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Moderato

Le jeune homme resta un instant figé, observant l'adolescente à genoux devant le violon, sa frêle silhouette secouée de sanglots silencieux qu'elle ne retenait plus, muette à présent qu'un seul murmure avait révélé toute la vérité. Et sa peau d'ivoire poli semblait trop pâle, presque glacée, tandis que ses mèches chocolat encadraient son visage où scintillaient les larmes. Sa cape bleutée au liseré rouge soulignait son ossature fine, et Thomas ne put que songer qu'ainsi, elle ressemblait à une poupée de porcelaine prête à se briser. Elle pleurait, et ce constat lui fit mal. Lentement, il se leva, puis s'approcha d'elle, et, posant sa main sur son épaule, la fit se retourner vers lui. Des fragments d'étoiles scintillaient dans ses yeux et irisaient les perles scintillantes, translucides, qui roulaient sur ses joues rosées à la peau très douce. L'adolescent demanda alors, avec autant de douceur et de compassion que de peine sincère :

« Pourquoi tu ne peux plus jouer, Rose ? »
« Parce que... » souffla celle-ci, de sa voix mélodieuse mais brisée. « Je n'ai pas été malade, Tommy. Le dernier soir où je suis venue, avant aujourd'hui, j'ai eu un accident sur le chemin du retour. La vitre de mon côté s'est brisée, a atteint les ligaments après avoir manqué ma nuque et ma carotide. On a du opérer au niveau des mains, et maintenant... »

Délicatement, elle remonta ses manches, dégageant ses poignets, et souleva le violon et l'archet, calant avec la souplesse de l'habitude l'instrument sur son épaule, non sans une grimace de douleur face au poids pourtant léger de celui-ci. Et tandis qu'elle tentait de faire sonner les cordes, la petite musicienne ne put s'empêcher de pleurer. Le coeur serré, son ami comprit alors que la jeune fille au violon avait dit vrai, et perdait espoir de rejouer un jour moitié aussi bien qu'elle ne jouait autrefois : ses mains tremblaient, et chaque mouvement lui faisait encore mal. Il lui prit silencieusement le violon des mains, le posa, et avec tendresse, la prit dans ses bras, la laissant étouffer sa peine au creux de son épaule, enlaçant sa taille fine, les mains dans son dos. Elle tremblait doucement, secouée de sanglots, et la voir ainsi et non plus souriante lui fit mal.

L'Oiseau de Feu semblait prêt à s'éteindre, alors que lui aurait donné n'importe quoi pour le voir s'envoler à nouveau, chatoyant, de rouge, d'orange et d'or, vers les étoiles et vers l'une d'elles où riait sans doute le Petit Prince, auprès de sa rose. Sa rose... Au creux des bras du jeune homme, son amie semblait s'être légèrement calmée, mais ce silence était une plus éloquente preuve de désespoir que tout ce qu'elle aurait pu dire. Comme si sa voix si douce, si jolie, ne voulait plus lui répondre, et qu'en plus de son violon, elle venait aussi de perdre toutes ses chansons. La silhouette gracieuse, fière et distante s'éloignait, les dernières barrières tombaient pour ne plus montrer qu'une fragilité et un coeur brisé, mais, ses yeux bleus brillants de larmes, certaines roulant sur le visage encadré de mèches aile-de-corbeau soyeuses aux reflets de nuit pour se perdre dans les cheveux chocolats de son amie qu'ils ornaient comme des perles de diamant, Thomas réalisait qu'il aurait tout donné pour qu'elle rie encore, même s'il ne devait la voir que comme une adolescente très douée, à distance, même si ils ne devaient plus jamais se parler. Tout aurait été mieux que d'entendre sa Rose sangloter. Tout. N'importe quoi.

Du revers du pouce, en un mouvement très calme et tendre, l'adolescent essuya les larmes de la petite musicienne, puis il reprit le violon, et le plaça doucement pour elle sur son épaule, tandis qu'elle étendait le bras par habitude pour atteindre le manche, les cordes, posant soigneusement ses doigts sur celles-ci. Il lui fit plier et déplier les doigts, en une série de mouvements qui ressemblait à une chorégraphie, un ballet mesuré, codifié, si doux, si triste et porteur de tant d'espoirs. Puis il lui tendit l'archet, qu'elle prit de l'autre main, s'installant derrière elle en position du lotus, et patiemment, il l'aida à étendre le bras, à mouvoir son poignet, légèrement. Un jour, elle jouerait à nouveau comme avant. Il lui fallait simplement un peu de temps...

Les premières notes tremblaient, mais peu à peu, elles se placèrent, simples et belles, telles des battements d'ailes de papillons. Deux longues heures d'acharnement plus tard, les notes étaient comme avant l'accident. Ce n'était que le mouvement de base, mais c'était un début... Et c'était jouer du violon. Rose eut un petit sourire pour son ami, et Thomas le lui rendit avant de reprendre son instrument et de le ranger. Il entrelaça alors ses doigts à ceux de la jeune fille au violon, plongea ses prunelles de saphir dans celles, sombres, de l'adolescente, et murmura d'une voix posée, très lente, très douce et mélodieuse, une promesse qu'il comptait tenir plus que toutes celles qu'il avait pu faire dans sa vie. Chaque mot se posa sur le coeur de l'Oiseau de Feu, et émue, elle écouta le garçon répéter, d'une voix décidée :

« Je vais t'aider, Rose. Tu n'es pas seule, et tu sauras à nouveau jouer. Tu es premier violon, rien n'a changé, et rien ne changera. Je suis là, et crois-le ou non, personne ne prendra ta place. J'ai encore besoin de mon Ange de Musique, et tu as besoin de ton instrument, de la sensation des cordes et de cette sensation dans la poitrine, comme si ton âme vibrait avec le bois, au rythme des mélodies, pour sourire et être heureuse. Je veux te voir heureuse. Alors tu sauras jouer. Je te le promets. »
« Merci. » répondit seulement l'intéressée, entre rire et larmes, en serrant très fort son ami contre elle. « Merci, Tommy. Pour ta promesse, ton amitié, ton sourire, ton optimisme et ton amour de la musique. Merci... Pour tout. »

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