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Chapitre 7

L'effervescence de la ville paraissait bien lointaine, presque irréelle comparé au calme du parc dans lequel ils s'étaient réfugiés. Seto avait lourdement insisté pour que personne ne les suive, afin qu'il se retrouve seul avec son capitaine. Mibuchi n'avait pas été difficile à convaincre, s'étant porté volontaire pour s'occuper de la jeune fille qui avait été frappée. Matsumuto non plus n'avait pas été compliqué, écoutant sans problème les ordres de Seto. Non, le plus compliqué avait été de faire partir Nebuya. Celui-ci avait voulu rester avec Makoto, sûrement en vue de le soutenir, mais Seto connaissait assez son capitaine pour savoir qu'il préférait être tranquille, loin de l'agitation, loin des interrogations.

Finalement ils étaient partis de leur côté. Seto avait chargé Matsumuto de leur ramener leurs affaires et d'informer le reste de l'équipe qu'ils ne reviendraient pas -en précisant bien qu'il ne fallait pas ébruiter l'incident qui était survenu.

Et à présent ils étaient là, dans un parc désert et sombre, seulement éclairé par de rares lampadaires. Comme dit plus tôt, outre le bruit du vent dans le feuillage, on pouvait percevoir les sons de la ville, les rires des gens, la musique des différents restaurants, mais ça paraissait loin, venu d'un autre monde.

Hanamiya n'avait pas décroché un mot, Seto non plus à vrai dire.

Ils s'étaient assis sur un banc. Makoto se contentait de fixer un point vague, invisible, comme s'il ne réalisait pas pleinement les derniers événements. Ou peut-être les réalisait-il trop bien. Il cogitait vite après tout. Et à présent, il devinait probablement toutes les interrogations de Seto, ces interrogations que son coéquipier retenait de formuler à haute voix.

«...T'as le don de foutre la merde, hein ? »

Il avait presque oublié que Seto était autant "rentre-dedans" que lui. Seto qui lui jeta un bref coup d'œil avant de soupirer et relever la tête vers le ciel. A cause des lumières de la ville, les étoiles étaient difficilement visibles.

«... du coup, c'est qui cette pétasse ? »

Hanamiya se passa une main sur le visage, devinant que son coéquipier ne comptait pas le lâcher comme ça, pas avant d'avoir eu quelques explications. Quelque part, il sentait qu'il était tout autant en colère que lui, voir même plus. Car concernant Makoto, sa rage avait laissé place à l'inquiétude. Et ça faisait du bien, d'entendre quelqu'un d'autre être en colère, d'entendre quelqu'un d'autre insulter Yuki. Il se sentait...moins seul.

«... cette 'pétasse' s'appelle Yuki, avoua finalement le capitaine. C'est une voisine, ou plutôt la fille d'une voisine. Ses parents divorcent, ils n'ont pas le temps de s'occuper d'elle, alors elle en profite.

- Une gamine rebelle donc ?

- Une gamine immature et Drama Queen, qui pense que le monde tourne autour d'elle. Elle est persuadée d'être la seule à en prendre plein la gueule. »

Ouai, rien de bien extraordinaire. Le genre de gamin qui passe son temps à se plaindre, qui va accuser le reste du monde de s'en prendre à eux sans jamais chercher à se dire "Hey, mais peut être que les autres ont aussi des problèmes ? Peut-être que les autres ont aussi besoin d'être écoutés et conseillés?"

Hanamiya se redressa, seulement pour mieux s'appuyer contre le dossier du banc. Il regarda à son tour le ciel qui les surplombait. Sa bouche était sèche, les mots peinaient à sortir et lui-même s'en trouvait surpris. Il avait pourtant une langue aiguisée, il savait mener les conversations, mais cette fois c'était différent. Cette fois, il avait l'impression que la moindre parole pouvait tout foutre en l'air.

Mais...foutre 'quoi' en l'air exactement ? Ce n'était pas comme si Seto allait se détourner de lui après ça, ou qu'il allait l'enfoncer, ou le juger, ou il ne savait quoi d'autre.

« ... Je me contre fou de cette salope. J'ai pas la patience de m'occuper d'elle. J'ai pas envie de perdre mon temps à essayer de la sortir de sa merde, si c'est pour qu'elle cherche toutes les excuses du monde pour continuer à passer pour la victime. »

Il fourra ses mains dans les poches de son jean. Il commençait à avoir froid, la soirée était fraîche, et il avait oublié son manteau au restaurant. Quelle merde.

« ... J'ai juste... pas envie de perdre mon temps. Avec personne. Les relations, c'est trop compliquées. Trop de choses à gérer, à prendre en compte. Tu l'as constaté de toi-même. Je suis... »

Il marqua une pause, une hésitation. Puis il pesta en détournant le regard, en laissant ses yeux fixer l'air de jeu à quelques mètres de là.

« ... Une merde ? interrogea Seto.

- ... Alors déjà, va te faire foutre. Et ensuite, j'allais dire 'un solitaire'.

- Une merde solitaire. Nos réponses se complètent. »

Hanamiya fronça les sourcils et finalement, pour la première fois depuis leur venu ici, il regarda son coéquipier et lui montra son magnifique majeur, ce qui arracha un ricanement à Seto qui prenait grand plaisir à se foutre de lui. Makoto se serait bien renfrogné avant de partir, mais il abandonna bien vite ce plan quand son camarade vint lui ébouriffer les cheveux. Une vieille habitude qui agaçait le capitaine, mais qui dans un même temps le rassurait, comme si ce simple geste désarmoçait le moindre conflit entre eux.

Hanamiya poussa un long, un profond soupir, et Seto perdit son sourire pour redevenir sérieux, à nouveau à l'écoute.

« ... je n'ai jamais été doué avec les autres, et je ne cherche pas spécialement à l'être. Mais il y a cette petite qui vit dans le même immeuble que moi. Kamine. La petite sœur de Yuki.

- ... celle dont vous parliez.

- ... Ouai. Elle est trop jeune, elle vit chez sa mère et ne peut certainement pas se permettre de fuguer. C'est juste une enfant. Je m'en contre fou des gosses, ils sont comme le reste de l'espèce humaine, des connards. Mais elle... »

Il cessa de parler pour la seconde fois, cherchant visiblement ses mots. Car il avait trop de choses à dire, trop de choses à raconter. Raconter comme cette petite était merveilleuse, adorable, gentille. Raconter comme elle était têtue également, et puis gourmande, bavarde, rigolote. Raconter comment elle le faisait sourire, comment elle parvenait à le faire sentir si important, si spécial, comme si à ses côtés il découvrait ce rôle de grand frère qu'il n'avait jamais pu avoir jusque là.

Pourtant, ce ne fut rien de tout ça qu'il raconta. La première phrase qui passa ses lèvres, qui s'éleva dans le parc vide, cette première explication qui atteignit Seto... Hanamiya n'y avait même pas réfléchi, il n'avait même pas pris conscience de le dire jusqu'à ce qu'il n'achève sa phrase.

« Mon père s'est suicidé. »

Il y eut un lourd silence. Makoto cligna des yeux, ahuris, en réfléchissant, en essayant de capter ce qu'il venait de dire. Il venait vraiment de dire ça ? A haute voix, à son coéquipier?

« ... je veux dire ... »

Il se tût encore, à contre-cœur, pris d'une nausée qui le fit craindre de vomir. Mais rien ne se produisit. Pourtant il laissa couler quelques instants, instants durant lesquels il essaya de comprendre, de saisir ce qui lui prenait, saisir cette douleur qui lui tiraillait l'estomac.

« ... Il était... c'est juste que... j'étais... »

Incapable d'articuler clairement ses pensées, de dire correctement le monologue auquel il avait pourtant songer juste avant, Hanamiya sentit la frustration monter, gronder, se rajouter à la douleur déjà présente, cette douleur qui rendait sa respiration erratique.

Le silence de Seto ne l'aidait pas.

« ... Kamine... était la seule... la seule qui... »

C'était probablement incompréhensible. Hanamiya en avait conscience, sans doute était-ce pour cela qu'il n'osait plus regarder son coéquipier. Et c'était d'autant plus ridicule qu'il continue d'essayer, qu'il continue de chercher ses mots, alors que vraisemblablement ça ne menait à rien.

Dans ses poches, il avait serré les poings, s'agrippait à l'intérieur de son jean nerveusement.

