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4. This is what you came for

            Rana. Rana. Rana.

Son prénom se répète en moi comme un disque rayé. Il résonne et se répercute dans mon esprit. Allongé sur le canapé qui me sert de lit, les yeux fixant le plafond, son prénom m'empêche de trouver le sommeil. Je me rassois d'un coup sur le matelas. Je me passe la main sur le visage, dans les cheveux. J'ai besoin de fumer.

Je me lève, j'attrape un briquet et mon paquet de cigarettes.

« Fumer tue.» Merci bien, sans vous, cher gouvernement, nous ne l'aurions jamais su. Celui qui a décidé de mettre cet écrito accompagné d'une magnifique photo de dents tombées ou de poumons noirs, a-t-il réellement penser que quelqu'un se dirait : « Non, fumer tue ? Mais pourquoi personne ne m'a prévenu ? J'arrête de fumer c'est décidé ! ».

Je m'approche de la fenêtre de ma chambre et je l'ouvre. L'air est glacial contre mon torse nu. Tant pis. Peut-être que la fraîcheur m'aidera à m'endormir.

Je prends l'un des rouleaux de tabac entre mes doigts pour l'insérer entre mes lèvres pincées. Je l'enflamme et m'y concentre dessus. Je me vide momentanément les pensées. Je me sens presque paisible.

La fenêtre de ma chambre donne sur la cours de l'immeuble. Elle est calme, apaisante. La résidence étant majoritairement des familles avec des enfants en bas âges, en pleine nuit le silence se fait roi.

Je lève les yeux. Le ciel est dégagé, laissant à ma vue la pleine Lune et les constellations. La pollution lumineuse est absente dans la cours. Les lampadaires ne s'allument qu'au mouvement.

Je contemple la nuit et son ciel bleu-noir. Il me rappelle mon père. Il connaît toutes les constellations par coeur quand je n'ai jamais réussi à en repérer une seule. Je n'arrive pas à distinguer l'étoile du berger. Cette bonne vieille Vénus, l'astre le plus brillant après le soleil et la lune. Mais personnellement, je ne vois pas de différence entre la planète et une véritable étoile.

J'aime observer ces boules de feu. Leur spectacle me régale. Et savoir que l'on observe des astres certainement déjà morts me fascinent. Le ciel m'hypnotise. Je l'admire autant que mon père l'aime.

Mon père...

Je secoue la tête. Je n'arrive pas à m'ôter mes problèmes de la tête. Quand Rana se met à m'échapper, mon père prend sa place. J'ai d'ailleurs l'impression de le voir, de l'entendre.

J'éteins prestement ma clope et ferme d'un coup la fenêtre. Je reste planté, les yeux fixé sur la vitre. Mon image s'y reflète. Je ne ressemble pas à mon père, pourtant j'ai l'impression de le voir. J'ai l'impression d'avoir la respiration haletante et mon coeur presque incontrôlable.

Il me hante et j'ai honte.

Je serre les poings, contracte la mâchoire. Je n'ai pas à avoir honte. Cette idée ne devrait même pas m'effleurer l'esprit. J'ai fait une bêtise - deux bêtises - mais je ne devrais pas regretter. Je ne devrais pas...

Mon coeur se serre de douleur. J'ai honte de regretter. Je me sens mal. C'est ma faute. Et je devrais être fier. Je le suis mais...

Je pose la cigarette dans son cendrier et je me laisse tomber dans mon lit.

Je suis fier. Je ne regrette pas. Je suis fier. Je ne regrette pas.

Si seulement je n'avais que moi à convaincre, ce serait beaucoup plus simple.

Et quand j'ai l'impression que mon esprit commence à se reposer, exténué par tous mes soucis, Rana réinvestit l'espace.

Je ne peux pas être tranquille cinq minutes ?! Mes yeux à peine clos se réouvrent. Je ne dormirai visiblement pas cette nuit...

Je me lève à nouveau. J'attrape mon ordinateur portable et l'ouvre. Trois heures du matin. Heureusement que je ne commence qu'à onze heure trente. C'est l'avantage de faire la fermeture, le lendemain le matin se fait calme et l'on est sensé reprendre le travail reposé. On est sensé... C'est clair que moi je ne le serai pas.

Rana ne quittant mes pensées, je décide de me renseigner un peu sur elle. Facebook est souvent l'une des meilleures sources de documentation. Mais je ne connais pas son nom de famille. Je ne pense pas qu'il n'existe qu'une Rana et si ça se trouve, elle n'a pas de compte. Je n'ai aucun moyen de trouver quoi que ce soit sur elle en fait, alors je cherche juste des informations sur son prénom.

Rana. Rana. Rana.

