Chào các bạn! Vì nhiều lý do từ nay Truyen2U chính thức đổi tên là Truyen247.Pro. Mong các bạn tiếp tục ủng hộ truy cập tên miền mới này nhé! Mãi yêu... ♥

4 - Impression

Contrairement à ce que j'avais craint, ma nuit fut calme
Pas de bruit de pas, de choses invisibles qui s'assoient sur mon lit, ni de cadavres qui sortent de leurs tombes...
Rien. Hormis un étrange rêve. Deux enfants habillés à la mode des années soixante, soixante-dix qui jouent autour d'un arbre. Au réveil, leurs silhouettes sont devenues flou dans ma mémoire mais je me rappelle sans peine la nostalgie et l'apaisement que j'ai alors ressenti.


Aujourd'hui, c'est déballage des cartons.
On ouvre, on tri et on met nos affaires à leurs nouvelles places.
Ça nous prend une bonne partie de la matinée et ça aurait continué si ma mère n'avait pas eu la soudaine, et génial, idée d'aller faire quelques courses afin de remplir le frigo et nous épargner de nouveaux sandwichs.
A savoir qu'on est samedi et je doute qu'ici les magasins soient ouverts le dimanche...
Donc ma mère est partie avec Alix pour faire des courses et papa nous a gentiment proposé de faire une pause.
Jamais je n'avais pensé qu'un déménagement soit si fatiguant. Éreinté, je me laisse tomber sur les marches du parvis.

– Je vais vous chercher à boire, fait mon père en rentrant dans la maison.

– Moi, je vais faire un tour, répond Jo alors qu'il est déjà parti. Elle craint trop cette maison.

Je le regarde s'éloigner sans même chercher à le retenir. Je suis bien quand il n'est pas là.
Je me retrouve seul avec Laura qui vient, comme par hasard, s'asseoir à côté de moi.

– Pourquoi tu viens là ? Lancé-je agacé. T'as pas assez place ? Va plus loin.

– Pourquoi ?

Je suis presque surprit qu'elle sache parler, bien que sa voix soit faible et tremblante. Je crois que c'est la première fois que je l'entends.

– Laisse moi tranquille, c'est tout.

Son sourire s'efface alors.

– Tu... aimes pas ?

– Non... T'es trop bizarre. Va plus loin.

Une vague de remords m'envahit quand je vois, à ses yeux, que je l'ai touché. Elle va quand même pas pleurer ?
Laura se relève lentement tout en regardant au loin, puis elle me lance un dernier regard où je vois des larmes envahir ses yeux. Elle me fixe sans un mot avant de partir vers le verger.
Je me lève, honteux. Je sais que je devrais la retenir, m'excuser mais je n'y arrive pas.
Je suis nul. Un vrai naze...
Je descends les marches alors que Laura entre déjà dans le verger à l'abandon. Je suis bien décidé à la suivre mais soudain la peur m'envahit. Une peur violente, viscérale.
Je me fige, le regard braqué sur l'arbre à la balançoire.
Mon rêve de cette nuit vient de me revenir en pleine face. J'ai rêvé de cet arbre, mais il était différent, moins lugubre, moins menaçant...
Je frémis puis je remarque que je ne vois plus Laura qui s'est enfoncée dans le verger. J'hésite mais la peur est plus forte, alors je rentre.

– Tu ne restes pas dehors ? Me demande mon père alors qu'on se croise dans le hall.

– Non, puis Jo et Laura sont partis en ballade...

Mon père s'arrête. Il nous avait préparé un plateau avec des jus de fruit et des gâteaux. J'ai de la peine pour lui, il se donne du mal mais ça ne sert à rien. Cette famille n'en vaut pas la peine.
Je remonte dans ma chambre en pressant le pas. Vide, la maison est encore plus flippante.
Par réflexe, j'allume mon ordinateur avant de me rappeler qu'on a toujours pas internet. Je soupire avant de m'emparer d'une BD et de me vautrer sur mon lit.



Ma mère rentre pile quand je termine ma lecture. D'ailleurs je n'ai plus rien à lire, j'espère qu'elle m'a prit un truc ou au moins qu'il y a une librairie au village. Rien n'est moins sûr...
Je descends rapidement les escaliers pour aller aux nouvelles. Alors que j'arrive au premier, un courant d'air glacial me fait frissonner. La chaudière s'est encore arrêtée ?
J'arrive au rez-de-chaussée en même temps que ma mère et Alix. A la tête de cette dernière, je comprends que le village l'a plus que déçu.
Mon père arrive aussi dans le hall. C'est presque une réunion de famille.

– La chaudière est coupée ? Demandé-je alors qu'il passe à côté de moi.

– Non, je viens d'aller la vérifier, elle tient à peu près les vingts degrés, répond mon père. T'as
froid ?

Je secoue la tête, oubliant aussitôt ce courant d'air glacial.

– C'était naze, soupire Alix alors que notre mère entre dans la cuisine.

Elle porte un petit sac, il faut croire que l'épicerie du coin ne propose pas beaucoup de choix.

– Y a quoi en ville ? Demandé-je curieux.

– Tu peux même pas appeler ça une ville, on dirait une reconstitution d'un village d'avant
guerre. Les boutiques les plus grandes font la taille de ma chambre et les filles sont toutes l'arche-type de la bonne paysanne.

J'entends un rire et je remarque que Jo est aussi rentré. Ce qui n'est pas le cas de Laura, sinon elle serait ici avec nous. J'espère qu'elle s'est pas perdue dans le verger ? A coup sûr, on va dire que c'est ma faute...

– Y a une librairie ? M'inquiétai-je.

Alix a un petit rire guère encourageant.

– C'est bien trop moderne, rigole t'elle. En tout, il y a un magasin de brocante, une quincaillerie, un truc pour les machines agricoles qui fait aussi office de garage, une épicerie, une boulangerie, une bibliothèque municipale et la mairie. Voilà, t'as fait le tour du village.

Génial...

– C'est vraiment le trou le plus paumé de France, se marre Jo.

Je n'ai rien à ajouter, il a tout dit. Résigné, je me tourne vers la fenêtre donnant sur le parvis, cette vue risque d'être ma seule distraction durant un bon moment...
Sans savoir pourquoi, je me crispe en voyant Laura faire de la balançoire. Elle a l'air de bien s'amuser mais la peur est revenue en moi.
C'est idiot d'avoir peur d'un arbre mais je n'y peux rien. C'est trop profond, comme un instinct...
Mon père sort alors et je le regarde marcher vers Laura. Il lui dit quelque chose puis la pousse. Une pointe de jalousie me traverse. C'est irrationnel, mon père ne lui accorde pas plus d'attention qu'à moi, mais je n'aime pas ça... Je voudrais avoir une meilleure relation avec lui, une vraie relation père-fils.
Soudain ils arrêtent de jouer et prennent la direction de la maison. Je n'ai aucune envie qu'ils me voient en train de les épier et je m'empresse de me retourner mais c'est alors que Laura se tourne et salue l'arbre de la main.
Surprit, je me penche sur la vitre. Il n'y a personne, pourquoi elle fait ça ?

– Thomas, viens m'aider.

Je réprime un sursaut en entendant ma mère et je me retourne pour constater qu'Alix et Jo sont partis, je me retrouve donc de corvées. La barbe, ça tombe toujours sur moi !



L'avantage d'avoir si peu de choix, c'est qu'on a peu de choses à ranger. On termine rapidement mais ma mère trouve d'autres tâches à effectuer.
L'après-midi est consacrée au nettoyage du premier étage et on est tous réquisitionné. A plusieurs reprise, j'ai la désagréable impression qu'on m'épie, surtout au niveau des escaliers, mais il n'y a rien.
J'ai l'impression que cette maison me rend fou...
Pour la énième fois, et j'espère dernière fois, on mange des sandwichs mais pour changer on dîne chacun dans notre coin. Ainsi je mange dans ma chambre, soulagé d'échapper pour un soir aux beuglantes conversations des miens.
La nuit tombe doucement et je m'ennuie. Je fouille dans mon ordinateur pour trouver un film sympa à regarder mais hormis des trucs gores ou de zombies, j'ai peu de choix. N'ayant pas envie de faire des cauchemars, je me résigne à aller voir ce qu'il y a de disponible dans la grande collection de dvd de ma mère. Plongé dans la pénombre, le hall est vraiment inquiétant. J'allume toutes les lumières sur mon passage et je serre ma lampe torche contre moi, je comprends mieux mon père tout à coup.
Je trifouille et je finis par arrêter mon choix sur une comédie romantique dont raffole tant ma mère. C'est pas vraiment mon style mais j'espère que ça me détendra assez pour m'assurer un bon sommeil.
Je m'empresse de remonter dans ma chambre et de lancer le film. Dans mon casque, je mets le son à fond pour me couper du reste du monde.
L'histoire est basique. Une fille qui débarque, comme par hasard, dans une nouvelle ville où elle devient la risée avant de se faire repérer par le mec le plus populaire mais en même temps il y a ce type ténébreux qui a été son premier ami, et elle doit choisir. La popularité ou l'indifférence. La lumière ou l'ombre.
Comme si on pouvait vraiment choisir...
Non, en réalité, on nous colle une étiquette puis on fait avec toute sa vie. Un nul reste un nul, un fou reste un fou...



Pour une fois, je suis content que l'électricité se coupe et m'épargne la fin de ce film décevant. J'allume ma lampe de poche, c'est une bonne idée de la garder toujours sur moi, puis je vais me mettre en pyjama.
Quand la lumière revient, j'éteins mon ordinateur et je vais me mettre au lit. Je n'ai rien à lire donc j'attends simplement que le sommeil vienne.
Demain sera mon dernier jour avant d'intégrer ma nouvelle école. Je n'ai jamais vraiment aimé les cours et débarquer dans une classe en plein mois d'octobre me paraît tout sauf une bonne idée. Puis les gens d'ici doivent se suivre depuis la maternelle, sinon plus tôt encore, j'ai peur de ne pas réussir à m'intégrer, moi le type de la ville...
Je chasse ces pensées, j'ai toute la journée de demain pour les ruminer.
Je m'endors sans même m'en rendre compte.
A nouveau, je rêve d'enfants jouant autour de l'arbre mais soudain le noir envahit mes songes et je me retrouve à tourner autour du tronc. J'entends un enfant pleurer. Je tourne, je le cherche mais je ne vois personne.
Peut-être qu'il n'y a vraiment personne ?
Peut-être que c'est invisible ?
Fantomatique...


Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro