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4. Aléa

Charles caressa les cheveux de Victoire. Son visage endormi était serein, contrastant avec l'agitation qui régnait en lui. Il remonta avec tendresse la couverture sur ses épaules. La jeune femme avait été son salut. La gardienne du pacte qui l'empêchait de tuer. Et pourtant, il l'avait à nouveau fait, pour elle. Il revoyait ses mains briser la nuque de son adversaire, et le corps s'effondrer.

Pendant les longs mois qui s'étaient écoulés depuis leur retour en France, Charles avait tout fait pour oublier, pour repousser sa formation de Mercenaire dans les tréfonds de son esprit. Mais il n'avait pas réussi à s'en détacher. Malgré tous ses efforts, le mal planait encore en lui, tapi dans l'ombre, et il avait ressurgi à l'instant même où il avait aperçu Victoire maintenue à terre, quelques heures plus tôt, sur le point de subir des choses qu'il ne voulait même pas imaginer. Cela avait été si facile.

Il avait tué, froidement, et il ne regrettait pas le moins du monde son geste. Il aurait recommencé mille fois encore pour la protéger. Son regard erra sur les traits saillants de la jeune femme, amaigrie, ses cheveux agités par un courant d'air en provenance de la porte entrebâillée de la chambre.

Sans faire le moindre bruit, il se leva, se glissant dans le couloir. Avant de refermer le panneau de bois, il ne put s'empêcher de poser encore une fois ses yeux sur le corps endormi de Victoire. Il l'aimait. Il l'aimait follement.

Durant sa formation, son maître lui aurait sans doute lancé un regard d'avertissement, agacé par son manque de concentration. Mais Jack n'aurait jamais compris l'indescriptible lien qui l'unissait à Victoire.

Là, alors qu'il se tenait devant la porte autrefois finement sculptée d'entrelacements dorés, une voix insidieuse murmura dans son esprit que leur amour avait été fabriqué de toutes pièces. Cette pensée le heurta avec tant de violence que ses yeux s'écarquillèrent dans le noir. Des sentiments assemblés par un contrat. Ne s'était-il, après tout, pas donné pour objectif de gagner la confiance de la jeune femme ? Il aurait pu l'assommer, et la livrer à son oncle les mains liées. Elle l'aurait haï. Au lieu de cela, elle en était tombé amoureuse.

Il descendit les marches de marbre.

À cause de son amour, il avait perdu son oncle, son maître, sa vie.

Mais grâce à elle, il se sentait enfin vivant.

La lourde porte de l'hôtel particulier s'ouvrit, puis se referma avec un grincement.

Il se maudissait pour ce qu'il allait accomplir. Mais il n'avait guère le choix. Que pouvait-il faire d'autre ? Il s'agissait de la seule solution, de leur unique salut.

Le vent chargés de lourds flocons le glaçait jusqu'aux os.

Le Mercenaire passa de tavernes en tavernes, fréquentant des établissements de plus en plus malfamés. Et plus il avançait, plus il lui semblait qu'aucun contrat ne lui serait donné ce soir.

Et lorsqu'il dénicha enfin un contractant, Charles n'avait aucune arme pour lui donner un minimum de crédibilité, et il n'avait guère les moyens de s'en procurer.

Au milieu des ivrognes qui s'entassaient dans les établissements enfumés, il n'était qu'un fou de plus.

Il déambula de longues heures dans les venelles humides, le poing crispé sur ses engrenages, avec la sensation confuse d'être revenu au temps de son apprentissage, lorsqu'il parcourait les rues de Londres en quête d'un contrat, et finissait par rentrer chez son maître au petit matin sans avoir rien pu trouver.

L'aube recouvrait la ville d'une chape de brouillard nivéen lorsqu'il se décida à retourner auprès de Victoire.

***

— Charles...

Il ouvrit les yeux. La nuit était tombée depuis de nombreuses heures. Ils avaient passé la journée dans un état de somnolence, désoeuvrés. Victoire, prostrée dans un silence qui ne laissait planer aucun doute quant à la nature de ses pensées, tournées vers l'agression qu'elle avait subie. Et Charles, lui, ressassait dans son esprit la lettre de sa mère.

Le Mercenaire tenait Victoire serrée contre lui, et le souffle de sa voix avait suffit à le tirer des brumes du sommeil quelques instants plus tôt.

— Qu'y a-t-il ?

Au même instant, il sentit une larme s'écraser contre son cou. D'un geste machinal, il passa sa main sur la joue de la jeune femme pour essuyer les perles salées qui y coulaient.

— Tu es en sécurité avec moi. Je ne laisserai personne te faire quoi que ce soit.

Il la sentit frémir contre lui, et elle froissa le tissu de sa chemise dans son poing.

— Ce n'est pas ça...

Elle prit une profonde inspiration.

— Nous n'aurions pas dû fuir, chuchota-t-elle au bout de quelques secondes.

Silencieux, Charles attendit qu'elle poursuive.

— Nous aurions dû rester à Paris. Tenter de retrouver mon père.

— C'est exactement ce que celui qui a enlevé ton père souhaite. Et nous ne connaissons ni son identité, ni l'endroit où il le détient.

