~24~
Sira
Après avoir déposé Khalil chez ses grands-parents j'avais pris le chemin menant chez Rahmane. Depuis la fois où je m'étais rendue à sa clinique, nous n'avions pas eu l'occasion de parler. Je voulais qu'il éclaire mes doutes par rapport à l'état de Coumba. J'avais des hypothèses qui devaient être confirmer par Rahmane.
Malheureusement je n'avais pas trouvé Rahmane chez lui, le vigile de l'immeuble m'avait fait savoir qu'il était parti en week-end avec sa famille. J'avais alors repris la route menant cette fois chez moi réflechissant à un moyen d'occuper ma soirée et mon week-end. Passer du temps avec Tassem ? Non il doit voyager samedi, donc c'était impossible. Je pensais faire une visite surprise chez Nadine vue que cela faisait longtemps que l'on s'était pas retrouvé entre fille.
Voilà ! J'ai trouvé quoi faire de mon week-end.
Une dizaine de minutes plus tard j'étais devant ma maison.
Quand j'eus fini de me garer je sortis de la voiture et j'entrais chez moi tout en manipulant mon téléphone mais des cris avaient attirés mon attention. Je savais déjà que c'était une énième dispute entre mes parents. Ceci était devenu fréquent ces derniers jours. Pour une raison que j'ignore encore ma mère en voulait à mon père et elle cherchait à régler leur désaccord par des cris.
Je soufflais discrètement pour me donner du courage pour affronter l'ouragan qu'était devenu ma mère. Je pense que le mariage de Zeyni l'avait rendu encore plus amère et tendu qu'elle ne l'était déjà.
Vivement que Tassem envoie ses émissaires ... En passant la journée d'hier avec lui et en compagnie de nos enfants et de Nadine je lui avais fait savoir que j'étais enfin prête à me marier avec lui.
Prête à soixante quinze pour cent pour refaire ma vie avec Tassem. J'estimais que nous avions assez perdu de temps ... J'ose espérer que mon père sera heureux de savoir que je vais me remarier après le mauvais feuilleton que j'ai vécu avec Badou.
À quelques centimètres de la porte du salon je rangea mon cellulaire dans mon sac priant que leurs cris cessent enfin et que la maison retrouve sa quiétude et son harmonie d'antan.
- Sira n'a jamais été ma fille ... c'est la tienne. C'est la fille d'une autre que tu m'as imposé ... forcé à élever sans me dire qui était sa véritable mère. J'exige qu'il est temps que je sache enfin la vérité.
Ma mère venait de parler m'arranchant ainsi de ma torpeur et également un cri de surprise que j'aurais aimé étouffé à ce moment précis.
Malheureusement il était trop tard.
Mes parents m'avaient aperçu à l'encadrement de la porte.
J'entrais sans plus de cérémonie dans le salon faisant leurs ainsi face.
Ma mère ... enfin ... la femme qui m'avait élevée affichait une visage dénué d'expressions comme elle savait si bien le faire alors que mon père lui avait une expression horrifiée.
Ses yeux n'arrêtaient pas de me fixer essayant de me sonder sans succès.
Je ne laissais rien absolu rien paraître même si c'est un remu-ménage au fond de moi.
- Si ... Sira ... ma fille ...
- Maman s'il te plaît veux-tu bien répéter tes propos d'il y a quelques minutes ? Dis-je en ignorant mon père
Un calme olympien s'était emparé de mon être me surprenant.
Je faisais tout pour ne pas devenir hystérique.
- Écoute chérie tu as sûrement mal entendu ...
Une tentative vaine et inutile de mon père me confirmant que j'avais très bien entendu au contraire. Il ne servait à rien de cacher la vérité plus longtemps car il est temps que pour moi de faire toute la lumière sur ma naissance.
- Papa je mérite de connaître la vérité ... alors maman ... répétais-je en m'asseyant sur le sofa.
