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Lune Rousse - Chapitre VIII

Chapitre 8


Transylvanie. 1790.

J'étais devant un vieux manoir qui semblait poser sur la colline. C'était le seul en hauteur alors qu'un village tout entier avec de magnifiques toits rouges étaient cachés en contrebas, sous le brouillard. D'autres collines verdoyantes s'étendaient à perte de vue avec de sublimes arbres aux feuilles rouges qui donnait un paysage bucolique à couper le souffle. Pour une raison que j'ignore il me laissa aussi, mélancolique je connaissais cet endroit en tout cas la personne qui avait vécu ma vision la connaissait. Cette vision était très particulière parce que j'avais l'impression d'être la personne à avoir réellement vécue cette scène tout en étant spectatrice impuissante, mon corps était une coquille vide alors que dans mon cerveau semblait se battre deux âmes distinctes. J'approchais de la maison à petit pas comme apeurée.

« DANUT REVIENS TON PERE NE VOULAIT PAS DIRE CA » cria une jeune femme.

Ses cheveux d'un blond épi de blé étaient coiffés dans un chignon strict et sévère semblant sortir d'un autre temps, un révolu, c'est certain. Sa toilette semblait riche pour l'époque ne comportant que des tissus nobles. Elle mit rapidement son chapeau, une plume noir geai avec des reflets bleutés l'ornait magnifiquement puis elle rattrapa rapidement le petit garçon blond qui était à l'image de sa mère propre sur lui, bien peigné, bien coiffé. Je me rapprochais doucement pour ne pas qu'il me voit mais j'eu tout de suite l'impression d'être comme transparente. Plus je m'approchais plus je trouvais ce petit garçon adorable il faisait la moue, visiblement pas vraiment content que sa mère l'ait rattrapé.

« Danut ce n'était pas une question. Tu viens à l'office avec nous, il faut louer le seigneur pour les privilèges que nous avons et pour ceux qu'il nous accordera » lui dit-elle autoritaire en reboutonnant sa chemise sous son cou.

Il ne répondit rien et se laissa traîner de force jusqu'à l'entrée de la maison où un grand homme aux cheveux blond vénitien les attendait l'air grave et sévère. Malgré tout en voyant le petit garçon plus près de lui son visage s'adoucit, il lui sourit franchement et le prit dans ses bras sans un mot. La scène m'émeut et pendant que ce petit monde partit, j'en profitais pour rentrer dans la maison et fouiller un peu. Cette vision n'était pas comme d'habitude, je vivais un souvenir en pur spectatrice mais je pouvais évoluer dedans comme s'il m'appartenait. J'entrais avec précaution, la maison qu'on pouvait plus qualifier de manoir était gigantesque. Dans l'entrée trônait un énorme escalier desservant deux côtés opposés toute la décoration était partagé entre l'or et le marbre et parmi toutes ses richesses un tapis rouge en velours habillait les escaliers avec élégance. J'avançais avec précaution jusqu'à ce qu'un majordome croise ma route, il me traversa sans me voir alors je décidais de le suivre il allait forcément quelque part et le moindre indice était important. Il évoluait à travers le couloir, à un moment tout devint moins brillant moins riche comme une sous couche de peinture à présent écaillée.

« Messieurs et madame Pretorian sont parties à l'office mais le jeune maître a fait une crise cette nuit et s'est tapé la tête contre sa table de chevet il y a donc du sang partout je vous demanderai de laver ça avant notre office, si vous me cherchez je serais dans mon bureau. »

Il partit laissant les servantes prête à partir, se déshabiller pour remettre leurs tabliers.

« Ce petit a la tête dure. » dit l'une d'elle

« On dit qu'il est en proie à des crises de possessions démoniaques depuis qu'il s'est fait corriger à l'école. » répondit une autre servante

« Tout de même casser le dossier d'une chaise en bois sur la tête d'un petit garçon... » affirma une autre

Quand soudain apparut dans la pièce une femme d'apparence plus strict, austère avec une vieille tenue de gouvernante.

« Soyez assurez mesdames que si l'on vous connaissait une quelconque instruction en exorcisme, en éducation ou en médecine nous vous aurions consulté. Maintenant faites ce pourquoi vous êtes embauchés. Cependant soyez assurez que si j'entends encore des inepties pareilles je me chargerai personnellement de votre renvoi immédiat et sans délai. »

Toutes les filles s'éparpillèrent en direction d'un grand escalier au fond de la pièce en pierre rapidement et sans un mot. J'en profitais pour détailler la pièce, c'était une grande cuisine qui devait aussi servir de salle à manger pour les servants, une pièce de fortune. En tout cas, rien ne laissait croire à tant de richesses plus loin dans le manoir, d'ici. Je reculai de quelques pas pour aller rejoindre la pièce juste avant la cuisine dans laquelle s'était engouffrée le majordome. Je traversai la porte et me retrouvai dans une pièce un peu plus riche, plus décorée. Il était assis derrière son grand bureau en bois et semblait très concentré sur une lettre, je passais derrière lui pour essayer de voir ce qu'il lisait histoire de pouvoir me situer dans l'espace et le temps parce que pour l'instant je ne comprenais pas grand-chose à cette vision. Je passais la tête aux dessus de l'épaule du majordome, j'étais soudain stupéfaite. Je ne compris rien à la lettre, je ne connaissais personnellement pas cette langue et mon hôte semblait avoir du mal à se rappeler de la signification de ces mots mais je pus comprendre que j'étais en Transylvanie et que nous étions en 1790. Qu'est-ce que je pouvais bien faire ici ?

Soudain la vision s'accéléra à toute vitesse et je me retrouvais assise sur un petit lit d'enfant dans une chambre. Ce petit enfant blond jouait avec une petite fille blonde aux yeux marrons, elle le regardait avec des yeux rieurs et il jouait avec des jouets en bois. Je vus du coin de l'œil sa mère accoudée à l'encadrure de la porte alors que des notes de pianos flottaient agréablement dans l'air. Tout à coup le majordome passa derrière la mère et lui mit une main sur l'épaule.

« Vous avez des nouvelles, madame ? » lui demanda-t-il tout bas

« Non malheureusement. Le prêtre le croit possédé, les médecins ne me proposent que des saignés qui semble plus l'affaiblir qu'autre chose... Je suis démunie. Il n'y a aucune logique dans ses crises à part que c'est depuis ce fameux jour d'école... Il est mon seul bébé et je n'ai pas envie de le perdre, Viktor. Le seul conseil qu'on m'a donné c'est de profiter de chaque moment mais je n'ai pas envie, il n'y a rien de naturel à voir son fils mourir, ce n'est pas dans la logique des choses. » lui répondit-elle les yeux embués.

« Dan, tiens c'est toi qui fait la princesse ! » s'exclama la petite en lui tentant une poupée de chiffon.

Quand j'entendis le prénom qu'elle prononça je me retournais vers elle stupéfaite. Je ne pouvais pas y croire, alors cet adorable enfant, c'était Dan... Mon Dan... Je me rapprochais doucement et me m'accroupis devant lui pour le détailler, je mis une main devant ma bouche et étouffais un cri de surprise.

« Viktor, regardez le... Il n'a rien d'un enfant possédé. Le corps humain resselle encore tant de mystères... J'espère qu'il survivra jusqu'à ce que la médecine avance... »

« J'espère madame, c'est un brave petit. » lui assura-t-il avant de disparaître

« Chérie, tes parents savent que tu es là ? » demanda soudain la mère de Dan à la jeune fille

« Je ne sais pas, papa n'est pas rentré depuis 3 jours et maman est partie à sa recherche » lui lança-t-elle comme si tout était normal.

Remarque je peux bien la ramener j'ai fait pareil pour Hailey même si c'est un vampire et que donc techniquement elle n'a pas besoin de moi. Son instinct de mère la fit s'approcher de la jeune fille, l'embrasser sur le front et lui dire amoureusement :

« Tu vas rester ici jusqu'à ce que ta mère vienne te chercher d'accord ? »

Elle acquiesça en souriant de toutes ses dents et prit la mère de famille dans ses bras.

J'étais debout au milieu de la chambre quand je remarquai qu'en face de moi une horloge commençait à avancer rapidement. Effectivement les enfants courraient en dehors de la chambre, le soleil se coucha sur la maison, et avant même que je ne m'en rende compte les enfants étaient au lit. Je souriais devant la bouille d'ange de Dan tandis qu'il prenait dans ses bras la petite fille qui dormait dans le même lit que lui. Je sortis de la chambre et ne vit qu'une pièce avec de la lueur en de sous, un peu plus loin du couloir en balcon.

« Je t'ai trouvé fort injuste avec lui avant l'office... »

C'était la voix de la mère de Dan, madame Pretorian.

« Ecoutez ma chère, en plus d'être parfaitement naïf et innocent, il ne se rend pas compte qu'il est un danger pour lui-même et pour les autres. Avez-vous seulement imaginé si un jour il fait une de ses crises à l'office justement ? Que vont-ils lui faire subir ? La roue ? La guillotine ; qui fait semble-t-il fureur en France ? Mais savez-vous que l'on raconte à qui veut bien l'entendre que notre bon prêtre utilise un instrument de son invention qui s'appellerait la vierge de fer. En quoi cela consiste me direz-vous ? C'est une statue de fer dans laquelle le bon prêtre y enferme « les suppos de Satan », mais vraisemblablement nous devons combattre la diablerie par la diablerie puisque quand cette chose se referme, elle transperce de toute part sa victime laissant le sang couler au travers. Et la personne, piégée devient alors aussi poinçonnée que les fromages dont vous raffolez, ma douce. Cela est donc tout ce dont vous rêvez pour votre seul fils ? » lui répondit monsieur Pretorian.

Un grand silence s'installa avant qu'elle continue.

« Hier au marché on m'a laissé entendre qu'un irlandais de passage à proposer de fêter « Halloween », c'est une fête costumée selon leurs dires. Tout le village y participe même le personnel de maison, y prêterez-vous part avec moi, Danut et probablement la petite Kasprzyk ? » lui demanda-t-elle

J'étais toujours de l'autre côté de la porte à les espionner, je n'osais pas entrer de peur de violer leur intimité mais chaque détail, chaque discussion m'en apprenait plus sur Dan et son passé. J'étais quand même reconnaissante d'Hailey de me faire voir tout ça parce que je ne suis pas sûre qu'il m'en aurait parlé un jour...

« Avec joie. Vous semblez croire à tort que je suis un mauvais mari... »

« Ô non, je remercie tous les jours le seigneur d'être avec un si brave homme qu'il a mis le monde au pied de sa femme juste pour qu'elle est un avant-goût de paradis. »

Je n'entendis plus rien des deux côtés avant qu'un éclat de rire vienne percer le silence. Je partis donc un peu plus loin le sourire aux lèvres ; alors ces parents s'aimaient vraiment... Je suppose que c'est beau pour l'époque.

Le lendemain sa mère passa la journée à coudre un costume pour les enfants. Je passais donc la journée assise à ses côtés observant sa vie avec détail. Elle était toute seule toute la journée, son mari rentrait souvent tard. Aujourd'hui les enfants ne semblaient pas avoir école ou alors la mère de Dan avait pris ses précautions étant donné qu'il affichait une petite mine ce matin. Pour le plus grand plaisir des enfants par ailleurs exacerbé par l'annonce de la fête costumée du soir même et le choix de leur costume.

« Voilà votre thé madame. Je vois que vous travaillez dur pour la fête de ce soir, les enfants n'ont pas l'air de vous avoir épargnés. Qu'ont-ils choisi si je peux me permettre ? » lui demanda Viktor le majordome

« Je pensais naïvement à des costumes d'animaux, en premier lieu mais voilà que Danut veut devenir le comte Dracula et miss Kasprzyk Marie Antoinette ! »

Comment pouvait-il savoir que quelqu'un exhausserait son vœu un jour, hein Dan...

« Et vous madame que voulez-vous être ? »

Il riait ouvertement ce qui offusqua madame Pretorian.

« Voilà que vous riez de moi à ma barbe qui plus est ! »

« Vous savez que je n'ai que le plus profond respect pour vous madame. Mais si je pouvais vous donner mon avis je vous dirais de vous déguiser en laitière ! Vous feriez la parfaite laitière de Monsieur Vermeer. »

Elle se mit à rire avec lui avant de reprendre son sérieux.

« Je dois l'avouer vous avez décidément de la suite dans les idées. » lui avoua-t-elle

« Assurément madame. » lui répondit-il encore enjoué avant de disparaître

Le soir approcha à grand pas et les enfants vinrent chercher leurs costumes l'un après l'autre et je dois dire qu'il était tous les deux sublimes. Dan portait un frac rouge en velours court devant, de magnifiques dorures ornementaient la veste, dessous un gilet noir et rouge avec de belles coutures travaillés une cravate blanche d'époque qui apportait un puit de lumière dans tout ce sombre. Pour le bas il avait une culotte noire avec des dorures sur les côtés et des collants rouges, de belles bottes noires remontaient presque jusqu'en haut de ses genoux. Il était fier comme un coq pendant qu'il attendait que son hôte d'un jour se change elle aussi. Deux servantes étaient parties l'aider à enfiler toutes ses couches de robes. Quand elle sortit enfin elle était somptueuse, ces cheveux presque blancs étaient coiffés en hauteur dans un chignon bouclé très gros et large, des colliers de perles décoraient ses cheveux accompagnés d'une plume blanche. Sa robe, elle, était pour ce que j'ai pu voir une robe d'époque à la polonaise bien sûr, les préférés de Marie Antoinette, la robe en elle-même était dominée par le blanc hormis le décolleté qui était entouré d'un tulle marron doré, le devant du bustier et un de ses pan mêlait tulle et broderies des mêmes couleurs ambrés. Les manches longues de la robe finissaient par un nœud de tulle transparent. Cette robe représentait la sophistication même d'autant plus qu'en petit format pour une fille cela lui conférait un côté poupée.

« Vous êtes adorable les enfants ! » avoua la mère émue

J'avoue que cela valait bien le coup d'avoir passer la journée à coudre même si les domestiques avaient elles aussi bien travaillé et devaient en avoir marre après avoir passer la journée à courir en ville pour aller chercher tel ou tel tissu. Mais la mère de famille n'était pas déguisée et son fils lui fit bien remarquer.

