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Epilogue : Lamenoire (1/3)


1


— Oui c'est par ici d'après mes souvenirs. Nous devons descendre cette crête et nous ne devrions par tarder à apercevoir la cabane entre les conifères, énonça Marjolaine tranquillement assise derrière la lamenoire.

Alessia tira sur les rênes pour signifier à Cal la direction à suivre tandis que derrière eux Rodan faisait de même avec sa propre monture. Le Nordien avait proposé de son propre chef de les accompagner dans leur petite excursion, ce qu'elles avaient accepté avec joie. Il fallait dire que ni Marjolaine avec son gabarit miniature et ni la lamenoire avec son épaule brisée n'auraient été capable d'accomplir la tâche qui les attendait.

Ils parcoururent tranquillement le plateau escarpé sous les épines épaisses des pins tandis qu'Astalyone poursuivait sans relâche son ascension matinale dans le ciel. Il fallait dire que pour une fois, rien ne pressait particulièrement la lamenoire, luxe quasi inédit depuis l'arrivée de la Legio Imperatorii dans les Terres sauvages. Enfin de compte, elle avait survécu à bien des péripéties, sa captivité dans le castrum, la bataille du col, le siège du Fort du Croc. Cependant elle était loin d'avoir accompli son objectif principal, la Larme Sanguine ayant échappé in extremis à ses griffes. Quant à sa mémoire, celle-ci demeurait tout aussi obscure et intangible depuis la tentative de Shivarra de prendre le contrôle de son corps. Certes, certaines choses lui étaient revenus, des noms, des concepts, des sensations : la Primelame Eldritch, son ancien mentor membre du Sidh'ari, l'Ordre de la Lamenoire, le sigil et la véritable nature de ses lames jumelles, mais elle ignorait toujours la majeure partie de sa véritable identité.

— Tu sais, Alessia, nous n'étions pas obligés de partir ce matin. Nous aurions très bien pu attendre un jour de plus que tu te remettes de tes blessures, énonça Marjolaine derrière elle alors que le cabanon apparaissait enfin entre les conifères.

— Non, je préfère que cela soit fait maintenant. Il ne mérite pas de rester dans cet état une journée de plus. Je t'en avais fait la promesse, répondit la lamenoire. Et puis toi aussi, tu as besoin de prendre l'air.

Il fallait dire que depuis l'affrontement entre les imperatiis et les Foudres de guerre, le Fort du Croc n'était plus l'endroit rêvé pour s'y établir durablement et l'agitation des derniers jours de la forteresse avait fait place à un silence de mort. Le trépas de plus d'une centaine d'âmes avait apposé pour de bons ses marques entre les murs de la forteresse en ruine. Si les auxiliaires de la Legio était intervenu dès le lendemain pour entasser les cadavres des légionnaires sur des bûchés funéraires cela n'avait pas pour autant effacer le sol rendu boueux par les flots de sang qui s'y étaient déversés. Quant aux corps des quelques drengirs présent, les auxiliaires s'étaient contenter de les précipiter dans le vide par delà le corps de garde en ruine, hormis celui de Gerald le Noir qui avait été immédiatement mit dans une charrette pour être transporté au castrum.

La lamenoire et ses compagnons avaient préféré observer la chose depuis les hauteurs de l'enceinte inférieure plutôt que d'aller à leur rencontre, ne sachant pas l'attitude qu'ils adopteraient à leur égard depuis l'escarmouche. La lamenoire ignorait si Taren Lex avait réussi à survivre à cette dernière et dans le cas contraire, qui avait pris la tête de la cohorte.

Alessia arrêta Cal devant le cabanon et descendit de sa selle tandis que Marjolaine faisait de même. La cabrioleuse fit signe à la lamenoire et à Rodan de la suivre le long d'un petit chemin bordé de galets qui serpentait sur le côté de la modeste masure. Un jardin aménagé dans une petite clairière se dévoila à eux, laissé sans entretien depuis plusieurs mois, celui-ci était dévoré par les mauvaises herbes, les fleurs sauvages et les fougères. La cabrioleuse pointa du regard une modeste sépulture au pied d'un grand aulne qui dominait la clairière de ses longues et nombreuses branches.

— Je pense qu'il aimerait reposer ici, à ses côtés, énonça Marjolaine. Ervin m'a toujours parlé d'elle avec tendresse. Maintenant ils seront enfin réunis.

— Eh bien, je vais commencer à creuser, fit Rodan, pelle déjà en main. Cela ne devrait pas prendre trop longtemps.

La lamenoire se contenta d'observer en silence pendant plusieurs minutes avant de se rendre compte que Marjolaine s'était volatilisé. Elle décida de laisser le Nordien terminer sa besogne et de se diriger vers la porte entrouverte du cabanon. À l'intérieur, la nature avait repris ses droits depuis longtemps, les plantes grimpantes s'étant frayés un chemin entre les planches du toit, les quelques meubles encore debout recouverts d'une épaisse couche de poussières.

— Quand nous sommes venus ici, Ervin m'a avoué que c'était la première fois qu'il y revenait depuis le décès de sa mère, énonça Marjolaine avec émotion. Il avait peur que cela ravive en lui d'anciens souvenirs, que malgré les années, il ne sentait pas encore assez fort pour rentrer à l'intérieur. C'était le jour juste avant que toi et tes anciens compagnons débarquent dans les Terres Sauvages.

— D'ailleurs comment-en-est-il venu à rejoindre les Foudres de guerre ? la questionna Alessia. Ervin ne m'a jamais révélé les conditions exactes.

— Eh bien, commença la cabrioleuse tout en réprimant les larmes qui perlaient aux commissures de ses paupières, c'était il y a plus d'une année lors de notre arrivée dans les Terres Sauvages. Je faisais partie de l'escadron envoyé en reconnaissance, nous avions établit notre campement à quelques kilomètres de Weyhon. C'était mon tour de garde et je me sentais étrangement observé, alors je me suis saisi d'une casserole et je l'ai jeté dans le buisson juste à côté de moi. Alors qu'un cri de douleur étouffé s'en échappait, je me retrouvais aussitôt avec un couteau sur la gorge alors que le reste du camp se réveillait.

— Il vous observait, cela me rappelle étrangement quelque chose, fit Alessia. Et ensuite ?

— Il a menacé de me tailler un second sourire et Harbard a commencé à discuter avec lui. Cet idiot m'avait pris pour une pauvre gamine sans défense alors j'ai attendu qu'il relâche sa garde pour lui flanquer un coup de coude dans l'entrejambe. Ce ne fut pas aussi efficace que je ne l'aurais cru mais pour finir c'était moi qui m'apprêtait à lui crever la panse. Harbard m'a arrêté, il a déclaré qu'Ervin ne manquait pas d'audace et de talent pour avoir été capable de nous prendre par surprise de la sorte et qu'il pourrait s'en tirer à bon compte s'il nous servait de guide dans les Terres sauvages. C'est grâce à lui que nous avons découvert l'existence du Fort du Croc. Ensuite lorsque les Foudres de guerre sont arrivés pour de bon, le Seigneur Gerald lui a proposé d'intégrer l'escadron des éclaireurs. Ervin était loin d'être en bon terme avec les bonnes ouailles de Wehyon, alors il a accepté de nous rejoindre sans la moindre hésitation. C'est comme ça que nous avons fait connaissance pour de vrai.

La lamenoire resta silencieuse tandis que Marjolaine contemplait avec mélancolie cette partie de la vie de son défunt ami. Si elle pouvait percevoir l'étendue de la tristesse de la cabrioleuse, elle était incapable d'en ressentir le moindre écho en elle-même, son esprit comme hermétique à la moindre stimulation extérieure.

La mort d'Ervin n'évoquait en la lamenoire ni tristesse ni chagrin, juste un profond vide. Etait-ce à cause de la disparition de Shivarra où en avait-il était toujours été ainsi ? Après tout n'était-ce pas dans le feu de l'action qu'elle s'était sentie la plus vivante depuis qu'elle avait repris pleine possession de son corps, au bord du précipice entre chaos et folie, tout en causant la mort tout autour d'elle ? Que savait-elle de sa propre existence, sa mémoire lacunaire et parasitées par les souvenirs d'Alessia ? La lamenoire pouvait presque ressentir en elle d'insondables ténèbres, presque qu'aussi obscure que l'essence démoniaque qui avait séjourné jusqu'à présent dans son sigil, mais ces derniers provenait de sa propre âme et non d'une quelconque influence démoniaque.

— Viens Marjolaine, nous ferions mieux de retourner dehors, énonça la lamenoire d'une voix atone. Rodan doit avoir terminé de creuser la tombe.


2


La lamenoire galopa jusqu'à atteindre l'entrée du castrum de la Legio II de Korvalys, laissant tout loisir à Rodan et à Marjolaine de rentrer au Fort de leur côté. Depuis la débâcle du Mak'athan, elle était restée sans nouvelles du sort de Taren Lex et des intentions futures de la cohorte suite à la fuite des Castellans et du Præfector Mélias. Alessia descendit de Cal et annonça son nom à la vigie qui gardait l'entrée du campement Imperati. L'auxiliaire l'observa d'un circonspect depuis les hauteurs de la palissade avant d'engager une conversation avec l'un de ses frères d'armes avant de disparaître pour de bon derrière la palissade. Celui-ci réapparu quelques minutes plus tard, accompagné cette fois-ci d'un décurion.

— Dame Cœurfroid, c'est bien vous ! s'exclama Tricia Carentis. Le Tribun Lex allait justement dépêcher un messager au Fort. Il souhaite s'entretenir avec vous le plus rapidement possible. Ouvrez les portes !

La lamenoire pénétra à l'intérieur du castrum tandis qu'elle confiait Cal aux bons soins des auxiliaires qui l'amenèrent à l'écurie. Tricia vint à sa rencontre pour l'amener jusqu'au prætorium. Alors qu'elles remontaient la grande allée, Alessia remarqua aussitôt que le castrum semblait bien plus calme que lors de ses visites précédentes. Parmi les deux cents légionnaires postés au Fort du Croc, combien avaient survécu à l'affrontement avec les drengirs ?

— Au départ, le Tribun Lex craignait que vous aviez péri après le duel judiciaire, énonça Tricia. Mais nos equites vous ont vu sortir du Fort ce matin avec vos compagnons.

Ainsi les imperatiis surveillaient bel et bien le moindre de leur faits et gestes en conclut la lamenoire. J'aurais du me montrer plus vigilante, je n'ai remarqué aucune trace de leur présence. Mes sens sont comme émoussés depuis la bataille.

— Décurion Carentis, vous n'étiez pas présent au Fort ce jour-là je me trompe ? fit la lamenoire. Vous faisiez partie de la garnison du castrum. Que s'est-il passé ?

— En effet, j'étais de faction aux portes comme aujourd'hui, finit par répondre la décurion après s'être éclaircie la voix. Peu après la méridiem, le Præfector Maris est revenu en compagnie de l'escadron d'equites chargés de surveiller la passe. Les Castellans étaient avec lui, je savais que quelque chose clochait mais je n'ai rien pu faire pour les empêcher d'entrer. Le Tribun Lex avait fait en sorte qu'un maximum des fidèles de Maris demeure au camp pour éviter qu'il n'influe sur les négociations. Ils se sont empressés d'ouvrir les portes malgré mes protestations. D'après Maris, le Tribun Lex et le Præfector Aranéis avaient péri lors de l'affrontement avec les Foudres de guerre, faisant de lui de facto le nouveau Tribun. Il a ensuite ordonné aux légionnaires de se préparer à partir dans les plus brefs délais tandis que les auxiliaires se chargeraient de démonter le castrum. Tout ceci semblait prémédité de sa part, car les membres de sa garde rapprochée avait profité du peu d'effectif du castrum pour se saisir d'une bonne partie de nos chevaux. Je n'avais avec moi qu'une poignée de légionnaire fidèle au Tribun et une trentaine d'auxiliaires peu motivée à l'idée de désobéir à un officier supérieur. Nous avons fini aux fers pour insubordination. Quelques heures plus tard, il partait en trombe du camp à la tête d'une cinquantaine de légionnaires à cheval et la moitié des provisions du castrum dans leurs besaces, sans oublier la dizaine de Dagues dont Mélias a ordonné de suite la libération. Ce n'est que bien plus tard que nous avons appris la survie du Tribun Lex lors de son retour au castrum.

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