a des chances.
-Et votre père ? Il en pense quoi ?
-Il était furieux, je l'ai entendu cette nuit, il n'a pratiquement pas dormi, il tournait en rond dans le salon, je pense qu'il a du mal à digéré tout ça. Ce matin, je l'ai retrouvé complétement épuisé. Donc aujourd'hui, c'est moi qui m'occupe du bar.
Chris finit son café, paya et s'en alla. Il ne voulait pas trainer au bar. Il s'en alla vers le cirque. Il avait besoin de se changer les idées.
***
Au cirque, la panique était totale. Tout le monde courait, tout le monde criait. Chris arrêta un homme dans sa course.
-Qu'est-ce qu'il se passe.
-Les lions se sont échappé cette nuit ! Répondit l'homme complétement affolé.
Chris se dirigea vers la ménagerie. Il vit une foule autour d'une cage. Le jeune homme s'approcha à son tour. La porte de la cage était grande ouverte.
-Il s'est passé quoi exactement ?
-Quelqu'un est venu ouvrir la cage des lions. Répondit un homme.
Chris eut un haut-le-cœur en entendant les paroles de l'homme qui semblait être le dompteur des fauves.
-Et vous avez besoin d'aide pour les retrouver ?
-Il y a déjà une vingtaine d'hommes qui ratissent la ville et la campagne et le village. Je suis désolé, mais je ne peux pas laisser n'importe qui risquer sa vie face à ces fauves.
Le talkie-walkie de l'homme se mit à sonner avant de laisser entendre la voix d'un autre homme :
-Claudio, on en a retrouvé un ! Près de la rivière, au pont du Petit Près !
-J'arrive ! Envoie une fléchette paralysante !
-Comment ça, une fléchette paralysante ?
-Attend, t'es partit sans le fusil ? répondit Claudio, sentant la colère monter en lui.
-Non... répondit l'homme avec une petite voix.
-Comment ça « non » ? Tu vas me dire que t'es partit à la recherche de lions sans fusil, ni fléchette ? Mais tu te rends compte de...
-Ecoute, pour l'instant, il a l'air de dormir...
Claudio inspira une grande goulée d'air et tenta de se calmer.
-Bon, j'arrive. Surtout tu gardes tes distances, et si jamais il bouge, tu me préviens tout de suite !
- Ok. J'appelle Yann pour qu'il nous rejoigne avec la camionnette. Ramène quelqu'un avec toi, je pense qu'on aura besoin d'aide.
-Mais enfin, tout le monde est déjà à la recherche des lions. Qui est-ce que tu veux que je prenne ?
-Je sais pas, tu prends quelqu'un, il doit bien y avoir quelqu'un au cirque qui sait comment s'y prendre !
Claudio rangea son talkie-walkie, il réfléchit longuement en regardant Chris. Pouvait-il lui faire confiance ?
-Bon... Vous voulez vous rendre utile ?
***
Chris et Claudio arrivèrent près de la rivière. Un lion était allongé sous un arbre, baillant tranquillement.
-Voilà comment on va s'organiser. Je vais lui tirer une fléchette. Quand je vous le dirais, on ira attacher le lion avec ces cordes et on le montera dans la camionnette de Yann.
Chris ne décrocha pas un mot. Claudio prit le fusil, le porta à son œil, visa, et appuya sur la détente. Quelques minutes plus tard, Claudio fit signe au journaliste de s'approcher. Ensemble, ils attachèrent les pattes de l'animal. Ensuite, les deux hommes, aidés de Yann, soulevèrent le fauve et l'installèrent à l'arrière de la camionnette.
Le talkie-walkie de Claudio sonna à nouveau.
-ça y est. On en a trouvé un autre à la sortie du village, tout est sous contrôle, on attend Yann.
-Très bien, on va déposer notre lion au cirque et il arrive.
-Toujours pas de nouvelles du dernier lion ?
-Non, toujours pas.
Claudio avait prononcé cette dernière phrase avec une certaine anxiété dans la voix.
Dans le village, en passant devant le square, les trois hommes entendirent des cris. Ils s'arrêtèrent à l'entrée du parc. Une mère et son fils reculaient lentement, ils étaient face à un lion, grognant. Chris, sans hésiter, prit le fusil de Claudio, le chargea d'une fléchette et sortit de la camionnette.
-Qu'est-ce que vous faites ? S'écria le dompteur, en attrapant son bras.
-Je vais arrêter ce lion.
-Non ! Vous n'êtes pas habiliter pour ce genre de manœuvre, laissez-moi faire !
Mais Chris ne prit pas le temps de l'écouter et entra dans le parc et se plaça entre le lion, la mère et l'enfant. Le lion émit un nouveau grognement. Chris porta le fusil à son œil, visa, mais n'eut pas le temps de tirer. Le lion se jeta sur lui et d'un coup de patte le balança en arrière. Chris fut sonné. Il regarda son bras, ensanglanté. Il poussa un cri de douleur. Il tenta de rattraper le fusil qui avait glissé à sa droite. Le lion s'approcha doucement, arriva au niveau des jambes du journaliste qui se tenait immobile et allongé. Le félin se mit à sentir ses pieds et continua sa marche.
Claudio regardait avec effroi la scène. Il n'avait pas voulu réagir une fois qu'il avait vu l'homme sortir de la camionnette. Il devait être très têtu et il ne voulait pas insister et prendre le risque que le lion s'agite en voyant les deux hommes se disputaient. Mais maintenant, il regrettait de ne pas avoir réagit lus vite. Chris venait d'être balancé en arrière par le lion. Il sortit du véhicule. S'avança vers le lion. Il tenta de ramasser l'arme. Chris ne bougeait pas. Enfin, Claudio tira. Le lion s'immobilisa, puis s'effondra sur Chris. Il poussa un cri de douleur. Yann, qui était aussi sorti du véhicule, aida le dompteur à dégager le fauve. Ils installèrent Chris dans la voiture, qui se tordait toujours de douleur sur son bras.
Une fois arrivé au cirque, les deux lions furent remis dans leur cage. Claudio et Yann amenèrent le journaliste sous le chapiteau. Une trousse de secours fut amenée.
Chris perdit connaissance.
***
Quand Chris se réveilla, il était allongé sur un lit, dans une caravane, c'était l'infirmerie du cirque. Claudio était à côté de lui. Il s'assied et reprit ses esprits.
-J'ai perdu connaissance pendant combien de temps ?
- Plus 3 heures.
Le jeune homme regarda son bras, enroulé dans un bandage.
-La blessure n'est que superficielle, dans quelques jours, on pourra vous enlever ce bandage. Vous avez eu beaucoup de chance que le lion n'est pas enfoncé ses griffes plus profondément ! Il aurait pu vous arracher le bras.
Un verre d'eau était posé sur un tabouret, à coté du lit. Chris en avala une gorgée avant de répondre à Claudio :
-Vous savez qui a ouvert la cage ?
-Non, aucune idée. Si vous voulez mon avis, la libération des lions a un rapport avec les événements d'hier.
-Vous croyez ?
-Je n'en sais rien. Mais c'est quand même bizarre ce qu'il se passe en ce moment.
Chris devait absolument découvrir ce qu'il se passait dans ce village. Mais quel était l'intérêt de saboter une vidéothèque, deux voitures et libérer trois lions ? Le mystère était entier et Chris comptais bien le percer.
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