« ... j'ai pas demandé tout ça. J'ai jamais demandé à ... Tu sais ce que ça fait, de voir la personne que tu aimes le plus au monde se détruire, à cause de ça... ? Ma mère était pas... Elle était plus elle-même. Elle pouvait pas supporter la situation. Je le pouvais pas non plus, je m'en sentais pas capable ! »

Il avait haussé la voix, parvenant finalement à aligner plus de deux mots sans se perdre. Il ne prit pas vraiment conscience d'avoir sorti les mains de ses poches, les exposant au froid glacial. Il se sentait nerveux, il avait besoin de bouger, de faire des gestes alors que le flot de paroles continuait, comme si commencer à en parler l'avait poussé à ouvrir les vannes, à ne plus s'arrêter.

« ... e-et y avait tous ces connards, ces salops souriants, ces types qui balançaient leurs absurdités, ces niaiseries... ! Remporter les tournois, enchaîner les victoires, gagner en profitant du pouvoir de l'amitié et des bisounours... ! Toujours si étincelants, si braves, si guimauves que ça m'en donnait l'envie de vomir ! C'est qu'un putain de sport, c'est juste... c'est... »

Il se leva brusquement, se sentant trembler, perdant le fil, oubliant presque qu'il n'était pas seul.

« C'est juste du basket ! Juste du putain de basket ! Pourquoi tout le monde y accorde autant d'importance, pourquoi jouer à ce putain de sport à l'air de tous les mettre en putain de joie ? Pourquoi agissent-ils comme s'ils n'y avaient que ça, comme si tous se jouaient sur le parquet, alors que c'est JUSTE UN SPORT ! Ce n'est même pas leur boulot, ils ont pas que ça à foutre dans la vie, pourquoi ils reviennent jouer même une fois blessé, pourquoi ils chialent au moindre match perdu, pourquoi leur vie ne semble tourner qu'autour de ça ?! »

Il s'était éloigné de quelques pas, presque machinalement, regardant ses mains, serrant et desserrant les poings successivement, avant de serrer les dents, frapper un caillou qui vola plus loin, avec une telle rage qu'il en souleva un peu de terre et laissa une belle marque dans le gazon.

« Il m'a jamais vu entrer au lycée... »

Hanamiya fit volte face, planta son regard dans celui de Seto comme s'il se souvenait finalement de sa présence, et cette fois il hurla :

« Mon père m'a jamais vu devenir lycéen, parce qu'il était trop con pour vivre sans basket! Tu piges ?! Il s'est foutu en l'air à cause d'un sport, il nous a laissé tomber à cause d'un putain de sport, et la seule personne qui était là pour moi, la seule personne qui m'a empêché de me jeter du toit, ça a été une gamine que je connaissais pas ! Ca a été une gamine qui vit ce qu'aucun gosse devrait vivre, parce qu'elle aussi a des parents trop cons pour se montrer raisonnables ! Et je viens de frapper la sœur de cette gamine ! »

Il sentit une barrière se briser, quelque chose dans sa gorge se rompre. Il poussa un sanglot, un bruit étranglé, mais son état de fureur n'avait fait qu'empirer, si bien qu'il ignora l'image qu'il devait renvoyer seulement pour se focaliser sur Seto. Et bientôt ce silence lui sembla trop long, trop lourd.

Makoto craqua :

« MAIS DIS QUELQUE CHOSE PUTAIN ! »

Une nuée d'oiseaux s'envola. Son hurlement résonna dans le grand espace qui les entourait. L'expression de Seto était indéchiffrable, presque neutre. Hanamiya en devenait fou, en devenait fou de n'avoir aucune réponse, aucune réaction, rien. En devenait fou d'avoir l'impression de passer pour un dégénérer.

Il allait pour hurler à nouveau quand son coéquipier exerça finalement un geste, un simple mouvement : celui de se lever, de s'éloigner du banc pour se rapprocher de lui. En quelques pas à peine, il se retrouva à sa hauteur, face à lui, poussant Hanamiya à lever la tête pour continuer de soutenir son regard.

C'est là que Seto l'enlaça.

Hanamiya en devint livide. Il était prêt à essuyer les remarques. Il était prêt à recevoir les reproches. Il était prêt à accuser le coup, à entendre ce qu'il se répétait à longueur de temps : "C'est à cause de ça que tu fais du mal aux autres ? Tu souffres donc tu fais payer tes adversaires ? Tu fais payer ceux qui n'ont rien demandé, qui sont justes plus heureux que toi ?". Il s'était même attendu à pire, à un "Tu ne vaux pas mieux que Yuki"

Et à la place, il n'y avait que le silence, que cette étreinte puissante. Ses bras autour de son corps, qui le serraient fort, qui tremblaient.

Qui tremblaient ? Hanamiya réalisa que Seto tremblait. L'incompréhension n'en était que plus forte, la confusion également. Seto ne fléchissait pas, jamais, certainement pas devant lui, et aujourd'hui il venait de le blottir contre son corps comme s'il avait peur de le voir disparaître.

Makoto prit conscience que c'était sûrement l'image qu'il devait projeter. L'image d'un mec pathétique, désespéré. L'image d'un mec qui venait d'avouer avoir pensé à se suicider, qui l'aurait sûrement fait si on ne l'avait pas retenu.

La situation lui sembla absurde, si ridicule qu'il en rit. Du moins, il pensait qu'il allait rire, sa bouche s'était étiré en un sourire, mais dès l'instant où il l'ouvrit, son visage se décomposa, et c'est un sanglot qui franchit ses lèvres, un sanglot pathétique. Il se mordit la langue, vaine tentative pour se contrôler, mais un soubresaut le trahit, ainsi qu'un piteux gémissement.

Il ne se rappelait même plus de la dernière fois qu'il avait pleuré sous le coup de l'émotion. Il avait déjà chouiner lors des matchs pour déstabiliser ses adversaires, mimer la détresse pour que ses ennemis baissent leur garde. Mais pleurer réellement, pleurer comme il le faisait en ce moment même dans les bras de Seto ? Il ne s'en souvenait plus.

Il n'avait pas souvenir d'avoir pleurer à l'enterrement de son père. Il ne l'avait même pas fait durant sa tentative de suicide, quand il s'était tenu seul au bord du toit de l'immeuble, qu'il avait longuement observer le paysage avec l'impression de le voir pour la dernière fois.

Peut-être avait-il pleuré quand on lui avait annoncé la mort de son père ?

Là encore, ça lui paraissait flou, invraisemblable. Il revoyait sa mère effondrée par la nouvelle, qui était restée des heures à pleurer dans le salon, recroquevillée dans son coin, la voix brisée, le teint livide. Et lui était resté là, planté sur le seuil de la porte, à la regarder sans savoir que faire, sans savoir quels mots employés.

Au fond, sa mère avait déjà tellement pleuré que peut-être l'avait-elle fait pour lui également...

Hanamiya sentit son camarade lui frotter le dos, réflexe humain pour réconforter quelqu'un, n'importe qui. Hanamiya était comme n'importe qui, et ce geste si anodin ne l'encouragea que davantage à sangloter, à s'accrocher, à cacher son visage contre le sweat de Seto quitte à le tremper.

Il avait la sensation que toute la peine du monde venait de l'accabler, de lui tomber dessus pour faire pression sur son corps, essayer de le noyer sous un torrent d'émotions qu'il ne maîtrisait plus. Sa seule bouée de sauvetage, l'unique personne qui l'empêchait de couler à pic, était Seto. Ce putain, cet enfoiré de Seto, qui décidément était infoutu de le lâcher, infoutu de le laisser tomber. Ce connard de Seto qui était toujours aux premières loges pour le voir dans ses moments de faiblesse.

« ... connard... »

L'insulte gratuite, lancée entre deux sanglots, eut au moins le mérite d'arracher un faible sourire à son coéquipier.

Seto ne put qu'en rire :

« ... fidèle à toi-même, hein...? »

Hanamiya garda son visage dissimulé, ne souhaitant pas lui montrer ses yeux brillants, ses joues marquées par les larmes. Pourtant il n'eut pas le choix, Seto le lâchant d'une main pour venir poser celle-ci sur sa joue, le forcer à relever la tête.

Le capitaine pesta, malgré son état déplorable il voulu rester digne, soutint son regard. C'était peine perdu, il le sut rien qu'à l'expression de Seto.

« ... me regarde pas comme ça... pesta-t-il, la voix enrouée.

- ... comment ?

- ... avec de la pitié. »

Seto garda un sourire, roula des yeux non sans paraître amusé de son attitude.

