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I. Retour à l'anormal

- Carolina, cela suffit! J'en ai plus qu'assez de ton attitude! J'en ai marre! Tu ne vaux même plus mieux que tous ces adolescents ignobles qui ne savent pas vivre!

Je me retournai dans mon lit et enfouis ma tête sous mon oreiller. Je savais bien que ma mère avait raison ; il fallait que je me lève ou j'allais être en retard au collège. Mais le simple fait que ma mère vienne m'ordonner de sortir du lit était suffisant pour que j'y reste. Eh oui, j'avais un peu mauvais caractère. Ou plutôt, j'avais un fort côté de dissidence et de résistance. Quoi de plus normal pour une adolescente comme moi, non? Face à tous ces changements hormonaux et comportementaux, j'avais, comme plusieurs autres jeunes, appris à me former une carapace, une espèce d'armure servant à me protéger de toutes ces nouvelles émotions qui apparaissaient depuis la fin de ma crise d'adolescence. Cette carapace me laissait cette allure froide et nonchalante que tout le monde me connaissait, mais à l'intérieur, ces paroles quelque peu raides de ma mère me blessaient. Ce n'était pas de sa faute, croyez moi. Elle n'avait pas toujours été comme cela. En fait, mon père m'avait expliqué que c'était sûrement l'angoisse qu'elle ressentait à cause de l'année noire qui la rendait ainsi, et je le croyais. Mais comme il me l'avait aussi dit, il fallait tout faire pour revenir à la normale, pour retourner à notre petite vie quotidienne emmerdante, comme si rien ne s'était passé. Un homme de bon sens, mon père, même si j'étais persuadée qu'à l'intérieur, il brûlait de terreur lui aussi. Pas comme moi. Moi, je crois que ma carapace me protégeait encore assez pour ne pas être aux prises avec l'horreur de notre ère.

Après quelques temps, je me levai, puis constatai avec horreur le temps qu'il me restait avant le début des cours. Je pris un ensemble dans mon armoire que j'enfilai à la hâte, me préparai aussi vite que possible, puis me rendit dans la cuisine pour me prendre de quoi manger.

- Il était plus que temps, me sermonna mon père, alors que ma mère sembla m'ignorer entièrement.

Sans répondre, je pris un yogourt dans le réfrigérateur que je mangeai en préparant mon lunch. En me retournant, je vis Maxim qui me fixait tout en mangeant ses céréales.

- Qu'est-ce que tu veux? lui dis-je de façon un peu plus arrogante que ce que je l'avais désiré.

- J'ai rien fait! protesta-t-il, d'une voix pleurnicharde.

J'avais quelques regrets d'avoir provoqué mon frère de 9 ans comme ça, mais je fis mine de rien et allai dans ma chambre prendre mon sac à dos pour ensuite partir vers l'école sans dire au revoir à ma famille.

En chemin, j'essayais d'aller aussi vite que possible, mais mon cardio me faisait défaut. Comme je ralentissais la cadence pour reprendre mon souffle, je portai attention à ce qui m'entourait. D'abord, les maisons. De petites habitations toutes mignonnes, avec leurs parterres bien arrangés et leurs petites fenêtres cadrées par des bordures délicatement peintes. Celles-là, justement, c'était mon père qui les avaient peintes. Et puis, sur ma droite, j'apercevais déjà les toiles recouvrant les divers produits du marché local. Ma mère adorait y passer la matinée à admirer les fruits et légumes frais, pendant que mon père observait avec grand désir les diverses pièces de collections en vente. Puis, juste à côté, la garderie, où mon frère et moi avons passé, chacun à notre heure, des moments formidables. Portant mon regard sur ma montre, je me remis à courir, constatant que j'allais définitivement être en retard!

Arrivée en classe, j'essuyai mon front recouvert de sueur. J'avais réussi à me rendre en classe en temps, mais étais certaine d'avoir oublié une partie de mon matériel. De toute façon, peu importe ce que j'aurais fait, ma professeure de français aurait toujours trouvé un défaut dans ma conduite. Elle ne m'aimait pas, comme la majorité des enseignants. Tout comme les étudiants, d'ailleurs. Sauf Amira, ma meilleure amie. Elle, elle m'appréciait. Bon, je dois avouer que de toute façon, nous nous sommes connues parce que nous étions les rejets du collège entier. Elle, fille d'un père veuf, arrivée au Canada à l'âge de 13 ans, qui peine encore à prendre l'accent de la région et qui se fait marginaliser à cause de ses origines, et moi, qui laisse les autres me rejeter par simple insouciance, qui laisse les autres me détruire, me blesser, sans agir ni réagir. Une adolescente nonchalante, étrange, qui se fout de tout mais qui souffre de tout. Une fille avec des sentiments contraires qui se lie d'amitié avec une personne ayant de véritables raisons de se plaindre, mais qui ne le fait pas. Plutôt improbable, n'est-ce pas? Mais c'est ainsi. Et à ce moment-là, Amira me regardait d'un air inquiet. << Que s'est-il passé encore? >> semblait-elle me questionner. Sous le regard moqueur de quelques élèves, j'ajustai le dossier de ma chaise pour le début du cours.

