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Tabous 🎹 ~ Eym & Jacques

Trempé, Eymerick passa la porte d'entrée en ronchonnant. Il ferma à clé et déposa ses affaires avant de se dévêtir, dégoulinant. Il s'en moquait bien et si l'exhibitionniste était autorisé, il passerait sûrement sa vie à poil. Il monta rapidement chercher de quoi se sécher, enfila des vêtements au hasard et rangea son bazar dans l'entrée. Il se laissa ensuite tomber sur son lit, puis récupéra son ordinateur pour faire des retouches. Il aimait la solitude. Elle était devenue une bonne amie avec le temps. Parfois, il se reconnectait aux autres pour avoir la sensation d'exister, de ne pas juste survivre, puis se coupait du monde pendant quelques jours. Jacques ne venait jamais l'embêter. Il respectait son espace vital. C'était agréable. À aucun moment il ne se sentait oppressé.

Sa sensibilité artistique l'avait toujours rendu différent. Il n'en n'avait jamais fait tout un drame. Au final, les gens finissaient toujours par lui tourner autour. C'était plaisant bien que contraignant par moment. Le monde qu'il avait sous les yeux étaient à l'opposé de ce que le commun des mortels voyait au quotidien. Il ne le comprenait pas lui-même. Tout transparaissait à travers ses photos. C'était une façon de se livrer. Il n'aimait pas qu'on lise en lui et pourtant, ses photos étaient comme un journal intime.

Il passa de nombreuses heures sur son logiciel de retouches pour perfectionner ses clichés bien qu'ils soient déjà présentables. Jacques le cataloguait de perfectionniste, il se considérait comme névrosé. Au bout d'un moment, il s'octroya une pause. Ses paupières le piquaient et il les frotta en bâillant. Quelle heure était-il ? Un simple coup d'œil à son portable fit grogner son estomac. Il esquissa un sourire. Repoussant son ordinateur, il s'apprêtait à quitter son lit confortable lorsqu'une notification attira son attention. Curieux, il ouvrit sa page Facebook et contempla le message d'un de ses camarades.

« C'est de toi qu'on parle ? [lien.com] »

Il fronça les sourcils et cliqua sur le lien. Une de ses œuvres avaient-elles reçues une mauvaise critique ? Il se savait assez susceptible sur son travail. C'était une part de lui et personne n'aimait qu'on pointe ses défauts. Il était sûrement l'un des seuls de sa classe à être entré dans le milieu aussi vite et aussi facilement. Ses œuvre plaisaient, elles « parlaient », elles intriguaient. Et il en retirait un certain bénéfice financier non négligeable.

Lorsque ses iris survolèrent le titre de l'article, son monde s'écroula.




🎶🎵🎶




Jacques s'essuya les mains pleins de graisse sur le torchon qu'il jeta ensuite prêt de sa caisse à outils, serein. Il travaillait parfois chez JB, le garagiste du quoi. Rien d'extraordinaire. Il aimait juste observer le fonctionnement de tous ces engins et avoir l'opportunité de se targuer de pouvoir réparer sa bécane tout seul. L'inconvénient dans ce travail était que ses doigts couvert d'huile - et accessoirement sa blouse - puaient le cambouis et qu'il mettait du temps à tout récurer. Heureusement, ce n'était qu'un job occasionnel qu'il expérimentait parce que les études ne l'intéressaient pas. Quel intérêt ? Si ses géniteurs avaient vents de son envie de reprendre les cours, ils l'inscriraient de force dans une académie privée où le diplôme était pratiquement donné. Jacques détestait ce monde-là. S'il devait gagner quelque chose, ce serait à la sueur de son front et non parce que d'autres emploieraient tous les moyens, même les moins recommandables, pour qu'il réussisse. Sauf l'argent de ses parents. Ça, il se permettait d'en profiter pleinement. Après tout, ces derniers lui avaient brisé ses rêves de gosses. Ils méritaient de se faire plumer.

— T'as finis mon garçon ? demanda JB, de son vrai nom, Jean-Baptiste.

— Ouais, répondit le motard en le rejoignant.

JB était un type plutôt musclé, dans la cinquantaine, qui avait plus de cheveux blanc sur le caillou que de barbe. Il était célibataire depuis une dizaine d'années et gérait seul cet endroit qui possédait une clientèle régulière. C'était un homme bien qui s'évertuait à traiter Jacques comme son protégé.

— Je présume que tu y vas ? Tiens, c'est pour te remercier de m'avoir dépanné.

JB tendit un billet de cinquante que Jacques refusa poliment tout en allant se laver les mains au robinet juste à côté.

— J'insiste.