« C'est pas de la pitié, c'est de la compassion. T'en as bavé capitaine. Je peux pas rester de marbre face à ça. »

Il perdit pourtant ce sourire en continuant de le fixer, longuement, craintivement. Il lâcha son visage, seulement pour venir saisir sa main. Hanamiya resta confus en le voyant relever sa manche et examiner ses avants bras.

« ... Kentaro, qu'est-ce que tu fous ?

- ... Je vérifie juste... »

Seto se tût, quelque part soulagé, avant de reprendre :

« Je vérifie que tu ne te mutiles pas. »

Hanamiya hoqueta, dégagea son bras non sans s'outrer :

« Mais ça va pas ?! Et puis tu l'aurais vu depuis un moment, on a quand même partagé les mêmes vestiaires ! »

Le plus grand se passa une main dans les cheveux :

« ... je sais, mais j'ai eu le doute. Il suffit que j'ai pas fait assez attention pour louper ça. Je suis pas vraiment du genre à mater dans les vestiaires. »

Hanamiya soupira franchement, un peu agacé, mais aussi satisfait. Il prit le temps d'essuyer son visage humide, espérant ne pas avoir les yeux trop rouges. Mais au fond ce n'était pas si grave, il allait mieux, avait la sensation de mieux respirer que précédemment.

« ... On attends Matsumuto, puis je te raccompagne chez toi ? » interrogea Seto.

Le capitaine leva les yeux au ciel :

« Tu m'as pris pour quoi, ton rencard ? Je peux rentrer seul.

- Je sais, mais j'ai pas envie de te quitter trop vite. »

Seto se pencha, diminuant la distance entre leurs deux visages. Si Hanamiya n'en fut pas impressionné, il resta cependant sceptique, ayant toujours du mal à savoir ce à quoi pouvait bien penser son coéquipier.

« ... tu cherches une excuse pour connaitre mon adresse, n'est-ce pas ? »

Le plus grand le regarda avec surprise :

« Merde, c'était si évident ?

- ... non, j'ai dit ça complètement au pif, et tu t'es grillé tout seul crétin. »

Hanamiya lui fit son sourire narquois, se permettant même de lui tirer la langue moqueusement, alors que Seto se redressait en se claquant le front, se sentant complètement stupide d'avoir répondu sans réfléchir.

« Merde... Mais de toute façon je compte pas te lâcher, je t'accompagne.

- Sûrement pas, approche toi de chez moi et je te pète les genoux !

- Tu n'oserais pas~ »

A quelques mètres d'eux, Matsumuto sentait bien qu'il venait de faire quelque chose de répréhensible. Il n'était pas censé assisté à cette conversation, mais il ne s'était pas sentit de l'interrompre non plus. C'était la première fois qu'il entendait Hanamiya vider son sac, et il savait à quel point ça pouvait faire du bien, de juste hurler tout ce qu'on avait sur le cœur. Alors il s'était dissimulé, gardant précieusement les affaires de ses coéquipiers en attendant qu'ils aient terminé.

Finalement il prit une inspiration, osa se révéler l'air de rien, comme s'il venait tout juste d'arriver, qu'il n'avait rien entendu.

« Hey, les gars. »

Il leur fit un signe, que Seto lui rendit aussitôt, et les rejoignit pour leur rendre leurs affaires. Hanamiya les prit sans un mot, enfila son manteau - la nuit se rafraichissait au fil des minutes - et jeta un œil à son portable pour vérifier ses messages.

Seto vint donner une tape amical à leur camarade :

« Merci Matsu, t'assure.

- Pas de soucis. J'ai dit aux autres que tout allait bien, ils n'ont pas posé trop de questions. »

Bien qu'Hanamiya n'en dit rien, il en fut reconnaissant et espérait que Nebuya et Mibuchi sauraient aussi tenir leur langue.

« Allez, on y va. »

Seto hocha la tête et allait le suivre, mais s'arrêta en regardant Matsumuto, et en s'attardant plus particulièrement sur son sac :

« Tu rentres chez toi Matsu ? Je pensais que tu retournerais au restau.

- Mm... non, y a pas trop d'intérêt. Je risque de tenir la chandelle à Hara et Furu. Autant rentrer.