***

Mes cours étant terminés, je sortis de l'établissement pour me diriger vers chez moi, quand Amira me rattrapa :

- Hey Caro, tout va bien?

- Ouais.

- Je voulais te parler après le cours de français, mais j'avais quelques questions pour la professeure concernant le projet.

Je la regardai, lui signifiant de parler.

- Tu avais l'air étrange ce matin. Tout va bien?

- Ouais, y'a rien, t'en fais pas.

Amira prit une pause, puis me regardant droit dans les yeux, elle me dit :

- Caroline, tu ne penses pas qu'il est temps de changer un peu?

- Qu'est-ce que tu veux dire? demandai-je, sans idée de ce qu'elle allait répondre.

- Tu n'en as pas marre de rester là à te morfondre dans tes soucis et ta nonchalance?

Je restai bouche bée. Devant mon silence, elle renchérit :

- Écoute... je crois juste que ce serait bien pour toi parfois de sortir de ta bulle, de foncer un peu. Toi, tu as le caractère pour le faire. Pas moi. Alors je ne comprends pas comment tu finis toujours dans la même situation que moi.

- Mimi... je... Merci pour ces conseils, mais tu sais que moi et...

Je fus interrompue par la sonnerie de son téléphone. Elle décrocha, et par son expression je devinai son père de l'autre côté du fil. Après quelques temps, elle raccrocha, puis, me regardant, elle me dit :

- Bon... mon père m'attend à la pharmacie, je ne peux pas tarder... mais pense à ce que je t'ai dit, d'accord? C'est vraiment important.