- Je ne suis pas ta véritable mère. Tu avais quelques mois quand ton père t'a ramené avec lui.
- Je ne comprends pas ... Papa est-ce vrai ce qu'elle vient de dire ?
Posais je calment pendant que ma mère roulait des yeux.
- Oui Sira ! Elle n'est pas ta véritable mère.
Saperlipopette ! Sacré découverte ! Jusque là je me sens très bien.
Dans un sens je venais d'avoir la confirmation sur mes doutes.
Depuis petite j'avais des doutes et bien le voile venait de se lever, la brume s'était dissipée.
On m'avait ôté un poids en quelque sorte.
- Connaissais-tu ma véritable mère papa ?
Demandais je encore en faisant appel à tout le calme dont je disposais.
- Oui je la connaissais.
- Es-tu réellement mon père ?
- Non ! Je considérais ta maman comme ma petite soeur et je la protégeais tout le temps.
- Connaissais tu mon véritable père ?
- Non !
- QUOI ? KHALIL TU M'AS LAISSÉ CROIRE QUE SIRA ÉTAIT LA FILLE DE TA MAÎTRESSE ... D'UNE ÉTRANGÈRE ...
De mieux en mieux !
Tout ce que je croyais comme étant la vérité n'était que pure mensonges et inventions.
La vérité la vraie venait d'éclater en plusieurs morceaux.
- Je t'ai menti Arabi. Tu n'avais pas besoin de savoir qui était sa mère ni que je n'étais son père et je m'étais fait la promesse de protéger Sira et c'est ce que j'ai fait en te laissant croire qu'elle était issue d'une liaison.
- Alors comment cela se fait-il que je sois devenue ta fille ?
- Sache ma chérie que j'aurais tout donné pour emporter ce secret dans ma tombe ... Ta mère t'a déposé devant ma porte avant de ...
- De partir ? complétais je la gorge soudainement nouée pris d'une colère.
Ma véritable mère m'avait abandonné devant une porte.
Ma véritable mère m'avait abandonné devant une porte.
Ma véritable mère m'avait abandonné devant une porte.
Cette phrase passait et repassait en boucle dans ma tête.
Mon dieu comme c'est horrible !
- Ta mère t'a déposé devant ma porte avant de ... de ... de ... se ... suicider.
- QUOI ? Avons crié ma mère adoptive et moi.
Mon père se passait la main sur la tempe cherchant à masquer son stress qui grandissait.
C'était la première fois que je le voyais ainsi et je me demandais si cela en valait la peine.
Si cela était nécessaire de continuer au risque de souffrir davantage.
Il fallait que je prenne une décision car mon père même si ce n'est pas mon père biologique ne mérite pas tout ce stress que je lui inflige.
- Écoutez moi jusqu'à la fin sans m'interrompre.
Je n'avais plus la force de répliquer alors je clignant des yeux.
Mon cerveau était trop bourré pour que je réfléchisse correctement.
- Tu es née en quatre-vingt dix comme tu le sais déjà et c'était une période où bons nombres de conflits avaient lieux. Comme vous le savez toutes les deux j'ai servi dans l'armée et j'étais sergent dans une légion qui intervenait la plupart du temps pour sécuriser des régions qui se faisaient attaquées par des milices armées. J'étais en quelque sorte sous les ordres des Nations Unies et c'est ainsi que j'ai eu à rencontrer ta mère ... Elle venait de souffler sa dix-septième bougie quand son père qui était gouverneur d'une petite région au nord du Rwanda nous avait présenté. Nous sommes très vite devenus amis... Ta maman était une femme exceptionnelle et extrêmement cultivée et belle ... elle faisait la fierté de ses parents; ils la protégeaient car ayant déjà perdu leurs autres enfants dans ces attaques; elle était leur prunelle ...
À cette époque le génocide du Rwanda n'avait pas encore eu lieu mais des petits conflits entre Tutsis et Hutus se faisaient de plus en plus fréquent.
Ma mission ... notre mission dans cette région consistait à protéger les habitants contre les attaques des milices Hutus ...
Un jour alors qu'une région voisine avait été attaquée la veille par les rebelles ... une partie de mon équipe et moi-même étions partis en forêt pour pourchasser ces rebelles sans qu'on sache que c'était un piège de leur part ... Ayant passé des heures à ratisser des hectares de forêt sans succès, nous sommes revenus sur nos pas.
En rentrant nous avons aperçu de la fumée provenant à l'entrée de la région ... j'ai tout de suite su qu'il s'était passé quelque chose en notre absence et j'ai couru du mieux que j'ai pu pour chercher à sauver les habitants malheureusement il était trop tard ...
Les rebelles avaient commis un massacre laissant des corps de femmes, d'enfants et des militaires derrière eux ... j'ai cherché ta mère partout et c'est finalement chez elle que je l'avais finalement retrouvé ... elle était assis dans un coin de leur maison ... toute nue ... ces salopards de Hutus l'avaient violé à tour de rôle devant ses parents avant de les tuer sous ses yeux m'avait elle expliqué ... Ta mère n'a jamais été la même ...
Le pire était d'apprendre qu'elle était enceinte d'un de ces violeurs; cette nouvelle l'avait anéanti mais malgré tout elle ne t'a jamais détesté et elle t'a porté dans son ventre ... Quelques mois après ce douloureux épisode ... tu es née un vendredi apportant la joie et l'espoir dans la vie de ta mère ... enfin c'était ce que tout le monde pensait moi y compris ... sauf qu'un soir ta mère t'a déposé devant ma porte avec une lettre où elle m'expliquait qu'elle ne supportait plus de revoir les images de son viol chaque nuit et elle me demandait de prendre soin de toi, de t'aimer comme ma propre fille et de te faire savoir qu'elle t'aimait malgré tout ... Je ... J'étais arrivé trop tard ... je n'ai pas pu l'empêcher de se donner la mort ... Quelques jours après avoir enterré ta mère, j'ai fait toutes les démarches nécessaires pour faire de toi ma fille en notifiant à mes superieurs ta venue au monde et le déces de ta mère et j'avais quitté cette région pour le bercail.
Une fois à la maison j'avais fait croire à ma famille et celle de mon épouse que tu étais ma fille. Ma famille t'avait tout de suite adopté sans problème alors que ma femme elle m'en voulait de l'avoir trompé avec une étrangère comme le faisait la plupart des militaires partie en mission.
Quelques mois après mon retour j'ai rendu les armes et j'ai quitté l'armée à la mémoire de ta mère ... Je n'avais pas pu supporté la mort de ta mère et je me sentais responsable dece qui lui était arrivécar je n'ai pas su la protéger.
Pendant toutes ces années j'ai tout fait Sira pour te donner ton mon amour même si ma femme t'en voulait pour ma trahison
Si je ne t'ai jamais dit la vérité c'était pour te protéger et surtout je ne voulais pas t'infliger de la peine.
Plusieurs émotions s'étaient succédées en moi après les révélations de mon père adoptif.
J'étais stupéfaite par toute cette histoire, ma bouche grandement ouverte.
Je haïssais mon géniteur à ce moment précis et je priais qu'il soit mort dans d'atroces souffrances.
Ma mère a tant souffert même ayant vécu un viol collectif le pire de tout, il m'avait quand même donné la vie ...
En ce moment je n'en voulais pas à cet homme assis en face de moi de m'avoir caché cette saleté de vérité car il a en quelque sorte tout fait pour me protéger de cette horrible vérité.
Ce qui me mettait par contre en colère c'est l'attitude de ma mère adoptive.
Pendant toutes ces années elle m'en voulait parce-que son mari lui avait menti.
Je venais enfin de tout comprendre son comportement avec Badou.
En insistant pour que je retourne avec mon ex, elle cherchait à ce que je vive la même chose qu'elle.
