Chào các bạn! Vì nhiều lý do từ nay Truyen2U chính thức đổi tên là Truyen247.Pro. Mong các bạn tiếp tục ủng hộ truy cập tên miền mới này nhé! Mãi yêu... ♥

18


Pour rattraper son absence de la semaine dernière, notre prof décide de placer son TD de droit social mardi, de 18 h 30 à 20 h.

Ma classe a râlé toute la journée, et sans surprise, la moitié des étudiants ne sont pas présents le moment venu. Le reste continue de se lamenter en chuchotant, et notre professeur se fait assassiner de regards noirs pendant le cours entier. L'avantage de cette animosité ambiante, c'est qu'il ne se permet pas d'interroger les élèves non volontaires pour corriger les cas pratiques que nous devions préparer. Heureusement, Alexandra est là pour lui tenir compagnie et participer à chaque occasion.

Dès que la petite aiguille de l'horloge accrochée au mur s'aligne en face du huit, tout le monde range ses affaires, avant même que le prof n'annonce la fin du cours. Vaincu, il rassemble ses documents et nous souhaite une bonne soirée.

La déléguée autoproclamée de notre groupe nous retient encore quelques minutes pour nous informer d'une fête à venir, et je dois presser le pas pour ne pas rater le bus de 20 h 17 de la ligne C13. Quand j'atteins l'arrêt, un garçon de ma classe aux cheveux bouclés me suit de près.

Alors que nous ne nous sommes adressé que deux mots depuis le début de l'année, il engage la conversation avec moi. Gênée, je peine à lui répondre par autre chose que des « oui », « c'est clair » ou des grognements.

Quand le bus arrive, je vais m'installer au fond, dans le carré de quatre places, et mon nouveau camarade vient s'assoir en face de moi afin de poursuivre notre discussion sur le prof qui a osé nous retenir tard. Malgré mon manque de débit, Cheveux bouclés parvient à éviter les blancs.

À l'approche du stade d'athlétisme, je décroche, et il est impossible à mon esprit de ne pas s'égarer vers Charlie, à qui je n'ai pensé que vingt fois aujourd'hui. Puis le bus freine, s'arrête. Mon cœur s'affole quand je l'aperçois passer les portes à l'avant, et je frôle la syncope lorsqu'il s'installe juste à côté de mon nouveau camarade.

— Ça sera sympa la soirée d'Amélie au Boston, jeudi, poursuit ce dernier. Tu viendras ?

Je m'oblige à ne pas poser mes yeux sur Charlie, mais c'est plus fort que moi. Par chance, les siens sont rivés sur son portable.

— Pauline ?

Mon regard se recentre sur Cheveux bouclés.

— Ah, euh... Oui, peut-être... Si Alex vient aussi.

Déjà que je n'étais pas forcément à l'aise au début, je le suis encore moins depuis que le trop beau brun est là, et me concentrer devient plus compliqué.

— Ouais, ça serait cool de voir Alex, elle a l'air sympa. Il parait que c'est une vraie tête et qu'elle a cartonné aux exams, lance Cheveux bouclés, la voix pleine d'admiration.

— Ah, oui...

— Tu la connais depuis longtemps ?

— Depuis la rentrée.

— Et tu sais si elle a un copain, par hasard ?

— Euh... Oui... Oui, elle en a un.

À la mine déçue qu'affiche mon nouveau camarade, je réalise que je viens de briser tous ses espoirs. À partir de ce moment-là, il cesse de me parler. Lorsque le bus freine devant son arrêt, il se lève pour rejoindre les portes de sortie après m'avoir à peine saluée.

Suite à quoi Charlie quitte soudain sa place pour prendre celle à côté de moi.

Le corps raide comme la justice, je relève les yeux vers lui lentement, jusqu'à apercevoir son sourire en coin.

— Poupouille... roucoule-t-il, je suis triste quand tu ignores mes appels et mes messages pendant plus d'une semaine.

Je crois que ce que je préfère chez lui, c'est le son de sa voix. Je voudrais l'enregistrer pour l'écouter en boucle, des heures entières, toute la nuit, toute la journée.

Charlie fait mine de glisser un bras derrière mes épaules, mais je m'écarte.

— Tu me boudes ?

Sans répondre, je tourne la tête vers la fenêtre pour observer l'extérieur, où plein de voitures attendent d'être comptées. Puis sa main vient me pincer une joue.

— Arrête ! gémis-je.

— Pourquoi tu m'ignores ?

— Laisse-moi.

Il glousse et souffle dans mon oreille. Même si ça chatouille, je me retourne vers lui pour le fusiller d'un regard mauvais, qui ne réduit pas d'un minimètre son sourire espiègle.

Je crois que c'est la deuxième chose que je préfère chez lui. Son sourire, sa bouche aux lèvres toutes douces...

— C'est parce que je t'ai ignorée, la dernière fois ?

Je hausse les épaules.

— Parce que t'as croisé Anne-Sophie ? Qu'on t'a raconté des trucs ? Des vilains trucs à mon sujet, pour changer un peu ?

— Tu m'as menti...

Son visage s'assombrit le temps d'une seconde. Sur le coup, je suis presque certaine qu'il va tout m'avouer et s'excuser, mais quand il ouvre enfin la bouche, c'est pour me répondre d'un ton détaché.

— C'est vrai, ça m'arrive de mentir sur des choses qui n'ont pas vraiment d'importance, comme tout le monde.

Au fond de moi, je savais qu'en prenant le bus de 20 h 17 de la ligne C13, j'avais une chance non négligeable de tomber sur Charlie. Ainsi, je pouvais le voir non parce que j'étais retournée vers lui par faiblesse, mais parce qu'un concours de circonstances idéal nous aurait réunis.

Sauf que je n'avais ni prévu quoi dire, ni imaginé le nombre d'émotions qui me submergeraient.

Je sens mon visage se marbrer de colère, et j'ai autant envie de le frapper que de me jeter dans ses bras.

— Me dis pas que tu me joues une comédie pareille juste pour ça ? s'étonne Charlie.

— Mais non ! Je sais qu'il y a un truc entre toi et Anne-Sophie, mais personne veut rien me dire.

Malgré moi, j'ai élevé le ton, mais visiblement pas assez pour attirer l'attention des autres passagers vers nous.

— C'est pour préserver ton petit cœur sensible d'artichaut, ma Poupouille.

— Mais arrête !

— De ?

— De te moquer de moi.

Un sourire agaçant s'étire sur ses lèvres, et il me fait ses yeux doux, qui sont surement la troisième chose que je préfère chez lui.

— Qu'est-ce que tu t'imagines, encore ? Que je te trompe ? Avec Anne-Sophie ? Lydia, ou une autre ?

Le bus freine brusquement, je bascule vers l'avant et Charlie me retient d'une main sur l'épaule.

— C'est ça ? insiste-t-il.

Mes esprits retrouvés, je hoche la tête.

— Ça me brise le cœur que tu puisses me croire capable de ça.

Il n'a pas l'air de me prendre au sérieux, et l'entendre me parler d'un ton niais, comme si j'étais une enfant attardée, me fait bouillir de l'intérieur.

Au passage, je remarque que je viens de rater mon arrêt quand le bus stoppe sa course à un endroit que je reconnais à peine.

Sans attendre, je bondis de mon siège et me rue sur les portes pour sortir en même temps qu'un autre monsieur.

Je marche d'un pas rapide en sens inverse pour rentrer et échapper au froid polaire de février.

Encore énervée, je peine à démêler mes écouteurs, quand on me saisit l'épaule pour me retourner brusquement.

Le sourire de Charlie a disparu pour laisser place à un air agacé.

— Sérieusement, Pauline ? Tu penses vraiment que j'irais voir ailleurs ?

Bien sûr que je le pense. Je ne comprends toujours pas ce qu'il fabrique avec une plouc comme moi, quand il pourrait avoir une fille bien plus belle, grande et fine, qui ne refuserait pas de coucher avec lui et qui n'aurait pas déjà trois matières à rattraper pour le premier trimestre.

J'aimerais le lui dire à voix haute, mais la peine et la colère me nouent la gorge.

— Si j'estimais perdre mon temps avec toi, quelles que soient les raisons, crois-moi que je t'aurais larguée depuis une éternité. Et je n'aurais pas non plus joué les harceleurs pendant une semaine. C'est pas du tout mon style.

Mes yeux commencent à brûler, mon nez à picoter, et j'aspire une immense bouffée d'air pour m'empêcher de craquer. Je sens que je suis sur le point de passer l'éponge. Après tout, personne n'est parfait. Mais je ne veux pas qu'il me croie acquise et me récupère trop facilement.