Avant même que j'aie eu le temps de balbutier quelque parole, elle était déjà loin devant moi. Je ramassai mes choses, puis entrepris ma route vers la maison. Sur le chemin du retour, je portai mon attention sur les arbres. De grands arbres de toutes sortes, encore d'un vert vivant et revitalisant. Comme je levais la tête pour admirer le grand érable se trouvant à mes côtés, une feuille vint se déposer délicatement sur mon front, avant de repartir gaiement au gré du vent. Je continuai ma ballade quand des voix me parvinrent de la ruelle à ma droite. En m'approchant, je distinguai plus clairement des voix masculines, comme une dispute d'adolescents mal élevés. Arrivée face à la ruelle, je vis un jeune garçon à l'allure plutôt frêle, d'environ mon âge, se battant contre deux abrutis de mon cours de philosophie. Les connaissant, c'était sûrement une histoire de drogue ayant mal tourné. J'allais poursuivre ma route, quand les paroles d'Amira résonnèrent dans l'enceinte de mon crâne, comme le soupir du vent que répète l'écho au travers les montagnes. << Sortir de ta bulle... tu as le caractère pour cela... >> Je portai à nouveau mon attention sur les garçons, pour me rendre compte à quel point le jeune à la peau légèrement basanée se faisait tabasser littéralement par les deux autres. Mais en même temps, je m'en foutais de ce qui pouvait bien lui arriver. Je poursuivis mon chemin, tentant de ne pas sonder mes émotions trop profondément pour ne pas regretter ma décision. Toutefois, quelques mètres plus loin, je changeai d'avis. Rebroussant chemin, j'arrivai de nouveau vis-à-vis la ruelle, pour apercevoir les deux cons en train de ruer le jeune de coups, d'une façon si violente que j'en eus la nausée. Comment devais-je faire? Je savais bien que j'étais plus forte qu'eux, qu'après tous ces cours d'art martiaux et ces bagarres que j'avais faites au secondaire je pouvais facilement défoncer leurs visages moqueurs et leur remettre les idées en place. Mais pourquoi est-ce que j'agirais? Comment faire pour << sortir de ma bulle?>> Au fond de moi, je le savais. Je devais laisser ma carapace s'ouvrir, laisser mes émotions m'atteindre. Puis, me rendant compte que le temps pressait pour le jeune garçon, j'agis sans réfléchir. Par derrière, je saisis Maël, le moins idiot des deux, et le bousculai violemment sur le mur de l'édifice à côté. Sa tête percuta les briques, et il me sembla quelque peu sonné. Me retournant vers Alexis, le véritable abruti qui est toujours la cause de tous les problèmes, je lui lançai mon point dans la figure, mais il ne se laissa pas faire. Aussitôt il répliqua, se ruant sur moi en tentant de me frapper comme il le pouvait. Je sentis son coude percuter mon flanc, et s'ensuivit une douleur lancinante sur mon côté gauche. Je n'allais certainement pas abandonner, par contre! Je n'étais pas si lâche que cela. Nous tentions tous les deux d'atteindre l'autre sans qu'il ait l'occasion de nous frapper, et je me surpris à penser : << Bon sens, il ne faut pas que Maël s'en prenne à nouveau à l'autre gars! >> mais en me retournant, je constatai Maël se tenant sur le bord du mur, la tête entre les mains. Ce léger moment d'inattention me valut d'être plaquée au sol par Alexis, qui lui n'avait pas divagué son attention. Je lui envoyai un coup de pied très violent à un endroit plutôt sensible, espérant ainsi me dégager de son emprise. Et soudain, tout devint vague. Je voyais les mouvements d'Alexis de plus en plus au ralenti, comme mes mouvements, d'ailleurs. Ma vision semblait floue, mais non-altérée. Un sentiment étrange m'envahit, comme si je me mettais à flotter dans le néant, comme si mon corps n'était qu'une image se perdant dans l'immensité du vide. Autour de moi, Alexis, Maël et l'autre garçon disparaissaient, comme s'ils fondaient dans un autre Univers, une autre << substance >>. Le temps semblait s'être arrêté. La ruelle était toujours là, mais entièrement différente. Les pierres recouvrant le chemin étaient abîmées, à moitié brisées. Les bâtiments de chaque côté n'étaient que des ruines, et le temps était sombre, très sombre. Je constatai qu'il n'y avait plus aucun arbre, plus aucune plante, plus aucune verdure, à l'exception de quelques racines de buisson desséchées paraissant sur le bord du chemin. Levant les yeux, je vis des nuages. Du moins, c'était le seul terme que je pouvais attribuer au phénomène couvrant le ciel. Des nuages. Des nuages d'une teinte foncée, menaçante, tirant sur le mauve et le rouge, recouvrant quasiment l'entièreté du ciel. Je pouvais tout de même percevoir des bribes du ciel, un ciel d'une teinte de bleu indescriptible, dont je ne connaissais même pas l'existence. Tout était sombre, mais je savais que c'était le jour. Je le sentais. Puis, d'un coup, tout revint normal. Je constatai Maël, se tenant la tête avec sa main droite, et Alexis, se tenant l'entre-jambes en gémissant, tout deux me regardant. Encore secouée de cette << vision >>, si je puis l'appeler ainsi, je regardai quelques instants les deux adolescents, puis, reprenant peu à peu mes esprits, je pris un air sérieux et leur dit d'une voix assez ferme :

- Dégagez, vous n'avez rien à faire ici!

D'abord hésitants, les deux abrutis partirent sans dire mot, puis le jeune garçon s'adressa à moi avec un léger accent hispanique :

- Merci, je... je ne sais pas trop comment te remercier, c'est...

- Tu es blessé?

Désignant sa manche de t-shirt recouverte de sang, je renchéris :

- Il faudra que tu soignes ça.

- Je sais... toi, tu ne t'es pas blessée j'espère?

À ce moment, je sentis à nouveau la douleur sur mon côté gauche, mais niai avoir quoi que ce soit. Il me tendit sa main, et se présenta.

- Je m'appelle Joaquin.

- Carolina.

- Écoute, je veux que tu saches que je te suis vraiment reconnaissant pour ce que tu viens de faire. C'est... c'est vraiment gentil de ta part.

- Il n'y a rien là, répondis-je, un peu mal à l'aise.

Puis, je repris ma route vers chez moi, ne sachant pas si c'était le fait de m'être dépassée ou l'étrange phénomène que j'avais expérimenté qui me mettait aussi à l'envers. << Tout devait retourner à la normale >> me disait toujours mon père. Eh bien, cette journée n'était pas très synonyme de normal, à mon avis. Et je n'avais pas l'impression que ça allait changer.

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