Chào các bạn! Vì nhiều lý do từ nay Truyen2U chính thức đổi tên là Truyen247.Pro. Mong các bạn tiếp tục ủng hộ truy cập tên miền mới này nhé! Mãi yêu... ♥

Le Chant du Couchant II

Les cordes brûlaient la peau nue de Lefko, et le bois irritait chaque parcelle de son dos. Les sable chaud était insupportable sous ses pieds, tout comme la terrible chaleur du soleil. Pourtant, tout cela n'avait pas d'importance. Tout cela n'en avait plus. Car en se tenant ainsi, face à la mort, tous ces problèmes semblaient bien dérisoires.

-Dol... appela-t-elle une silhouette toute proche, accrochée au poteau d'à côté. Ça... ça va?

-Autant que possible...

Dol'taim eut un petit rire étouffé, aussitôt remplacé par des protestations vis à vis de ses liens trop serrés. Les longues oreilles félines de la keshiane avaient été déchirées en plusieurs endroits au court de leurs longues pérégrinations à Brocéliande, mais son tempérament râleur n'avait pas changé. Jusqu'au bout, elle conservait sa mauvaise humeur. Sa queue agitait l'air à toute vitesse entre son corps et le bois qui la retenait immobile. Ses seins et son corps, parsemés en différents endroits de zones de pelages, était tout aussi couvert de cicatrices que ses deux compagnes.

-Restons dignes jusqu'au bout, mes enfants... susurra Naïa avec une douceur et une mélancolie qui lui étaient si propre. Au moins, ont ils épargné à Rehyan ce supplice...

-Parce qu'elle est une Kisaeng. Grogna Dol'taim. Sinon, elle serait ici, avec nous. C'est bien la première fois qu'elle doit remercier sa foutue malédiction.

-Dol'taim! Un peu de respect, je t'en prie... ces mots ne conviennent pas dans notre situation.

-J'ai bien peur qu'aucun mot ne convienne à notre situation. Souffla douloureusement Lefko.

Les milliers d'yeux qui l'assassinaient étaient une souffrance terrible. Savoir qu'elle allait mourir, son sang et ses entrailles étalés par des fauves, pour la plus grande joie de milliers de personnes, était une perspective de mort peu attirante. Alors, Lefko pria. Elle pria que tout cela se termine vite. Elle pria pour ne pas avoir à être témoins de la mort de ce qui restait de sa petite famille recomposée, attachée comme elle aux poteaux du supplice. Elle pria. Pourtant, cela faisait longtemps qu'elle avait cessé de croire en quoi que ce soit.

Des sous sols de l'arène, on fit monter les cages des fauves affamés, et Lefko se décomposa. Un énorme Lion des Montagnes. Un Fenrir montrant toutes ses denrs. Une Vypare rampant proche du sol avec une grâce reptilienne. Un Thylaque et ses immenses dents. La peur dévora soudain le ventre de Lefko. Toutes ses promesses, toutes ses prières, tous ses espoirs s'envolèrent à la vue de ces monstres affamés pendant des jours dans les sous sols de l'arène, à ces incarnations de la sauvagerie et de la mort.

Plusieurs suppliciés hurlèrent de peur. Tous ne venaient pas de Brocéliande, il en allait de soi; certains étaient de simples criminels, ou des malchanceux. La foule s'éleva en une immense ovation, lorsqu'une voisine de Dol'taim s'urina dessus de peur. La Keshiane fronça le nez de dégout. Lefko, elle, n'en fit rien: dans son état, elle comprenait la réaction de la condamnée.

Les monstres tournaient lentement, cherchant, pour certains, l'issue de cet immense piège, pour d'autres, des proies fraiches et incapables de s'enfuir. Dans son dos, Lefko entendit un cri. Elle se tendit, et sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle n'osait imaginer quelles fauves étaient apparus derrière elle, dans la partie de l'arène qui lui était cachée par l'imposant poteau. Elle ne voulait tout simplement pas savoir ce qu'il s'y passait, mais les hurlements terribles accompagnés des cris de la foule ne laissaient rien présager de beau. Lefko fixa le mur, face à elle, et notamment la tribune d'où les observaient les officiels, ordonnateurs de cette boucherie.

Une silhouette sombre s'y tenait. Au milieu de tous les vêtements blancs ou colorés des Pontois, la tenue faisait tâche, d'autant plus si l'on prenait en compte la blancheur des cheveux de son propriétaire. Le coeur de Lefko rata un battement, avant de se mettre à battre à tout rompre lorsque, décollant de sa plateforme, la silhouette noire chuta de plus en plus vite vers le sol de l'arène, pour finalement venir s'y écraser dans une gerbe de poussière et sous les cris incrédules de la foule.

Surgissant du nuage de sable soulevé par sa chute, Kiine ôta sa longue cape noire ornée d'un corbeau brodé de pourpre avec un geste théâtral, révélant une armure légère et proche du corps, assez pour laisser voir les muscles qui y saillaient, ainsi que deux épées rangées dans leur fourreau à chaque hanche de la guerrière.

Un silence de mort s'étant abattu sur le Colisée.   Puis, la Kesjarinna cria dans un Pontois approximatif, mais qui résonna dans toute l'arène:

-VOUS DÉSIREZ DU SPECTACLE, PONTOIS? EN VOILÀ!

Les épées de la Kesjarinna fusèrent hors de leur fourreau alors qu'elle se lança à l'assaut du premier fauve à sa portée. La foule se réveilla soudain, et un mélange de huées et d'encouragements remplit le Colisée. Mais bientôt, les amateurs de sang furent récompensés, puisque Kiine trancha sans le moindre remord la tête d'un imposant Lion des Montagnes qui avait décidé de faire d'elle son casse croute. Attirés par l'odeur du sang et de la chair, un certains nombre des fauves se désintéressa des proies immobiles pour se diriger vers l'origine de cette délicieuse senteur. Kiine se mit à courir, forçant la Vypare à ramper à toute vitesse à sa poursuite, balançant sa longue queue reptilienne sur le sable de l'arène. La bête courait plus vite, mais Kiine était une guerrière expérimentée. D'un soudain écart, elle esquiva le monstre emporté par sa vitesse, tout en lui entaillant profondément le flanc, arrachant un beuglement à la créature. La Dragonicide n'eut pas le temps de se satisfaire de cette attaque, puisqu'elle dut sauter en arrière pour éviter les immenses dents du Thylaque. Le fauve géant rugit et se retournant bien trop rapidement pour un être de sa taille, mais Kiine se mit en garde, un sourire amusé sur le visage. Pendant ce temps, un tribun s'arrachait les cheveux du haut de sa tribune en ordonnant qu'on arrête le spectacle - mais peu nombreux étaient les volontaires pour entrer dans l'arène maintenant que les monstres affamés y étaient libérés - et qu'un nouveau type de monstre venait d'y tomber.

Deux Fenrirs s'approchèrent en retroussant leur babines. Plus prudents que leurs pairs félins ou reptiliens, ils préféraient attaquer en meute, comme dans la nature d'où on les avaient arrachés. Kiine pointait une épée sur chacun d'eux, tournant au même rythme qu'eux alors que leur cercle commençait à se rapprocher dangereusement d'elle. Elle ressentait la pulsation sauvage des bêtes qui, fonctionnant à l'instinct et au réflexe, était bien moins déchiffrable que celle des êtres intelligents. Le déclic finit cependant par arriver, et les deux immenses loups sautèrent comme un seul sur la Kesjarinna, l'un par le haut, l'autre au ras du sol. Kiine projeta une onde de mantra qui repoussa le second, et sauta sous le premier afin qu'il retombe derrière elle, le dos exposé, là où la lame de la Dragonicide trouva son chemin. L'autre loup revint à l'attaque, fou de rage d'avoir été repoussé ainsi, et emboutit Kiine directement. La guerrière, prisonnière de sa machoire, se servit de ses deux lames pour l'empêcher de se refermer sur ses chairs. S'engagea alors un violent affrontement de force pure, entre celle renforcée par le mantra de la Kesjarinna, et les mâchoires réputées des Fenrirs. Mais les dents en ivoir ne faisaient pas le poids face à des lames en acier. Les deux épées tranchèrent une fois, deux fois, et ce fut terminé. Kiine fit face aux nouvelles créatures qui approchaient...