- Ouai, je vois l'idée. Désolé de te laisser comme ça. »

Matsumuto soupira, se massa la nuque, comme s'il cherchait ses mots. Seto et Hanamiya échangèrent un regard intrigué, étonnés de voir leur coéquipier hésiter pour une raison inconnue.

« Un problème ? » interrogea Makoto, qui n'aimait pas lorsque les autres tournaient autour du pot.

Matsumuto prit sur lui pour le regarder dans les yeux.

« ...Prends soin de toi, capitaine. »

Il détala presque immédiatement, trop mal à l'aise pour se permettre de rester plus longtemps après une telle phrase, surtout que c'était le genre de chose qui pouvait agacer Hanamiya. Ca ne manqua pas d'ailleurs, le capitaine l'observant partir en fronçant les sourcils.

« ...Mais de quoi il se mêle ? »

Seto lui donna un coup de coude :

« C'est notre coéquipier, c'est normal qu'il s'inquiète. »

Ce fut au tour de Hanamiya de s'embarrasser. Il grommela un bref 'je sais prendre soin de moi.' alors que Kentaro ricanait, n'y croyant clairement pas.

Quand ils arrivèrent en vue de son immeuble, Hanamiya souffla. Quelque part, il était heureux de voir l'appartement éteint, ce qui confirmait que sa mère dormait. Elle ne lui poserait pas de question ce soir, mais il se doutait que ce serait différent demain.

« Surprenant, je m'attendais à un immeuble plus chic, commenta Seto.

- Putain, t'es du genre à foutre les deux pieds dans le plat, hein ?»

Hanamiya fut le premier à emprunter les escaliers extérieurs, montant les marches avec un tant soit peu de discrétion. Ce n'était pas le moment de réveiller le voisinage. Son coéquipier le suivait de près sans se gêner à examiner le quartier.

« Tout le monde n'a pas les moyens d'avoir un appart de luxe, ajouta Makoto, atteignant enfin son étage.

- Je ne juge pas. Mais si t'as besoin de thune, tu sais que je peux t'en filer. Autant que les virements de mes vieux servent à quelque chose. »

Hanamiya roula des yeux :

« Je vais devoir te le répéter combien de fois ? Je veux pas de ta...

- C'est pas de la pitié. Moi aussi je vais devoir me répéter ? T'es chiant Mako.

- Toi t'es chiant ! »

Ils se défièrent du regard, avant de se permettre de pouffer simplement. Ca revenait toujours au même de toute façon.

Seto haussa les épaules :

« En tout cas, ton quartier semble plus sympa que le mien. Ca fait davantage petit coin tranquille, genre quartier familial.

- C'est clair. Le tiens c'est plutôt 'quartier de sales riches qui se la pètent~'

- Hey ! Tu ne m'inclus pas dans les 'sales riches' j'espère. »

Hanamiya ricana, arriva devant sa porte. Il sortit les clés qu'il glissa dans la serrure, tandis que Seto l'observait faire avec un peu d'hésitation. Il n'allait pas s'incruster chez lui non plus, alors c'était sans doute le moment de dire au revoir ? C'était ce qu'il avait en tête, mais il se ravisa en voyant Hanamiya simplement entre-ouvrir la porte pour déposer son sac avant de la refermer.

« Ramène-toi, je vais te montrer quelque chose. »

Curieux, Kentaro lui emboîta à nouveau le pas, s'étonnant de le voir reprendre les escaliers pour continuer son ascension. Ils n'échangèrent plus un mot durant le trajet, se contentant des bruits de leurs pas qui résonnaient dans la cage d'escalier, des sons des voitures à quelques rues de là. Globalement, tout était calme, presque aussi serein que le parc où ils étaient précédemment.

Seto continua d'observer autour de lui. Habituellement, il laissait sa curiosité au placard, se moquait bien de l'environnement ou des gens qu'ils croisaient. Mais quand ça touchait à ses coéquipiers, il en était autrement, spécifiquement quand il s'agissait d'Hanamiya.

Les membres de Kirisaki Daichi étaient proches. Ils discutaient, échangeaient, s'étaient déjà invités les uns chez les autres, à l'exception d'Hanamiya. Leur capitaine restait secret, même avec eux, et cela avait sans doute causé ce fossé entre eux, cette distance qui s'était creusée et qu'aujourd'hui ils essayaient de combler.

« Regarde ça. »

Seto releva les yeux à l'ordre de son coéquipier. C'est là qu'il réalisa qu'ils étaient parvenus sur le toit. La première chose qu'il aperçut fut les barrières de sécurité, qui au fond n'étaient pas si grandes que ça et qu'un adolescent pourrait sans mal enjamber. Sans doute que cette réflexion était due à la révélation de Makoto qu'il n'avait pas encore digéré... Était-ce de ce toit qu'il avait voulu se jeter, avant d'être arrêté ?

Mais cette sombre pensée fut balayée quand il regarda au-delà des barrières, qu'il vit le reste de la ville s'étendre au loin, contraster avec l'obscurité de la nuit par le biais de ses lumières artificielles.

« ... C'est sympa. » commenta-t-il.

Hanamiya leva les yeux au ciel, lui attrapa le bras pour le tirer au milieu du toit, avant de le pousser à s'asseoir, le forçant même à s'allonger. Seto, qui se laissait faire non sans cacher sa confusion, observa son capitaine :

« ...eu...Mako ?

- Mate au-dessus de nous, crétin. »

Hanamiya s'allongea à côté de lui, croisant les bras derrière sa tête, laissant le loisir à son coéquipier de regarder ce qu'il n'avait pas vu : les milliers d'étoiles qui drapaient le ciel nocturne, et qui étaient bien plus visibles que dans le parc.

« ... ah ouai...ouai, clairement c'est bien plus cool. »

Makoto eut un sourire satisfait devant le regard brillant de son camarade.

« C'est sûr que ça doit changer de ton paysage de riche~

- Roh la ferme, t'es encore là-dessus ? »

Seto lui donna un léger coup d'épaule, non sans sourire. Il ricana même :

« Mais ça m'étonne de te découvrir une âme de poète. C'est cliché, les ciels étoilés~

- Va te faire foutre.

- Hey, tu disais que je te traitais comme un rencard, mais y a qu'en rencard que t'embarques quelqu'un observer les étoiles~ »

Makoto roula des yeux. Oh, il aurait pu s'en vexer, comme d'habitude, mais cette fois ça n'arriva pas. Il était plutôt serein, sa crise de larmes l'avait calmé. Et Seto pouvait se foutre de lui autant qu'il voulait, il savait qu'il n'y avait jamais rien de bien méchant derrière.

« Tu pourrais bien être le dernier homme sur Terre, je refuserai quand même de sortir avec toi. rétorqua le capitaine.

- Même si t'es en chaleur ?

- Même. Et puis tu m'as pris pour un chien ?

- Même si t'es terriblement en manque ?

- J'ai pas besoin de sexe pour vivre.

- Même si tu m'aimes ?~

- Je préfère encore perdre contre Seirin que tomber amoureux de toi. »

Kentaro se laissa aller au rire, n'ayant même pas eu besoin d'attendre les réponses pour les deviner. Hanamiya devenait prévisible à la longue.

« Tu sais pas ce que tu loupes, mes conquêtes n'ont aucun regret~ »

Cette fois Hanamiya grogna :

« Je veux pas le savoir.

- Tu m'arrangerais un coup si je te le demandais ?

- Non, démerdes-toi.

- T'as bien aidé Yama !

- Lui il avait besoin d'un coup de main ! »

Seto remarqua le froncement de sourcils de son capitaine, ce qui le poussa à se tourner sur le côté et prendre appuie sur son bras, de façon à mieux l'observer :

« ... Pourquoi tu réagis comme ça ?

- Tu m'emmerdes. »

Seto sourit :

« T'es jaloux ? »

Hanamiya s'empourpra, une réaction qui ravie Kentaro qui ne put pourtant en profiter, puisque l'instant suivant il se mangeait en pleine face l'une des chaussures de son capitaine.

« Ferme ta gueule avant que je te pousse d'ici ! » gronda le plus petit.

Seto explosa de rire, n'enfonçant que davantage son ami dans l'embarras.

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Note Auteure: Je suis désolée pour le léger retard de ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plût malgré tout ! Concernant mardi prochain, je ne serai peut être pas apte à poster le prochain chapitre dans les temps, ainsi il sera reporter au mardi 1er juin.

Bonne journée / nuit à tous ! ;)

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