— Laisse tomber JB, sourit Jacques. Je t'ai déjà dis que je ne voulais pas être payé. Et si tu me fourres encore un billet dans mes poches, il va mystérieusement se retrouver dans la caisse.

Le mécanicien lui envoya un regard sévère et rangea son billet dans la poche ventrale de son uniforme en bourgeonnant. Ce que ce petit pouvait être têtu ! Amusé, le brun usa du savon pour faire partir la saleté puis se dévêtit de sa blouse pour récupérer ses affaires. Il attrapa son casque, enfila sa veste et salua JB qui grogna de mécontentement. Jacques rit et enfourcha sa moto. Il adorait le propriétaire. Il parlait peu, mais il avait le cœur sur la main. Il y avait peu de personne comme lui dans ce monde.

Sur la route, il fit attention à ne pas dépasser les limitations et profita du vent qui vint fouetter son torse. Il faisait chaud. Horriblement chaud. Et la veste ne l'aidait pas à se rafraîchir. Lorsqu'il arriva devant sa maison, il rentra le véhicule à l'abri, déposa un drap dessus afin qu'elle ne prenne pas la poussière, retira son casque qu'il accrocha et jeta sa veste dans un coin. Il poussa la porte de sa demeure, déposa ses chaussures dans un coin et grimpa les escaliers pour prendre une bonne douche.

Jacques aimait l'ordre et la propreté. Autant dire que même s'il adorait bidouiller sur les engins de temps à autre, il détestait cette sensation de crasse qui lui collait à la peau. Il sortit propre comme un sous neuf, et sauta dans des vêtements. Il s'allongea sur son lit, prit son portable et envoya quelques textos à Nathan pour lui demander comment il allait avant de le taquiner sur Clément.

La frustration de s'être fait rejeté lui était désormais passé au-dessus de la tête. Bien sûr, il était toujours déçu de ne pas avoir capturer la folie du châtain, mais il n'aurait servit à rien d'insister. Eh puis, il n'était pas un briseur de couple. Ou tout du moins, pas de manière volontaire.

📩 De Jacques :
Où es-tu ?

Il s'était attendu à voir Eymerick dans la maison, cloîtré dans le salon sous un plaid chaud à cause de la pluie, mais personne aux environs. Peut-être devrait-il toquer à sa chambre ? Bof. Pas envie de me faire rabrouer. La fête lunaire avait eut lieu à peine quelques jours plus tôt et Eymerick réclamait encore son côté de solitude. Il pouvait se montrer froid lorsqu'il n'était pas d'humeur câline. Hors de question de subir sa mauvaise humeur.

Il contempla son écran sans réponse, attendit une bonne dizaine de minutes, avant de pianoter furieusement dessus, le cœur légèrement battant.

📩 De Jacques :
Eymerick, si tu ne me réponds pas, je fais jouer mon réseau pour te filer à la trace. Je déteste ne pas savoir où tu es.

Il était peut-être un tantinet parano, mais le besoin de liberté du noiraud lui donnait parfois des sueurs froides. Il était déjà arrivé qu'il ne reçoive aucune nouvelles pendant un mois. Eymerick partait il ne savait où, faire il ne savait quoi. Et à la réflexion, il n'avait aucune envie d'en savoir plus. Malgré tout, ses élans de fugues s'étaient calmés depuis quelques mois. Il espérait seulement ne pas devoir supporter le silence de sa demeure pendant trop longtemps.

✉️ De Chaton 🔥 :
Va chier 🖕🏻

Il esquissa un sourire, amusé par sa réponse. Inquiet tout de même, il s'apprêtait à le relancer quand un autre message s'afficha sur son écran.

✉️ De Chaton 🔥 :
Chambre. Arrête de me les briser. Connard.

— Ok...

Méchanceté gratuite, rejet direct... s'il ne connaissait pas Eymerick, il se serait braqué aussitôt. Il délaissa son portable et se releva pour franchir les mètres qui le séparaient de la chambre de son ami. Il poussa le battant en se rassurant de le voir non-verrouillé et s'adossa contre la chambranle la porte alors que le noiraud le fusillait du regard.

— Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « va chier » ?! s'exclama-t-il, hargneux.

— Rien. Je n'avais juste pas d'envie particulière, alors je me suis dis qu'un petit peu de présence humaine ne te ferait pas de mal.

— Bah, je me passerais bien de la tienne !

— Ouh. Monsieur a envie de mordre à ce que je vois, rétorqua Jacques avec un sourire insolent.

Eymerick étrécit son regard, à moitié allongé sur son lit. Il jaugea son adversaire et sortit les crocs.

— Tu es un putain de masochiste, Jacques. Tu veux quoi ? Te faire insulter te fait bander ? Tu veux que je te prennes comme un chien en t'humiliant ? Mais pas de problème, ramène ton cul, je vais te défoncer.

Ah oui. De très mauvaise humeur, songea le motard qui ne broncha pas. Pour avoir capturer ce chat blessé sur le côté de la route, il savait que ce n'était qu'une manière de plus de se protéger. Quelque chose avait dû arriver. Comme souvent. Il se détacha de la chambranle et marcha paisiblement jusqu'à son ami qui, loin d'apprécier l'idée, lui jetait un regard haineux.

— Tu veux aussi que je te frappes ? Ça pourrait être assez réaliste comme jeu. Je me demandes qui de nous deux aurait le plus mal...

Le noiraud rit sans joie. Jacques soupira et s'arrêta à sa hauteur.

— Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Rien.

— À d'autre.

— Tu me fais chier. Dégage.

— Je te connais Eym, je sais ce qu'il passe dans ta petite tête.

D'un geste vif, le noiraud bondit de son lit pour lui agripper le col.

— Tu ne sais rien, Jacques.

Son regard, aussi sombre que la nuit, fit frissonner le motard. Jacques aimait se vanter qu'il n'avait peur de rien. Sauf d'une chose : le désespoir dans les yeux de son ami. Celui qui lui criait qu'il n'avait rien à perdre. Il agrippa son poignet et le repoussa d'un geste ferme mais tendre.

— Je ne sais rien, ok. Explique-toi.

— Va te faire foutre ! Pourquoi tu es toujours comme ça ? Juste, arrête !!

Eymerick se serait arraché les cheveux de fatigue si son colocataire ne lui maintenait pas le poignet. Il fronça les sourcils et fixa le sol avec insistance, comme s'il pouvait y creuser un trou. Il tressaillit lorsque la main du motard glissa sur sa hanche pour le repousser contre son lit. À contre-cœur, il tomba sur le dos et l'incendia du regard. Pourquoi, mais pourquoi Jacques ne l'ignorait pas ? Ce n'était pas l'une des demandes les plus compliquées qu'il ait à ce jour énoncé !

Le brun observa l'expression torturée de son ami et esquissa un sourire avant de caresser ses joues de son pouce. Bien loin d'apprécier le contact, Eymerick tenta de le repousser.

— Lâche-moi. Ne me touche pas.

— Explique-toi.

— Ne me touche pas !!! hurla le noiraud en détournant la tête.

Jacques le relâcha prestement et croisa les bras sur sa poitrine en se redressant, l'immobilisant à l'aide de ses cuisses. Il fronça les sourcils et attendit dans le silence alors qu'Eymerick fusillait le mur de ses iris chocolats. Allons bon ! Cela s'avérait plus compliqué que d'habitude. La mâchoire du noiraud était si serrée qu'il pouvait pratiquement en voir les os.

— Parles-moi Eym, tu sais que je ne te laisserais pas tranquille sans une bonne explication, assura Jacques d'un ton calme.

Le photographe en herbe le fusilla du regard, puis se mura dans le silence. Eh puis quoi encore ? Pour se qui se prenait Jacques ? S'il n'avait pas envie de parler, il ne parlerait pas. Personne ne l'y obligerait.

Ils restèrent longuement comme ça. Eymerick était une personne butée, mais Jacques tout autant. Il était fréquent que leurs caractères créé quelques étincelles. L'orage gronda au-dessus de leur tête. La pluie semblait avoir reprit. Depuis combien de temps ?

— Laisse-moi, souffla faiblement le noiraud.

Jacques planta ses yeux sur le profil de son ami dont il tenta de percer les secrets. La solitude était peut-être l'échappatoire parfait pour son colocataire, mais il n'aimait pas le laisser avec ses idées noires.

— Non, Eym. Jamais. Maintenant, dis-moi tout.

Eymerick serra les poings, lutta contre cette vague puissante de souffrance qui le bouleversait, et ferma les paupières. Ne pas pleurer ne pas pleurer ne pas pleurer ne pas pleurer ne pas pleurer ne pas pleurer ne pas pleurer. Il cédait trop facilement à ses émotions en présence du motard. Sûrement une conséquence de cette confiance qu'il lui avait offert avec le temps. Il n'aurait pas dû, mais avait-il seulement eut le choix ?

— Je ne veux pas en parler.

— Ça, je l'avais compris...

Jacques, parfaitement statique, attendait en silence. Les minutes s'égrenaient, mais il ne bougerait pas. Il n'aimait pas le laisser seul, prisonnier de ses démons. Son regard dériva sur le portable, près de l'oreiller. Il se pencha et jeta un coup d'œil à l'écran malheureusement verrouillé.