« Comte Dracula, Miss Antoinette si vous le permettez je vais à me tour me changer ! » lui répondit donc sa mère avec grâce.

Et elle partit se changer sous les cris d'excitation des enfants.

« Ma douce Marie Antoinette que croyait vous que mère ai choisi comme apparat ? » lui demanda-t-il avant un ton faussement hautain et distingué

« Et bien écoutez, elle a échappé à la cour de France qui est pourtant le centre ultime de ragot ! Une vraie conciergerie. Je ne saurais point dire. » lui répondit-elle en s'essuyant dramatiquement le front

Ils rigolèrent avant de regarder la mère de famille descendre j'étais choquée par la ressemblance avec la vraie laitière. Elle rendait un fidèle hommage à ce tableau déjà célèbre.

Malheureusement, le temps se suspendit avant de reprendre son court à un rythme infernal. 

Il continuait à défiler à une vitesse affolante jusqu'à ce que Dan ait à vue de nez 15 ans, ses cheveux s'étaient bien éclaircis vers son blond actuel très clair, je m'allongeais près de lui, juste en face en réalité, ces yeux s'ouvrirent mais il ne me voyait toujours pas j'en étais sûr pourtant à un moment son regard se fixa sur moi. Ces yeux bleus m'observaient avec une intensité et une innocence déconcertante, son bras sembla chercher à caresser ma joue jusqu'à ce que je remarque que la jeune fille était juste derrière moi, c'est elle qui recevait toutes ses intentions. Mais l'atmosphère changea soudain quand le regard de Dan devînt vitreux et brusquement il fut pris de violentes convulsions qui la réveilla.

« Non Dan, reste avec moi je t'en prie, chuuuut... »

Elle le serrait de toutes ses forces dans ses bras prenant de plein fouet l'onde de choc de ses convulsions mais elle n'en avait que faire. Des larmes coulaient le long de sa joue, elle avait l'air de s'inquiéter bien plus pour sa vie à lui que la sienne. Pourtant un seul coup de travers et elle pouvait être gravement blessée. Je m'assis au pied du lit les regardant attentivement, je dois l'avouer ils allaient bien ensemble. Dan se calma mais elle ne relâcha pas sa prise et sa mère arriva en trombe dans la chambre, inquiète.

« Maja, tout va bien ? »

« Oui, pas d'inquiétude, je vais bien. » lui répondit-elle

Sa mère posa une main sur son cœur en soupirant. Personne n'osait parler.

« C'est de plus en plus en ce moment... » constata Maja

Ça semblait être LE sujet tabou puisque sa mère repartit sans même lui adresser un mot de plus. L'atmosphère s'était soudain refroidie, je pouvais le sentir. Malgré tout elle laissa Dan dormir, mit une robe de chambre et descendit en bas.

« Même s'il peut faire des études ma chère, ces crises peuvent survenir quand il sera au travail, comment voulez-vous qu'il reprenne l'étude après ça ? J'ai UN seul enfant, un fils et il ne peut même pas reprendre l'affaire notariale que nous avons dans la famille depuis des générations, c'est quand même malheureux. » s'exclama le père Pretorian

« Pesez vos mots je vous prie. Nous trouverons une solution, je suis de votre avis qu'il ne peut pas passer sa vie entière aliéné à cette maladie mais il a quand même le droit au bénéfice du doute. La science évolue mon ami, tenez hier encore le médecin m'a dit qu'un nouveau traitement allait bientôt arriver à la vente. L'aspirine, je crois. Essayons. Ne désespérez pas, je vous en prie mon tendre époux. Si nous baissons les bras que lui reste-t-il à ce gentil garçon ? »

Sa mère avait une discussion houleuse avec le père en bas mais Maja ne s'en préoccupait pas elle continuait à descendre les escaliers tranquillement même si sur son visage on pouvait parfaitement lire qu'elle n'avait pas du tout envie d'être là. Je suppose que ces disputes à répétition ne l'enchantaient pas et se retrouvait au milieu encore plus...

« Maja ! Tout va bien chérie ? » lui demanda madame Pretorian inquiète

« Très bien, il s'est endormi. » lui répondit-elle froidement

Elle semblait avoir plus de griefs avec les parents de Dan que je le pensais. Elle s'assit à table mangea du pain avec du beurre, un verre de lait et remonta en silence laissant derrière elle une ambiance pesante et électrique. Quand je les avais quittés l'ambiance était plutôt bonne alors je m'assis près de ses deux parents espérant qu'ils crèvent l'abcès. Un long moment passa, très long, je me levais, tournais autour de la table du salon tandis qu'eux était toujours assis à regarder leurs domestiques travailler. Soudain une petite voix fluette cassa le silence de mort dans lequel la pièce entière était plongée.

« Mon doux mari je... » commença-t-elle avant qu'elle ne se fasse couper la parole

« S'il vous plait, je ne veux plus entendre un mot. Notre fils aussi handicapé soit-il est fils de notaire et il n'épousera pas une orpheline qui a comme seule ambition la couture. C'est proprement impensable, de plus je n'accepterai pas d'inceste dans cette maison. Cette jeune fille nous l'avons recueilli tout enfant, nous l'avons élevé comme notre fille, elle nous doit l'obéissance et la reconnaissance. Elle peut bien faire la boudeuse jusqu'à la fin de ses jours ce n'est pas là mon souci, ni le vôtre. »

AH. Je vois le souci effectivement ça me paraît être une situation bien complexe étant donné qu'ils devaient avoir l'approbation du père à cet époque. Mais en y réfléchissant ses visions avaient un sens, elles étaient toutes importantes à ses yeux. Ce sont des temps forts de sa vie, des tournants. Donc il avait dû demander la main de Maja a son père et il avait refusé, c'est sans nul doute une situation assez stressante pour que ses épisodes de crises se rapprochent entre elles.

Je montais les escaliers pour rejoindre Maja et Dan. Lui dormait toujours mais elle s'était assise sous sa tête et lui caressait les cheveux en chantant une chanson du bout des lèvres. Je n'arrivais pas à percevoir la mélodie tellement elle chantait bas, peut être que lui-même n'avait jamais vraiment entendu cette chanson à part dans ses phases comateuses quand soudain il ouvrit les yeux. C'était bizarre ça ne collait pas, Maja ne bougeait toujours pas alors qu'elle aurait dû s'en rendre compte.

« Ça ne se voit mais à ce moment la guerre faisait rage dans certaines villes de Pologne et nous étions épargnés seulement grâce à notre statut de noble. »

La voix de Dan m'apparut très clairement presque comme s'il me disait ça au creux de l'oreille. Je le regardais abasourdie par la situation, c'est comme si soudain il devenait acteur de ma vision.

« En tant que noble nous n'en parlions pas c'était un sujet tabou, nous avions appris qu'en France le roi des Français et sa reine avait été guillotinés après une révolution du peuple alors nous faisions très attention de ne pas étaler nos richesses et avantages devant n'importe qui. Moi je ne savais rien de cette guerre à ce moment-là ni de l'état d'esprit de Maja... »

La vision avança un petit peu et je me retrouvais en plein milieu d'une dispute entre Maja et Dan.

« Ils ne voudront jamais qu'on soit ensemble, Dan ! » lui criais Maja à bout de nerfs

« S'ils ne voulaient vraiment pas de toi tu crois vraiment que tu serais encore ici ? Tu devrais leur être un peu plus reconnaissant parce que sans eux tu serais encore en train d'attendre ta mère chez toi ! Parce que je te signale que malgré tes caprices répétés de mariage auprès d'eux, ils t'ont toujours traité avec respect et t'ont gardé parmi nous alors tu devrais plutôt t'estimer heureuse. Tu as tout ici, un statut, de l'argent, des privilèges, il te laisse même choisir ce que tu veux faire de ta vie ! Seulement je suis leur seul fils ce qui veut dire leur seule descendance. »

« Alors même toi tu ne veux plus de moi... ? » lui dit-elle soudain les larmes aux yeux et la voix cassée par l'émotion.

« Bien sûr que si... Mais pas comme tu le veux toi. Je te considèrerai toujours comme ma petite sœur et il n'y a jamais rien eu de plus, ma blonde... »

Il se rapprocha d'elle attendrit par ses larmes et prit son visage en coupe, ils semblaient sonder leurs âmes respectives puis elle s'approcha de lui comme pour l'embrasser mais il laissa tomber ses doigts et s'écarta d'elle.

« Je suis désolé... »

Avant de sortir de la pièce et même de la maison. Je le suivis marcher jusqu'au village en lui prenant le bras en callant ma tête contre son biceps. Il ne pouvait pas me voir ni me sentir mais j'espérais que ça puisse le réconforter un peu. Je comprenais après tout le point de vue des parents de Dan en tant que personne du 21ème siècle, c'est comme si c'était sa sœur après toutes ses années. Il essuya rageusement une larme qui lui coulait sur les joues et avança déterminer. Dans le village l'effervescence était palpable, on entendait des femmes crier le prix de leurs fruits et légumes, des hommes crier la marée du jour, des vendeurs à la sauvette bousculaient les passants poursuivis par des policiers. Des chiens dormaient devant les portes de leurs maisons ouvertes. Je remarquai que la mode devenait de plus en plus simple aussi, les robes, les habits des hommes, on pouvait aisément s'imaginer l'évolution jusqu'aux vêtements d'aujourd'hui.

Je le suivais de plus en plus difficilement, il se faufilait parmi la foule avec une aisance difficile à suivre pour moi. Il m'avait largué depuis un moment quand j'entendis une voix que j'aurais reconnu entre milles.

« C'est à ses manières que l'on juge un homme, cher monsieur. Je vous demanderais donc une seule fois de lâcher cette demoiselle qui va bientôt devenir aussi bleue qu'une baie si vous continuez de la serrer de la sorte afin de vous comporter enfin comme un homme. »

Je pivotais la tête légèrement vers le timbre de voix que j'avais entendu. Je pouvais le reconnaître sans soucis, seul ses habits avaient changé. Elijah, en chair et en os, accompagné d'un homme à l'allure d'un chasseur. Ils s'approchèrent tous les deux d'une étale pour acheter des fruits quand la femme refusa son argent.

« C'est gratuit pour les chasseurs de sorcières ! » lui cria-t-elle en souriant

Tout à coup les questions se bousculèrent dans ma tête. Si Lisbeth était en sorcière quand je l'ai rencontré elle ne pouvait pas des années avant avoir été un vampire et transformer les garçons. Pourtant eux étaient bien là au début du 19ème siècle, alors qui les avaient transformés ? Pourquoi ils portent le nom de Lisbeth et enfin comment se sont réellement connus les garçons ? Je me souviens aussi que dès le début Elijah m'avait fait croire qu'elle pouvait être leurs génitrices alors que c'est faux. Je n'avais alors jamais fait le rapprochement... Dans ce cas la seule qui pouvait éventuellement avoir été mordu par Lisbeth était Hailey et encore quelque chose n'allait pas. C'est comme si c'était trop simple. Je continuai à réfléchir quand je vus Dan repasser devant moi en tenue militaire.

Dan qu'est ce qui t'ai passé par la tête... Il marchait fièrement dans ses beaux habits.

« Ce jour-là j'étais parti pour chercher un travail et faire la fierté de mon père. Bien sûr je voulais à terme reprendre son cabinet mais en attendant je ne voulais pas attendre sans rien faire. J'avoue que je voulais aussi m'éloigner de Maja qui devenait trop envahissante. Elle ne respectait ni la décision de mes parents, ni la mienne et comme je n'étais pas encore prêt pour me trouver une femme, je suis allé au cœur de la ville pour demander du travail quand je suis tombé sur un homme criant l'hymne de l'armée polonaise « Bog, Honor, Ojczyzna » traduit : « Dieu, Honneur, Patrie » les 3 valeurs que prônait mon père. Il recrutait pour s'opposer à Napoléon et créer une Pologne libre et indépendante alors je n'ai pas hésité une seule seconde, je me suis engagé. Si j'avais su ce qui se serait passé je ne l'aurais jamais fait... »

Il finit sur cette phrase énigmatique, j'avais aussi le sentiment que j'allais très vite savoir de quoi il retournait.

Je courus pour le rattraper un peu parce qu'il faisait de tellement grandes enjambées à côté de moi que je devais presque trottiner pour rester à son allure. Il débarqua ensuite comme une furie dans la maison, prenant dans ses bras sa mère pour une danse de la joie et se pencha en faisant la révérence devant son père. Les rires de Madame Pretorian attira l'attention de Maja qui descendit quelques marches des escaliers puis mit une main sur sa bouche comme choquée.

« Papa, je veux faire la fierté de la famille alors en attendant de pouvoir reprendre ton cabinet je veux devenir le plus jeune officier de l'armée polonaise et libérer mon pays pour Dieu, l'Honneur et la Patrie ! » lui dit-il en posant une main solennellement sur son cœur.

Son père eu soudain les yeux rougis et il prit son fils dans ses bras.

« Je suis fier de toi mon garçon. »

Le moment était émouvant pour tout le monde sauf Maja. Elle était dévastée.

Il fit un pas dans sa direction mais elle murmura :

« Tu m'as trahi. »

Il s'arrêta, ferma les yeux et se retourna vers ses parents d'un air décidé. Rien ne pouvait plus le faire changer d'avis et on pouvait clairement le lire sur son visage.

« Demain, je dois me rendre à leur campement provisoire pour que j'ai mes armes et que je sois affecté à mon Capitaine et mon groupe. Je ferais parti d'une unité spéciale, nous serons 5 apparemment. Si vous aviez vu, ils m'ont fait tirer dans une cible et mes balles étaient toutes sur le milieu, je les ai ébahis !»

« Tu vois mon fils que ses matinées à chasser n'étaient pas vaines ! » lui répondit son père toujours aussi fier en lui attrapant l'épaule.

Son regard croisa celui de son père et je fus émue de toutes les émotions qui passaient dans leurs yeux. Sa mère avait croisé ses mains sous son menton elle aussi attendrit par leur complicité père/fils.

