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Partie III : Lamenoire / 28 - Retour à la réalité (1/2)


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La lamenoire se réveilla en trombe de son long sommeil, les yeux hagards et écarquillés, son front et son dos ruisselant de sueurs. D'une traite, elle balaya le paysage ombragé qui s'étendait tout au tour d'elle, la lumière se frayant un chemin depuis une petite lucarne en hauteur. Murs circulaires en pierre taillée usée, un coffre à l'autre bout de la pièce et quelques meubles épars, une étude et deux bibliothèques plus qu'encombrées. Une étrange odeur de poussière mêlés à des relents plus exotiques d'herbes et de poudre alchimique. Le Fort du Croc, en déduisit la lamenoire, presque déçue. Elle se trouvait dans un lit de taille modeste au matelas de paille confortable et bien rembourré, ses jambes emmaillotées dans des draps larges et épais.

Ainsi tout ceci n'avait été qu'un rêve... Un affreux et ennuyant rêve... Son Don s'amina pour mettre en déroute le moindre soupçon d'illusion persistant. Elle poussa un bref soupir de soulagement, son esprit bel et bien dans le monde réel. Un torrent de souvenirs se déversa dans sa tête si bien qu'un frisson traversa son échine encore engourdie. Non, tout ceci s'était révélé être bien plus qu'un simple songe ou même d'un cauchemar. Personne ne rêve qu'en son for-intérieure s'entredéchirent plusieurs âmes pour prendre le contrôle absolu de son propre être. Elle aurait voulu que tout ceci ne soit que le délire extravagant d'une psyché fatiguée et poussée dans ses derniers retranchements. Il n'en était rien.

Puis une seconde révélation ébranla l'intégralité de son être. Que diable faisait-elle dans les appartements d'Harbard ? Elle passa sa dextre sous le chemisier bien trop large pour sa frêle carrure afin de toucher de ses doigts agiles, le flanc de son abdomen. Les bandages, bien que toujours présent, ne camouflaient plus qu'une blessure totalement guérie et une légère cicatrice à l'horizontale semblable à un éclair. Avec un peu de pratique, son Don n'aurait aucune difficulté à l'estomper en intégralité. Mais devait-elle vraiment le faire ?

Soudain un poids énorme s'abattit sur ses épaules, comme si d'immenses chaînes venaient de s'attacher à son dos pour la faire défaillir. Dans le creux de sa poitrine, le sigil lui sembla s'alourdir, presque aussi brûlant qu'un brasier incandescent. Sa respiration devint plus difficile, brève et haletante, les murs de la tour se mirent à tourner avec lenteur, ses tempes quasi fiévreuses.

Accompagnée d'un grincement sinistre, la porte des appartements d'Harbard s'ouvrit avec lenteur. Deux nattes châtaines apparurent du seuil de l'entrée, suivit d'un visage juvénile bien que marqué par la manque de sommeil. Son teint pâle dévoilait des paupières pochés et violacés et l'éclat de ses yeux céruléens semblait s'être tarit. Cependant tout ceci se volatilisa quand après avoir fait un pas dans la pièce, Marjolaine finit par relever le chef.

— Alessia, tu es enfin réveillée ! Je commençais à perdre espoir ! s'exclama de joie la cabrioleuse avant de parcourir d'un bond les quelques mètres qui la séparaient de la lamenoire.

Marjolaine la rejoignit sur le lit et l'agrippa par l'épaule pour la serrer dans ses bras. La lamenoire, l'esprit encore embrumé, se laissa faire sans trop savoir comment réagir, son étrange malaise s'étant tout à coup volatilisé. Alessia. L'espace d'un instant le prénom tournoya dans son esprit. Alors que la cabrioleuse continuait de l'étreindre, elle remarqua une mèche de cheveux roux enroulée autour de ses doigts. Son affection pour la jeune femme provenait-elle d'Alessia ou de son propre esprit ?

— Oui, tu n'es pas la seule, à vrai dire, soupira Alessia à la jeune femme après avoir mis fin à l'étreinte. Moi aussi, j'ai bien cru ne jamais me réveiller. Comment ai-je atterri ici ?

— En effet, cela a dû te faire une drôle d'impression quand tu t'es réveillé dans ce lit ! Eh bien comment résumer cela... s'interrogea la cabrioleuse puis elle s'assit en tailleur face à la lamenoire. Le corps de garde a explosé et seuls s=Sire Gerald, Ivar et Harbard ont émergé des décombres. Les Imperatiis s'apprêtaient à déferler sur nous et nous n'avions plus de portes pour les contenir à l'extérieur. Le chaos a bien failli s'emparer de nous tous... Ivar a hurlé aux drengirs de prendre leur monture pour charger les légionnaires dans le défilé, ce qui a déclenché l'ire d'Harbard. Jamais de ma vie je n'avais vu le vioc aussi rouge, il a interdit aux cavaliers de tenter la moindre sortie et a failli en venir aux mains avec Ivar. Heureusement que Vaiyn est arrivé pour les séparer avant qu'un drame ne se produise. Quant au sire Gerald, il ne semblait vraiment pas dans son assiette, un peu dans les vapes. En moins de deux, Harbard a remobilisé les troupes et a ordonné le repli général dans l'enceinte supérieure malgré les reproches d'Ivar. Il a demandé ensuite à Andronikos et à Hyldia de faire le guet sur les murailles pour surveiller l'avancée de la cohorte tandis que tout le monde s'affairait à rassembler le plus de matériel possible à transférer au niveau supérieur. C'est juste avant de partir qu'ils sont tombés sur toi, tu étais inconsciente. La drengir t'a balancé sur son épaule et t'a ramené dans l'enceinte supérieure fissa.

— C'était il y a combien de temps ? osa demander Alessia du bout des lèvres.

— Trois jours environ. Depuis l'arrivée des Imperatiis à nos murs, j'ai l'horrible impression que le temps s'écoule plus lentement. Je ne peux pas m'empêcher de tourner en rond, l'extérieur me manque déjà, maugréa Marjolaine en balançant ses couettes vers l'avant.

— Mais ça n'explique pourquoi je me trouve dans la chambre d'Harbard et non pas à l'infirmerie, poursuivie Alessia. Que s'est-il passé ensuite ?

— Ah oui, j'ai failli oublier le principal ! Après qu'Hyldia t'aie ramené, Ivar a de nouveau pété un câble et a exigé que l'on te tue sur le champ pour avoir attenté à la vie de sire Gerald. Harbard, bien entendu, a refusé mais ce bâtard de colosse était intenable. J'ai aussi essayé de m'interposer mais avec mon gabarit... Enfin bref, Vaiyn t'a ensuite examiné et à déclarer devant tout le monde que cela ne servait à rien car tu étais déjà morte. Je me suis jeté sur toi, ta chair était glaciale et tu n'avais plus de pouls. Je me suis effondrée, incapable de croire à ton trépas. Puis ton corps a fini dans le bûcher funéraire avec les autres et a été réduit en cendres. Je ne sais pas comment mais j'ai de suite senti la supercherie, sûrement grâce à ma petite intuition surnaturelle. J'ai donc pris mes jambes à mon cou et le vioc est venu me chercher quelques heures plus tard alors que j'observais le paysage depuis nos murs. Il m'a conduit jusqu'à ici et je t'ai découvert dans son lit. Lui et Vaiyn avaient fait croire à tout le monde que tu n'étais plus de ce monde grâce à ce petit tour de passe-passe. Ensuite il m'a demandé de l'aider à m'occuper de toi. Ne t'inquiète pas, ce vieux gâteux n'a profité d'aucun de tes charmes, je me suis chargé d'enlever tout ton attirail de guerre et de te vêtir plus confortablement. Un vrai marathon ! — La cabrioleuse se tût haussa naïvement les épaules après un court instant de réflexion — Je crois bien que j'ai fait le tour de la question.

Si Marjolaine venait de relater l'enchaînement des évènements de son habituel ton badin et malicieux, la lamenoire ne pût s'empêcher de découvrir le poteau aux roses. Il s'agissait d'une manière bien propre à la cabrioleuse de garder son calme et de ne pas succomber au désespoir. Une blessure béante s'étendait dans le cœur de la jeune femme, camouflé par ses sourires et sa voix enjouée. La lamenoire ne mit pas longtemps avant d'en déterminer l'origine.

— Ervin, je ne sais pas si tu es au courant... Il était présent avec nous lors de l'explosion. Je suis désolé, je n'ai rien pu faire pour lui sauver la vie...

— Oui, Harbard m'a déjà raconté tout cela, fit Marjolaine. Elle détourna le chef, ses prunelles brillantes. Elle poursuivit. Ne t'excuses pas, même toi tu as été à deux doigts d'y passer... Tout le monde ne peut pas avoir de la chance... —Elle soupira d'un ton plus fataliste qu'amer, jouant avec l'une de ses boucles rebelles —. Andronikos a trouvé sa dépouille lorsqu'il t'a secouru avec Hyldia, ils ont juste eu le temps de le recouvrir de débris avant de partir. Alessia, promets-moi qu'une fois que tout ceci sera terminé, nous prendrons le temps de lui accorder une sépulture décente. Ervin tenait beaucoup à toi malgré vos différents initiaux.

— Je t'en fais la promesse, Marjolaine.

À peine la lamenoire eut prononcé ces paroles que toutes traces de tristesse disparu du visage de la cabrioleuse. Elle lui adressa un sourire chaleureux et la remercia avant de bondir hors du lit d'une cabriole agile. Un homme à la crinière hirsute et nouée à l'arrière émergea de l'encadrement de la porte. Vaiyn entra et signifia à la cabrioleuse de les laisser seul. Marjolaine lâcha un ultime clin d'œil à la lamenoire avant de disparaître dans le couloir de la tour de garde. L'ancien inquisiteur avança et tira l'une des chaises de l'étude jusqu'au lit pour s'assoir à quelques mètres de la lamenoire. Il semblait aussi las et épuisé que Marjolaine, hormis que lui ne se souciait pas de le dévoiler au grand jour.

— Ce soir-là après notre affrontement avec le Korval, sans toi je serais très certainement mort énonça Vaiyn avec gravité. Je te remercie de m'avoir sauvé la vie.

— Tu n'as pas à te sentir redevable, d'après Marjolaine, c'est grâce à toi que je dois aussi ma survie inespérée. Nous sommes quittes.

Vaiyn se releva soudainement et dégaina le court glaive à sa ceinture qui remplaçait sa lame-tonnerre brisée. Son avant-bras droit et sa dextre étaient recouverts de bandages et de chair cicatricielle. La lamenoire l'observa sans prononcer le moindre mot, bien que prête à agir à tout moment.

— Je sais ce que tu es. La véritable Alessia est morte ce jour-là, après l'attaque du fort par les Lames de Castell. Tu as pris sa place pour t'infiltrer dans nos rangs. Et par la même occasion, tu as altéré ma mémoire.

— Pourtant une telle découverte n'a pas l'air de déranger plus que cela, sinon je ne serais déjà plus de ce monde. Ce qui veut dire que tu attends quelque chose de moi, en conclut Alessia. Ou que tu sais que tu n'as aucune chance si tu m'affrontes.

Elle fit appel au müyr au travers de son sigil et en l'espace d'un battement de cil, l'apparence d'Alessia disparu, les flammes de sa longue chevelure éteintes en un entrelacs de boucles freux. La transformation était indolore et quasi instantanée pour un sujet aussi proche de son apparence initiale qu'était Alessia Cœurfroid. Vaiyn ne tressaillit même pas face à la métamorphose de la chair, certainement habitué aux œuvres bien plus destructrices et immondes des engeances auxquels sont confrontés les serviteurs de l'Inquisitorium. Il se rassit et posa le glaive contre sa chaise.

— Pour survivre au venin du korval, j'ai dû puiser au plus profond de moi-même. J'y ai découvert la présence d'un sceau qui nous est imposé en secret par l'Inquisitorium lors de nos premiers mois de noviciat. Une nuée de souvenirs et de connaissances me sont revenus à l'esprit une fois que j'eus siphonné son énergie. Des secrets si sombres que même la plupart des disciples du bras armé de l'Ecclésia Imperatii ne peuvent se permettre de les connaître. L'existence d'un Ordre hérétique et clandestin, presque aussi ancien que la fondation même de l'Imperatora. Des guerrières aux âmes sombres auxquelles sont liés des engeances pour en exploiter la toute puissance et échapper à leur corruption. Aux lames aussi noires que leur cœur. C'est pour la Larme Sanguine que tu es ici, mais ce n'est pas aussi simple, sinon tu aurais tué Gerald depuis longtemps. Tu veux comprendre pourquoi l'un des saints Joyaux d'Aëlrys est tombé entre les mains d'un vulgaire chef drengir déchu.

— Dois-je en conclure de tes observations que tu as décidé de te mettre en travers de mon chemin ? Que ramener la pierre à tes anciens maîtres suffirait à racheter ton pardon ? rétorqua la lamenoire d'un ton glacial.

— Ne me prends pas pour un idiot. En réalité, je n'ai que faire de ce foutu Joyau. Tout ce que souhaite, c'est que l'on me laisse en paix. Les Foudres de guerre m'ont accueilli en leur sein comme n'importe qui d'autre. Pour toi, il ne s'agit peut-être que d'une vulgaire bande de brigands et de parias, mais ils m'ont permis de laisser derrière moi mon passé d'inquisiteur. Je veux que tu m'aides à sauver les Foudres de guerre, en échange, tu pourras faire ce que tu veux de la pierre et de Gerald.

— Pourquoi aurais-je besoin de ton aide ? Je pourrais te tuer et ne laisser derrière moi qu'une traînée de cadavres.

— Car ce n'est pas ainsi que tu opères, tu ne vaudrais pas mieux que l'engeance qui enfermée en toi. Et ce n'est pas ainsi qu'elle agirait à ta place.

Alessia... Le souvenir de la jeune femme traversa l'esprit de la lamenoire, sa rencontre dans son for-intérieur. Son passé, son existence qu'elle avait cru à tort être la sienne. Même si la mercenarii et bandit n'était plus, dans quelle mesure son être impactait l'âme de la lamenoire ?

— Et de toute façon, poursuivit le siphonneur, tu auras besoin de moi pour te débarrasser des magistères et surtout de ce maudit Anastérion. De tous les membres de l'Académie Sin'dhorei, il a fallu que nous tombions sur un mage de guerre. Tu seras incapable de t'en débarrasser toute seule.

— Il est vrai que ce salopard à bien faillit tous nous tuer. Enfin bon, je dois comprendre que tu as déjà pris la peine d'échafauder un plan tandis que je jouais la Belle des glaces ?

— Gerald m'a parlé de tes relations avec la Legio, de ce præfector prêt à abandonner le siège en échange du Joyau. Il m'a chargé de m'infiltrer dans le castrum pour en savoir plus à son sujet. Et de m'occuper des Castellans. Si nous arrivons à les prendre en otages, nous arriverons à obtenir des garantis de la cohorte.

— Sauf que Taren Lex hait du plus profond de son être Varius de Castell et son fils, objecta la lamenoire. Mais oui, si nous lui donnons l'occasion de se débarrasser d'eux, il n'hésitera pas à nous apporter son soutien. Cependant tu oublies que nous sommes assiégés. J'imagine que les Imperatiis se sont empressés d'établir un blocus afin d'empêcher la moindre sortie de la part des Foudres de guerre.

— En effet, ils assaillent sans relâche la porte principale qui conduit jusqu'à l'enceinte supérieure depuis le premier jour. Heureusement la configuration et l'étroitesse du corridor ascensionnel nous permet de les repousser sans nous exposer mais nous finirons bien par être à court de flèches. Et en bas plus d'une centaine de légionnaires stationne entre nos murs perdus. Mais j'ai une solution. Nous attendrons le couché d'Astalyone et la baisse de la vigilance des guetteurs. Nous descendrons de la falaise en rappel à l'aide de cordes à crochet. Depuis le chemin de garde, derrière cette tour, nous pouvons atteindre sans mal la partie la moins gardée de l'enceinte inférieure. Avec un peu de prudence et de discrétion, nous atteindrons sans mal le tunnel de secours.

— Tu n'envisages tout de même pas sérieusement que l'on se balance dans le vide au bout d'une corde sur une distance de plusieurs dizaines de mètres ? Totalement à découvert et à la merci de la moindre sentinelle, qui en levant le chef, arriverait à nous repérer depuis les murailles ? Le venin aurait-il altéré à ce point ton bon sens ?

— Je compte bien évidemment sur tes extraordinaires capacités pour nous préserver de ce risque. C'est loin d'être hors de ta portée, précisa Vaiyn. Il se leva et finit par rengainer son glaive. Sur ce, je te laisse réfléchir à ma proposition, je dois regagner nos lignes de défenses. Je repasserais pour avoir ta réponse puis si tu es d'accord, nous passerons à l'action cette nuit. Je suis ta meilleure chance de réussir, Alessia ou Quelle que soit ta véritable identité.

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