
~29~
Joe
Chaque cerveau possède son propos rythme, je peux le comprendre mais j'ai l'impression que le mien est vraiment l'un des plus lents que la terre n'ait jamais connu. Cela fait déjà trois jours que j'essaye d'assimiler le fait que je partage une alliance avec l'inspecteur Peterson mais je n'y arrive toujours pas.
Pour moi, il représente toujours un danger, quelqu'un à terriblement éviter, un ennemi en quelques sortes. Je n'arrive donc pas à accepter le fait que maintenant il soit mon allié. Il connaît désormais toute mon histoire et va m'aider à mettre la main sur ceux qui ont essayé de tendre ce piège à José Martinez.
Lorsque Iris lui a proposé de nous rejoindre, je n'ai pas une seule seconde pensé qu'il aurait accepter. Même lorsqu'il l'a fait, j'ai eu des doutes sur sa volonté de nous aider. J'ai tout de suite penser qu'il essayait de nous piéger.
C'est le lendemain que j'ai fini par le croire lorsqu'il nous a fait part de ses avancées dans l'une de nos réunions nocturnes. Iris lui a fait part des siennes donc nous avons maintenant plus de chance d'aller plus vite. Ils ont déjà trouvés une suspecte.
Peterson nous a fait savoir qu'il a découvert le changement de nom de Joe, son ancienne ville de naissance, le drame dont a parlé sa tante et le fait qu'il voyait un psychologue. Iris elle nous a parlé des recherches qu'elle a mené sur Nerst, le prénom que m'a cité le psychologue lors de ma visite chez lui. Elle a trouvé un compte twitter avec des photos de la nature inactif depuis des années qui a pour localisation Avrol.
J'ai donc compris qu'aucun des deux n'ont pas avancé grandement dans leurs recherches. Peterson nous a ensuite parler de la deuxième suspecte de l'enquête. C'est une jeune asiatique aux cheveux violets, Leïla Rit. C'est elle qui a découvert la scène du crime et qui a crier pour faire venir tout le monde.
Rien ne l'incrimine mais rien n'explique ce qu'elle est allée chercher dans la pièce où s'est commis le crime. Peterson a déjà fait quelque recherche sur elle. Elle vit dans la ville depuis quatre mois et ne travaille nulle part. Ce qui a attiré son attention, c'est comment elle reçoit de l'argent en grande quantité sur son compte en banque tous les mois. Cet argent vient d'un compte international qui reste anonyme.
Il a aussi appris que cette dernière ira à une fête foraine ce soir donc il veut que nous y allons pour pouvoir apprendre plus sur elle.
Après, Iris lui a demandé de lui parler de ce qu'il a appris sur Lana Spoke. Il nous a fait savoir que cette dernière vit dans la ville depuis cinq mois, qu'elle va chaque semaine à un studio pour se faire une manucure et se faire une nouvelle coiffure et qu'elle travaillait dans une boulangerie. Ses employeurs font savoir que du haut de ses vingt-quatre ans, elle avait un caractère très enfantin et qu'elle aimait vraiment être sur son trente-et-un.
Il a profité pour nous parler de son autopsie. Il a été réalisé par un jeune docteur qui séjourne à Kamara depuis trois mois. Ce dernier a fait savoir que Lana Spoke a perdu la vie à cause d'un coup de poignard qu'elle a reçu au cœur. Elle est morte sur le champ après perdu un peu de son sang.
Après, Iris et son frère sont partis. Je suis resté avec Harvey et il était tendu. Son opinion n'a pas changé sur le sujet, j'ai pu le remarquer. Il pense encore que cette histoire de complot n'est pas logique car tout le monde aime José Martinez.
J'ai pris la décision de ne pas lui en parler et je lui ai demandé ce qu'il veut faire lorsque nous retrouverons notre monde. Il m'a raconté ses projets avec espoir dans les yeux puis il est resté dormir chez moi.
Les deux derniers jours nous ont aidés à retrouver notre complicité perdue. On pourrait presque croire que l'époque où nous étions si éloignés n'a jamais existé. C'est littéralement l'amour fou entre nous à nouveau.
Aujourd'hui vendredi, c'est le jour où nous allons voir cette Leïla Rit à la fête foraine. J'ai dû annuler mon rendez-vous avec le psychologue cet après midi pour pouvoir me préparer.