Elle voulait que je ressente la même souffrance qu'elle quand elle me regarde.
Je devais ressentir de la haine contre elle mais je devais reconnaître qu'elle m'avait même si c'est peu nourri et choyé quand j'étais bébé.
Et juste pour cela je devais oublier la pseudo-haine qu'elle ressentait pour moi.
- Je te demande me pardonner sira disait mon père me sortant de ma léthargie. Ta mère t'aimait.
- Je ne t'en veux pas papa. Après tout tu m'as donné un toit et une famille formidable. Je regrette seulement d'avoir insisté pour connaître la vérité. J'aurais tout donné pour ne pas pour ne pas être dans cette maison il y a quelques minutes. Sache que rien ne changera entre nous papa. Tu es et restera mon seul et véritable père. Vous resterez mes seuls parents les seuls que j'ai connu.
Je me levais pour le serrer dans mes bras laissant mes larmes coulées sans les retenir.
Je ne sais pas si je pourrais oublier de sitôt cette sordide histoire car elle me hantera sûrement longtemps.
- Sira ... ma fille ... je te demande de me pardonner aussi. Je n'ai pas été une mère exemplaire avec toi car en quelque sorte j'en voulais à ton père de m'avoir trompé et j'ai transféré toute mon amertume sur toi. Je voulais que tu souffres comme moi. Pardonne-moi de t'avoir blessé disait ma mère.
Je m'étais retournée pour lui faire face. J'ai cru que cela aurait été facile d'oublier tous les mots blessants qu'elle m'avait jetés à la figure.
Les secrets de famille ne sont jamais bonnes même si en cachant la vérité on pense à bien faire, arrivera forcément un jour où ces secrets peuvent nous détruire.
C'est comme pour moi en ce moment.
- Je te pardonne maman dis-je sans plus.
Même si je pardonne à ma mère mais il m'est difficile d'oublier encore.
- J'ai besoin de prendre l'air avais-je dit quelques minutes après en prenant mes clés de voiture sortant rapidement du salon.
Heureusement que mon fils passait le week-end avec ses grands parents sinon je n'aurais pas pu le tenir dans mes bras.
Dans mon état émotionnel actuel il était sûrement déconseillé de conduire mais il fallait que j'aille dans un endroit calme, un endroit où je serais une inconnue pour pouvoir faire le tri dans ma tête.
Mais où ?
Et surtout à cette heure ci ?
J'ai conduit sans savoir où me rende. J'avais mis le coran pour avoir les idées claires et j'avais roulé des heures sans m'arrêter.
Les paroles d'une chanson de Soprano sont venues dans ma tête et c'est exactement ce que je fais :
Je roule, roule, roule, roule, roule
Dans les rues de ma ville, la larme à l'oeil, la boule au ventre
Je refais le monde avec des si ...
Inconsciemment ou consciemment ma voiture s'était garée devant l'immeuble de Tassem.
Malgré tout je n'étais pas sortie de la voiture car n'ayant pas l'envie de lui expliquer les traces de larmes de sécher sur mes joues...
Des secondes, des minutes et une heure passèrent quand je me suis décidée à monter le voir.
J'avais besoin qu'il me prenne dans ses bras pour m'aider à oublier cette douleur juste pour ce soir.
J'avais besoin de sensations fortes ce soir et il était le seul capable de m'en apporter et de m'en procurer.
Devant sa porte je pris mon courage et j'insérais le double de sa clé qu'il m'avait remis il y a deux semaines.
- TASSEM CRIAS-JE.
Allah ! Pourquoi moi ?
~
Bonsoir guys, la partie n'est pas totalement corrigée nakk sorry des fautes
BinetteGaye, SafiatouFall9 seine partie bangui ni 😥😥😧
Laissez vos avis.
NB : 2 chapitres avant le mariage de Sira et Tassem 💏👫👰
D'ici là portez vous bien. Bisous à tous !
23/03 2019 Deekha 15 😎
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