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XI

-Bordel de merde, Jin.

Le dénommé ferma les yeux, frissonnant de froid alors que la jeune femme ouvrait encore un peu plus la porte. Il s'engouffra dans le minuscule appartement surchargé et Hyoyeon se tourna vers lui.

-Tu as une tête à faire peur. T'as l'air à deux doigts de faire une grosse connerie, donc tu vas poser ton cul sur ce siège et je vais te préparer un verre de whisky.

-Je n'aime pas le whisky...

-Je m'en fous.

Finalement il n'était pas mort, comme si une vulgaire étincelle ridicule avait encore brillé au fond de lui. Une étincelle à la con qui l'avait fait appuyer sur le contact de sa collègue de travail.

Ex-collègue.

Il fit quelques pas dans le minuscule studio surchargé et se laissa tomber sur l'unique chaise bancale alors qu'elle lui tendait un verre au fond rempli d'un liquide ambré.

-Cul sec.

Jin ne se fit pas prier et s'arracha une grimace de dégoût quand il lui fallut déglutir le liquide.

Sa gorge le brûla affreusement, lui arrachant un frisson désagréable qui électrisa tout son corps.

Hyoyeon tira ce qui lui servait de table basse et s'assit dessus face à lui.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-C'est compliqué...

-Fais pas ta mijaurée et balance tout. Tu t'es disputé avec ton mec ?

Jin allait répondre mais son cerveau, pas encore court-circuité par l'alcool, tilta sur ce détail et il écarquilla les yeux.

-Co...comment ?

-Ça fait un moment que je le sais, mais ce n'est pas important, on en parlera après. Alors ? Insista-t-elle.

-Je... comment ça s'est passé après mon départ ? Demanda-t-il évasivement.

Il crut un instant qu'elle allait l'insulter et le forcer à cracher le morceau mais elle sembla comprendre son moment de lâcheté, après tout, lui comme elle savait que le moment de tout raconter serait inévitable, alors que ce soit maintenant ou dans quelques minutes qu'est-ce que ça changeait au final ?

Elle répondit spontanément :

-Ça a été le bordel. Mais un beau bordel comme on en a rarement vu. Le manageur en chef était furax, j'ai cru que le manageur Lee allait faire une syncope. Ils n'arrivaient pas à arrêter nos applaudissements.

-Vos applaudissements ? Répéta-t-il, incrédule alors qu'elle lui remplissait à nouveau son verre.

-Évidemment après un discours pareil, fallait t'applaudir comme il se doit ! Après une fille de la team A s'est levée et a accusé le manageur en chef d'attouchements en disant qu'elle allait aussi porter plainte contre lui puis elle est partie. Ken a suivi mais je pense que ce boulet n'a pas tout capté de ce qu'il se passait. Mais en tout cas, il a embarqué toutes ses affaires et il a démissionné aussi sec. Un mec de la team C l'a suivi en silence. Personne n'a réellement travaillé ensuite, à la fin, tout le monde ne parlait que de ça. Ça y allait en commentaires, remarques et critiques à tout va. Beaucoup ont dit que vous aurez des regrets et que vous reviendrez demain mais je ne le crois pas. En sortant, je parlais avec Jisoo et Jihoon a eu le malheur de lui adresser la parole, elle lui a dit tout ce qu'elle pensait de sa personne. Le manageur en chef a beau avoir fait comme s'il ne s'était rien passé, les gens savent. La rumeur existait déjà. En tout cas, bien joué, Jin, ton coup de gueule a eu un effet de domino !

-Ce n'était pas le but, avoua-t-il après une autre gorgée du liquide immonde, j'ai juste perdu le contrôle...

-J'ai vu. Le manageur en chef t'as vraiment fait des avances ?

Il acquiesça en déglutissant et Hyoyeon soupira :

-Toute façon ce milieu est pourri et je t'avoue que sans Ken et toi ça va devenir l'enfer pour moi. Encore si Jisoo était dans notre équipe ça irait mais ce n'est pas le cas...

-Tu penses à démissionner toi aussi ? demanda-t-il surpris.

-Ouais, je suis sur un autre coup... de base je fais de la musique, moi. Ce taf c'était juste pour remplir mon frigo mais ça commence à faire trop longtemps que je croupis dans ce merdier. Je vais retourner à mes petits boulots de DJ, c'est galère mais c'est ce que j'aime.

Jin acquiesça et lui souhaita bonne chance, se promettant de contacter Ken, dès demain.

Enfin si demain il y avait.

-Maintenant accouche.

Il n'eut pas d'autre choix que d'abdiquer et elle écouta intensément, sans l'interrompre. D'abord Jin voulut rester évasif sur sa vie privée, ne se concentrant que sur l'épuisement professionnel qu'il avait ressenti. La fatigue, le sentiment d'échec, le stress, les insomnies. Mais peu à peu et surtout au fur et à mesure du whisky ingurgité, il s'ouvrit davantage.

Au final il lui raconta tout, comme se déchargeant sur elle de tout ce qu'il avait longuement gardé à l'intérieur de lui. De tout ce qu'il avait ruminé, emmagasiné et qui avait croupit dans l'obscurité. A la fin de son récit, l'alcool lui tournait la tête et ses sanglots avaient repris mais il se sentait étrangement soulagé.

C'était douloureux mais c'était agréable.

-Eh bien, félicitations, ironisa-t-elle, bienvenue dans le monde du burn-out et de la dépression.

Il secoua la tête, en proie à un vertige et elle poursuivit :

-Pour avoir mis les pieds là-dedans y a quelques années, crois-moi je sais de quoi je parle. T'es au bout du rouleau, mon vieux. Enfonce-toi encore un peu et c'est le suicide assuré.

-J'y ai pensé... confessa-t-il.

-Évidemment que tu y as pensé, mais rien n'est encore joué ! C'est maintenant qu'il faut que tu saisisses les rênes de ta vie, tant qu'il n'est pas encore trop tard et que tu as encore de l'espoir...

-Où tu vois de l'espoir, toi ? Ricana-t-il en buvant une nouvelle gorgée.

Elle lui retira le verre des mains comme jugeant qu'il avait assez bu :

-Tu m'as appelé c'est que tout n'est pas perdu.

Elle poursuivit :

-Tu as l'impression que le monde entier est noir mais ce n'est pas le cas. Un boulot tu vas en trouver un autre, assura-t-elle d'une voix sans appel. Tu as des amis qui tiennent à toi et qui vont te soutenir même financièrement s'il le faut et ton mec ne s'est pas encore barré aux States...

-Je ne veux pas le revoir !

-Tu dois le revoir, coupa-t-elle. Quand t'auras décompressé, que t'auras réfléchi et pris du recul, tu retourneras le voir pour discuter comme les deux adultes que vous êtes. Là, ce sera une décision réfléchie et mature, pas un pétage de câble.

-C'est plus facile à dire qu'à faire...

-Je sais.

Elle montra du doigt son téléphone :

-Déjà, tu vas répondre à ce Yoongi qui te harcèle depuis tout à l'heure et rassurer tout le monde que tu ne t'es pas jeté du haut d'un pont.

Il abdiqua, encore. La voix paniquée de son cadet retentit alors dans le combiné :

« Oh putain de merde, hyung ! Où es-tu ? J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose de grave ! T'es pas bien de te barrer ainsi ! Est-ce que tu sais dans quel état on est ? Ça fait deux heures qu'on n'arrive pas à te joindre ! Où-es-tu bordel ! »

Yoongi avait vraiment l'air paniqué.

-Je suis chez une amie.

« Je viens te chercher, dis-moi l'add... »

L'idée même d'être confronté à son cadet le fit paniquer :

-Non !

« Hyung, c'est important, il faut que je te parles! »

-Non !

Hyoyeon lui arracha le téléphone des mains et d'une voix fausse et aiguë prononça :

-Amie de Kim Seokjin, bonsoir.

Elle écouta attentivement ce que disait Yoongi avant de dire, de sa voix normale :

-Déstresse. Je m'occupe de lui, il a besoin de parler. Laisse-le respirer. Je gère la situation.

Elle hocha la tête avant de s'arrêter et de lever un sourcil, arguant d'une voix plus forte cette fois-ci :

-Écoute gamin, de un, on ne se connaît pas donc tu vas éviter de me donner des ordres. Ensuite, Jin et moi on se connaît depuis cinq ans au taf, tu ne me connais pas ? T'es sa mère, peut-être ? Deux, je crois que ce soir, il a tout sauf envie de voir ta tronche. De trois, je me répète mais je te le redis, je gère la situation.

Elle raccrocha furieusement avant de balancer le téléphone sur le lit.

-Bon, à nous.

Elle lui tendit un verre d'eau et fouilla dans une commode surchargée pour en sortir des vêtements :

-Tu vas prendre une douche. Je vais te trouver des fringues, je dois avoir encore deux trois trucs de mes ex dans un coin. Ensuite tu te couches, tu as besoin de dormir.

Jin avisa le petit lit et secoua la tête :

-Mais... tu n'as qu'un lit, je ne veux pas déranger, et puis je peux à l'...

-Fais pas le difficile, tu dormiras dans ce lit ! J'dois faire des arrangements musicaux de toute façon, je ne vais pas beaucoup dormir. Je me calerai sur la place qu'il restera, ne t'inquiète pas.

-Mais, ça... ça ne te dérange pas de dormir avec moi dans...

-Oui, je suis morte de trouille à l'idée que tu me sautes dessus, c'est fou, déclara-t-elle sarcastiquement en levant les yeux au ciel.

Il rougit un peu en secouant la tête, l'esprit embrumé d'alcool.

- Si tu veux chialer, chiale, je ne te jugerai pas, tu veux parler, cause, je suis là pour ça. Tu peux squatter là autant que tu voudras, je m'en fous. D'accord ?

-Merci, concéda-t-il d'une petite voix, touché par sa générosité.

-T'es au fond du trou mais il suffit que tu lèves la tête pour voir la lumière. Ça parait simple mais c'est le plus difficile. Ça va venir, fais-toi confiance. Perdre son boulot et son mec ce n'est pas la fin du monde. Tu as besoin de décompresser. Laisse-toi du temps pour te retrouver et savoir ce que tu veux vraiment. A un moment donné, il faudra que tu prennes du recul sur ta situation et que tu te mettes à jour sur ce qui est arrivé, ce que tu dois faire, ce que tu vas faire et reprendre ta vie en main. D'accord ?