Tout est toujours trop simple pour lui, alors qu'il ne se prive pas de me faire galérer par moment.

— Tu m'as quand même menti, dis-je. Si tu m'as pas avoué que c'était Anne-Sophie qui, soi-disant, te harcelait, c'est que tu as des choses à cacher. Comment je peux te faire confiance, moi ?

— J'admets que j'aurais pas dû et que c'était nul de ma part. Je m'en excuse. Sincèrement. Encore plus si cela t'a blessée. C'était plus simple pour moi de te dire que je la connaissais pas, ça m'évitait de longues explications et justifications.

Surprise qu'il reconnaisse sa culpabilité et de ses excuses, je ne sais même pas quoi lui répondre. Alors je me contente de hocher la tête.

— Qu'est-ce que je peux faire pour que tu me pardonnes ?

— Raconte-moi ce qu'il s'est passé avec Anne-Sophie.

— Ok. Mais c'est possible de parler ailleurs que sur un trottoir mal éclairé ?

En effet, le lampadaire juste au-dessus de nous ne cesse de clignoter, ce qui rend la situation un peu glauque.

D'un accord commun tacite, nous nous retrouvons donc dans ma chambre étudiante, assis sur mon lit.

— Alors ?

Charlie soupire.

— Entre Anne-So et moi, c'est une grande histoire de haine et d'amour qui n'a jamais commencé, ne commencera jamais et ne se terminera jamais, car elle est incapable de passer à autre chose.

En réponse, je fronce les sourcils.

— On se tournait beaucoup autour au lycée, mais à partir du jour où je suis sorti avec d'autres filles, elle est devenue jalouse et me pique une crise à chaque fois. Alors qu'on sait tous qu'il ne se passera jamais rien entre nous. Quand je te disais que c'était une chieuse qui me harcèle, je ne te mentais pas complètement.

Je ne sais pas trop quoi en penser, mais il a l'air sincère et ne semble pas intéressé par la blonde. Malgré tout, je ne suis pas aussi rassurée que je le devrais. Pour moi, il y a toujours anguille sous caillou.

Le temps d'assimiler tout cela, je vaque à mes habituelles occupations : je vide mon trieur, prépare mon sac pour la prochaine journée de cours, range la vaisselle, me lave les mains et commence à cuisiner des pâtes à la crème avec des saucisses.

Sentant le regard de Charlie dans mon dos, je me retourne vers lui pour le trouver avec son éternel sourire aux lèvres.

— Quoi ? bougonné-je.

Il ne répond qu'après quelques secondes de silence.

— On dort ensemble, ce soir ?

D'abord étonnée, je secoue la tête même si mon ventre fourmille à la simple idée d'être dans ses bras.

— Pourquoi pas ?

— Je me lève tôt pour aller en cours demain.

— C'est pas un souci, je partirai en même temps que toi.

— J'ai pas de place pour deux dans mon lit, rétorqué-je.

— Sauf si on dort collés serré.

— Ça sera pas confortable.

— Arrête de trouver des excuses, glousse-t-il. Dis que t'en as pas envie, et j'insiste plus.

— J'ai pas envie.

Mon ton l'a surement aussi peu convaincu que moi-même, mais mon refus lui arrache quand même un haussement de sourcils.

— Ok. C'est moi qui en ai envie, admet-il. Tu m'as manquée.

Je dois pincer mes lèvres pour réprimer un petit sourire de satisfaction.

Et bien que je ne rêve que de ça, je refuse de nouveau. Juste pour lui montrer que je sais dire non et me prouver que je ne suis pas trop faible non plus.

— Demain soir, alors ? propose-t-il.

— Je sais pas.

Un gloussement lui échappe, ses yeux de velours prennent un air amusé, une bouffée de chaleur m'envahit, et mon « je sais pas » se transforme en « d'accord ».

Lorsque mon repas est prêt, je lui fais néanmoins comprendre qu'il est temps pour lui de partir en ne sortant qu'une seule assiette.

Juste après avoir passé le seuil de la porte d'entrée, Charlie se retourne, se penche et m'embrasse. Et parce que je ne suis pas aussi forte que je l'aimerais, je lui rends son baiser, révélant sans doute à quel point il m'a manqué. 

Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro