
Never Mind
J'inspire à fond, et un sourire se dessine sur mes lèvres. Putain, qu'est ce qu'on est bien dehors. J'ai l'impression d'être libre.
https://youtu.be/qbmWs6Jf5dc
Je suis un anti-christ,
Je suis un anarchiste,
Je ne sais pas ce que je veux
Mais je sais comment l'obtenir.
J'veux détruire le passant
Parce que je veux être l'anarchie.
Etre le chien de personne.
Anarchie pour le Royaume-Uni !
Ca arrivera un jour peut-être !
Je donne un mauvais stop
A une file de circulation.
Ton rêve futur est un schéma de shopping,
Je veux être l'anarchie dans la cité !
Il y a plusieurs moyens d'obtenir ce que tu veux,
J'utilise le meilleur,
J'utilise le reste,
J'utilise l'ennemi,
J'utilise l'anarchie !
Je veux être l'anarchie,
C'est le seul moyen d'exister ! **
Je marche d'un pas joyeux, ça change de d'habitude. Je ne sais pas vraiment d'où me viens ce sentiment. Peut-être de la chanson que j'écoute : souvent elle me rend ainsi. Soudain je sens une main se poser sur mon épaule. Sans réfléchir, je fais volte-face et balance ma main dans la figure de la personne ayant posé sa main sur moi. Légitime défense en cas d'agression.
C'était un mec avec des cheveux noirs qui lui tombent sur les épaules, un jean arraché... Merde, Jack !
- Putain Jack ! T'es con ! Surgis pas derrière moi comme ça !
Voyant qu'il a toujours sa main posé sur sa joue, je demande :
- Ca va ?
Un sourire en coin se dessine sur ses lèvres.
- Ouais. Mais tu frappes fort...
Je soupire. Je l'aime bien, mais des moments il m'exaspère. On continue la route ensemble vers le Bloody Mary. Sans prévenir, il approche sa main de ma joue.
- Hé mais tu fais quoi là ???
Il prend un de mes écouteurs et le met.
- Faut que t'arrêtes de te méfier constamment des mecs toi.
Mais merde, c'est pas ma faute, il a qu'à pas faire des gestes qui portent à confusion ! Je le vois alors ouvrir des yeux ronds. Il me dit :
- T'écoutes ce genre de musique toi ?
- Ouais. Pourquoi ?
- J'sais pas. J'aurai pas imaginé ça. J'pensais pas que t'étais aussi punk-rock.
Je le voit qui ricane doucement. Il m'énerve. Je lève les yeux au ciel. Je décide d'attaquer :
- Un problème avec ça ?
- T'as juste quelques années de retards. Les punks existent plus.
- NON ! Le punk est pas mort. Il dort seulement !
Oui, je suis plutôt chatouilleuse quand on parle des punks. Disons que sans avoir l'apparence physique d'une punk, j'adopte en partie leur philosophie. Je remarque que Jack me regarde toujours avec des yeux écarquillés. Ah, il a cru que parce qu'il m'avais déjà parlé il connaissais tout de moi ? Tu t'es trompé, mec !
On arrive déjà devant le bar. Jack m'ouvre la porte : un excès de galanterie parfaitement inutile. Je balaie rapidement des yeux la salle. Une chose me frappe : ses potes sont pas là. Avant que j'ai eu le temps d'ouvrir la bouche, il réponds à ma question muette :
- Ils sont pas là. Restés dans le quartier. Ils passent leur soirée avec leur petites amies...
Je ne peux pas m'empêcher de rire. Voyant qu'il ne comprend pas, je demande :
- Et toi alors ? Tu fous quoi là ?
- Moi ? Je suis célibataire, je sais que c'est difficile à croire quand on me regarde mais c'est la triste vérité.
Je vois qu'il me souris. Il se moque à moitié de lui. Je me met à sourire aussi, bêtement. Je soupire et lève les yeux au ciel. Même en étant parfois un peu prétentieux pour tomber dans une autodérision, à chaque fois que je suis avec lui, je suis partagée entre l'amusement, l'attachement relatif et l'exaspération. Ca me parait ridicule parce que je n'ai jamais ressenti tous ces sentiments simultanément en présence d'une seule personne.
Il se dirige vers une table et je le suis. En le voyant avancer, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il a quand même un minimum raison en disant que c'est étonnant qu'il soit le seul célibataire de sa bande. Faut avouer que c'est quand même lui le mieux foutu. Attends... Tu viens de dire quoi là Salem ? Putain, je m'entend plus parler. Je dois avoir le cerveau dérangé pour penser à ce genre de conneries.
Assis à la table je commande un bloody mary au barman. Quand il me l'amène quelques minutes après, je n'ai toujours pas échangé un mot avec Jack. En ayant assez du silence, je lui demande :
- Au fait, pourquoi tu m'as demandé de venir ici ?
- Pour boire un verre avec moi. En toute amitié. Et parce que je t'aime bien.
Je lève un sourcil. Mon air incrédule le fait rire. Je déteste qu'on se foute de ma gueule.
Il est maintenant 00:44. On ressors du bar. N'importe quelle personne saine d'esprit verrait qu'on est un complétement bourrés. J'ai enchaîné je ne sais pas combien de verres et Jack encore plus que moi. Maintenant, je ne marche plus très droit, ma vue est en partie brouillée et je n'ai plus les idées très claires.
En fait je ris sans même en connaître la raison. Je sais pas, je dois forcément trouver quelque chose de marrant. Je ris tant que je le peux encore. Je sais que quand je rentrerai à la maison, si mes parents me voient dans cet état, ils sauront que je n'ai pas passé la soirée avec une camarade de classe respectable comme je le leur avait dit. Mais même la pensée d'un futur savon et d'un très certaine interdiction de sortie pour une durée inconnue ne suffit pas à me faire cesser de rire. Je ris le visage levé vers le ciel comme une putain d'hystérique.
Je m'appuie contre le premier mur que je trouve, j'ai de plus en plus de mal à garder mon équilibre. J'arrive encore à reconnaître où je suis. Je suis à mi-chemin de ma maison. Je crois que je vais pouvoir continuer toute seule jusque chez moi. Je tourne la tête et je vois Jack appuyé aussi contre le mur. Il a l'air encore plus perdu que moi. Je commence :
- Bon... Je crois que je vais rentrer...
- Moi aussi...
J'amorce un mouvement pour m'éloigner du mur quand je sens un bras s'enrouler autour de ma taille. Je me retourne et me retrouve face à face avec Jack. Je sais pas ce qui me prend, je dois être encore plus saoule que je le pensais, mais je pose mes lèvres sur les siennes. Je m'attendais à ce qu'il me repousse, mais c'est tout le contraire qu'il se passe.
Quand on s'écarte, il me lance un "bonne nuit" rapide et tourne les talons. Je continue ma route de mon côté.
J'ai l'impression d'avoir parcouru des kilomètres avant d'arriver chez moi. Soudain, je vois au loin la porte de la maison. Je presse le pas. J'arrive enfin devant, la pousse, monte l'escalier en faisant du bruit pour faire savoir à mes parents que je suis rentrée. Personne ne m'arrête jusque ma chambre. Je me laisse tomber sur mon lit. Je ferme les yeux et en moins de cinq minutes, je suis endormie.
** Chanson : "Anarchy in the UK" des Sex Pistols.
Une chanson punk-rock pour ne pas trop changer. Honnêtement, cette chanson est encore aujourd'hui une de mes chansons préférées. De toute façon, j'aime beaucoup les Sex Pistols. malgré tout le mal que je peux entendre sur eux et qui m'écorche les oreilles, je changerai jamais d'avis. C'est avec eux que le punk est né, et pour ça, ils auront à jamais mon respect ! (on sent les paroles de l'auteure légèrement fan). Ne jamais oublier : "no future" !!
A bientôt,
Raven.
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