Il hocha la tête, se sentant comme un enfant à qui on faisait la morale et elle parvint à sortir des vêtements de sa commode surchargée avant de le pousser dans la minuscule salle de bain et de lui sortir une serviette pour se sécher. Enfin seul, Jin mit du temps à s'activer, comme embrouillé, comme si son esprit était mal accordé à son corps.

L'eau brûlante lui fit du bien et soulagea un peu les tensions dans ses épaules. Il se sécha rapidement avant d'enfiler les vêtements un peu ringards mais il ne fit aucun commentaire.

En sortant de la pièce, il aperçut Hyoyeon, assise en tailleur sur le sol, un gros casque dans les oreilles, un ordinateur et tout un tas de matériel devant elle. Elle retira son casque et Jin s'assit sur le lit.

Il se sentait mal d'abuser de sa gentillesse et mal à l'aise d'être là, dans une situation gênante et dans laquelle il n'avait pas l'habitude d'être et pourtant il sentit qu'il n'y avait pas d'autre solution que d'être là. Il se sentait si mal, si las et pourtant il avait peur de se coucher, de fermer l'œil. Il avait envie de parler mais sans savoir quoi dire.

-Tu veux un somnifère ? proposa-t-elle.

Il secoua la tête et finit par se glisser dans les draps. Elle éteignit la lumière ne restant que l'écran de son ordinateur qui projetait des ombres dans la pièce.

Jin se remit à pleurer après un moment sans réussir à s'arrêter pendant de longues minutes. Il se rassura en disant que son ex-collègue ne l'entendait pas avec son casque.

Éreinté, il finit par s'assoupir.

*******

Il ouvrit les yeux en proie à un mal de tête douloureux. Gêné par la luminosité, il bougea un peu avant de sortir un bras et une jambe du lit.

Un peu perturbé devant un environnement qu'il ne connaissait pas, il mit un temps à reprendre ses esprits en se relevant, puis tout d'un coup, ses souvenirs lui revinrent, accablant son corps et son esprit d'un fardeau douloureux.

Le haut de son corps retomba sans force contre le matelas et il referma les yeux. Mais la douleur lancinante sous son crâne ne l'aida pas non plus à se sentir mieux.

Il aurait aimé se rendormir de nouveau, sombrer dans le néant où rien ne pouvait l'atteindre mais sa migraine l'en empêchait. Condamné à devoir s'en occuper, il finit par quitter la chaleur du lit procurée par une énorme couette et marcha maladroitement dans le petit espace.

Sa première action fut de boire comme s'il avait passé une nuit entière dans un désert. Une fois désaltéré, l'envie de retourner dormir le prit mais il pensa fugacement à vérifier d'abord l'heure qu'il était. Il chercha alors son téléphone un peu partout, incapable de se repérer.

Ce dernier, gisait près d'une pile de bouquins mais complètement éteint. Il regarda partout autour de lui et plissa les yeux pour trouver un chargeur dans le fourre-tout ambiant de l'appartement de son ancienne collègue. Enfin, après un temps, les notifications arrivèrent dans une suite de clignotements et de bruits ininterrompus.

Le dernier message reçu venait de Hyoyeon lui disant qu'elle était au travail et que s'il avait besoin d'une aspirine, il devait regarder dans le placard sous le lavabo de la salle de bain.

Cette fille était vraiment très prévenante.

Jin abandonna l'appareil qui se mettait à jour et chercha ledit médicament avant de revenir dans la pièce.

Ce ne fut que lorsqu'il regarda l'heure et la date qu'il eut un choc.

Il avait beaucoup dormi. Quasiment une journée et demie, il était quatorze heures cinquante-quatre. Il se laissa tomber sur le lit. Son esprit embrouillé et douloureusement enserré dans une migraine le faisait se sentir mal. Après un temps, il envoya finalement un message à la jeune femme dont il avait injustement squatté le lit pendant ces dernières heures.

Sa réponse ne tarda pas

« Y a pas de problème. Si tu as faim, n'hésite pas à fouiller dans les placards. Sinon y a une supérette à quatre cents mètres en bas de chez moi. »

Jin resta un long moment bloqué, assis sur le lit dans des vêtements inhabituels, dans un environnement et des odeurs nouvelles. Il se sentait éreinté, fatigué, même s'il avait dormi autant de temps. Il finit par baisser les yeux sur son smartphone et faire défiler les appels manqués et les messages reçus en quantité.

Beaucoup d'appels venaient de Yoongi. Jimin et Hoseok, eux avaient préféré l'envahir de messages, tous aussi inquiets et désespérés les uns que les autres. Taehyung n'avait envoyé qu'un seul unique message, il y avait environ trois heures :

« Je ne travaille pas aujourd'hui ».

Jungkook n'avait rien envoyé du tout ni même appelé. Et enfin, Namjoon avait essayé de le joindre soixante-dix-sept fois. Il avait aussi laissé beaucoup de messages sur le répondeur mais Jin n'avait pas le courage de les écouter.

Il resta un très long moment ainsi, figé, avant de se rendre compte que sa migraine commençait à s'estomper. Il déambula dans le petit espace sans but fixe, son corps tentant, par cet effet, de soulager son esprit de toutes ses pensées.

Il se rendit compte que Hyoyeon avait lavé ses vêtements et il se sentit encore plus coupable. Alors, agité de remords, il se décida à se doucher, s'habiller, et entreprit de ranger un peu l'appartement, du moins ce qui traînait. Il parvint à se motiver pour aller faire des courses et utilisa la cuisine de son amie pour préparer quelque chose.

Hyoyeon arriva au début de la soirée, assez tôt, chose qui surprit un peu Jin. Elle ouvrit les yeux en grand en le voyant cuisiner et lâcha un :

-Je crois que tu viens de dévirginisé à ma cuisine.

-Hein ?

-Sérieusement je n'ai jamais touché à cet endroit, je ne cuisine jamais... ça me fait bizarre.

Elle huma le dessus de la casserole avant de regarder son appartement :

-Attends, tu as rangé, nettoyé et faitla cuisine ?

-Oui.

-Jin, soupira-t-elle blasée, t'étais pas obligé de faire ça.

-C'était pour m'excuser d'avoir squatté dans...

-Hé ! Je t'avais prévenu que tu pouvais rester ici autant que tu voulais !

Elle laissa tomber ses affaires et se jeta sur son lit.

-Tu es rentrée tôt, non ? S'étonna-t-il en éteignant les plaques de cuisson.

-J'ai démissionné.

Il manqua de tout renverser en sursautant et elle se releva, les bras en l'air en signe de victoire :

-Libérée, délivrée...

-Quoi ?

-J'ai donné ma démission aujourd'hui. Du coup Jisoo fait la gueule maintenant qu'on est tous partis.

-Mais... je ...tu...

Elle haussa les épaules en se relevant :

-Ne t'inquiète pas, vaut mieux maintenant que jamais. Vu la vague de démissions qu'il y a eu, ça me rend heureuse de mettre un peu plus cette compagnie dans la merde. Bien fait pour eux. Demain soir je dois être dans une boîte à Hongdae pour mixer du son alors...

Elle tira la petite table pour la mettre au centre de la pièce et sortit les couverts. Sa figure se muait d'un sourire enthousiaste à l'idée de manger des plats faits maison. Plus tard, pendant le dîner, Jin finit par souffler :

-Je vais te laisser pour ce soir. C'est gentil de m'avoir hébergé mais je ne vais pas squatter plus longtemps.

-C'est toi qui vois....

Il commença à débarrasser mais elle gronda :

-Non mais tu ne vas pas faire la vaisselle en plus !

Elle lui passa devant, la bouche encore pleine et fourra le tout dans l'évier, haussant les épaules :

-Je laverai plus tard !

-Mais ça va s'entasser...

-Et alors ?

Elle avala une gorgée d'eau avant de se tourner complètement vers lui :

-Sinon, comment tu te sens aujourd'hui ?

-Je me sens un peu embrouillé...avoua-t-il.

C'était vrai. Il avait eu l'impression de passer l'après-midi dans un brouillard angoissant et épuisant. Comme si une partie de son cerveau dormait encore.

-Normal.

Elle posa aussi le verre vide dans l'évier :

-Si ça ne va pas tu peux revenir quand tu veux. Tu rentres chez toi ?

-Je... oui...je vais rentrer.

-Même si ton mec est là ?

-Je ne sais pas...

Jin avait passé ces dernières heures devant les fourneaux à réfléchir à ça.

-Je m'en veux de lui avoir parlé comme ça...

-Donc tu vas te remettre avec lui ?

-Je... je ne sais pas...

Elle fronça les sourcils et il baissa la tête :

-C'est compliqué. Je... ne sais pas.

-Tu vas partir avec lui, à Washington ?

-Je ne sais pas...

-Qu'est-ce tu as envie de faire Jin ? Demanda-t-elle finalement.

Il se mordit la lèvre avant de finalement lâcher un soupir bruyant :

-Je ne veux pas aller aux États Unis.

-Alors n'y vas pas, répondit-elle simplement.

-Mais... mais si je ne le suis pas, alors ce sera définitivement fini, lui et moi.

Elle ne répondit pas et Jin sentit ses yeux le piquer.

-Ce n'est pas ce que tu voulais, interrogea-t-elle. Que tout s'arrête ?

-Si... mais j'étais sorti de mes gonds, mes mots ont dépassé ma pensée...

Elle se rassit à côté de lui :

-Le mieux c'est que tu en parles avec lui et que vous preniez une décision ensemble. Tu dois te poser les bonnes questions. Maintenant que tu n'as plus de boulot, tout plaquer pour partir aux States ne serait pas un problème. Mais la véritable question, celle à laquelle tu dois penser, c'est de savoir ce dont tu as envie. Pas pour lui, pas pour les autres, pour toi.

-Oui, je comprends...

Il le savait mais l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre fut douloureux. Dans le fond, il n'avait pas envie de se confronter à cette idée malheureuse que ce qu'il voulait n'irait jamais dans le sens de Namjoon. Et ce que lui voulait n'irait pas dans son sens.

-Jin, il faut que tu penses à toi, insista-t-elle. Ce n'est pas égoïste de faire ça, c'est aussi de ton avenir dont il est question, pas que du sien. Tu n'as pas à te dévouer pour lui ni à le faire passer en priorité.

Mais est-ce que ça n'avait pas toujours été ainsi entre eux ?

Jin ferma les yeux, les paupières lourdes.

Hyoyeon soupira en balayant la pièce d'une main :

-Je vois un peu comment tu fonctionnais avec lui...

-Pourquoi tu dis ça ?