Le lendemain matin, Dan se leva en se retournant devant la porte de chambre de Maja et continua son chemin pour descendre prendre son petit déjeuner avec ses parents. Il était dans des habits civils parce qu'il devait y avoir quelques retouches sur sa tenue. Autour de la table la bonne humeur était toujours au beau fixe alors que Maja n'était pas redescendue depuis l'annonce de Dan la veille, au dîner sa mère l'avait rassuré en lui disant qu'elle lui parlerait aujourd'hui ce qui avait semblé le rassurer. Il mangea rapidement et partit. Je le suivais toujours je n'avais pas grand-chose à faire d'autre aussi, on va pas se mentir, la clé pour sortir se trouve à la fin de cette vision, j'en suis sûre.

Nous avons emprunté le même chemin qu'hier, descendre la colline pour arriver au village, les étales, le brouhaha sauf que cette fois je le suivais à la trace quitte à courir. Effectivement nous sommes passés devant l'estrade dont parlait Dan hier, des tentes étaient installées un peu plus loin à la limite du village. Une plus grande et un peu plus caché que les autres attira mon attention mais il tourna à droite dans le bâtiment. Il se retrouva face à une superbe femme en tenue militaire. Une grande brune aux cheveux cuivrés, elle portait à merveille un petit carré avec ses cheveux raides sa coiffure était fluide. Son visage ressemblait à celui d'une poupée, les traits fins, une large bouche mais fine, un petit nez harmonieux et des yeux en amandes vert qui lui donnait un air sauvage. C'était une très belle femme, elle semblait gradée en plus puisqu'elle portait quelques décorations. Je me tournais vers Dan pour voir sa réaction et je crois que si j'avais été à côté de lui à ce moment-là je lui aurais fermé la bouche.

« Soldat Pretorian, je suppose ? » lui demanda-t-elle d'un ton autoritaire

« Absolument madame. » lui répondit-il avec un ton peu assuré que je lui connaissais très peu.

« C'est Capitaine ici soldat. Je vais prendre vos mesures pour la couturière qui est actuellement occupée sur un autre régiment. Je vais vous demander de vous déshabiller. »

Il la regarda abasourdi et soudain gêné, il enleva ses vêtements très doucement en essayant de se cacher tant bien que mal.

« Je vous en prie ! Nous serons amenés à nous revoir puisque vous serez sous mes ordres. Alors ne soyez en aucun cas gêné par ma présence, ce n'est qu'une formalité. »

Elle lui jeta un regard par-dessus ses papiers comme pour jauger si sa phrase l'avait mis au moins un peu en confiance, ce qui n'était évidemment pas le cas. Alors elle baissa les yeux vers ses papiers en ajoutant sans le regarder :

« A ce qu'on m'a dit vous êtes excellent tireur ? »

« Oui mad... Capitaine. »

« Vous vous êtes initié comment ? »

« A la chasse ma... Capitaine. Mon père m'a initié quand j'ai eu l'âge de porter un fusil et j'ai commencé par des tirs éloignés jusqu'à peu à peu me rapprocher des proies. »

Il était toujours aussi coincé alors qu'elle ne le regardait plus, elle n'insista pas mais lui répondit une dernière fois.

« Je vois... »

Il fut surpris par son ton alors je le vis faire son sourire ravageur avant de le ravaler, d'enlever ses dernières affaires en fixant le sol.

« Je recharge plus vite que mon ombre Capitaine. »

Et le sourire ravageur ressortit, éclairant littéralement son visage, ses poings sur ses hanches il faisait le fier quand son regard croisa celui interloqué de son supérieur qui en le voyant sourire, ne put s'empêcher de rire à son tour. Il faut dire que peu importe l'époque Dan était beau garçon même très beau. Qui pouvait sincèrement résister à ce blond aux yeux bleu clair, il avait déjà une belle carrure à l'époque mais il était maigre sans grande masse musculaire. D'ailleurs à côté de son Capitaine pourtant un peu plus grande que moi il faisait géant. Elle déposa ses documents, et commença à le mesurer de long en large et en travers.

« Vous savez lire et écrire ? » demanda-t-elle

« Oui. »

« Ça nous sera utile parce que l'unité est déjà complète et nous serons les seuls à pouvoir le faire. Au fait, je ne sais pas si on vous l'a dit mais vous serez dans une unité spéciale dite d'élite. Nous serons chargés de petites ou grosses missions en amont des régiments. Ça ira de missions d'éclairages, à l'assassinat pur et simple. Si vous le voulez bien je vous inviterai tous à l'auberge ce soir pour qu'on puisse faire connaissance. Je passerais vous chercher pour donner l'ordre de mobilisation à votre famille. »

« D'accord. »

Il fut soudain un peu embarrassé. Je pense qu'il espérait éviter de devoir dire à ses camarades qu'il est issu d'une famille noble. Il voulait pour une fois faire les choses comme tout le monde sans privilèges, sans avantages, sans filtres. Je m'assis sur une chaise en les regardant discuter, il s'ouvrait petit à petit à elle, ce qu'elle fit aussi. Elle lui avoua qu'elle était la fille du chef des armées Polonaises ce qui lui a permis d'atteindre ce grade, elle rajouta que c'était marrant parce que lui voulait absolument éviter ses relations pour avancer alors qu'elle devait le faire sans quoi elle n'aurait peut-être jamais été dans l'armée. Ils se trouvèrent beaucoup de point en commun pendant qu'elle procédait à son examen clinique à présent puis il se rhabilla et s'assis sur une chaise en face d'elle. Il trouva le courage de lui avouer ses troubles avant qu'elle les balaye de la main en lui répondant :

« J'en ai vu d'autres. Nous avons des « traitements » pour ça, je préfère entre nous que vous en preniez le moins possible mais si on ne peut pas l'éviter j'ai ce qu'il faut. Notre problème va plutôt être le psychopathe à tendance paranoïaque, insomniaque. Ça fait beaucoup pour un seul homme, je suis d'accord ! »

« Vous avez des traitements contre ce que j'ai ? Mais mes parents n'ont jamais rien trouvé ! »

« Dans l'armée on a le privilège d'avoir accès à des traitements expérimentaux ! Et il s'avère que celui-ci je l'ai déjà vu en action pour des traitements de convulsions, de stress, d'angoisse et il fonctionne très bien. Il vient du Maroc à ce qu'on raconte. »

Il hocha la tête en signe d'approbation. Puis une fois l'examen fini il rentra chez lui le sourire jusqu'aux yeux. En passant la porte de la maison personne ne fut là pour l'accueillir à part le majordome qui l'informa que son père était à son étude et sa mère en balade avec Maja. Il déambulait nerveusement dans la maison avant de prendre une arme à feu dans l'armoire, des couteaux et d'aller dans la forêt. Il courut vers des arbres au loin et planta les couteaux dans différents troncs. Il se recula ensuite suffisamment, prit l'arme à feu et tira dans les couteaux. Il se mit à plat ventre, prit une grande inspiration et tira. Chaque coup était précis et juste. Il s'entraîna jusqu'au coucher du soleil avant de rentrer afin de se faire propre pour sa soirée. Une heure plus tard, on frappa à la porte et le majordome ouvrit. Il tomba nez à nez avec la Capitaine dont j'ignorais le nom, Dan propre et bien habillé accouru vers la porte surprenant ses parents et Maja qui discutaient dans le petit salon attenant l'entrée.

« Il faut être en tenue ? » lui demanda-t-il inquiet

« Vous non. » répondit-elle en lui faisant un clin d'œil.

Mon regard naviguait entre les deux et je pouvais sentir qu'un jeu de séduction était clairement en cours. Je levais un sourcil et croisais mes bras sur mon buste. On se la joue comme ça Monsieur Pretorian, on a un faible pour le Capitaine ?!

« Que penseriez-vous de moi si j'étais en robe de bal devant vous ? » l'interrogea-t-elle un peu plus bas.

Sa question était clairement à double sens, elle y mettait toute son assurance et Dan qui je suppose ne s'était jamais fait rentrer dedans répondit avec la plus grande innocence :

« Qui vous dit que j'aurais les mots ? »

Ils s'échangèrent un regard langoureux quand son père arriva derrière Dan.

« 'Une belle femme qui a les qualités d'un honnête homme est ce qu'il y a au monde d'un commerce plus délicieux : l'on trouve en elle tout le mérite des deux sexes'. » dit-il

« Vous êtes charmeur de père en fils dans la famille. »

« Je n'ai aucun mérite, un gentilhomme l'a dit avant moi mais devant vous ses mots prennent vies. »

Elle baissa son buste en signe de révérence et son père en fit de même ce qui est rare pour l'époque je le sais. Les hommes ne s'abaissent pas autant devant les femmes. Sa mère apparut elle aussi.

« Madame Pretorian, Capitaine Liliya Boldaïev, je dois vous remettre l'ordre de mobilisation de votre fils. »

Elle lui tendit un rouleau que sa mère serra contre son cœur.

« Je suis navrée mais tout ce que je peux vous dire c'est qu'il sera dans une unité d'élite. » ajouta-t-elle

Puis le moment que je redoutais, comme un peu tout le monde je pense, l'arrivée de Maja. C'est Dan qui prit les devants.

« Capitaine je vous présente Maja, je la considère comme ma sœur. Mes parents l'ont adopté quand nous étions jeunes enfants. »

Une larme de colère perla sur son visage alors même que Liliya ne savait pas trop quelle posture adopter.

« Ne faites pas attention à elle. Elle est soucieuse, c'est la première fois qu'ils se séparent depuis qu'ils ont 5 ans. » balança sa mère dans ce silence qui commençait à devenir gênant.

Liliya sourit poliment et dit au revoir aux parents de Danut. Son père était sous le charme, c'était marrant.

« Notre unité est prête nous partirons demain matin à l'aube. On vous fournira un cheval, j'espère que ça vous va soldat ? » lui demanda-t-elle.

« J'ai déjà fait mes adieux. Et je m'appelle Danut enfin on m'appelle Dan. »

Elle le regarda un sourcil levé avant qu'il ajoute.

« Ok. Soldat Danut sera très bien. » se corrigea-t-il

Un long silence s'installa avant que le Capitaine Liliya ne le brise.

« Vous voulez savoir la vraie raison de ma tenue, soldat Dan ? »

Elle insista sur son nom comme si elle faisait un effort surhumain, ce qui fit sourire Dan et il hocha la tête dans sa direction.

« J'ai besoin que vous me voyiez comme votre Capitaine. Si je m'étais présentée en robe ce soir vous auriez peut-être nourri des sentiments qui aurait pu décréditer l'image actuelle que vous avez de moi. Il faut que l'équipe oublie que je suis une femme pour que ça marche et je sais que si je me permets le luxe d'être coquette je serais discréditée voir même victimisée ce que je ne veux pas. Il faut que nous soyons soudés c'est important parce que le fait que je sois une femme ne m'empêche de rien. »

« D'ailleurs, si vous me permettez, les membres de notre équipe ont l'air d'avoir chacun une qualité maîtrisée qu'elle est la vôtre ? »

« Je suis professionnelle en combat rapproché. » lui répondit-elle en lui montrant son poing.

« Je serais m'en souvenir Capitaine Lili ! » s'amusa-t-il.

Elle lui hurla dessus en lui ordonnant de ne jamais répéter ça et ils se coururent après jusqu'au village. A l'entrée du village, ils arrêtèrent leur course semblant se calmer et une fois devant la porte du petit saloon, le seul bar de la ville, elle lui gifla la nuque. Un son roc de surprise sortit de la bouche de Dan.

« La vengeance est un plat qui se mange froid soldat » lui susurra-t-elle au creux de l'oreille.

« Oui mon Capitaine... » lui répondit-il sur le même ton lascif

Une voix divine sortit du saloon accompagnée d'un piano mais en rentrant je compris vite en quelle époque nous étions... Celle de l'esclavage... Une magnifique femme noire avec une robe brillante mais l'air misérable, était attachée par le cou, les bras et les mains. Personne ne faisait attention à elle si elle avait de la chance, sinon les hommes lui faisaient tout ce qui leur passait par la tête étant donné que cet endroit est normalement réservé aux hommes personne ne s'offusque mais le grade de la jeune fille les empêchait de dire quoi que ce soit, pour ce soir. Elle avait dû user de menaces aussi, certainement même pour se faire respecter.

« Capitaiiiiine » cria un groupe de gars au fond de la salle.

Présentations faites je remarquais que leurs échanges de regard devenaient de plus en plus langoureux comme si chacun se laissaient consumer par un brasier mais personne ne fit le pas qu'il fallait. La soirée se passa sous les meilleurs auspices jusqu'à ce que le capitaine se retire, quelques secondes après Dan dit au revoir aussi et il la suivit jusqu'à la grande tente qui avait attiré ma curiosité mais il perdit soudain sa trace à l'angle d'un bâtiment pourtant quand il passa, des bras l'agrippèrent pour le coller contre le mur mais il se retourna dans un mouvement habile pour lui faire face et même l'emprisonner entre ses mains. Son assaillant n'était autre que Liliya. Il ne loupa pas l'occasion et prit son menton dans sa main pour l'embrasser d'un baiser passionné celui qui nous étouffe mais dont on rêverait d'y mourir. Son corps tout entier parlait pour elle, se courbant contre Dan comme un tournesol qui se dirigerai vers le soleil, c'est irrésistible. Après cette étreinte qui donnait l'impression d'être vitale Dan décolla juste un peu son visage de celui de Liliya, ses doigts caressèrent son visage comme si le moindre mouvement brusque la casserait. Je n'étais pas jalouse, je me doutais très bien qu'il avait eu des conquêtes avant moi, je le savais même, pertinemment je ne suis pas naïve mais j'étais surtout heureuse pour lui. Qu'il ait eu de tel moment de bonheur, c'est précieux, en particulier quand votre vie est éternelle d'avoir des souvenirs que l'ont peu chérir et je comprends parfaitement ce que je fais ici dans ses souvenirs les plus importants de sa vie.

« Je ne suis pas une fille facile. » lui chuchota-t-elle la respiration encore saccadée du baiser et de ses caresses incessantes.

« Je ne cherche pas à être un homme de plus dans votre vie Capitaine Liliya mais bien le dernier. »

« Il va falloir s'accrocher dans ce cas. Parce que oui n'est pas dans les mots courants que j'emploie... » ria-t-elle

« J'ai tout mon temps tant qu'il est auprès de vous » lui avoua-t-il d'un ton solennel.

Le temps se remit à passer à toute vitesse et pour une fois je râlais comme si on m'empêchait de voir la meilleure scène d'un film à l'eau de rose. Je me résolue pourtant et me retrouvais dans le jardin des Pretorian. Ils étaient tous assis (sauf Dan) à l'arrière de la maison, nous devions être au printemps parce que les collines étaient verdoyantes et les fleurs coloraient ce décor bucolique. Soudain on entendit des pas à l'intérieur et tout le monde se leva pour découvrir avec surprise un Dan beaucoup plus mûr, avec une barbe négligée. Il était exactement comme je le connaissais maintenant, plus vieux qu'avant, des muscles imposants et Liliya était à ses côtés. Ils étaient main dans la main ce qui me surprit puis il détacha sa main pour prendre dans ses bras ses parents et dire bonjour à sa sœur.

« Mais regarde-toi ! » s'exclama sa mère, heureuse la main devant la bouche.

Je n'avais aucune idée du temps écoulé mais je pouvais supposer une dizaine d'années peut être moins. Après l'effervescence des retrouvailles passée Dan attira Liliya plus près de lui et présenta la main droite de la jeune fille à ses parents. La bague était magnifique, deux anneaux s'entrelaçaient brillant d'une cascade de diamants et à son centre une émeraude d'un vert profond et sombre semblait sceller la bague.

« J'ai demandé sa main à son père et il a accepté. »

« OOOOH » s'extasia sa mère euphorique.

Elle les prit tous les deux dans les bras en les félicitant. Son père, lui ajouta qu'il le savait depuis qu'elle était entrée dans la maison, sûr de lui comme à son habitude mais personne ne fit attention à part moi, à Maja derrière qui regardait Liliya avec un regard assassin avant de disparaître. Dan jeta un coup d'œil derrière ses parents comme s'il voulait son approbation mais il baissa la tête en voyant qu'elle avait disparu. Son père s'excusa et il partit. Sa mère resta quant à elle pour parler à Liliya des préparatifs et de ce qu'elle voulait faire etc. Dan se désintéressa vite de la discussion et alla dans la chambre de sa sœur.

« Salut, comment ça va la blonde ? » lui dit-il en rigolant et s'accoudant à l'encadrure de porte.

« Je... » commença-t-elle à plat ventre sur son lit la tête naviguant entre Danut et son oreiller.

« Je ne veux pas entendre d'enfantillages, Maja. J'ai grandi, j'ai trouvé la femme de ma vie et tu devrais en faire autant. Alors raconte-moi plutôt tes études de coutures, tu as étudié à Paris finalement ? »

Son ton était calme mais ferme. C'est vrai que Maja était toujours la même, c'est comme si le temps n'avait pas eu d'impact sur elle.

« Oui... J'ai fait quelques capitales avec papa et maman, c'était beau. J'espérais souvent t'y croiser avant de me souvenir que si je devais te croiser ce ne serait pas dans une maison de couture. »

« Ce n'est pas faux ! » lui dit-il en souriant.

Il s'approcha d'elle pour lui embrasser le sommet du crâne et il sortit de la pièce. D'ici on pouvait entendre les filles en grande discussion en bas.

« Si c'est possible j'aimerais que ce soit dans moins de 6 mois, nous sommes assez pressés » répondit-elle un peu gênée

J'eu un doute jusqu'à ce que je voie le regard amoureux de Dan dirigé vers Liliya. Le père de Dan coupa court à mes pensées et lui tendit une clé.

« Tiens mon fils, ce sont les clés de l'appartement en haut du cabinet vous y serez plus tranquille » lui dit-il en pointant silencieusement du nez la chambre de Maja.

Il le remercia et au bout d'un long moment il remarqua que sa mère lâchait enfin Liliya, il l'a suivie avant de prendre son bras pour la coincer dans un endroit sombre et reculé de la maison.

« Dites-moi soldat, c'est une manie chez vous d'enfermer de vos bras musclés de jeunes femmes sans défense ? » lui demanda-t-elle en souriant.

Il sourit aussi et lui caressa le ventre d'une manière qui ne me laissa plus aucun doute sur la précipitation du mariage.

« C'est ce qui arrive quand vous succombez au charme de votre beau subordonné au cas où ce soit 'la dernière fois' Capitaine ! On ne vous apprend pas ça à l'armée ? » lui répondit-il en la dévorant de baisers.

Elle sourit et ferma les yeux, tout simplement heureuse mais je redoutais le moment où j'allais voir la transformation de Dan... Ils restèrent un moment encore dans ce recoin que seul les domestiques devaient connaître avant qu'elle ne se détache prétextant que sa mère finirait par la débusquer à force. Dan ria et la laissa partir de bon gré. Pendant qu'elle rejoignit le salon, lui se redirigea vers la chambre de Maja mais elle n'y était plus.

« J'aurais voulu que tu sois la première au courant... » marmonna-t-il

Il rentra tout de même dans la pièce et s'assit sur son lit le regard dans le vague. Tandis que j'observais la vue qu'elle avait de sa fenêtre j'aperçus furtivement quelqu'un en bas. C'était un vampire j'en étais persuadée vu la vitesse à laquelle il avait disparu j'en étais certaine. Dan se tenait soudain à côté de moi, il regardait aussi par la fenêtre, le vampire s'était laissé surprendre. Peut-être novice ? Je regardais Dan avec compassion parce que tout ça ne me disait vraiment rien de bon.

Le soir venu tout le monde était à table, le dîner se passa merveilleusement bien. La sœur de Dan ne parlait pas beaucoup mais elle était là au moins. A la fin du repas pendant que les domestiques débarrassaient le sujet tourna vite autour du mariage qui devait être le plus beau que la ville n'ait jamais eu, les deux parties étant prêt à dépenser de l'argent sans compter pour ce mariage plus que respectable. Soudain Maja tendit quelques croquis à Liliya.

« Si tu le veux bien j'aimerai faire ta robe et le costume de Danut, j'ai fait quelques dessins si tu veux y jeter un coup d'œil... »

Liliya regarda Dan ravi du changement d'attitude de sa future belle-sœur, elle prit les croquis et son regard s'illumina :

« C'est absolument sublime Maja ! Vraiment. J'ai un faible pour celle-ci » lui avoua-t-elle

Je me penchais au-dessus de son épaule pour regarder et c'est vrai que la robe était fantastique.

« J'ai pensé qu'un col en dentelle remonté jusqu'au cou et des manches longues assorties mettraient en valeur ta silhouette musclée. » lui répondit-elle

C'est vrai que je la voyais très bien là-dedans. La robe était toute simple, pour l'époque aussi à mon avis. Un col montant en dentelle délicatement fleurie était fermé sur le devant avec de petits boutons discrets jusqu'à la taille, les manches étaient aussi transparentes et arrivaient gracieusement jusqu'au milieu des mains. Le bustier était droit sans artifice pour laisser le regard sur la dentelle raffinée tandis que la jupe n'était constituée que de 3 couches, la tulle, le drapé et une fine couche de dentelle où des vraies pâquerettes remontaient de manière décroissante jusqu'à la taille. Ce chef d'œuvre était absolument magnifique et il pouvait s'adapter facilement à la morphologie nouvelle de Liliya. Mon regard fût ensuite attiré par le croquis de Dan en bas. Il était en tenue militaire comme la convention le veut, en plus, de ce que j'ai compris le père de Liliya voulait le promouvoir ce jour-là. Mais avec son souci du détail Maja avait trouvé le moyen d'assortir le couple puisqu'elle avait prévu que Dan se laisse pousser la barbe pour y caler des pâquerettes, je trouvais l'idée originale et sur le papier ça rendait bien ! Tout le monde était ravi du changement radical de comportement de Maja mais je restais sur mes gardes pour moi quelque chose ne collait pas. Le tableau final sonnait faux.

Plus tard dans la soirée, les deux amoureux se retirèrent vers leurs appartements. Ils avaient quelques minutes de marche jusqu'aux appartements du père de Dan. Ils discutaient de la soirée à quel point elle s'est bien passée, il la dévorait des yeux comme si sa beauté l'ensorcelait. Je ne fis pas vraiment attention autour de moi jusqu'à ce qu'un homme les croise et baisse son chapeau par respect. Je reconnus Elijah encore une fois et son regard appuyé ne me dit rien qui vaille mais il se contenta de les dépasser sans un mot. Eux ne firent pas attention et continuèrent leur discussion animée comme si de rien était. Une fois arrivé, ils se jetèrent sur le grand lit à baldaquin au milieu de la pièce et Liliya se contenta de caresser le torse de Dan à travers ses vêtements.

« Vous êtes un mauvais garçon monsieur Pretorian. » lui dit-elle un petit sourire malicieux au coin des lèvres.

« Les gentils garçons vont au paradis quand les mauvais vous le dépose à vos pieds, Cap'. »

« Votre répartie est devenue implacable soldat... » lui répondit-elle en laissant courir ses mains plus bas.

« Elle a toujours été là mais à la décharge du jeune garçon que j'étais, il était devant la plus belle créature qui lui était donné de voir. La cour veut qu'on s'incline alors que la séduction réside sur l'impression que je vous donne. Et j'aime tellement votre rire que j'essaye qu'il ne s'arrête jamais. »

Chacun de ses mots raisonnaient comme un chant d'amour pour la femme qu'il avait sous les yeux. Son regard envers elle se passait pourtant de mots, il lui envoyait tout le respect et l'amour qu'il lui vouait.

Le temps se remit à filer mais plus doucement que d'habitude, j'étais coincée dans cet appartement, je la voyais tous les jours s'habiller remarquant son ventre de plus en plus arrondi, Dan n'était jamais très loin, il passait lui glisser quelques mots au creux de l'oreille qui la faisait toujours rire, lui caressait le ventre en dansant lascivement derrière elle la tête dans son cou. C'était une sorte de rituel. Jusqu'à ce que le temps s'arrête brusquement, la nuit était tombée Liliya était au lit mais ne trouvait pas le sommeil. Elle devait en être à 6 mois de grossesse vu son ventre, elle caressait un endroit bien précis ce qui d'expérience me paraissait être des douleurs liées aux mouvements du bébé. Elle se leva et prit un long par-dessus ample. Elle jeta un regard attendrit vers Dan qui dormait comme un ange et descendit pour prendre l'air dehors. Elle inspira plusieurs fois en prenant toute l'air qu'elle pouvait. Soudain quelqu'un sortit de la pénombre.

« Maja ? Qu'est ce que tu fais là tout va b... »

Elle s'arrêta brusquement en distinguant Maja dans sa robe de mariée accompagnée d'une jeune fille aux cheveux châtains.

« Tu vois cette jeune fille m'a dit qu'elle pouvait m'offrir la vie éternelle à moi et Dan. Ce que tu n'auras jamais parce qu'il est fait pour moi depuis qu'on est enfant. Alors mon ami juste ici m'a gentiment proposé de faire le sale boulot à ma place. Ce que j'ai accepté ! Parce que ta réputation n'est plus à faire dans l'armée alors une adversaire de ta taille est plus juste, tu ne trouves pas ? Place à la mort ! Mais ne t'inquiètes pas je dirais à Dan que l'armée te manquait trop et que tu es partie pour les régiments de ton pays la Russie ! Merveilleux, non ? Je serais là pour lui tu peux partir tranquille »

« Maja, soit raisonnable je t'en prie nous sommes heureux avec Dan. Et tu pourrais l'être aussi, je t'en supplie arrête. » la supplia-t-elle

Comme je me doutais, les crocs de la brune s'allongèrent et son regard devînt assassin puis elle fondit sur Liliya qui se fit surprendre par la vitesse de son attaque et reçu un violent coup de coude dans la mâchoire. Elle claqua des dents pour vérifier que rien n'était cassé mais la douleur déforma son visage. Cette fois, en spécialiste du combat rapproché elle prit avantage de la vitesse de son assaillante pour la dévier au dernier moment dans le mur. Pour un être humain ce coup aurait été fatal c'est sûr, mais la vampire se releva comme si de rien était et se lécha la lèvre.

« J'ai faim maintenant. » marmonna-t-elle.

Effectivement un peu de sang coulait au coin de la bouche de Liliya et devait attirer ce que je reconnu comme la petite novice à la villa des parents de Dan. Mon regard fut attiré par Dan qui était au niveau de la porte d'entrée juste derrière la vampire, en un seul coup d'œil échangé avec Liliya il comprit ce qu'il se passait et n'hésita pas une seule seconde, ses mains agrippèrent les joues de la jeune fille et en un claquement, il l'avait achevé sans que Maja ne bronche pourtant les yeux rivés sur Dan.

« Maja ? T'es devenue folle ? Qu'est ce qui t'as pris ? Mais... C'est la robe de Liliya que tu portes ? EST-CE QUE TU POURRAIS M'EXPLIQUER ? » lui hurla-t-il

« On est fait pour être ensemble Danut, depuis le début » lui dit-elle amoureusement

Il s'approcha d'elle comme une furie, la prit par les épaules et la secoua violement.

« DIS-MOI QUE C'EST FAUX... Rentre auprès de père et mère, je m'occuperai de toi demain. » finit-il sur un ton passif agressif qui me donna la chair de poule.

Sauf que pendant qu'il discutait avec sa sœur Elijah étouffait discrètement Liliya jusqu'à son dernier souffle... Quand Dan se retourna il n'y avait plus personne et elle était étendue sur le sol inconsciente et surement morte.

« Dégage parce que je vais te tuer. » lui dit-il violement

Elle s'exécuta sans un mot probablement au courant que si un seul son sortait de sa bouche elle scellerait son destin. Puis les cris de Dan se firent de plus en plus déchirant, peu à peu il comprenait qu'elle était bien morte et que rien ne la ramènerait plus jamais. Aujourd'hui on pourrait au moins sauver le bébé mais là il n'y avait rien à faire... Il s'acharna pourtant de longues minutes à essayer de la faire respirer, à lui arracher ne serait-ce qu'un battement de cœur en vain... Brusquement on lui fourra quelque chose dans la bouche et son cou craqua en arrière puis le noir complet.

« C'est comme ça que j'ai perdu l'amour de ma vie et mon premier enfant en même temps. Nous avions survécu à des missions hautement dangereuses et nous sommes mort ici par ma sœur à quelques semaines de notre mariage. Ce jour-là c'est comme si une partie de moi avait soudain disparu avec elle. Je n'étais que rage et colère. »  

A suivre...

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