J'ai opté pour un pantalon en toile noire et un T-shirt blanc car je n'avais pas vraiment d'autres choix. José Martinez semble porter un amour infini pour ses deux couleurs.
C'est finalement aux alentours de vingt heures que j'ai entendu la voiture de Peterson claxoner devant ma porte. Je laisse donc le confortable canapé de José Martinez pour aller le retrouver.
J'aurais pu y aller seul mais lorsque l'on montait notre plan il a insisté pour venir me chercher alors qu'Iris elle ira chercher Harvey. Personnellement, cela me dérange beaucoup car je n'ai aucune idée de comment lui parler maintenant. Il n'est plus mon ennemi mais cela ne fait pas de lui mon ami non plus.
Donc lorsque j'entre dans sa voiture qui semble maintenant si familière pour moi je reste complètement silencieux. Voyant que je ne compte le faire, il finit par me saluer et me demander comment je vais.
- Bien, je suppose, je lui réponds simplement, en haussant mes épaules. Et toi?
- Bien, il se contente de me répondre alors que la voiture commence à se déplacer.
Puis un nouveau trajet silencieux se présente à nous. Comme le réel lâche que je suis, je laisse mon regard posé sur le téléphone de José Martinez pour ne pas avoir à affronter Peterson. Il a toujours été plus facile pour moi de me cacher que d'affronter la vérité.
Lorsque j'y pense, je remarque que j'ai peut être un peu souffert du syndrome de Hergason. Harvey est peut être celui qui m'a guéri donc j'espère que je pourrai faire de même pour lui.
- Si jamais vous me mentez et que vous me menez en bateau, vous allez me le payer, finit par me dire Peterson, me faisant sortir de mes pensées.
Son regard reste braqué sur la route mais sa mâchoire serrée me prouve qu'il n'est pas du tout content.
- Si tu n'arrives pas à nous faire confiance, pourquoi restes-tu dans cette collaboration alors? Je lui demande, exaspéré de ses menaces.
- Parce que je n'ai pas le choix. Bien que votre histoire est tirée par les cheveux, elle fait sens mais je suis sûr que mon père serait déçu de moi s'il apprend ce que je fais en me joignant à vous, il me répond sur un ton fatigué.
- Pourquoi l'avis de ton père semble-t-il si important pour toi?
- Parce que c'est mon père, il est parfait. Si je le déçois à nouveau, je m'en voudrai pour toujours.
- Si ton père t'aime, il sera fier de toi quoiqu'il en advienne.
- Mais pour qui te prends tu pour juger si mon père m'aime ou non? Il n'y a pas de doute sur le fait qu'il m'aime, il veut juste que je sois là meilleure version de moi même. S'il me dit des fois des paroles rudes, c'est pour me motiver.
- Comme tu veux.
Nous ne disons plus rien et laissons la tension augmenter entre nous. C'est ainsi dans ce silence que nous passons tout le trajet jusqu'à à arriver à notre destination. Il gare sa voiture pas trop loin de l'endroit où se déroule la fête foraine puis nous y sortons.
La première chose que je remarque c'est que l'ambiance semble être à son paroxysme. Tout le monde semble bien s'amuser dans cet endroit qui brille de mille feux. Bonne humeur et amusement y sont sûrement aussi mots clés. Notre petite enquête va sûrement y faire crasse avec nos objectifs trompeuses.
- Comment on fait pour retrouver Iris et Harvey? Je finis par demander à celui qui me tient compagnie, voulant terminer le plus vite possible avec cette histoire d'enquête.
- On va les localiser en utilisant la magie.
- Hein?
- Pourquoi ça te surprend que je parle de magie? Tu m'as quand même annoncé que je vis dans un livre, je te rappelle.
- Je suis pas surpris, je comprends simplement pas de quoi tu parles.
- C'était de l'ironie.
- J'avais remarqué, merci. Sinon, comment allons nous les localiser.
- Envoie notre localisation à ton petit ami.
Sans plus tarder, je prends mon téléphone et envoie un message à Harvey. Je lui demande s'il est déjà arrivé et sa réponse arrive à l'instant.