-Tu as l'air d'avoir l'habitude d'attendre quelqu'un le soir, de t'occuper d'une maison et de préparer à manger. Félicitations à toi, tu ressembles trait pour trait à ma mère et c'est une façon sympa de dire que tu ressembles à la parfaite épouse clichée des dramas.

Jin rougit, vexé mais elle l'arrêta avant qu'il ne s'offusque :

-Ce n'est pas une critique mais une constatation. C'est juste que je ne supporte pas bien ce modèle de couple, d'où le fait que je ne m'entends pas spécialement bien avec ma mère. Je suis davantage pour le partage des tâches, n'y vois pas un truc personnel, hein.

Il se ressaisit en soupirant avant d'avouer :

-Mais j'ai l'air d'une bonniche c'est ça ?

-Oui, avoua-t-elle franchement en gloussant un peu. Mais je crois comprendre, maintenant, pourquoi ça plaît tant aux gens de vivre ainsi. En fait c'est assez plaisant d'avoir tout sur un plateau en argent quand tu rentres du boulot...

Puis elle commenta en rigolant :

-J'vais peut-être engager un majordome, tiens.

-Je cherche du boulot, figure-toi.

Elle éclata de rire et il s'arracha un sourire. Un premier depuis une éternité. Elle lui tapa le bras de manière amicale avant de dire :

-Ah, te voilà de retour, ça fait du bien.

-Merci noona, pour tout ce que tu as fait.

-De rien, c'est normal.

Elle se redressa un peu en s'essayant en tailleur :

-Tu as besoin de quelque chose ? D'argent ou autre chose, je peux dépanner s'il le faut...

-Non ne t'inquiète pas ! Insista-t-il.

Il dodelina la tête :

-Je...enfin les finances ne seront pas un problème dans l'immédiat, je peux me laisser un ou deux mois de recherches...

-Bien, argua-t-elle en levant le pouce en l'air. Je suis sûre que tu vas trouver du boulot. Si j'entends parler d'un truc je t'appelle...

-Merci.

Mais rien ne bougea et elle fronça un peu les sourcils :

-Y'a autre chose ?

Jin se mordit la lèvre avant de serrer les poings :

-Être confronté à Namjoon ce sera une chose... je ...peux le faire même si je n'ai pas envie...

-T'as la trouille, c'est normal.

-Mais mes amis... je ne vais pas réussir à les regarder en face.

-Pourquoi ça ?

-J'ai tout bousillé, noona, répondit-il d'une voix qui tremblait. Notre groupe était uni et ça va être de ma faute si...

-Je ne vois pas pourquoi ce serait de ta faute !

Elle soupira :

-Quand il y a un couple dans un groupe d'ami c'est toujours comme ça. C'est compliqué quand le couple se sépare mais ça ne veut pas dire que vous allez rester fâchés et que chacun de tes amis vont prendre parti. Un groupe reste un groupe malgré tout. Les choses vont être différentes mais c'est comme ça. Ne te mets pas cette pression inutilement.

Mais dans le fond, il n'était pas convaincu et clairement pas rassuré.


Après un moment, en s'assurant quand même que son aînée avait de quoi déjeuner pour les deux jours suivants, il prit congé.

Ils se promirent d'aller dîner en compagnie de Ken et Jisoo quand cette dernière arrêterait de faire la gueule. Il la remercia beaucoup au point où elle finit par s'agacer et l'envoyer bouler.

Il quitta son immeuble et se rendit à l'arrêt de bus le plus proche.

En attendant l'arrivée du véhicule, Jin faisait défiler tous les messages reçus et la liste des appels manqués avant de prendre une grande inspiration et d'appuyer sur un contact.

Il attendit la sonnerie nerveusement jusqu'à ce que son interlocuteur décroche :

« Salut hyung. »

-Bonsoir Taehyung.

« Comment tu vas ? »

Jin soupira :

-Ça va...

« Je vois ».

Il rentra dans le bus, passa sa carte magnétique en calant son téléphone entre son épaule et son oreille avant d'aviser un siège.

-Tu ne me demandes pas où je suis ?

« Non. »

Puis il entendit des sons et des voix avant que la voix de son dongsaeng ne lui parvienne plus clairement :

« Je le sais déjà. Yoongi hyung a dit qu'une fille pas aimable lui avait dit que tu étais chez elle. C'est tout. Ça m'a rassuré. »

Jin ne répondit pas tout de suite, regardant les rues nocturnes défiler par la fenêtre.

-Je vais rentrer à la maison, je suis dans le bus

« D'accord »

Puis la voix de Taehyung reprit :

« Namjoon hyung y est. »

Jin se tendit d'un coup mais tâcha de rester calme, du moins pour que sa voix ne tremble pas trop au téléphone.

« Ça fait trois jours qu'il ne veut pas quitter l'appartement car il dit que tu vas revenir. »

-Je ne reviens pas.

Il y eut un temps de latence jusqu'à ce que le plus jeune acquiesce :

« D'accord. Où vas-tu aller ? »

-Je ne sais pas, dans un hôtel je suppose en attendant de trouver un logement.

« Ridicule ! Hyung, y a de la place chez moi »

-Non, hors de question

« Ne fais pas l'imbécile. Je peux t'accueillir chez moi ! »

-Jimin est...

« Rentré chez lui, hier ».

Jin écarquilla les yeux et Taehyung reprit :

« Y a de la place chez moi et tu y seras tranquille. J'insiste hyung ».

-D'accord.

« Je passe te chercher ».

Soudain et contre toute attente Taehyung éclata de rire dans le combiné :

« Hyung, c'est ta phrase ça ! Tu as vu, c'est moi qui l'ai dite ! »

Jin parvint à avoir l'ombre d'un sourire :

-J'ai entendu.

« C'est trop la classe de dire ça en fait ! Hyung, répéta-t-il exagérément en changeant le ton de sa voix, je viens te chercher ».

-Vaut mieux que je te rejoigne chez toi. Mais ce sera temporaire Taehyung, je ne vais pas rester longtemps, je...

« Tu resteras autant que tu voudras, ne t'inquiète pas. Envoie-moi un message quand tu arrives ».

-Très bien. Taehyung ?

« Oui ? »

-Merci.

« Je t'aime hyung ».

Jin sentit son cœur gonfler d'un coup et son visage laissa place à un vrai sourire avant de raccrocher.

Le choix d'appeler son dongsaeng n'était pas anodin. Même si Jin savait que Yoongi allait probablement lui en vouloir. Taehyung n'avait jamais eu les mêmes réactions que les autres, il voyait aussi toujours les choses de manière différente. Certes, il était capricieux mais l'aîné savait que jamais ce dernier ne lui demanderait des comptes, ne lui ferait la morale, le noierait sous des inquiétudes ou de la pitié.

Dans le fond Jin avait du mal à s'avouer qu'il avait peur de la réaction des autres.

Pendant le trajet il essaya de calmer son stress et son angoisse. Son esprit était de nouveau saturé d'informations et le cœur au bord des lèvres. Sa cuisse remuait fortement sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Il avait envie de tout plaquer, de quitter le bus et d'aller directement chez son dongsaeng.

Mais une envie, une envie insupportable, le poussait à rentrer chez lui, à voir Namjoon.

Mais quelques minutes plus tard, devant la porte d'entrée, sa main se mit à trembler. Il prit plusieurs fois une grande inspiration et son courage à deux mains avant d'enfoncer la clef dans la serrure. Le perron l'accueillit comme à l'identique mais avec un petit pincement au cœur. C'était comme rentrer à la maison après un voyage de plusieurs semaines et d'apprécier même les formes les plus simples des objets et des meubles qui lui avaient manqué.

Sauf que seulement deux jours s'étaient passés et il avait la sensation qu'une décennie entière le séparait de sa journée en enfer.

Il défit ses chaussures et entra. Son regard ne s'attarda sur rien d'autre que sur la silhouette de Namjoon devant la fenêtre. Celle-là même où Jungkook les avaient pris en photos, tous les sept, quand ils formaient un lien, un groupe uni.

Cette pensée lui provoqua des sueurs froides.

Namjoon l'avait attendu et entendu et pourtant il ne bougeait pas comme s'il avait peur de se retourner. Jin, lui, avait peur de s'avancer. Ils restèrent ainsi longtemps, chacun dans leur camp jusqu'à ce que le plus âgé ne prenne une autre inspiration avant d'avancer. Namjoon pivota à la dernière seconde et leurs regards se croisèrent.

Le cœur de Jin se serra violemment et une fulgurante envie de lui sauter dessus et de l'embrasser l'étreignit mais il la chassa.

-Hyung.

Namjoon avait ce regard, ce regard d'enfant maladroit et perdu qui ne savait pas quoi faire de ses mains à part les triturer dans tous les sens. Sur le moment Jin eut l'impression d'être revenu des années en arrière, quand ce même gamin, pourtant plus grand que lui déjà, lui avait avoué ses sentiments.

Mais aujourd'hui le sentiment n'était pas le même et Namjoon n'était plus un enfant timide et inquiet.

-Bonsoir Namjoon

-Bonsoir hyung.

Aucun des deux ne voulait parler en premier et Jin avait du mal à supporter ce silence. Il pivota vers la fenêtre, face à la baie vitrée. La vue n'avait jamais été terrible, c'était seulement la vision des immeubles en face de chez eux, éclairés dans la nuit. Pourtant il eut envie de rester longtemps à fixer ce paysage, comme s'il méritait qu'on s'intéresse enfin à lui.

-Je suis content de te revoir, souffla Namjoon au bout d'un moment.

Jin ferma les yeux et lui jeta un coup d'œil rapide.

-Je me suis inquiété, tout le monde s'est inquiété...

-J'ai beaucoup dormi, je n'ai pas pu répondre à mon téléphone.

Namjoon ne répondit pas et Jin soupira :

-Il faut qu'on parle.

-Oui.

Mais ils ne bougèrent pas. Après tout, c'était si difficile. Tout ne tenait qu'à un fil, tout était devenu si dangereux, si prêt à s'effondrer que chacun faisait attention à ce qu'il disait.

Ce fut le plus jeune qui se jeta en premier dans le bain :

-Je suis désolé si tu penses que je t'ai ignoré pendant des mois, ce n'était pas mon intention. Vraiment, hyung, insista-t-il. Je... j'ai été beaucoup pris, je reconnais que je ne me suis pas occupé de beaucoup de choses mais...

-Je me suis senti vraiment seul.

-Je sais, je sais, répéta-t-il soudain inquiet, mais...

-Non, tu ne sais pas Namjoon. J'ai été vraiment au fond du trou. Tu ne me regardais même plus.

-C'est faux !

-Non, c'est vrai, insista Jin en fronçant les sourcils. On est presque devenus des inconnus l'un pour l'autre.

-C'est faux !

Le plus grand des deux contracta la mâchoire, s'agaçant soudainement :

-Ne dis pas ça ! Tu n'étais pas devenu un inconnu pour moi, hyung !

-Alors pourquoi tu ne viens jamais vers moi ? Si ce n'est pas moi qui quémande tu ne fais jamais rien...

-Je... on a déjà eu cette conversation, grinça Namjoon.

-Eh bah on l'a à nouveau !

-Je... je ne suis pas à l'aise avec les démonstrations affectives et tu le sais !

-Je sais surtout qu'avant c'était mieux, maintenant il n'y a même pas d'affection.

Namjoon bougea, comme soudain en colère. Contrarié, il secoua la tête :

-Je ne suis peut-être pas doué et je m'y suis mal pris mais toi tu as tes défauts aussi. Tu ne me dis jamais rien !

-Tu ne me demandes jamais rien ! Rétorqua l'aîné.

-Je n'ai pas toujours à te tirer par la main pour que tu me parles, tu peux le faire spontanément ! Tu gardes tout pour toi et tu ne te confies pas !

-Tu ne t'intéresses qu'à toi !

-C'est faux ! S'agaça le plus jeune. Toi tu fais toujours passer les dongsaeng avant moi !

-N'importe quoi !

-Tu laisses Taehyung dormir dans notre lit ! Et après c'est moi qui manque de considération ?

-Tu n'y étais même plus dans ce lit, ça ne gênait pas ! S'écria Jin.

-C'est toi qui m'as poussé à faire cette thèse, contrecarra Namjoon en augmentant le ton. Et maintenant tu reviens sur ta parole ?

-Je ne reviens sur rien ! Ce n'est pas la faute de cette thèse c'est de ta faute ! Tu ne m'accordes aucun moment !

-Je suis occupé ! Je ne peux pas faire autrement !

-Tu me fuis !

-Je ne te fuis pas !

-Je n'existe plus pour toi ! S'emporta Jin.

-C'est moi qui n'existe plus pour toi ! Ne le nie pas, j'ai bien remarqué que tu m'ignorais ces derniers temps !

-J'ai fait ça pour que tu bouges ! Que tu me prouves que je me trompais !

-Je n'ai pas la science infuse, je ne peux pas devenir quelque chose que tu ne me dis pas ! S'énerva Namjoon.

-Si tu m'observais et que tu t'intéressais à moi, tu aurais pu voir !

-Je n'ai pas le temps de faire ça !

-Tu vois ! Vociféra l'aîné, c'est encore une histoire de temps. Dans le fond je ne suis qu'un boulet que tu te traînes au pied !

-Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit !

Ils s'arrêtèrent, commençant à s'essouffler à force de monter la voix.

Tremblant de rage contenue, Jin gronda :

-J'ai sombré, j'ai été au bout du rouleau et tu n'as rien vu !

-Tu ne m'as rien laissé voir, non plus ! Se défendit son vis-à-vis.

-Tu n'avais pas envie de voir !

Namjoon secoua la tête, colérique :

-Moi aussi je suis au bout du rouleau, moi aussi je suis épuisé, éreinté même. Tu crois que faire des journées pareilles ça ne me fatigue pas ?

-Toi, toi, toi. C'est toujours à toi qu'on en revient !

Namjoon leva les yeux au ciel en soupirant bruyamment :

-C'est moi qui travaille le plus je te ferai remarquer.

-Parce que moi je ne fais rien ? S'écria Jin.

-Je n'ai pas dit ça !

-Toi tu as la reconnaissance des autres, de tes pairs, tu es estimé, tu es important ! Je conçois ça, je reconnais ça ! Tu fais ce qui te plaît et tu le fais bien ! C'est moi qui t'ai poussé à faire cette thèse et jamais je ne le regretterai. Mais moi aussi j'existe Namjoon, même si je ne suis que Kim Seokjin, qui n'a même pas de diplôme et pas de travail gratifiant !

-Je...

-Je fais la bonniche, le coupa-t-il. Je cuisine pour toi, je lave tes vêtements, je fais le lit, le ménage, les courses. Je m'occupe de tout le sale boulot et je t'attends comme une gentille épouse tous les soirs !

Cette fois-ci le plus grand des deux ne trouva rien à dire et il referma la bouche.

-Tu ne comprends pas, souffla Jin avec désespoir. J'ai l'impression de n'être rien. Rien par rapport à toi, rien sans toi !

-Hyung...

-Laisse-moi finir ! Regarde-moi, regarde-nous, Namjoon. Depuis qu'on est ensemble, je n'ai dépendu que de toi ! Et depuis des mois tu ne m'accordes rien, pas d'affection, pas de regards, pas d'intérêt...Je n'aimais pas mon travail, je le haïssais mais je pensais avoir enfin trouvé de quoi te montrer que je pouvais aussi faire des choses mais tout s'est effondré. Ça m'a juste mené au fond du gouffre !

Jin sentit ses larmes dégringoler sur ses joues :

-J'ai eu des pensées si horribles, ça me revient encore, j'ai l'impression d'être dans un cauchemar sans fin. Ce travail c'était l'enfer et ça m'a fait complètement péter un câble.

-Hyung... commença Namjoon d'une petite voix.

-Je ne suis pas heureux Namjoon. Je ne le suis plus. Rien ne va plus chez moi de toute façon... Même avec toi, je n'arrive plus à être heureux.

Une grande fatigue saisissait l'aîné, soudain comme éreinté après tout ce qu'il venait de lâcher. C'était à la fois douloureux et d'un grand soulagement. Mettre des mots sur les maux, même les plus terribles.

Mais Namjoon n'avait pas l'air de vivre les choses de cette manière car il s'était raidit, comme frappé en plein visage.

-Je suis désolé, d'accord ? Paniqua-t-il. Je n'ai jamais voulu que tu te sentes comme ça, mais tu ne m'as jamais rien dit... Mets-toi à ma place, hyung ! Tu as toujours agi comme si tout était parfait, comme si tout te convenait. Tu ne t'es jamais plaint de rien alors la dernière fois... c'était complètement fou que tu te mettes à hurler ainsi. Peut-être que c'est ma faute, je... j'ai... peut-être pris tout ça pour acquis et je ne me suis pas posé de questions sur ce que tu pouvais vivre. Mais je vais faire des efforts ! On va faire des efforts et je vais...

-Il faut que tu acceptes cette proposition, Namjoon. Celle de Washington.

Le plus jeune se stoppa avant de pincer les lèvres :

-Seulement si tu pars avec moi, hyung.

Namjoon avait relevé la tête et ancré ses yeux profondément dans les siens et Jin avait senti son cœur palpiter.

-Je ne partirai pas avec toi.

-Arrête...

-Je ne partirai pas avec toi Namjoon, répéta l'aîné d'une voix où tremblaient trop d'émotions.

-Pourquoi ?

La question était si désespérée que Jin en trembla :

-Je ne veux pas vivre là-bas, ce n'est pas une vie pour moi. Si loin, si seul, tu seras toujours au travail même si tu fais des efforts et moi... moi je ne m'en sortirai pas. Je ne parle même pas anglais. Les autres seront là, eux...que vont-ils faire sans moi ?

-C'est moi qui ai besoin de toi, pas eux !

-Je suis désolé, Namjoon, je... je n'irai pas.

-Alors je ne pars pas ! Je ne partirai pas sans toi !

Jin ouvrit la bouche alors que le corps de son vis-à-vis s'agitait, qu'il faisait les cent pas et que son expression variait entre la panique et la colère.

-Ne dis pas des choses comme ça... murmura-t-il d'une petite voix.

-Je ne pars pas ! Insista le cadet. Je ne te quitterai pas !

Son cœur se gonfla et lui fit mal, si mal que les larmes revinrent encore dévaster son visage.

Mais Jin savait que c'était trop tard, qu'il ne pourrait plus revenir en arrière. Dans le fond sa décision était prise depuis qu'il avait quitté l'appartement de Hyoyeon.

-Namjoon.

Jin sentit sa gorge lui faire vraiment mal et ses lèvres trembler. L'émotion lui remonta jusqu'aux yeux faisant glisser d'autres larmes :

-Il faut que tu y ailles.

-Non.

-Namjoon. C'est la chance de ta vie.

-Non...

Mais son ton avait faibli et sa voix semblait nouée de sanglots.

-Tu dois y aller.

-Pars avec moi, hyung, je t'en prie, je t'en prie...

-Alors dis-moi que tu m'aimes.

-Je t'aime.

-Comme avant ? Regarde-moi et dis-moi que tu m'aimes aussi fort qu'avant, quémanda Jin.

La bouche de Namjoon se mit à bouger mais aucun son n'en sortit. La douleur fut insupportable et Jin serra les poings si fort qu'il sentit ses ongles s'enfoncer dans sa peau et y laisser des plaies.

Mais le pire, le pire fut de voir le plus jeune se mettre à pleurer. Jamais Jin n'avait supporté de voir ses larmes. Il se mit à sangloter plus fort, serrant son pull à l'emplacement de sa poitrine comme pour s'arracher le cœur.

Namjoon venait de se rendre compte qu'il ne pouvait plus le dire, qu'il n'arrivait pas à le dire, qu'il ne savait plus.

Que ce n'était plus comme avant.

Le constat de cette situation termina de les achever. Laissant une tension abominable et leurs sanglots meubler le silence chargé de regrets et de remords.

Jin recula, chercha de ses yeux paniqués le canapé pour s'y affaisser, son corps ne semblant plus être capable de le porter.

Après un long moment il se releva sur ses genoux tremblants et partit en direction de la chambre.

Il ouvrit le placard rapidement et tira une grosse valise dans laquelle il fourra à la va-vite tous ses vêtements. Il vida aussi le placard de la salle de bain de ses produits.

Ses gestes étaient acharnés, nerveux, un poil violents mais lorsqu'il entendit la porte d'entrée claquer, son corps eut un vertige et il tomba à genoux s'accrochant au lit comme un possédé.

Les sanglots le reprirent, lui arrachant presque des cris de douleurs et de peines.

Ne restaient que les regrets, les remords, les échecs.

La douleur.

Ils ne s'aimaient plus.

Ils se quittaient.

C'était terminé.


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Chapitre corrigé par @Cla_ra25

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