D'origine arabe pour certain site, d'origine latine pour d'autre, ce prénom fait débat pour internet. «Dont on admire la beauté» ou «petite grenouille», que ce soit l'un ou l'autre ces significations me plaisent. Je regarde les mots s'enchaîner et je l'imagine. Je la vois seule, effacée, je dirai même triste. Je la vois et son visage s'imprime sous mes paupières. Elle est là et je n'arrive pas à l'oublier. C'est un peu pitoyable quand j'y pense... On ne s'est jamais parlé, elle ne doit pas savoir qui je suis et moi, je fais des recherches sur elle.

Je soupire devant ma stupidité mais continue tout de même mes recherches.

Rana est également une commune du Burkina Faso, de Norvège, de République Tchèque, un titre royal en Asie du Sud, un terme d'informatique mais surtout, c'est le nom d'une étoile. Delta Eridani, dans la constellation de l'Eridan, située à 29,4 année lumière de la Terre, elle est l'une des étoiles les plus proches du système solaire ; et donc du soleil en lui-même.

Rana est une étoile. Pourquoi j'ai l'impression de l'apprécie plus que je ne l'apprécie déjà ?

Mon esprit fatigué fait le rapprochement entre la position de l'étoile et Hélios ce qui me fait rire. La jeune serveuse est littéralement l'une des plus proche du Soleil. Et je pense alors à rechercher mon patron sur Facebook, peut-être que j'aurai des résultats.

Alors je tape «Hélios Simard». Je vois son profil et clique dessus. Ce qui me saute aux yeux c'est son statut «fiancé». Je le sais. Je le sais et pourtant mon coeur se serre. Je me sens blessé pour une fille que je ne connais pas. C'est le manque de sexe ou juste mon coeur fragile qui s'effrite à chaque nouveau coup bas ? Peu importe, c'est extrêmement désagréable. Je suis loin d'être hyper romantique ou fleur bleu et cette faiblesse de ma personnalité me perturbe. Je n'ai jamais eu... de coup de foudre ? Pour qui que ce soit depuis... longtemps.

Sur le profil d'Hélios il y a quelques photos avec Rana mais très peu. Et en fouillant un peu plus, je vois qu'elle n'a pas de profil.

Internet ne m'apprendra rien de plus sur elle. Je ne connaîtrais même pas son nom de famille. Pourquoi j'ai ce besoin d'en savoir plus sur elle ? De me sentir plus proche d'elle ?

Au pire, je n'aurai qu'à lui parler demain, enfin aujourd'hui. Je ferme mon ordinateur et décide d'aller de nouveau essayer de dormir. Tu entends mon cerveau ? Je vais aller lui parler, alors sort la de mes pensées et laisse moi me reposer.

*

Merci. Neuf heures. Ces cinq heures de sommeil m'ont fait du bien. Pourtant à l'instant où mes yeux s'ouvrent elle réinvestit l'espace de mes pensées. Je n'en peux plus ! J'ai l'impression d'être un adolescent un peu trop hormonal qui vit sa première amourette ! Puis quelle amourette ? Elle est en couple et je suis sensé garder un semblant de «virginité».

Je me lève avec l'idée de me rendre soit chez Emma, soit directement au café. Je n'ai pas envie de rester dans cet appartement. Il est mal rangé, comme tout le temps. Je suis du genre bordélique et en temps normal ça ne me dérange pas. Mais quand mon esprit est lui même dans le désordre, j'ai l'impression d'être étouffé et encore plus perdu.

J'enfile mon jean noir de la veille, que de toute façon je vais quitter de nouveau dans quelques heures, et une chemise ne la même couleur corbeau. Puis je me dirige vers ma salle de bain. Cette pièce ne possédant pas de fenêtre je suis obligé d'allumer la lumière. Je brosse mes cheveux puis je cherche à enlever mes chevalières. Je ne les ai pas. Je me souviens que je les ai enlevé hier pour travailler, et je ne les ai pas remises. J'ai eu peur de les trouver trop encombrante pour le service. Elles doivent être dans mon sac. Peu importe, pour me mettre du gel je devais de toute façon les enlever.

J'attrape un peu de gel avec mes doigts et je l'applique minutieusement dans mes cheveux jusqu'à ce que ma coiffure me convienne.

Mes yeux se posent sur mon collier en forme d'aigle. J'attrape le petit animal entre mes doigts et j'enroule la chaîne autour de ma peau. C'est ma mère qui me l'avait offert quand je devais avoir cinq ans. Elle admirait les oiseaux et me trouvait fort comme un aigle. Je ne l'ai jamais quitté, sauf pour faire agrandir la chaîne.