De Chloé Bourgeois the only Queen Bee :
Non, je suis en route. Tu said bien que Iris adore prendre tout son temps pour se maquiller.
*Sais
Le nom avec lequel j'ai enregistré son contact me fait rire comme à chaque fois que je le vois. Lorsque Joe nous a parlé de faire un groupe pour notre enquête, il nous a fait comprendre que l'on devrait mettre de faux nom de contact. J'étais coincé sur ce que je devais mettre pour Harvey mais lorsque je me suis rappelé de comment il adore ce personnage, j'ai tout de suite su quoi mettre.
Une fois mon amusement passé, je lui ai rapidement envoyé une réponse.
A Chloé Bourgeois the only Queen Bee :
Je vais t'envoyer notre localisation dans un message. Lorsque vous arriverez, venez nous trouver.
Et puis apprends à écrire. Je te le dis pour la énième fois, tes fautes donnent mal aux yeux.
De Chloé Bourgeois the only Queen Bee :
Ok merci :)
J'écris comme je veux, le faussil. Si tu veux sortir avec moi, tu dois accepter tout ve qui va avec.
*Ce
A Chloé Bourgeois the only Queen Bee:
T'es vraiment un cas à part, Harvey.
De Chloé Bourgeois the only Queen :
C'est pour cela que tu m'aimes <3
Son message me fait sourire mais je n'y répond pas. Je verrouille l'écran de mon téléphone et le mets dans ma poche après lui avoir partager ma localisation. Je jette un regarde à Peterson et je remarque qu'il est en train de fumer.
- Tu fumes.
- Non, je mange du gâteau.
- C'était pas une question, je suis juste surpris.
- Ah ouais? Pourquoi es-tu donc si surpris?
- Je ne t'imaginais pas à être du genre à fumer.
- Lorsque tu passes ta vie entière à bosser comme un chien pour essayer d'égaler une pétasse trop parfaite, une cigarette ne peut que tu faire du bien.
- T'es trop dur avec Iris, elle ne mérite pas un tel traitement.
- Je n'ai jamais été aussi privilégié qu'elle alors n'essaye pas de le faire passer pour la victime. J'ai toujours bossé plus dur qu'elle mais elle a toujours été plus intelligente que moi, elle a toujours été celle qui rendait fier notre père et pour cela je n'arrêterai jamais de la détester.
- C'était pas de sa faute. Puis elle m'a dit que tu lui as fait plein de crasse.
- Je ne lui ai rien fait, je n'ai fait que nous mettre sur pied d'égalité. Nous n'avons jamais été sur pied d'égalité, elle est née avec un cerveau supérieur au mien. Alors j'ai fait de mon mieux pour pouvoir la discréditer aux yeux de mon père. Après elle ne méritait pas tous ces louanges qu'on lui faisait, c'était juste une fille qui a été benificiée par la nature. J'ai bon nombre de fois dû raconter des mensonges sur elle et je ne le regrette pas.
- Si seulement tu savais à quel point ce que tu dis est dégoûtant. Tu déteste ta propre sœur pour si peu et tu n'en as pas honte.
- Ne me juges pas, tu ne connais pas mon histoire.
- Alors, raconte la moi ton histoire.
- Elle m'a aussi volé le gars que j'aimais.
- Ah bon?
- Oui, c'est ça. Il n'était pas mon petit ami mais mais c'était mon meilleur ami et j'avais un crush sur lui. Lui il est venu chez moi et il est tomber amoureux de cette pimbêche d'Iris. Ils se sont mis en couple puis elle l'a largué après trois mois de relation. Elle m'a pris absolument tout ce dont j'avais envie. C'est pour ça que j'ai envie de résoudre cette enquête et de lui montrer que maintenant c'est moi qui rend mon père fier.
Lorsqu'il dit ceci, sa rage habituelle prends possession de ses yeux. J'arrive enfin à mieux le cerner une nouvelle fous. C'est juste un homme qui a laissé l'envie, la jalousie et ses insécurités le transformer en monstre. Cette compétition que son père a mis entre Iris et lui depuis l'enfance y est aussi pour quelque chose sûrement.
Malgré tout ce qu'il m'a fait, j'arrive à ressentir de l'empathie pour lui. J'imagine que toujours se voir dans l'ombre de quelqu'un qui a tout ce que l'on veut n'est pas un sentiment agréable à vivre.
