Chào các bạn! Vì nhiều lý do từ nay Truyen2U chính thức đổi tên là Truyen247.Pro. Mong các bạn tiếp tục ủng hộ truy cập tên miền mới này nhé! Mãi yêu... ♥

Hell's Fire part one


Le feu, attisé par ce désir de grandir, se montrer et s'étendre s'aide du vent et du soleil. Bien que majestueux, il nous entrave, nous pompiers, soldats du feu. Le feu est une entité un peu mystérieuse, exaltante et terrifiante, tu te prends au jeu du chat et de la souris non sans essayer de gagner le plus rapidement possible tout en essayant de garder des forces. La lutte de feux de forêt est une lutte de durée, aussi bien de corps que d'esprit. La fatigue nous rattrape malgré les injections d'adrénalines et autres qui nous traversent continuellement.

Quand on veut devenir pompier, une part de ce devenir le veut pour les feux, pour l'excitation d'éteindre des flammes, dans un champ, une maison ou bien en forêt. On le veut et on se défonce plusieurs semaines voir années pour avoir nos formations, entendre le bip sonner, y lire notre fourgon et enfin laisser cette excitation prendre place afin de partir au feu. L'excitation bien que toujours présente laisse cependant rapidement place à la concentration, c'est une question de vie ou de mort, si tu ne te concentres pas en amont, si tu pense trop à ta famille, les gens que tu aimes, ton âme sœur ou bien à ta propre vie et sa mise en danger, tu n'es pas concentré. C'est un travail de plusieurs minutes que l'on effectue pendant le trajet, pendant qu'on s'équipe qu'on vérifie notre matériel, nos points de replis et nos moyens de défense et d'attaque. Je prends toujours le temps de me concentrer surtout sur de longs trajets quand tu sais que tu vas arriver sur un gros chantier, je réfléchis intelligemment, j'élimine les autres pensées de mon esprit et je me refais mes manœuvres et certaines situations en tête afin de me conditionner. Je bois, je bois beaucoup quitte à avoir envie de pisser, mais ce n'est pas grave, cette eau, elle va cramer sous l'effort, j'en ai besoin. Je connais mes forces et mes faiblesses, je suis calme même face au danger, par contre je suis petite et peux être un peu chétive face à mes collègues. Mais ce n'est pas grave nous sommes une équipe, le plus costaud ouvre la marche, je suis armée de courage de peur et de fascination.

Concentrée, on arrive, au loin, des hélicoptères porteurs d'eau, des canadairs et des Dash, le ciel n'as jamais été aussi vivant sous mes yeux. C'est un ballet magnifique, il y a en a qui tourne, un autre qui descend, qui effectue une rotation puis, qui enfin largue son eau avant de partir se ravitailler pour le voir revenir trois minutes plus tard. Ils n'arrêtent pas, tentant d'arrêter ce géant qui essaye de nous englober de ses grandes mains de braises. Tout le monde braille dans les radios, balançant des canaux et des fréquences à suivre selon le secteurs, des engins à déplacer et enfin on entend à la radio notre indicatif et numéro de camion, on entre en jeu. Je mets ma cagoule sur la tête, j'envoie un dernier je t'aime puis j'enfile ma veste, mon casque, mes gants, je vérifie mes rangers et je souffle, je bois une dernière gorgée avant de cacher ma bouche et mon nez, je suis prête.

Notre conducteur maîtrise son véhicule, il passe les fossés et les arbres comme un sentier pédestre vierge de tout obstacle, on perce au travers des arbres pour trouver le feu. On passe au milieu du brûlé, du brûlé qui est long, vaste, combien d'hectares ont déjà brûlé ? Une question sans réponse pour l'heure, il fait jour, on voit bien. Le camion s'arrête, on descend tous le chef commence à nous donner des missions, la chaleur des flammes nous entoure tout comme la fumée, cagoule, lunettes de protection, lance à la main, je m'élance et j'éteint les feux naissants. Cette première extinction ne dure pas longtemps, nous sommes sur une zone déjà majoritairement brûlée, on passe donc au noyage des points chaud et zones brûlées afin que le feu ne démarre pas à nouveau. Puis, le COS arrive (le chef des opérations de secours) avec des camions de la sécurité civile, il nous dit de plier et de nous diriger vers les flammes naissantes. On tourne la tête et l'horreur commence, des flammes qui dépassent la cime des arbres, un panache de fumée rouge, épais, un tourbillon de fumée et des canadairs à ne plus pouvoir. Aujourd'hui, je sais que je vais faire un feu, si ce n'est le feu de ma vie. Je n'ai jamais vu de telle chose, mais pas le temps de regarder, on doit agir. 

Pendant que le camion se déplace notre chef, nous demande de mettre notre veste de feu et notre pantalon de feu jusqu'à maintenant, on travaille en tenue de pompier légère plus cagoule casque et gants. On passe au level supérieur, on s'équipe, on prend sur nous aussi nos ceinturons avec nos cagoules de fuites pour le repli, on boit à nouveau, on mange une barre de céréales vite faits, le sandwich du midi est bien loin puis on repart. Lance à la main, je m'élance à nouveau mon binôme fait suivre les tuyaux et on attaque, on progresse, on fait demi-tour pour changer de flan et l'empêcher de sauter par-dessus le camion, on avance à nouveau, on bouge en tous sens. Les flammes sont partout, autour de nous et le vent les pousse vers le camion, le conducteur le protège avec une autre lance, l'eau se vide, il faut qu'on fasse attention. On a du mal à progresser le terrain n'est pas optimale, nous voyons rien, on fatigue aussi à grimper, escalader des terrains pentus et glissants, on passe dans les ronces et les buissons, on se créait un chemin à la machette tout en essayant d'éteindre le feu. Je dois créer un chemin suffisant pour nous deux, je suis petite, il est plus grand et plus large. C'est trop compliqué, on prend un arbre sous ordre du chef et on s'y "attache" avec le tuyau en le faisant passer autour, mon chef me tient, je tiens la lance et on attend quelques secondes, le crépitement des flammes dans nos oreilles, une bourrasque nous balayent et déjà la fumée revient, le canadair viens de larguer juste devant nous. Pas le temps de s'extasier, on repart à l'attaque, l'eau balancée par le bombardier nous à aidé, mais elle a aussi balayé le vent et les flammes qui ont changé de sens et s'attaquent aux arbres les plus grands, aux pentes et se dirigent vers un village. On rentre au camion en courant, on balance le tuyau à l'arrière sur les vannes en tas de merdes et on se déplace pour se mettre entre le village et les flammes. Il nous reste un peu moins de mille litres d'eau, à 7 bars, on ne va pas tenir longtemps mon chef demande des renforts afin qu'on puisse partir faire le plein et revenir rapidement. Les flammes sont trop grandes, on arrive à en stopper qu'une partie, elles sautent par-dessus le camion et embrasent le village, ça y est, c'est l'hécatombe, on a plus d'eau...

Le plein d'eau nous prend plusieurs minutes, on souffle, j'envoie deux trois messages, j'ai les narines noires, j'ai mal au crâne et partout, mais je bois et mange à nouveau et je me prépare pour la suite, on décide d'inverser les rôles avec mon binôme, il va devant, je fais suivre les tuyaux en haut, je me repose ainsi un peu les bras. On repart rapidement et on revient au village, le feu progresse trop vite, on va aider l'autre camion en allant en forêt, on ne voit pas à deux mètres, on doit crier pour parler en encaissant la fumée qui rentre dans la bouche et dans notre gorge. Puis, le moment critique arrive, le vent tourne et les flammes s'élèvent face à nous, des flammes de plus de 20 mètres de haut, je gueule contre mon coéquipier, il met la lance en jet de protection et notre chef d'agrès arrive en gueulant le repli. On s'accroupit, on enfile nos cagoules et on se dirige vers le camion en suivant le tuyau s'accrochant les uns aux autres. On ne voit pas à 1 mètre les flammes ont passé la lance, le conducteur allume les deux tons pour nous guider, on se met à courir quand les flammes nous talonnent trop, elles sautent d'arbres en arbres. Puis on arrive au camion, on monte dedans et notre conducteur active l'autoprotection, l'eau englobe le véhicule. On enlève les cagoules de fuites et on met les masques d'air de la cabine, on se regarde tous, un peu paniqué, je ne comprends pas tout ce qui se passe, je suis terrifiée. Lorsque les flammes passent au-dessus du camion et en dessous, il fait tout rouge, la chaleur est insupportable, il fait super chaud, je mets mes mains sur ma tête, je respire calmement, mais j'ai peur... On a tous peur, le conducteur redémarre ensuite et on repart, on doit continuer d'attaquer...

Nous en sommes à un stade où plus aucun camion du département est disponible, il ne reste que trois véhicules parmi toutes les casernes y compris les VSAV (Véhicule de Secours et d'Assistance aux Victimes), c'est critique, les renforts sont dépêchées de partout, mais on est submergé, on change de flanc et la décision est prise de laisser le village brûlé, les maisons partent en fumée, j'ai vu des chevaux partir en feu aussi, ça fait mal au cœur, mais on n'a pas le temps de s'arrêter pour les sauver. Des moyens importants sont arrivés plus tard et nous avons pu aller manger, puis être désengagé de ce feu qui est encore à ce moment-là en progression rapide. Il fait nuit les canadairs ne passent plus, les équipes sont beaucoup plus nombreuses. Pour nous, cette première mission se termine, on est crevé et on va regagner notre secteur, cette heure de route ne me permet pas de dormir, je suis encore prise par plein d'émotions et finalement passé la moitié du trajet, nous sommes de nouveau déployés.

Un feu de voiture a pris de l'ampleur, c'est démesuré, lorsqu'on arrive il y a des flammes de partout, notre objectif premier en stoppant le camion est d'empêcher les flammes de sauter l'autoroute et embrasées l'autre côté, ce serait catastrophique. Nous réussissons cette première mission tant bien que mal, la fumée rentre dans nos cagoules et sous nos lunettes je ne vois plus rien mes yeux me brûlent et je pleure de douleur, il faut le dire, mais on doit continuer. On s'engage dans un chemin chaotique avec le fourgon, les fossés par lesquels on passe à pied sont profond, piquants et dangereux, les flammes ont pris de la hauteur et passent d'un flanc à l'autre en passant par-dessus les camions, nous viennent dessus, nous chauffent et nous titillent. De nouveau, la peur est là en plus de la fatigue, mes muscles commencent à fatiguer, mon dos est déjà raide, mes pieds sont en feu et mes avants bras commencent à se remplir d'acide tout comme mes mollets, mais je tire sur la corde. Dès que mon chef me dit de courir et d'attaquer, je fonce, je fonce, car c'est ma mission, mon boulot, mais également notre survie...

Le pic de peur et de stress est atteint aux alentours de quatre heures du mat, je dirais, au-delà des champs, il y a des zones sensibles, on a protégé des maisons, mais on entend des explosions, on voit des trucs volés, c'est impressionnant. Les bouteilles de gaz explosent et balancent des flammes autour d'elle redémarrant les feux dans de multiples directions. J'ai l'impression que cela ne va jamais finir, mon corps me supplie d'arrêter, mon esprit est concentré, mais fatigué, je suis les ordres comme un robot et les exécutent avec contrôle et calme. On esquive les bouteilles qui tombent quand c'est nécessaire, on éteint, on progresse et on arrive enfin à couper la tête de feu et ainsi à stopper sa progression, ouf, petite victoire. On a fait le plus gros à cinq heures trente du matin, on doit maintenant éteindre les braises et stopper les explosions en attaquant la maison qui subit et déclenche tout ça, des animaux meurent aussi à nouveau, nous avons finalement trouvé un cadavre de poulain camarguais calciné au petit matin avant de partir...

Vingt-quatre heures d'attaque, vingt-quatre heures de feu, de flammes, de vent et de fumées, de stress, de sourire et de larmes, vingt-quatre heures à me demander si j'allais pouvoir de nouveau embrasser Thomas. Dans les moments les plus sombres de ces feux, j'ai eu peur, j'ai eu peur de mourir, mais je savais que si la mort me prenait, ce serait rapide, un maigre réconfort, mais il était là... J'ai pleuré ce matin en rentrant, en me posant dans mon lit et en pensant à la nuit qui venait de passer, j'ai pleuré en écrivant, j'ai pleuré pour exprimer tout ce qui s'était passé. J'ai peur, ces flammes font peur et je vais les voir tout le reste de l'été, mais je ne décourage pas, ce n'était que le baptême, je vais retourner affronter les flammes, peut être même bien plus violentes que ça encore. Mais j'ai vécu le pire feu de ma vie, le pire et le meilleur, j'ai beaucoup appris, j'ai kiffé et j'ai détesté... J'aime ce métier, mais quel bordel... Cette manœuvre de fuite que je ne pensais pas faire sitôt, j'ai pensé si fort à toi ma précieuse, je me suis dit que peut-être, je te retrouverais, à la famille, mes parents, ma mamie, mon âme sœur... C'était... Waouh...J'ai pas les mots, je l'ai vécu, c'est ancré et c'est fabuleux...

Feux du 07/07/22 et du /08/07/22 

Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro