12 : Casper (1/3)
« - Allez bordel ! Doux-dingue ! Dit-lui qu'on est prêt ! Pestait Tégos dans sa machine.
- Reste en position Etna ! Fit calmement Maximilien pour la énième fois.
- Tu commences à me gonfler sévère, rajouta son compère, on ira quand on nous le dira, pas avant. On risque de foutre le bordel dans toute l'organisation. Mais si tu veux crever, je peux arranger ça.
- Essaye un peu pour voir.
- Fermez-là ou on va manquer le signal ! commenta Manuel.
- Ça fait cinq heures que ce signal aurait dû être donné. »
Les cinq machines attendaient, assises dans leur camion au milieu d'autres de toutes sortes. Des chars, des transports de troupes blindés, des camions, des transporteurs d'AMC... tous étaient statiques au milieu du désert. Au loin les bruits des combats signalaient que celui-ci était particulièrement violent. Les ADAV à la croix rouge ne cessaient les allers-retours...
Manuel ne regretta pas le choix de ce surnom pour la guerrière au tempérament explosif. Elle pestait depuis le début de l'opération. Mais les ordres étaient de rester en retrait. Il interrogea l'opérateur radar.
« - Friedrich ? Qu'est-ce que ça donne ? »
*
Dans la base, en face de ses écrans représentant différents points de vue et un radar, l'opérateur aux rastas se roulait une nouvelle cigarette. Il releva à peine le visage en entendant la question.
« - Ça se passe... On leurs mets des coups, ils nous les rendent. Rien de plus qu'une grosse boucherie inutile : le reste des forces adverses ne bougent pas. En fait, on n'avance pas assez vite pour menacer leurs positions. Oh ? Attends, j'ai l'impression qu'Alfa a des problèmes. Dites plus rien, je vais essayer d'en savoir plus. »
De manière totalement anodine, Friedrich retira l'écouteur de gauche. Devant lui, l'opérateur de la force d'Alpha retirait son casque les larmes aux yeux. Le capitaine du groupe Topaze se passa la main dans les cheveux. Avant de s'appuyer sur la carte centrale. Représentées de manière holographique, les forces engagées étaient représentées sur la carte. Avec dépit, il entra des commandes au clavier.
Sur la carte, le symbole des AMC d'une ville disparut, ainsi que l'un des chars. En revanche, quatre sarbacks apparurent avec un autre engin ressemblant à une chenille. Peu après, il balaya la carte du regard avant de poser ses yeux sur l'emplacement du dernier groupe d'intervention.
D'un pas décidé, le Capitaine se dirigea vers Friedrich. L'opérateur prit sa cigarette et la mit à la bouche.
*
« - Ok, Ici Friedrich, on passe aux choses sérieuses. Les satellites ont mal quantifié les troupes présentes dans la zone d'Alfa. Donc, on vous y envoi en soutien.
- Génial. C'est pas trop tôt, commenta la chimère.
- Ouais... si tu le dis... Tu vas vite déchanter ma poule : Vous êtes les seuls qu'on envoi dans le merdier. Le reste de la force reste en place. En face, y'a des transports de troupes, et des sarbacks.
- Quoi ? C'est une blague ? coupa Aquil.
- Nan, vous êtes là-bas pour faire diversion afin que les troupes évacuent.
- Vous voulez dire que nous sommes juste des pions sacrifiables ? S'offusqua Jugo. Quel est le connard qui est responsable de ce choix.
- Silence tout le monde. » Coupa Manuel avant de continuer après quelques secondes : « Fantasy Circus en mouvement ! Oneshot ! Le plus vite possible, dépose-nous dans les cinq cent mètres avant le village... »
Le camion commença à bouger vers le sud, puis prit de plus en plus de vitesse.
« ... les mecs là-bas comptent sur nous. Twister, avec moi, le reste, vous avancez sans prendre de risques. Arlequin, tu gères l'autre groupe.
- Bien reçu Doux-dingue, confirma Aquil.
- Gnagnagna. » Singea Tégos.
*
L'avantage avec un opérateur attitré était la rapidité des informations qui étaient transmises. Les différents pilotes n'avaient plus à chercher sur une carte par où passer, les infos étaient directes... pour peu que l'opérateur soit bon.
« - Fantasy Circus, ici Friedrich, je vous mets en relation avec le capitaine du deux cent cinquantième régiment d'infanterie qui gère les force là-bas. Indicatif Bulldog. Je passe discussion standard.
- Friedrich, ici Doux-dingue, on fait pareil...
- Ici Bulldog ! Qu'est-ce que vous foutez ? Criait un homme dans le casque des différents pilotes. Sa voix était en partie couverte par les bruits de combats. Explosions, tirs d'armes automatiques et de roquettes, les hommes se battaient avec tout ce qu'ils pouvaient. On a besoin de vous maintenant !
- Bulldog, Ici Doux-dingue de la Fantasy Circus, on est en route ! Quelle est la situation ?