Je prends la décision d'essayer de le consoler avec quelques mots doux mais je n'en ai pas le temps. Iris et Harvey arrive dans toutes leurs splendeurs. Iris porte une petite robe courte orange qui laisse paraître ses jambes et un maquillage qui la transforme complètement en quelqu'un d'autre. Harvey lui porte un T-shirt blanc et un pantalon bleu.
Je souris en le voyant arriver tout sourire. Lorsqu'il arrive à ma hauteur, il colle ses lèvres aux miennes et m'embrasse sous les yeux de nos deux amis policiers. Lorsqu'il se décolle de moi, il passe sa main sur ma taille et colle son corps au mien.
- T'es beau, je murmure au creux de ses oreilles.
- Je ne peux qu'essayer d'être à la hauteur de mon petit ami.
- T'es pas censé détester les disquettes, toi?
- Je les déteste mais ce n'est pas une disquette. T'es le plus beau mec de cette terre à mes yeux.
- Vous avez fini? Demande Peterson, utilisant une voix fatiguée.
Nous ne lui répondons rien mais le regard noir que lui lance Harvey lorsqu'il se décolle de moi en dit beaucoup sur ce qu'il pense.
- Je suis pour une fois d'accord avec Peterson, votre romance doit encore attendre un peu. Rappelez vous que nous devons essayer de piéger cette Leïla Rit, nous dit Iris, alors qu'elle tourne une mèche de ses cheveux roux.
- Arrêtes de te prendre pour notre cheffe, Iris.
- Toi arrêtes d'être un homme con qui a peur d'avoir une femme comme cheffe, Peterson.
Ils se lancent mutuellement des regards mauvais. Maintenant que je connais les deux côtés du disque, je n'arrive pas à prendre partie. Iris a raison d'en vouloir à Peterson pour comment il s'en est pris à elle. Les actions de ce dernier ne sont pas louangeux mais sa jalousie à l'égard de sa sœur est compréhensible. Celle-ci croit qu'il est juste misogyne mais ne vois pas qu'il est juste rempli d'insécurités.
- Arrêtez de vous disputez plutôt, nous n'arriverons à rien ainsi. Nous dire ce que nous devons faire serait plus productif, je décide de leur dire, espérant qu'ils m'entenderont.
- Y a rien de plus têtus que deux frères ou deux sœurs qui se chamaillent, me dit doucement Harvey alors que j'entends la mélancolie dans sa voix.
- Vous avez raison, je dois me concentrer sur cette enquête pas sur elle.
- En vrai, vous n'allez rien faire.
- Pardon?
- Toi et Joe, vous n'allez rien faire. Il n'y a que Peterson et moi qui agirons.
- Que va-t-il se passer exactement?
- Iris va aller voir la fille pour lui dire qu'un policier cherche une certaine Leïla pour l'arrêter et selon sa réaction nous verrons que faire d'elle.
- Comment Iris compte le faire? Je leurs demande, trouvant leur plan assez bancal.
- Ce sera facile, ne t'en fais pas. Porter beaucoup de maquillages et une robe courte me donnera l'avantage de passer pour une fille sans cervelle vu que c'est comme ça que l'on me voit. J'aborderai calmement cette fille puis je vais me mettre à parler beaucoup pour lui confirmer que je suis le stéréotype de la fille écervelée. Je vais donc lui raconter comment tous les hommes sont attirés par moi. Puis je lui dirai qu'il y a un policier qui est venu me parler. Je lui dirai que le policier m'a demandé pour une certaine criminelle appelée Leïla Rit, commence à m'expliquer Iris.
- C'est là que j'entre en jeu. Je vais commencer à m'approcher de Leïla de façon à ce qu'elle se sente en danger. Vous savez tous que tout le monde sait que je suis un policier sauvage. Alors, la panique devrait la faire essayer de s'enfuir si elle a quelque chose à cacher, finit Peterson.
- Si c'est le cas, qu'allez vous faire? Leur demande Harvey, les sourcils froncés.
- Nous allons l'enlever.
- Hein? Pardon?
- Nous n'avons pas d'autres choix. Nous devons l'enlever et la forcer à nous raconter ce qu'elle sait, me répond Peterson sans montrer aucun signe de faiblesse.
- Si jamais ce n'est pas elle, qu'allez vous faire puis comment allez vous la séquestrer? Leur demande mon petit ami, se montrant beaucoup plus futé que ce que à quoi je m'attendais.
- Je m'occuperai de lui injecter le même liquide qui a été projeté à Joe pour une petite vengeance.
- Et dans le cas où nous elle n'a pas tuée Lana Spoke, nous la garderons en silence sous le coup de la menace. Nous lui dirons qu'elle ira en prison si elle ne se tait pas, ajoute Peterson pour compléter les propos de sa sœur.
- Mais c'est ignoble, enfin. C'est de l'abus de pouvoir. On ne peut pas faire ça, je leurs réponds sans perdre une seconde.
Je me rappelle encore de comment je me suis senti étouffer lorsque Peterson m'a fait cette menace. Je n'arrive vraiment pas participer à faire la même chose à quelqu'un. Pourtant, je n'ai pas le choix car même Harvey est d'accord avec eux.
C'est donc la gorge nouée et la conscience très peu tranquille que je regarde Peterson et sa sœur aller traquer cette jeune fille qui pourrait très bien être innocente. Lorsqu'ils finissent par quitter mon champ de vision pour aller se mélanger au reste de la foule, je soupire puis regarde Harvey.
- Et nous, on fait quoi?
- Je suppose que nous devons essayer de paraître normal et participer à la fête foraine comme tout le monde ici, il me répond simplement, haussant ses épaules avec nonchalance.
- Donc nous sommes sensés nous amuser alors qu'ils essayent de trouver une meuf pour l'enlever?
- C'est exactement le plan. Tu viens avec moi?
En me disant ceci, il me tend sa main. Résigné et n'ayant pas d'autres alternatives, je la prends. Nous entrons donc doucement dans la foule de gens heureux qui fête je-ne-sais-quoi. Malgré le fait qu'ils sentent la transpiration et qu'ils parlent trop fort, j'arrive à me sentir bien parmi eux. Leur bonne humeur commune me rappelle le quartier où se trouve ma librairie.
Ceci me procure un sentiment de nostalgie mais il n'a pas le temps de rester. La curiosité que je ressens lorsque Harvey s'arrête devant un stand l'efface en une seconde. Un simple coup d'œil me fait comprendre qu'il s'agit d'un stand où l'on vend des crèmes à la glace. Sans plus attendre, je demande à mon petit ami ce que nous faisons là.
- Je suis venu t'acheter une glace, il me répond alors qu'il laisse son regard parcourir les glaces étalées sur le stand de la vendeuse qui nous remarque.
Cette dernière est une brune qui semble avoir la vingtaine. Son stand qui brille de toutes les couleurs présentent des glaces elles aussi de toutes les couleurs.
- En quel honneur je vais la recevoir cette merveilleuse glace? Je finis par lui demander alors que le regard de la vendeuse se fait de plus en plus lourd sur nous.
- Pour être le plus merveilleux petit ami du monde.
- T'es pas censé être celui qui déteste les disquettes?
Je laisse mon regard braqué sur lui et fait abstraction de la vendeuse. Il éclate de rire puis vient me donner un court baiser.
- Encore une fois est pas une disquette, t'es vraiment merveilleux, le faussil. C'est pour ça que tu peux choisir la glace que tu veux.
- D'accord.
Un grand sourire prend possession de mes lèvres et c'est là que je réalise que j'aurais du pardonner Harvey plus longtemps. Je laisse mon regard juger toutes les glaces et je finis par juger que celle qui m'attire le plus c'est celle au chocolat. Je me tourne donc vers Harvey pour le lui dire.
- Je vais prendre celui au chocolat.
- J'ai cru que t'allais prendre une saveur moins populaire. C'est vraiment cliché le chocolat.
- Ce n'est pas si grave d'être cliché. De toute façon, on est tous clichés un jour de nos vies quand même.
- T'as raison mais moi je serai original pour le coup.
Il se tourne vers la vendeuse puis lui demande de lui vendre une glace au chocolat et une autre au citron. Cette dernière lui donne nos glaces à l'instant puis Harvey lui donne quelques billets qu'ils tirent de ses poches. Il me tend la glace au citron et ne bronche pas lorsqu'il voit mon regard interrogateur.
- J'ai demandé celle au chocolat.
- Je sais. On va juste mettre nos glaces dans la bouche de l'autre. J'avais vu ça dans un livre et c'était vraiment bien. Je rêve de faire ça depuis.
- Si c'est ce que tu veux.
Je prends sa glace au citron avant de l'ouvrir sous le regard de la vendeuse qui se fait encore trop insistant. Il ouvre sa bouche et je l'y enfonce doucement. Il ferme ses yeux pour la sucer. Je ne serais dire la raison mais je me mets à rire et je me sens énormément amusé. Je finis après quelques secondes supplémentaires par l'enlever de sa bouche.
- Hmmm, c'est vraiment une pépite cette glace. Je n'ai jamais goûté quelque chose d'aussi bon de ma vie.
- Ça se voit. Tu as l'air vraiment épaté.
- Je serai encore dans un pire état lorsque je te gouterai.
- Pardon? Qu'est ce que t'as dit?
- Rien.
Sûrement amusé par ses actions, il se mets à rire comme un fou et cela me fait secouer ma tête. Lorsqu'il reprend constance, il ouvre ma glace et l'approche de ma bouche. Lorsque j'ouvre cette dernière, il frappe ma glace.
contre ma joue. Je puisse un cri de mécontentement et cela le fait rire. Nous recommençons et il reproduit le même schéma en utilisant pour cible mon nez. Je lui dis que je vais abandonner la glace il finit donc par la mettre à l'intérieur de ma bouche.
Si son expérience a été bonne comme il l'a dit, la mienne ne se montre pas aussi satisfaisante. La glace à un bon goût de chocolat mais elle est aussi très amère. Je l'expulse rapidement hors de ma bouche.
- Beurk, c'est dégoûtant. C'est la pire glace que je n'ai jamais goutée, je commente en crachant par terre.
Harvey la porte d'un geste instinctif à ses lèvres mais il l'expulse aussi en quelques secondes.
- T'as raison, elle a un goût affreux, il me répond, en grimaçant.
- Tu peux la garder, moi je garde la tienne.
- Je n'accepte pas, tu gardes ta glace.
- C'était pas une suggestion, je ne faisais que t'en informer.
A l'entente de mes mots, je le vois foncer sur moi et sans penser je me mets à courir. Je bouscule des gens parmi la foule et je les présente des excuses qu'ils n'ont pas le temps d'entendre. Je ris à gorge déployée. J'ignore si Harvey est proche de moi ou s'il est loin et ceci rend le moment plus amusant.
Je vole à nouveau. Une petite voix maline me rappelle que la chute sera dure mais je ne l'écoute pas. Je fais confiance à Harvey. Il n'y aura plus de chute.
Alors que je déchire la foule et que je ris, il finit par me rattraper et par me sauter dessus. J'essaye de me libérer de l'emprise de ses bras mais tout ce que je réussis à faire c'est salir mon T-shirt avec sa glace au citron. Il me laisse partir, lorsqu'il récupère cette dernière.
Lorsqu'il me lâche, je me retourne pour le voir me regarder avec des yeux rieurs. Sa glace est à dans bouche et la mienne dans ses mains. Cette dernière a complètement sali son T-shirt à lui aussi.
- Quoi?
- Quoi quoi?
- Pourquoi tu me regardes autant.
- Je me disais juste que ton T-shirt est grave sale.
Il le regarde au même moment et une grimace vient déformer ses traits lorsqu'il remarque que je ne mens pas.
- Tout ça c'est de ta faute. Si tu n'avais pas choisie cette glace, nous n'en serions pas là, il se plaint, en faisant une moue dramatique.
- Sois pas fâché, je suis sûr que l'on peut réparer ça.
- Je l'espère pour toi.
Il continue de manger sa glace donc je fais de même bien que à contre cœur. Une fois qu'il ne reste plus rien que les bâtons qui servaient à tenir nos glaces, nous les jetons et partons nous promener main dans la main. Nous marchons doucement et regardons la foule dense baignée dans la bonne humeur.
Harvey finit par nous faire faire une pause lorsqu'il arrive devant un nouveau stand. Je lui demande de quoi il s'agit et il me fait savoir que c'est un stand où l'on vend des T-shirts.