— Alors, qu'est-ce que tu proposes ? Nous allons rester terrés là, à attendre de mourir de faim ? C'est ça que tu veux ? N'as-tu donc aucune considération pour moi ? Pour ceux que j'aime ? Mon père est en danger, il...

— Ton père est sans doute déjà mort, Victoire !

Il avait élevé la voix, et sa phrase claqua dans l'obscurité.

— Je t'interdis de dire ça ! s'écria-t-elle en le repoussant de toutes ses forces.

Il la laissa quitter son étreinte. La jeune femme était secouée d'innombrables sanglots.

— Victoire... Je comprends ce que tu ressens, mais tu ne...

— Non, tu ne comprends pas ! Tu n'as jamais connu ton père, tu n'as jamais été avec lui plus de quelques heures. Tu ne peux pas comprendre ! Tu ne sais pas ce que ça fait, d'avoir peur pour la vie de ceux qu'on aime ! Tu ne comprends jamais rien !

Charles se leva d'un bond, quittant la chambre à grandes enjambées.

— Attends ! Charles !

L'ancien Mercenaire fit la sourde oreille. Il laissa ses pas le guider le long des couloirs sombres, hanté par une froide colère. Ce ne fut que lorsqu'il fut face à la lourde porte de l'hôtel particulier qu'il se rendit compte que sa rage n'avait aucune raison d'être.

Victoire avait raison. Et si ses mots l'avaient blessé, ils n'en restaient pas moins vrais. Il était incapable de comprendre, malgré toute l'affection qu'il avait ressenti envers ses parents lorsqu'il était enfant.

Jusque là, il n'avait considéré l'enlèvement de l'allumeur de réverbères que comme la cause de leur fuite. Il ne s'était même pas soucié de lui, souhaitant protéger Victoire de celui, ou de ceux, qui lui voulaient du mal.

Il fit demi-tour, retrouvant la jeune femme dans la chambre.

Elle s'était de nouveau allongée sur le lit.

— Nous n'avons pas les moyens de retourner à Paris, commença-t-il en s'asseyant à côté d'elle. Mais dès que notre situation s'arrangera, je te promets que...

— Comment veux-tu que notre situation s'arrange ?

— Je ne sais pas.

Le peu d'argent qu'ils avaient réussi à mettre de côté lorsqu'ils travaillaient à l'usine avait bien vite été utilisé. Leurs bourses étaient vides, et leurs vivres s'amenuisaient à vue d'œil au fil des jours.

— Je pourrais tuer, proposa-t-il sans oser lui avouer qu'il avait déjà tenté de trouver un contrat la nuit dernière.

— Hors de question ! Nous allons essayer de trouver un travail, demain. Peu importe quoi, tant qu'il ne s'agit pas de tuer des gens. Le temps d'avoir assez d'économies.

— Ça prendra des mois. Rien ne dit que ton père...

Elle le fusilla du regard, et il se tut.

— C'est la seule solution, plaida-t-il.

— Essayons d'abord de chercher une solution qui soit moins... extrême. Promets-le moi.

Il soupira, avant d'acquiescer. Elle se redressa sur un coude pour aller cueillir un baiser sur ses lèvres.

Il n'avait nullement l'intention de respecter sa promesse, mais cela, Victoire l'ignorait. Les yeux de la jeune femme reflétaient une intense détresse. Elle avait peur. Pour son père, pour elle, pour eux deux. Inutile qu'il y ajoute le dégoût d'embrasser un assassin.

***

— Tu dois bien connaître des gens. Des gens susceptibles de nous aider.

— Je ne connais personne, Victoire. Je suis parti d'ici il y a plus de dix ans.

Accoudée à la fenêtre, Victoire rabattit un peu plus la couverture miteuse sur ses épaules en frissonnant.

Leur échange de la nuit avait été bien vite oubliée lorsqu'ils avaient achevé les quelques vivres qu'il leur restait.

Charles caressa du regard le corps de la jeune femme, affaibli par la faim et l'inquiétude. Au fond de sa poche, ses doigts caressèrent la chevalière de sa mère, tandis que les mots de la lettre revenait le hanter.

Un souvenir surgit dans son esprit, si vivace qu'il se maudit intérieurement de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Il venait d'avoir neuf ans. Sa mère, allongée sur un lit, psalmodiait des phrases inintelligibles.

— En fait, il y aurait peut-être quelqu'un. Un proche ami de mon oncle. Un médecin. Il a tenté d'aider ma mère avant que... avant qu'elle ne sombre totalement dans la folie.

Le regard de la jeune femme s'emplit d'une lueur d'espoir.

— Penses-tu qu'il pourrait accepter de nous venir en aide ?

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La publication des chapitres est un peu plus lente que prévue, mais comme le bac arrive, je n'ai pas trop le temps d'écrire, j'essaie donc de garder un maximum d'avance par rapport à Wattpad.

Introduction d'un nouveau personnage au prochain chapitre, qui devrait permettre à l'intrigue d'avancer (enfin !).

Sinon, j'ai très envie de faire une bande-annonce... Peut-être cet été si j'ai le temps.

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