- Qu'est-ce que vous croyez ? Qu'ils nous invitent au casse-croûte ? Nous sommes retranchés dans le village, le groupe d'AMC a été anéanti sauf un sniper, mais sa radio est HS : il ne peut qu'émettre. Il nous reste cinq chars, placés à des points particuliers du village ! Grouill... »
La discussion fut interrompue par le bruit d'une nouvelle explosion, avant que l'interlocuteur ne poursuive : « Démerdez-vous comme vous voulez, mais grouillez-vous ou l'on va tous y passer.
- Fantasy Circus, ici Friedrich, y'a un blème : je n'ai aucune trace du sniper en AMC. Aucun transpondeur d'actif, aucune trace radar, ni même sur le spectrométrique. Je vais poser quelques questions... Et je... Merde, forces adverses à soixante mètres droit devant vous. » le ton était totalement neutre, contrairement à l'urgence de la situation.
Le camion freina brusquement. Les cinq armures en descendirent précipitamment. Elles n'avaient pas encore touché le sable que leurs cartes s'éclairèrent des contacts ennemis de l'autre coté de la dune.
*
Dans le navire de commandement Silridriss, le général Themta, souriait en regardant la carte. Son prédécesseur était de la vieille école : l'attaque en force. Un erreur selon lui, pour être efficace, la rapidité d'intervention privilégiait sur la quantité de troupes engagées. Dés le début de l'attaque, Les mises en gardes du Seigneur Arsear lui étaient revenues en mémoire : ''Ne jamais croire ce que l'on voit au premier abord''. Il avait donc tout de suite flairé le piège. Pour contrer l'attaque des esclaves, il avait laissé en place les troupes présentes, et lançaient des renforts par l'intermédiaire de petits portails aux endroits voulus. Selon lui, les esclaves savaient pertinemment qu'ils n'avançaient pas assez vite. Mais il continuait à les ralentir au maximum pour maximiser leurs pertes le temps de comprendre leurs objectifs. Ils avaient même été stoppé dans un village. D'après les rapports, les pertes étaient lourdes, dans les deux camps. Mais la plupart des véhicules roulant sur des espèce de tapis, et tout leurs marcheurs avaient été éliminés. Ce n'était qu'une question de temps avant que les transports de troupes n'atteignent le village, et ne le nettoie par l'épée. Les esclaves avaient envoyés un tout petit détachement pour les épauler. Pour les contrer, il avait envoyé un détachement de sarback deux fois plus nombreux. Pour le moment, il regardait le petit groupe que la Fantasy Circus avait quitté tout en s'interrogeant : Mais qu'est-ce qu'ils attendent ? Il y a certainement une raison à leur présence, à leur attente.
« - Général, interrompit son assistant, je viens de recevoir le rapport de la force d'interception.
- Déjà ? Parfait, classe-le.
- Euh... nos sarbacks ont été vaincus.
- Quoi ? Comment est-ce possible ?
- Leur dernier rapport faisait référence... aux démons d'Alikaross. »
A la mention des horribles machines de guerre humaines, qui leur avait infligé un revers mémorable dans l'une de leurs arènes, l'équipe staff autour du général fit silence. Il ne résonna bientôt plus un bruit dans la pièce de laiton tandis que le général réfléchissait.
« - Est-on sûr de l'information ?
- Deux sphères les ont vus, accompagnés de trois autres engins.
- Envoyez quatre tarantas et un croiseur pour les contenir. Forcez la position qu'ils cherchent à prendre. Contactez le Seigneur Arsear. Que le reste des troupes reste en alerte. »
*
« - Fantasy Circus, ici Friedrich, ça se corse pour Bulldog. Des tarantas sont en approche. Vous n'êtes pas loin, mais pas d'imprudence les gars, ils sont nombreux en face. Le sniper restant a pour indicatif Casper. Je vais demander du soutien... »
Dans sa machine, Manuel voyait les sables du désert défiler à toute vitesse sous ses pieds. Fernand suivait à une vitesse proche, le camion transportant le reste de l'escadron avançait un peu plus lentement. Un observateur extérieur aurait cru que les deux berserkers frôlaient à peine le sable tant les mouvements étaient rapides.
La petite escarmouche les avait surpris, mais le combat avait rapidement tourné en leur faveur. Tous étaient bien conscients, que désormais leur présence était avérée, et que les deux prototypes avaient été vus.
Dans sa machine, Manuel stressait. Il était bien conscient que là, c'était un champ de bataille, pas une simulation, ni une petite escarmouche. Si une seule erreur était commise, il y aurait un mort... et c'était à lui que l'on avait confié le commandement de cette petite unité. L'idée de perdre une personne sous son commandement, en simulation, ça passe. Mais dans la réalité, il se battait avec des frères d'armes, des amis, l'idée d'en perdre un seul ne lui convenait pas du tout.
Je me demande bien comment Marilyn faisait pour supporter tout cela.
« C'est une bonne question, répondit Ego, j'ai l'impression que je peux perdre une partie de moi à tout moment ... »
C'est le sentiment que cela me laisse aussi...
« - Euh... concernant ce ''Casper'' j'ai fait quelques recherches... »
Comment cela ?
« - Si tu as un doute, tu t'interroges. Si tu t'interroges, tu m'interroges. Et si tu m'interroges, je vais chercher la réponse. Logique. » Expliqua le loup.
Je t'écoute.
« - Accroche toi bien : Casper n'apparaît dans le listing d'aucun escadron d'AMC de toute la force africaine. »
Et merde... Silridriss ? Chimère ?
« - Aucune idée, je ne peux que te conseiller d'être très prudent avec le personnage ou ce qu'il dit. »
Ok, on approche de la zone de combat, envoi la musique.
Les sons d'une musique arabisante frappèrent les oreilles de Manuel tandis que le village face à lui était pilonné de toutes parts par les forces Silridriss. Les sarbacks étaient éparpillés et avançaient parmi les épaves de leurs frères, des armures humaines ou encore des chars d'assauts. À quelques kilomètres, quatre formes facilement reconnaissables avançaient.
La main gauche de Manuel alla chercher son pistolet, la droite, l'épée. Avant de se lancer dans la mêlée.
« - Bulldog, ici Fantasy Circus, on engage, Arlequin, sécurise le village.
- Fantasy Circus, ici Bulldog, Pas fâché de vous voir enfin.
- Ici Casper, Enfin des renforts ! Fit une voix claire, ça commençait à devenir intenable. Si les nouveaux venus écoutent, je m'occupe des tarantas, engagez le reste !
- Casper, ici Doux-dingue. N'engagez rien, les tarantas sont trop solides pour que vous vous en occupiez seuls.
- Doux-dingue, ici Friedrich, j'ai une autorisation pour faire cracher l'artillerie, et je n'ai trace de Casper nulle part. Probablement un agent Silridriss. Confirmez.
- Négatif Friedrich, corrigea le responsable des soldats coincés dans le village. Depuis le début, il empêche ces enfoirés de nous atteindre. »
Manuel n'écoutait qu'à moitié : il venait d'écraser un adversaire avec le poids de sa propre machine, un second l'avait rejoins et il venait tout juste de vaporiser son cockpit. Trois tirs frappèrent le bouclier de son aile gauche. Il esquiva le quatrième avant de se lancer vers le prochain ennemi.
« - Nom de... je rêve ? Commença Ego.
Quoi ?
« - Un taranta au sol ! »
En pleine bataille, Manuel risqua un regard vers les immenses plates-formes de combat Silridriss, l'une d'entre-elles était écroulée au sol, fumante, inerte.
*
« - Voilà vous savez tout. Vous êtes celui qui en sais le plus sur les démons d'Alikaross. Avez-vous des suggestions à me faire ? » Demanda le général Themta.
Devant lui, sur un de ces écrans orangés, Arsear réfléchissait.
« - Repliez-vous.
- Pardon ?
- Pour commencer nous n'avons pas assez de Kalieks pour mener deux opérations de front. Et vous n'avez pas ce qu'il faut pour stopper ces deux soldats. Vous devez les éloigner le plus possible pour que je puisse capturer Sleipnir. Ensuite, ce ne sera qu'une question de temps avant de reprendre ce qui a été perdu.
- Selon vous, jusqu'où devrais-je les laisser pénétrer notre ligne ?
- Laissez-les passer le portail, nous auront l'avantage de l'autre coté.
- Je refuse. Ce serait un aveux de faiblesse.
- Non, c'est réagir comme eux. Esquiver les points durs, frapper les points faibles. C'est ce qu'ils font depuis le début. De plus, ils ne s'attendront certainement pas à ce type de manœuvre.
- C'est une hérésie.
- Non plus, c'est une stratégie. Vous me demandez mon avis, je vous le donne. Maintenant, c'est à vous de prendre une décision, cette discussion n'a plus de raison d'être. Le choix est vôtre général. »
*
Assis à son bureau, Arsear coupa la connexion. Face à lui, Rig-rid s'inquiétait, son visage était explicite. Le Silridriss ne dit rien quelques instant avant de lui demander :
« - Peuvent-ils vaincre ?
- Si le combat perdure trop, ils arriveront à cours d'Erapha. Et ils tomberont entre les mains du général.
- Bien, prépare les Kalieks. On va bouger. Osrak, contacte toute la quatrième flotte, on part. Berik, je veux une inspection complète du navire. Il doit être totalement opérationnel avant notre départ... »
Rig-rid sortait quand elle entendit le Seigneur Arsear déclarer :
« Non, nous n'allons pas au front. Enfin... pas directement, nous allons frapper directement chez eux. Nous allons chercher Sleipnir. »
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