
McDonald
Dernier jour. Témoignage de l'officier McDonald
Le dernier jour de la commission Warren fit salle comble. On refusa du monde. Mais le sergent Weight, en tant que haut gradé au sein de la police de Dallas, eut droit à une faveur. Deux, même, puisqu'il put emmener avec lui Sandy, sa tendre et douce épouse.
Le hasard voulu qu'il prit place au premier rang. Ainsi, il ne perdrait rien de la déposition de l'officier McDonald.
Il n'avait pas souhaité assister aux audiences précédentes. Mais pour rien au monde, il n'aurait manqué celle-là.
Il prit la main de Sandy dans la sienne... Pour se donner du courage.
Officier Maurice N. "Nick" McDonald
Juge E WARREN. Vous êtes entré avec trois autres collègues par l'issue de secours, c'est bien cela?
M. McDONALD. Oui, Monsieur.
Juge E WARREN. Ensuite, qu'avez-vous fait?
M. McDONALD. J'ai fouillé deux spectateurs, par mesure de sécurité.
Juge E WARREN. Présentaient-ils un danger?
M. McDONALD. Non, Monsieur. Ils n'avaient pas d'armes sur eux.
Juge E WARREN. Poursuivez.
M. McDONALD. J'ai également appréhendé un autre spectateur.
Juge E WARREN. L'avez-vous fouillé?
M. McDONALD. Non
Juge E WARREN. Pourquoi?
M. McDONALD. Je m'apprêtais à le faire quand l'officier Brewel m'a fait un signe, me signalant Oswald dans la rangée du bas. Je me suis rendu tout de suite dans sa rangée.
Juge E WARREN. Y avait-il déjà vos collègues?
M. McDONALD. Non, Monsieur. Je me suis retrouvé seul face à Oswald.
Juge E WARREN. Qu'avez-vous fait?
M. McDONALD. Je lui ai demandé de se lever. Il s'est exécuté immédiatement. Il a levé les deux mains en l'air et m'a dit:
"Et bien, c'est terminé maintenant."
Juge E WARREN. Ensuite, que s'est-il passé?
M. McDONALD. Je l'ai fouillé au niveau de la ceinture, afin de m'assurer qu'il ne portait pas d'arme. C'est alors qu'il m'a frappé violemment avec son poing.
Juge E WARREN. Quelle main?
M. McDONALD. La gauche.
Juge E WARREN. Dans quelle partie du visage?
M. McDONALD. Entre les deux yeux.
Juge E WARREN. Qu'avez-vous fait, alors?
M. McDONALD. Je l'ai frappé à mon tour au visage. Je lui ai aussi bloqué la main droite que j'ai ramenée au niveau de sa ceinture. C'est à ce moment que j'ai senti qu'il portait une arme.
Juge E WARREN. Avez-vous pu vous en emparer?
M. McDONALD. Non, nous avons lutté, puis nous sommes tombés sur les sièges. A ce moment-là, j'ai senti contre la paume de ma main le mouvement du chien* (* pièce mécanique qui met le feu à la poudre.) Suivi d'un bruit sec.
Juge E WARREN. Le coup est-il parti?
M. McDONALD. Non, Monsieur, l'arme s'est enrayée.
Juge E WARREN. C'est à ce moment-là que vous avez crié: "Je l'ai."?
M. McDONALD. Affirmatif.
Juge E WARREN. De qui, ou de quoi parliez-vous?
M. McDONALD. De l'arme. Hutson est arrivé par derrière et a saisi Oswald par le cou tandis que Walker lui immobilisait le bras.
Juge E WARREN. Lequel.
M. McDONALD. Le gauche.
Juge E WARREN. Poursuivez.
M. McDONALD. Hawkins l'a attrapé par l'avant et lui a passé les menottes. A cet instant précis, Oswald a cessé de se débattre, nous disant qu'il se rendait, de ne plus le frapper.
Juge E WARREN. Pourriez-vous nous dire exactement les paroles qu'Oswald a prononcé, à ce moment précis?
M. McDONALD. Je ne saurais le dire avec exactitude.
Juge E WARREN. D'après la déclaration du sergent Walker, voici ce qu'aurait déclaré Oswald:
"C'est bon, c'est bon, je ne résiste pas. Ne me frappez plus".
Etes-vous d'accord avec cela?
M. McDONALD. Oui, Monsieur. C'est ce qu'a dit Oswald.
Juge E WARREN. Oswald a donc été frappé?
M. McDONALD. Certainement.
Juge E WARREN. Pouvez-vous nous dire qui l'a frappé?
M. McDONALD. Non. J'étais trop occupé à le maîtriser.
Juge E WARREN. Une dernière question. A l'exception de vos collègues en service, avez-vous reconnu quelqu'un parmi les spectateurs de la salle?
C'est alors que McDonald s'est retourné et a jeté un regard circulaire sur la salle d'audience. Il cherchait visiblement quelqu'un...
" Nos regards ont fini par se croiser. Il m'a dévisagé. Longuement. J'ai su dès lors qu'il m'avait reconnu. Qu'il m'avait repéré dans ce cinéma miteux. Qu'il n'avait rien dit jusqu'à présent. J'ai commencé à transpirer. J'aurais tellement souhaité me trouver à cent mille kilomètres d'ici. J'ai serré plus fort la frêle main de ma douce et tendre Sandy. "
Son visage n'a rien exprimé. Il s'est retourné vers le juge. Lentement. Très lentement. Comme un film au ralenti. Il a posé ses deux mains sur la barre. Et a semblé attendre.
Il interrogeait Warren du regard, cherchant sur ses lèvres le mot salvateur qui le libérerait.
Mais le vieux juge restait impassible.
"Tant pis...", se dit-il.
Le juge a fini par prendre la parole, d'une voix douce et encourageante.
- Officier McDonald, je peux comprendre votre hésitation. Ces souvenirs sont douloureux pour vous, je ne le nie pas. Mais nous sommes-là pour tout entendre. c'est le moment de tout dire à la commission. C'est le moment I...
FIN
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