Chapitre 1
MAY-LY
Je renoue le nœud de mon tablier dans mon dos, alors que mes pensées dévient sur mon calepin que je ne cesse de griffonner depuis ce matin. Les clients sont nombreux, et le service n'en termine plus.
— Tiens-toi prête pour la commande, table numéro treize, May', me crie ma collègue.
Chris dépose le plateau composé d'alléchantes pâtisseries et de boissons bien chaudes sous mon nez. Mon ventre crie une nouvelle fois famine, alors que je me munis de la commande pour l'apporter à la table concernée.
— Voici votre commande, souhaitez-vous autre chose ?
Un jeune homme blond m'adresse un sourire, alors que son acolyte, aux cheveux bruns, presque noirs, me toise du regard.
— Non, ce sera tout, merci, me répond le blond.
Je repars sans plus tarder vers le comptoir où d'autres commandes m'attendent déjà. Durant les trois heures suivantes, je ne prête même plus attention à ce que je fais, effectuant simplement mon service. Mes pensées accaparent mon esprit, sans même que je réalise que la fin de mon service approche.
— May-Ly, tu peux dire à ces messieurs que nous allons bientôt fermer s'il te plait, me demande gentiment Chris, tandis qu'elle astique le plan de travail.
Je me dirige vers la table qu'elle me désigne du menton, épuisé.
— Excusez-moi, nous allons bientôt fermer.
En analysant leur visage, je reconnais les deux mêmes types que tout à l'heure, ils semblent être restés l'après-midi entière.
— Nous allions justement nous en aller indique encore le blond.
Le brun en revanche, ne dit rien, il reste silencieux, son regard gris m'analysant sans répit. Je retourne mécaniquement sur mes pas.
— Ça te dérange de faire la fermeture ce soir, John m'attend, me supplie Chris.
Les autres employés sont déjà partis, il ne reste plus qu'elle et moi. La cloche à l'entrée tinte, signifiant que les deux jeunes hommes sont sortis.
— Non, bien sûr, va-t'en, ne le fait pas attendre, souris-je.
Elle me remercie rapidement avant d'ôter son tablier et de se sauver dans la minute qui suit.
Je vérifie que tout est propre, que chaque chose est à sa place, avant d'éteindre les lumières, et fermer la porte d'entrée à double tour. Je sors par la porte à l'arrière et la verrouille elle aussi.
Lorsque je me retourne, un homme me fait volte face. Je fronce les sourcils, une capuche est rabattue sur son crâne, mais à sa silhouette, on devine rapidement son allure masculine. Je recule de quelques pas, afin de marquer un écart entre nous.
Je me décale sur le côté pour pouvoir me frayer un chemin, toutefois, il se décale au même moment, me barrant la route. Je tente l'autre côté, seulement, il m'imite.
— J'aimerais pouvoir passer, soufflé-je.
Il me semble entendre un rire étouffé.
— Je ne crois pas que ce soit possible, avoue-t-il.
L'homme enlève sa capuche, je découvre grâce aux lampadaires de la rue, qu'il s'agit une nouvelle fois du type blond, présent dans le café tout à l'heure.
Sans pouvoir l'anticiper, une main se juxtapose brutalement sur mes lèvres, m'empêchant d'émettre le moindre bruit. Un chiffon chatouille mes narines, une odeur âcre acre se répand rapidement dans mes sinus. Je devine alors sans l'ombre d'un doute que c'est un composé chimique afin de me plonger dans un profond sommeil. Je me débats avant de perdre la totalité de mes forces. Le type derrière moi recule de quelques pas, le blond intervient en me mobilisant les bras.
S'agirait-il du type brun derrière moi ?
Mes jambes fléchissent, mais avant de perdre connaissance, j'aperçois le visage du second homme, et cela confirme mon hypothèse. Ce sont bien les deux types de cette après-midi.
Que me veulent-ils ? Que vont-ils me faire ?
Mes paupières luttent, mais je n'ai plus la force d'affronter ce produit qui me brûle désormais les yeux.
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