Les combats étaient brefs. Kiine était une habituée des guerres, et se battre contre les fauves ne lui posait pas vraiment de problème: ils ne pouvaient pas contrer ses attaques, se blessaient seuls sur sa lame, et ne maitrisaient pas le mantra. De plus, les monstres affamés se repaissaient des cadavres de leur camarades tués, et se battaient entre eux pour les portions de viande, délaissant cette proie décidément trop dangereuse, ainsi que les nombreuses attachées aux poteau qu'elle semblait protéger et qui ne contenaient de toute façon pas assez de viande pour satisfaire les bêtes. Bientôt, les condamnés - à l'exception des trois qui avaient eut le temps d'être croqués - étaient hors de danger, et Kiine leva haut son épée en poussant un cri victorieux, reprit par la foule en délire, satisfaite de son bain de sang.

-TRIBUN! Hurla la Kesjarinna. JE ME SUIS BATTUE DIGNEMENT DANS L'ARÈNE, ET AI SURVÉCU! EN L'HONNEUR DE VOS LOIS, J'AI DONC DROIT À UNE AMNISTIE! JE DEMANDE CELLE DES CONDAMNÉS D'AUJOURD'HUI QUI ACCEPTERONT DE ME SUIVRE.

Sans même attendre de réponse de la part du tribun qui vociférait sur sa tribune, Kiine se dirigea vers les condamnés. Plusieurs des êtres fous issus de la forêt étaient moins raisonnables encore sue les fauves qui se goinfraient des corps de leurs pairs, et se jetèrent sur Kiine dès qu'elle les libéra. Elle n'eut aucune pitié pour ceux là, et le sang gicla une nouvelle fois, relançant la hargne de la foule. Cependant, un certain nombre d'entre eux furent plus malins que cela, et se prosternèrent à l'instant où leurs liens furent défaits. Kiine arrive finalement à Lefko et ses compagnes. La jeune opaline, une fois libérée de ses entraves, se prosterna, elle aussi, devant la Kesjarinna, mais cette dernière interrompit son mouvement à mi chemin en posant sa main sur son épaule.

-Lève toi, Lefko. Car c'est grâce à toi, et nulle autre que toi, que tous ces condamnés ont la vie sauve.

-Je ne crois pas, non... c'est grâce à votre intervention courageuse que nous sommes encore entiers.

-Je n'aurai pas sauté dans une arène si tu n'y étais pas, mon amie. Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à tenir ma promesse. Mais... tu n'étais pas particulièrement facile à trouver.

-Et vous, vous, vous semblez avoir fait un bout de chemin depuis la petite fille venue me sortir de ma morne existence d'esclave.

-J'en profiterai donc pour te rappeler ce dont nous avions convenu à l'époque... cesse de me vouvoyer. Les années ne changeront pas l'amitié que j'ai pour toi.

-Kiine...

C'est ainsi que la Kesjarinna sortit victorieuse des arènes avec les condamnés de la forêt de Brocéliande. Elle avait offert un combat des plus rare aux habitants de la cité portuaire, mais son geste envers ceux qui étaient considérés comme la lie du monde n'allaient pas lui attirer que des amis - raison pour laquelle elle quitta la ville le soir même, accompagnée des son escorte, de ses nouveaux fidèles, et des quatre jeunes femmes qui avaient été, autrefois, les victimes collatérales du combat mortel entre Kiine et Freya pour les Reliques. Dol'taim, la Keshiane aux allures félines. Naïa, la nymphe maternelle aux cheveux clairs. Rehyan, la sulfureuse Kisaeng à l'odeur de rose. Et Lefko, l'Opaline, la meneuse de la petite famille recomposée.

-Au fait... murmura Lefko, en chevauchant aux côtés de la Kesjarinna. Comment m'avez... comment m'as-tu retrouvée? Ma capture est assez récente, et la Taiga d'Odin si lointaine...

-Les routes que j'ai fait construire facilitent beaucoup la circulation dans l'Empire, mais nous avons tout de même dû chevaucher ventre à terre plusieurs jours pour arriver à temps. Quant à l'information, disons qu'une de nos amies communes à tenu bon de m'en informer.

-Tu... tu as revu Freya?

-Pas personnellement, non. Nous ne nous sommes pas particulièrement quittées en bon termes, mais elle a jugé qu'il était dans notre intérêt commun de vous sortir de là.

-Où est-elle? S'exclama Lefko.

Kiine sembla surprise par cette soudaine intensité.

-Du calme, mon amie. J'ignore où elle se trouve précisément, mais ce que je sais, c'est qu'elle regagne des forces et a suffisamment de fidèles pour rester informée de ce qu'il se passe d'une rive à l'autre du continent. Mais si vous vous connaissez si bien, ne devrais tu pas savoir ce qu'elle fabrique? Même mes services secrets ont du mal à retracer sa position.

-Non... non, nous n'avons plus eut de nouvelle de Freya depuis... au moins huit ans. Elle a disparu du jour au lendemain.

-Et... cette femme aux cheveux mauves et à l'odeur de violette... c'est elle qui m'a sauvée de la noyade. Pourquoi n'est elle pas avec vous?

Lefko marqua un long silence.

-C... c'était trop tard. Nous... avons suivi Freya car elle connaissait un moyen de soigner la malédiction des fleurs, mais... son exorcisme était dangereux, incertain, et surtout... long. Viyanah... était déjà à un stade avancé. Elle n'a pas eut le temps d'aller au bout de son traitement avant sa Floraison.

Kiine encaissa l'information. Elle ne connaissait à vrai dire même pas le nom de cette mystérieuse inconnue avec laquelle elle avait eut un échange à sens unique, incapable de comprendre son langage à l'époque. Mais elle aurait voulu sauver celle qui l'avait elle même sauvée...

-C'est à cause d'elle que Freya est partie. Elles s'étaient... rapprochées. Beaucoup. Freya s'en est voulu de ne pas l'avoir sauvée. Elle... allait souvent voir son arbre. Quand Rehyan a été sauve, elle a disparu sans un mot, et nous ne l'avons jamais revue.

-Vous avez... survécu huit ans dans cette forêt sans même Freya pour vous protéger... vous êtes... incroyables.

-Nous n'avons pas été seules pour autant... mais nous ne sommes plus sans défense, comme avant.

-Tant mieux. Sourit Kiine. Car j'ai ouïe dire que tu avais un message pour moi...

Lefko se figea. Il était évident qu'elle ne s'attendait pas à ce que cela arrive sur la table aussi tôt.

-J... Je...

-Ne t'en fais pas, je ne te presses pas. Nous allons rentrer jusqu'à Yurena, et vous y prendrez un repos bien mérité. Ensuite, seulement, nous aviserons des choses que vous avez pu découvrir dans cette maudite forêt.

Lefko hocha lentement la tête. Elle fixa cependant douloureusement le dos de son amie. Tant de choses avaient changé, après toutes ces années... et elle avait peur des conséquences de ce qu'elle avait appris.

Difficile, après tout, de faire confiance aux démons...

Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro