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Chapitre 24 - Le prix à payer

Lorsque Jan entra dans la chambre ce matin-là, Lizzie parvenait enfin à effectuer quelques pas maladroits. Elle avait réussi à franchir l'espace qui séparait le lit et le secrétaire. Elle avait passé les deux derniers jours clouée au lit, des cauchemars dansant sur les bords de sa conscience. Elle n'avait tout simplement pas eu la force de se lever. Le regard d'Ambroise la toisait sévèrement dans ses songes. Que faites-vous, Lizzie ? Reprenez-vous.

Mais ce qu'elle accomplissait pesait sur elle aussi sûrement que du plomb, l'engluait dans une chape poisseuse de culpabilité. Un insidieux vertige lui coupait le souffle dès qu'elle ouvrait les yeux.

Pourtant, c'était elle, ou eux. Elle ou Drew Ferian. Elle ou Ulrik Redstig.

— Une lettre est arrivée pour vous.

Jan lui tendit une enveloppe où s'étendait une écriture déliée. Elisabeth Prudence van Stoker.

Un rictus déforma un instant les lèvres de la jeune femme devant le nom qui y était inscrit, mais elle le ravala bien vite. Le papier portait le sceau d'Ascelin de Glaves, le Haut-Régent d'Ardrasie.

Elle s'assit, les jambes tremblantes.

Elle laissa son regard errer un instant sur la missive.

N'avait-elle donc pas le temps de se remettre de sa précédente tâche ? Elle se sentait exténuée. Elle aurait volontiers dormi des jours et des jours durant.

Mais elle se força à décacheter le pli. À lire les lettres soigneusement tracées à l'encre rouge.


Andries Jorgen.

Discrétion.


Lizzie sentit son estomac se nouer. Elle venait de reconnaître le nom du Haut-Régent de Wallend. Ulrik Redstig éliminé, il était le seul qui se dressait encore contre l'Ardrasie.

Drew Ferian, pour allumer l'étincelle du chaos et se débarrasser de Haiguo.

Ulrik Redstig, pour éliminer un premier Haut-Régent.

Un dernier Haut-Régent, pour que l'Adrasie règne en maître sur Fort-Rijkdom.

Après la catastrophe de sa mission chez Redstig, elle n'était pas certaine d'y parvenir. Ce qu'Ambroise avait vu en elle, ce jour-là, dans le réfectoire de la Pension... Ce n'était peut-être rien qu'une illusion. Oui, peut-être l'avait-elle dupé, ce jour-ci. Peut-être n'avait-elle eu de cesse de le faire. Ambroise non plus n'avait pas prêté attention à ses épines — n'avait pas fait attention leur absence.

Elle n'avait eu besoin, après tout, que d'un geste bien placé pour faire tomber Ferian. Le même qui lui avait permis de faire périr le baron de Mésille.

Dès qu'il avait fallu faire davantage, elle en avait été incapable. Elle ne voulait pas recommencer.

Cependant, un pacte venait de lier sa vie à celle de l'homme qu'elle devait tuer.

Désormais, c'était lui ou elle.

Elle prit soudain conscience de la voix de Jan qui résonnait à ses oreilles. Il était toujours planté devant elle.

— Qu'y a-t-il ? dit-il d'un ton soucieux.

— Rien. Rien qui ne vous concerne.

Elle avait utilisé les mêmes mots lors de leur discussion houleuse, au sujet de sa récompense en échange de ses meurtres. Elle ne l'avait guère fait exprès, mais elle vit dans le regard de Jan qu'il avait comprit ce dont il s'agissait.

— Il y a un suspect, fit-il brutalement. Pour le meurtre du Haut-Régent de Nærmark.

Lizzie déglutit difficilement.

— Un suspect ?

— Un jeune domestique. On a retrouvé son uniforme dans la chambre de Redstig. Il s'est volatilisé durant la soirée. Nul ne savait où il était passé, et il a réapparu quelques heures après le meurtre. Il était vêtu d'une simple chemise, et sa stature correspond à celle de l'assassin qui a été aperçu au moment du meurtre.

Jan eut un regard éloquent vers elle.

Lizzie sentit la nausée s'emparer d'elle. C'était sa faute. La garde de Fort-Rijkdom pensait certainement qu'il s'était débarrassé de ses habits maculés de sang.

À l'aide de son cræft, elle vérifia que Fiona n'était pas dans les parages, et chuchota :

— Il n'y est pour rien. Je lui ai... emprunté sa livrée.

Jan fronça les sourcils, et Lizzie ne put s'empêcher d'ajouter :

— Je l'ai endormi.

Elle était horrifiée.

— Ils le relâcheront, n'est-ce pas ? Il est si jeune, c'est encore un enfant...

— Je ne crois pas. Il est wallend de naissance, et il est arrivé il y a quelques mois au service de Redstig. Le coupable idéal.

Lizzie ferma les yeux. Dieux. Par sa faute, les tensions qui subsistaient entre nærmarkiens et wallends s'étaient ravivées. Le coupable idéal.

— Vous allez finir par déclencher une nouvelle guerre, Lizzie.

Le ton était acerbe, et Lizzie sentit une flambée de colère l'envahir. Elle se rencogna contre le dossier de la chaise, et croisa les bras.

— Tant mieux. C'est exactement ce pour quoi je suis ici.

— Non. Vous êtes ici pour le chaos, celui qui permettra à votre royaume de contrôler Fort-Rijkdom, et une partie essentielle du Pays d'en Haut. La guerre est une chose toute différente.

Lizzie haussa les épaules.

Mais elle ne faisait que jouer un rôle — une façade, une dernière défense avant que tout ne s'effondre. Elle avait envie de pleurer. Mais elle ne trouva pas de formulation appropriée pour poliment demander à Jan de déguerpir hors de sa vue. Alors elle pinça les lèvres, et jugula les larmes qui menaçaient, étouffa la détresse qui devait commencer à s'afficher sur ses traits.

— Le garçon vous a vue ?

— Non, mentit-elle.

Elle revoyait l'expression d'étonnement dans son regard. Allait-il parler ? Ses souvenirs étaient sans doute trop flous, le sommeil dans lequel il avait été plongé très profond. Avec un peu de chances, il ne se remémorerait pas sa présence.

— Que risque-t-il ?

Jan haussa un sourcil, mais son visage était lugubre.

— La mort.

Un frisson dévala le dos de Lizzie.

Elle se surprit à espérer qu'il parlât d'elle, qu'il nie les accusations. Cela relancerait les recherches.

— La garde peut se montrer très persuasive, ajouta Jan d'un ton mordant. Ce ne serait pas la première fois qu'un suspect avoue un crime qu'il n'a pas commis, juste pour mettre fin à la torture. Le Haut-Régent haiguosi a avoué, et nous savons bien, vous et moi, qu'il était innocent. Son statut lui a permis d'échapper à la mort. Ce ne sera pas le cas de ce valet.

— Taisez-vous.

Elle aurait voulu disparaître. Le regard de Jan était accusateur. Pire que cela. Empli d'un dégoût qu'il essayait tant bien que mal de dissimuler.

Elle ne trouva pas la force de le soutenir une seconde de plus, et elle se perdit dans la contemplation de ses mains — ses mains qui, il y a peu, étaient encore tachées du sang de Redstig. Ses mains qui seraient à présent également tachées du sang d'un innocent.

Les larmes qu'elle tentait en vain de maîtriser enflèrent dans ses yeux, et elle battit des cils pour les chasser. Pas ici. Pas maintenant.

Elle esquissa une inspiration tremblotante pour tenter de dissoudre le nœud qui lacérait son ventre.

— Comment va votre bras ? s'enquit Jan d'une voix radoucie.

Lizzie mit quelques secondes à oser parler — sa gorge était nouée, et elle peinait à ravaler ses sanglots.

— Bien.

— Il faudra probablement éviter de le bouger pendant quelques temps.

— J'y songerai.

— J'espère que vous n'avez pas prévu de vous faire encore une fois tirer dessus.

— Je n'ai rien prévu du tout, fit-elle d'une voix un peu plus assurée. Mais je ne peux vous garantir que cela n'arrivera plus.

Jan eut une grimace.

— Êtes-vous sûre que vous ne voulez pas que je fasse quérir Hammond ? Il...

— Non.

— Je ne suis pas médecin, et pour ce que j'en sais la plaie peut toujours s'infecter, vous ne...

— Il poserait des questions. Certainement pas.

— Bien. Si vous en êtes certaine.

Il laissa son regard errer sur le pli que Lizzie tenait toujours dans sa main.

— Avez-vous besoin de quoi que ce soit d'autre ?

— Non, rétorqua-t-elle. Pas pour le moment.

Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'il la quitta enfin.

Là, une fois seule, les digues qui retenaient ses larmes cédèrent en une cascade de sanglots silencieux. Elle serra les draps dans ses poings ; elle aurait voulu les déchirer. Les réduire en lambeaux.

Cinq minutes. Pas une seconde de plus. Un jour, madame Constance lui avait affirmé que pleurer était parfois la seule solution pour se sentir mieux.

Elle laissa sa peur, sa colère et ses remords se déverser hors d'elle en un flot impétueux.

Puis lorsque ses pleurs cessèrent, elle releva la tête. Elle ne se sentait pas mieux. Son ventre était toujours aussi noué, sa gorge serrée. Elle s'observa dans le miroir, de ses yeux rougis par les larmes.

C'était elle, ou les autres.

Ce serait eux.

Elle n'avait pas le choix.

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