Je me rends compte qu'entre les étoiles et les oiseaux j'ai toujours été bien servi niveau cieux dans ma famille. Je secoue la tête, un esquisse de sourire sur le visage, en sortant de la salle de bain.

J'attrape mon portable : neuf heures trente. Je n'ai pas envie de déranger ma meilleure amie alors j'attrape mon perfecto et mon sac avec mon uniforme puis je décide de me diriger doucement vers le café.

En descendant les escaliers j'attrape une cigarette pour la glisser entre mes lèvres. J'attends tout de même d'être à l'extérieur pour l'allumer. Et je fume tout en marchant tranquillement vers mon travail. Je ferme les yeux et m'imagine se que je pourrais bien faire en arrivant en avance et j'en fais une liste :

- Consommer

- Apprendre à connaître mieux Guillaume, Axelle, Léandre, Myrtille et plus généralement tous mes collègues -sauf Octave-

- Me battre avec Octave ? Mauvaise idée

- Lui parler

Je sais que j'avais promis à mon cerveau que je le ferai. Mais j'ai quand même un peu peur des sermons d'Emma. Je ne dois pas perdre mon travail... Peut-être que je peux passer une journée de plus à simplement chercher des informations sur elle ? Personne ne m'en voudra. A part peut-être moi-même.

Un léger vent froid balaye le monde à contre sens de mes pas. L'air, quoi que d'une intensité douce, me lacère le visage de sa température. Et me décoiffe.

J'observe le paysage qui m'entoure et constate que l'automne est bel et bien là. Le feuillage des arbres se changent et muent. Le vert chatoyant laisse sa place aux couleurs chaudes. Les feuilles mortes se détachent et volettent jusqu'à atterrir jusqu'à leur tombeau. Le vent n'aide pas la petite végétation à rester accrocher à leur arbre. Les feuilles dansent au rythme du vent jusqu'à être épuisé et abandonner le combat.

Quand je quitte mes pensées je m'aperçois que je suis juste devant le Rayon de Soleil. J'éteins ma clope et la laisse dans le cendrier avant d'entrer dans le café.

Je regarde mon téléphone, il n'est que neuf heures quarante-cinq. Il est vraiment beaucoup trop tôt pour que je commence le travail en avance. Puis je ressens mon estomac qui crie famine. Je me rend compte que je n'ai pas mangé hier, je suis en train de mourir de faim. Alors je décide me m'installer à une table.

Elle est à une distance raisonnable de la caisse mais je peux tout de même observer Rana. Comme hier, c'est elle qui prend les encaissements mais je remarque que c'est Léandre qui tient le bar. Si j'ai bien compris, Axelle et lui sont les seuls employés qui ont le diplôme ou les compétences pour le tenir.

Rana porte, exactement comme hier, un t-shirt à col roulé et à manches longues. Pourtant il ne fait pas particulièrement froid et l'activité humaine augmente même la température. Elle doit avoir chaud dans cette tenue ! Ou probablement pas puisqu'elle l'a remise.

Le blanc de l'uniforme met tellement bien en valeur le noir de ses cheveux longs qui lui tombent en cascade sur sa petite poitrine. Je crois que ses yeux sont maquillés d'un trait d'eyeliner faisant ressortir ses pupilles chocolat. L'arrête de son nez se courbe en une petite bosse gracieuse pour revenir se creuser sur le bout et est tacheté de tâche de rousseur. Elle un visage plutôt rond qui affiche un air d'innocence. Ses rares sourires sont toujours soulignés par deux fossettes juste aux dessus des coins de ses lèvres.

Je comprends que je suis en train de la dévisagé quand elle lève la tête vers moi et que nos regards se croisent. Je continue de la regarder. La plupart des gens auraient immédiatement détourné les yeux surtout que je suis du genre à ne pas me démonter, mais elle soutient mon regard.

J'ai l'impression que ce moment est hors du temps. Sur ses lèvres est apparu un sourire extrêmement discret presque invisible. Mais comme il remonte jusqu'à ses pupilles je le remarque. Nous devons rester dans cette position peut-être une dizaine de secondes à peine, mais pour moi il a duré bien plus. Elle finit par baisser les yeux en rougissant quand je lui offre un sourire sincère.

Je me maudis intérieurement d'avoir bouger. Nous aurions pu rester tellement plus longtemps plonger dans les yeux de l'autre.

Dans ce moment si bref elle semblait tellement vivante et rayonnante mais dès lors qu'il fut brisé le fantôme qu'elle laisse dominer son être est réapparu. Je voudrais tellement savoir, comprendre pourquoi elle s'enferme dans cette invisibilité. J'aimerai tellement apprendre son histoire...

« On sert les dépravés nous maintenant ? »

Mon poing est tellement prêt à partir tout seul jusqu'à la figure de cet abruti d'Octave. Sans faire exprès. Par inadvertance. Mais je prends sur moi et contracte tous mes muscles pour me retenir.

« On embauche bien les connards.» Répond Axelle dans son dos.

Il se retourne et sursaute, surpris.

« Si tu ne veux pas servir cette table tu dégages et c'est tout. »

Il ne demande pas son reste et part sans un mot. Je une nouvelle fois surpris de la façon dont elle réussi à le faire taire. Une simple phrase et il décampe comme un enfant prit sur le fait d'une bêtise.

« C'est drôle de voir à quel point il t'écoute. » Je fais remarquer.

La jeune blonde soupir en secouant la tête. Dans le mouvement, ses cheveux lisses volent devant son visage.

« Je n'en peux plus de lui... L'insupportable prétentieux qu'il est m'étonne à chaque fois qu'il m'écoute sans broncher. Tu veux quoi ?

— Un menu petit Soleil s'il te plaît.

— Quelle garniture ?

— Confiture de myrtille.

— Pas de problème je t'emmène ça tout de suite. »

Pourquoi mon regard se pose de nouveau sur Rana ? C'est un réflexe plus fort que ma propre volonté. Parfois alors même qu'on aimerait juste regarder ailleurs, nos yeux se posent seuls sur une personne que l'on dévisage par conséquent. J'espère que personne ne remarque mes coups d'oeil involontaire. Et pour éviter mon regard de repartir de nouveau sur elle, je sors mon téléphone et m'y concentre dessus. J'ouvre twitter et fais défiler mon fil d'actualité sans réellement regarder. Je cherche juste à occuper mes yeux.

« Elle est belle, n'est-ce pas ? Questionne rhétoriquement Axelle en revenant.

— Pardon ? »

Je sursaute.

« Je te vois la dévorer du regard, tu es loin d'être quelqu'un de discret. Et je pense que les jeunes filles qui t'observent là-bas l'ont remarqué aussi. »

D'un coup de tête discret elle désigne une table derrière moi. Je me retourne grossièrement. Deux filles, deux brunes, me regardent avec une mauvaise discrétion. L'une des deux ouvre ses yeux et rougit. Elle baisse la tête honteuse d'avoir été surprise. La deuxième par contre soutient mon regard.

Je sais séduire. J'ai appris à le faire et à en jouer. Un regard ou un sourire bien placé. Un geste qui veut tout dire. Un rien bien fait peut vouloir tout dire.

Mais le problème c'est que j'ai l'impression que ces filles ne sont mêmes pas majeures.

Elle m'offre son plus beau sourire. L'un de ceux qui veulent tout dire. Je me contente d'hausser un sourcil, amusé avant ne me retourner.

« C'est vraiment marrant de voir ton attraction sur les gens. Les jeunes filles surtout.

— ça peut servir parfois, je déclare.

— Je vais faire semblant de ne pas avoir compris. Et je vais reprendre mon service. Bon ap'

— Merci ! »

Elle tourne les talons et repart à son travail. Personnellement, je plonge dans mon petit déjeuné. Un café, un jus d'orange et des pancakes qui sont sensé ressembler à des soleils. Tout est si bon ici. Je ne sais pas si ce sont les recettes ou les cuistos mais j'ai toujours compris le succès de cette chaîne.

J'engloutis mon repas et d'un coup le temps se met à passer rapidement. Rana n'envahit pour une fois pas l'espace de mes pensées. Je passe sur les photos de groupes de rock et les guitares. Je n'ai pas touché un instrument depuis presque quatre ans je crois. Ça me manque tellement. Mais maintenant j'ai peur de ne plus savoir jouer quoi que ce soit, et cette perspective m'angoisse. Je n'en ai jamais parlé à Emma. Mais je ne doute pas qu'elle soit au courant.

Et quand on parle du loup, elle me rejoint je comprends que c'est l'heure de commencer une bonne journée de travail. Je me lève et observe la salle. Pour un vendredi à onze heure trente je trouve qu'il y a beaucoup de monde, même si à midi, on va sûrement être beaucoup plus bonder. Le patron est sensé m'aider aujourd'hui, comme il a aidé Myrtille hier, même si je ne sais pas vraiment en quoi il peut aider. Je suis Emma jusqu'au vestiaire où encore une fois, il n'y a que nous.

Elle me parle, je le sais, je le vois. Mais je suis ailleurs. Je n'arrive pas à me concentrer sur elle et elle le remarque vite car elle finit par se taire. Je suis une nouvelle fois perdue dans mon propre cerveau.

Parce qu'une question m'obnubile, me fait rêver : allons-nous avoir le cran de nous parler ?

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