Le lendemain, en se réveillant, il trouva Archibald endormi sur la table, enveloppé dans une couverture. Rémi le secoua. L'étranger ferma la bouche, ouvrit les yeux, se redressa et fixa le garçon.
‑ Je sais pourquoi tu me comprends aussi bien. C'est une question de survie. Tu t'es retrouvé seul, sans aide, il fallait que tu te débrouilles et que tu fasses face aux dangers sans rien entendre. Alors, même inconsciemment, tu as appris à lire sur les lèvres avec beaucoup de précisions.
Rémi haussa les épaules.
‑ Oui, tu t'en fiches. Dis-moi, est-ce que tu sais te battre ?
Le garçon oscilla sa main devant lui.
‑ A peu près, hein ? Bah, ça aussi, ça s'apprend.
L'étranger se leva et s'étira avec une grimace.
‑ Qu'est-ce que tu dirais de m'accompagner sur les routes pour me protéger ?
Rémi haussa les sourcils.
« ‑ Pourquoi ? »
‑ Parce que tu m'as dit que tu voulais partir.
« ‑ Pourquoi moi ? »
Le visage d'Archibald se tinta d'une certaine mélancolie.
‑ Parce que tu as l'âge de mon fils.
Il mit ses mains sur les épaules du garçon.
‑ Je vais te sortir de là, je ne t'abandonnerais jamais. Tu m'entends ? Jamais. Je te le promets.
Il se redressa, toute joie retrouvée.
‑ Allons t'acheter des affaires, tu ne peux pas m'accompagner dans cette tenue !
Le garçon serra les lèvres et hocha la tête. Il se sentait tout bizarre, peut-être qu'il avait toujours voulu entendre les paroles qu'Archibald venait de prononcer.
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