- Bonsoir, messieurs! Vous êtes arrêtez au bon endroit, vous trouverez n'importe ce que vous cherchez, nous dit le vendeur au cheveux brun avec un gros sourire sur ses lèvres.
- Mon petit ami voudrait me donner quelque chose de beau et qui me va bien mais il ne sait pas quoi choisir.
- Je le comprends bien. Quand on a sous ses yeux une merveille comme toi, tous les cadeaux semblent si petits.
Ses mots arrivent à faire rougir Harvey dont la peau n'est désormais plus noire et à me rendre jaloux. J'essaye de garder ma jalousie mais je n'y arrive pas. Le vendeur passe sa main gauche sur la visage de mon petit ami et le tourne dans tous les sens comme pour le juger.
- Maintenant que je t'ai bien regardé, je crois avoir ce qu'il te faut.
Sans plus attendre, il se mets à fouiller dans une grosse boîte pour y sortir une plus petite. Il l'ouvre et y sort une paire de boucles d'oreilles. Elles sont vertes et figurent chacun un crâne de mort. Ils sont vraiment très beaux.
Je les prends rapidement des mains du vendeur et les mets à l'oreille de mon petit ami. Il est énormément beau mais je persiste à croire qu'il le serait encore plus s'il s'agissait de son vrai corps. Il sort son téléphone pour se regarder et j'en profite pour payer le vendeur.
Lorsque je paye à nouveau de l'attention à Harvey, il est encore en train de s'admirer. Je souris en coin lorsque je repense à quel point je l'aime.
- Ce n'est pas encore fini, les tourteaux. Si vous voulez, vous pouvez acheter des T-shirts pour couple. Ils ont des petits textes funs dessus. Je ne sais pas si vous en voulez ou non mais ils sont super, finit par nous dire le vendeur, en nous donnant une paire rouge de ses T-shirts au hasard.
Nous les prenons et les regardons. Celui que je tiens est écrit "La femme de ses rêves" et Celui de Harvey "l'homme de ses rêves". Nous les lui remettons rapidement et il nous en donne deux nouveaux. Ceux-ci sont complètement blanc. Celui que je tiens présente en noir l'écrito "yeah that's me" que je n'arrive pas à comprendre. Il n'y a que lorsque je vois que celui de Harvey est écrit "I have the boy friend of the whole universe" que je finis par le comprendre.
- Si jamais nous les prenons, tu veux que l'on échange? Je lui demande en plaquant le T-shirt sur mon torse pour me faire une idée de sa réelle taille.
- Pas besoin, le meilleur petit ami de nous c'est toi. N'essaye même pas de débattre, nous savons tous les deux que c'est vrai.
Je ne débats pas et souris juste. Je paye nos T-shirts avec l'argent de José Martinez puis nous nous éloignons du vendeur et de son stand. Contre toutes mes attentes, Harvey enlève son T-shirt au milieu de la foule puis enfile le nouveau qu'il vient juste de se procurer. Il jette l'autre dans une poubelle juste à nos pieds.
Choqué par son geste, je n'arrive à rien lui dire. Je reste planté au milieu de la foule à le regarder. Il doit sûrement croire que j'ai peur de faire comme lui car il vient murmurer quelques mots à mes oreilles.
- T'as pas besoin d'avoir peur, t'es vraiment beau. Quelqu'un m'a appris que nous sommes tous sexys et qu'aucun corps n'est banal.
Soudainement, une rafale d'émotions prennent possession de mon cœur. Ils me boostent et me font enlever mon T-shirt à la seconde. J'exhibe mon torse dénué de muscle et complètement plat pour ensuite enfiler mon nouveau T-shirt.
Je prends ensuite la main de Harvey et nous continuons à marcher. A chacun de nos pas, je sens que je conquère un nouveau monde. J'ai l'impression de marcher sur des nuages. Je vole à nouveau.
Nous finissons par nous arrêter à un endroit où des dizaines de gens restent debout et encerclent quelque chose. Lorsque nous arrivons à leur hauteur, Harvey demande à une jeune fille ce qu'il se déroule. Elle lui fait savoir qu'il se déroule une sorte de compétition. Des couples se battent pour obtenir la chance de gagner une jolie peluche. Ils doivent juste danser sur une musique que le hasard leur fournira. Après avoir eu toutes les informations, il me regarde avec ses yeux aventureux.
- Ça te tente? Il me demande alors que nous voyons un couple formé d'une vielle femme et d'un Vieil homme essayer de danser sur du rap au centre du cercle que forment les gens.
- Absolument pas. Tu sais bien que je suis un piètre danseur.
- C'est aussi mon cas, si l'on oublie les quelques chorégraphies de K-pop que j'ai apprise.
- Comment je peux les oublier alors que tu es justement en train d'en parler.
- Arrêtes d'être grincheux, Viens danser avec moi. On a juste à attendre que les autres couples passent leurs tours.
- D'accord, comme tu voudras.
Je me retrouve donc contre mon gré à attendre que des couples en tout genre dansent sur diverses musiques. Sept couple plus tard, c'est nous qui nous trouvons au milieu du cercle, attirant tous les regards. Nous sommes l'un en face de l'autre et nous nous regardons droit dans les yeux.
Nous nous mettons tous les deux à sourire lorsque les premières notes de la musique résonnent. Il s'agit de I'm a Barbi girl in Barbi world. Elle me fait tout de suite penser à mon premier rendez-vous avec Harvey. J'étais vraiment amusé lorsqu'il l'avait passé dans ma voiture ce soir là.
- Tu t'en souviens toi aussi? Il me demande alors que je vois la nostalgie briller dans ses yeux.
- Bien sûr que oui. Je n'oublierai jamais aucun détail en rapport avec notre histoire.
Après quelques millisecondes magiques, je continu à parler.
- Tu crois qu'il s'agit du destin?
- Non, il s'agit de la vie.
Une nouvelle fois, la nostalgie s'empare de moi. Je me mets à danser quelques secondes après mon petit ami. La musique est enfantine mais cela ne m'empêche pas de m'approcher de lui et de passer mes mains sur sa taille.
- Mais pourquoi c'est toi qui doit tenir ma taille? C'est pas parce c'est toi qui est actif que tu dois agir comme si t'étais "l'homme" de notre relation, il me dit instinctivement, en enlevant mes mains de ses hanches.
- Cela veut dire que tu préfères être mon passif?
- Bah oui, c'est un peu évident. A chaque fois que je nous imagine, c'est toujours toi qui me la mets. Tu préfèrerais prendre?
- C'est quelque peu inapproprié de parler de ça ici.
Pour toute réponse, il ne fait que rire, en continuant de danser. Il passe sa main sur ma taille lui aussi. Il se mets à presser mes fesses avec ses mains. Après, il vient souffler quelques mots à mes oreilles.
- Pas du tout, en fait, c'est juste toi qui est grave coincé. Tu peux me dire ce que tu préfères.
- J'ai pas de préférence. Je suis un humble gare, je prends ce que je trouve.
- Mais ce n'est que moi que tu auras.
Il dépose un furtif baiser sur mes lèvres pour clôturer la conversation. Nous nous concentrons sur notre danse et nous nous en sortons plutôt bien. A la fin, nous finissons par nous embrasser et ceci vole un applaudissements à la petite foule qui nous regarde. Je regarde Harvey les regarder et tout mon amour pour lui fait à nouveau surface. Son immensité me fait peur.
Pourtant, je n'ai pas le temps d'y penser plus longtemps. Encore moins pour attendre les résultats et savoir si nous avons gagné la peluche. La cause n'est nul autre que le message que je viens de voir lorsque j'ai enlevé mon téléphone de mes poches après l'avoir senti vibré.
De Marilyn Monroe :
Viens chez moi avec Harvey. La première étape de notre plan est achevé, nous avons la fille. Fais vite.
🧡🍁
Bonsoir! J'espère que vous vous portez bien. Je vous présente un doux chapitre aujourd'hui. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez penser.
Sinon avez-vous remarquer que j'ai changé la couverture? Que pensez-vous de cette nouvelle? Personnellement, j'adore. C'est ainsi que j'ai imaginé cette couverture pendant des mois durant. L'ancienne va grave me manquer mais celle-ci est top🥵🔥✨
A mercredi ♥️👽
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