— Tu as peur de l'orage ? Tu veux un gros bisou sur la fesse droite ? tenta-t-il.

— Merde, vas jouer ailleurs ! rugit Eymerick en le repoussant. Je n'ai pas envie de rire. Laisse-moi tranquille.

Le motard soupira bruyamment et continua d'insister. Il ne quitterait pas cette chambre sans une réponse. Au bout d'un moment, à bout, baladé par le torrent émotionnel qui rugissait en son sein, le noiraud déverrouilla son appareil et le lui balança en pleine figure pour toute explication.

Jacques se retint de le rembarrer - toute patience avait ses limites - puis jeta un coup d'œil au messenger de son ami. Son cœur manqua un battement.

— Oh..., souffla-t-il faiblement.

— Maintenant, laisse-moi seul, ordonna l'étudiant en barrant son visage de son bras.

Le bassin du brun rencontra celui de son ami quand il se laissa retomber sur les fesses. Le laisser seul après ça ? Jamais. Pourquoi les gens devaient être aussi curieux ? Si ce type n'avait rien envoyé, Eymerick ne serait pas dans cet état. Il jeta le smartphone à l'autre bout du lit, ses pensées focalisées sur le titre de l'article.

Un couple de jeune parents, brûlé vif dans un accident de la route.

Il n'avait pas besoin de lire la suite de la page internet pour savoir ce qu'il y était raconté. « Cécile Shade et son mari, Peter Shade, accompagnés de leur fils de dix-huit ans bientôt dix-neuf, Eymerick Shade, se sont retrouvés impliqués dans un accident de la route. Un camion en sortie d'autoroute n'aurait vraisemblablement pas aperçu le véhicule et l'aurait percuté de plein fouet. Après plusieurs tonneaux sur l'axe centrale, la voiture aurait bloqué le bas-côté. Les secours ont fait de leur mieux pour arriver rapidement sur les lieux. Malheureusement, les flammes avaient déjà prises possession du moteur. L'adolescent, est tout de même parvenu à s'extirper de l'engin en miette pour s'en sortir avec quelques points de suture à l'arcade sourcilière et des éclats de verre enfoncés dans le bras gauche. Ses parents n'auront pas la même chance lorsque les flammes se transformeront en explosion. Malgré une prise en charge rapide par les urgences, Mr et Mme Shade décéderont sur le trajet menant à l'hôpital. » À la même époque, Jacques l'avait rencontré et, loin de se douter de son passé encore très vif, il l'avait abordé. C'était en approfondissant sa relation avec le noiraud qu'il avait découvert ce lourd passif. Il y a encore quelques années, Eymerick se réveillait en hurlant, luttant contre des flammes imaginaires.

Il glissa sur le côté et récupéra le noiraud entre ses bras bien que celui-ci resta aussi raide qu'un bâton, toujours furieux. Envers lui ? Jacques ? Le monde entier ? Peut-être un peu des trois.

— Je n'ai pas besoin de toi, grinça-t-il des dents.

— Je sais, répondit calmement le motard en glissant ses doigts à travers ses boucles. Mais moi oui.

Les dents d'Eymerick, plantées dans sa lippe, lui faisaient mal. À tel point qu'il sentit les perles de sang lui donner un goût métallique. Il ferma les paupières, dos au brun, et laissa une larme traîtresse glisser sur sa joue pour atterrir sur ses draps. Il ne voulait plus penser à rien. La douleur était atroce. Tellement vive et inoubliable.

— Pourquoi tu fais toujours ça ?! se plaignit-il d'une voix faible.

— Je suis têtu ?

Le noiraud ne prit pas la peine de répondre. Il tentait désespérément de chasser les images horrifiques qui s'imprimaient contre sa rétine.

— Parce que je tiens à toi, ajouta Jacques contre sa nuque.

Même le contact des lèvres du motard ne lui arracha aucune réaction. Il soupira et chassa discrètement ses larmes avant de gigoter. Il ne voulait pas de cela. Que ce soit de la pitié ou de la compassion, ça ne l'intéressait pas.

— Dis-moi ce que je peux faire pour que tu ailles mieux.

Eymerick se figea, incertain. Il réfléchit et prit une décision. Jacques refuserait et il avait besoin d'être seul même si la solitude l'entraînerait un peu plus dans les ténèbres.

— Joue du piano.

Le corps du brun se crispa. Jouer du piano ? Non. Il ne pouvait pas. C'était au-dessus de ses forces. Et surtout, c'était un sujet tabous.















~~~
Je vais me coucher 😴

Mais n'hésitez pas à exprimer ce que vous ressentez ici !

Et à me dire quelque chose sur les personnages ❤️

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