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Point de vu Yuri :
Quelques jours plus tard......
PRISON D'ETAT DE FLORIDE
Six jours.
Ça fait exactement six jours que je suis enfermé dans cette prison américaine.
Après m'avoir capturé en Italie, ils m'ont fait monter dans le premier jet privée. Ils avaient toutes leurs armes braqués sur moi comme si ils craignaient que je tente une évasion dans les airs alors que j'avais les mains ainsi que les pieds menottés.
J'étais incapable de bouger. J'ai tenter à plusieurs reprises de discuter avec eux, de plaider ma cause. Mais, ils m'ignoraient et continuaient de me dévisager avec leurs regards remplis de dégout et de haine. J'ai rarement été aussi mal à l'aise.
Mes pensées allaient uniquement à Ayhan. Je l'avais laisser inconsciente. J'aurais juste voulu savoir si elle allait bien et si aucun mal ne lui avait été causée. J'espère que tout va bien de son coté et qu'elle a été retrouvé. Emilio, Jallal et Aslan devraient bientôt revenir de Birmanie.
Je ne m'attendais pas à subir une extradition aussi rapide mais visiblement les autorités américaines voulaient absolument me détenir dans leurs pays pour éviter que les mafieux interfèrent en ma faveur. Tout aurait été bien plus simple si j'étais encore en Italie.
Tout s'est enchainé terriblement vite. J'ai à peine eu le temps de mettre le pied sur le sol américain qu'ils m'ont fait monter dans un nouveau fourgon blindée en veillant à me faire escorter par une unité d'élite. Ensuite, ils m'ont transférés dans la Prison d'Etat de Floride.
Les gardiens ont pris la relève et se sont chargés de moi. Je n'ai émis aucune résistance, ça aurait été stupide de ma part.
J'ai eu droit à la procédure habituelle avant d'être incarcéré puis on m'a mit dans la cour avec tous les autres détenus. J'avais l'impression d'être une proie au milieu des prédateurs. Pourtant, je n'ai jamais ressenti de ma vie. J'ai toujours été du coté des puissants mais pas cette fois.
Ils me dévisageaient tous avec animosité comme si j'étais la pire des ordures. Pourtant, ils ont tous commis des crimes aussi sanglants que celui qu'on m'accuse d'avoir fait. Leurs haines à mon égards étaient perceptible tout comme celle des gardiens.
*11h23
Je suis adossé contre le mur de ma cellule en train de regarder le vide. Je ne fais pratiquement que ça puisque je n'ai aucune occupation. Je fais parti des prisonniers qui n'ont pas accès aux feuilles, aux stylos et aux livres. Je ne comprends pas ce qu'ils pensent que je vais faire de ça.
Mon corps me fait atrocement mal. Mais, je feins l'indifférence du mieux que je peux même si il faudrait être aveugle pour ne pas voir que je lutte pour ne pas m'effondrer. Ça ne saurait tarder si ça continue comme ça.
Mon oeil droit ne s'ouvre quasiment plus, plusieurs veines ont dû s'éclater dans celui-ci. J'ai des hématomes sur les joues et la lèvre inférieur. J'ai aussi des hématomes sur tout le corps. J'ai la sensation que mes jambes vont bientôt flancher. J'ai également eu droit à plusieurs côtes cassés. Mon physique de mannequin n'est plus qu'un lointain souvenir.
Les détenus s'amusent à me martyriser depuis mon entrée dans cette charmante de prison. Je ne saurais dire le nombre de coup que je me suis pris. Mais, ça fait six jours que je me fais tabasser au moins deux fois par jours.
Dès la première soirée, j'ai eu le droit de faire la rencontre de James, le chef des autres prisonniers. Il n'a pas caché son mépris et son dégout pour la mafia italienne ainsi que pour ma position. Il estime que je ne suis pas légitime de détenir autant de pouvoir puisque ma famille est riche.
J'avais prévu de l'ignorer, de ne pas rentrer dans son jeu pour éviter de m'attirer des problèmes puisqu'ils sont déjà bien assez conséquents. Mais, peu importe ce que j'aurais dis ou fais, il voulait ma tête et il allait l'avoir.
Il est venu accompagné de ses potes qui m'ont maintenus au sol pendant qu'il me frappait. Il m'insultait et me tabassait de toutes ses forces comme si il m'en voulait personnellement alors que je n'avais jamais vu cet homme de ma vie.
J'ai tenter de me défendre mais ils étaient bien trop nombreux. J'ai finis par capituler et accepter de recevoir les coups. Je n'ai pas crier, implorer ou pleurer. Ma dignité m'empêchera toujours de le faire. Peu importe ce qu'ils me feront, je resterais digne d'être un Dell'Era. Je ne peux pas faire preuve de faiblesse.
Le processus n'a pas cesser de se répéter. Je suis devenu leurs souffres douleurs. Les gardiens sont au courant puisque quand j'étais plus capable de me relever seul après qu'ils aient finis leurs violences, c'est eux qui venaient me récupérer pour m'emmener à l'infirmerie ou en cellule.
Ils se fichent de mon sort puisqu'ils estiment que je mérite chaque coups que je me prends. De toute façon, je n'aurais jamais solliciter leurs aides. Je ne veux pas être perçu comme un lâche même si ma réputation n'a aucune valeur.
Je sais qu'ils attendent que je m'effondre, que je me mette à genoux pour supplier leurs clémences. Mais, je préfère qu'on me tire une balle entre les deux yeux que de faire ça.
Si on était en Italie ou au Japon, les choses auraient été tellement différentes. Ils m'auraient tous manger dans la main. Ils auraient implorer ma pitié.
Je représente tout ce qu'ils détestent.
La richesse.
Le pouvoir.
L'arrogance.
La jeunesse.
Je suis un Dell'Era.
Les Dell'Era méritent de souffrir.
Nous méritons la haine, l'injustice, la souffrance, la douleur, la cruauté et les actes inhumains car ils estiment que nous sommes des monstres incapable de faire preuve de bonté. Mais, ils ne nous connaissent pas.
Ils ne savent pas tout ce que nous avons endurés. Ils se basent uniquement sur notre nom et sur ce que notre famille reflète. Mais, nous sommes bien plus que ça.
Mes frères viendront me chercher.
Je ne sais pas pourquoi ça prend autant de temps. Mais, ils ne m'oublieront pas. Ils ne me laisseront pas crever ici seul même si tout le monde veut que je perde espoir. Aslan et Jallal ne trouveront pas le répit tant qu'ils m'auront pas récupérer.
Ma famille est puissante, bien plus que tous ces pauvres types qui se sentent intouchable en s'attaquant à moi.
Quand je reverrais mes frères, ils les tueront pour tout le mal qu'ils m'ont infliger. J'aimerais trouver la force de le faire moi même. Mais, j'aurais besoin de repos après tout ce que j'ai encaisser. Leurs vengeances sera à la hauteur de ma souffrance et de ma détresse.
J'ai tenter à plusieurs reprises de demander à avoir accès à un téléphone pour contacter quelqu'un. Mais, personne n'a daigné m'en fournir. Je n'ai même pas pu parler à mon avocate alors que ça devrait être un droit fondamentale qu'ils ne sont pas en capacité de me refuser. Mais, tout le monde se fiche des droits de Yuri Dell'Era.
Je ne sais pas ce qui se passe, ni ce qu'il me réserve. Je n'ai pas eu le droit à un procès ou à une quelconque information concernant mon jugement. En réalité, le pire c'est de ne pas savoir ce qui va m'arriver. Je ne tiendrais pas plus de quelques mois dans cette prison au vu du traitement quotidien qu'on m'inflige.
Je tente de ne pas perdre espoir même si c'est de plus en plus difficile. Je dois reconnaitre que la souffrance psychologique surpasse celle qui est physique. Ce qui me maintient en vie, c'est de me dire que ma famille sera déçu d'apprendre que je me suis inquiété comme si je n'avais pas confiance en eux alors que je sais qu'ils vont me récupérer.
Ils doivent être en train de soudoyer des juges et de faire le trajet de l'Italie jusqu'ici pour qu'on me fasse sortir. Oui, ça doit être ça. C'est long parce qu'il s'agit d'une autre juridiction et d'un autre pays mais le pouvoir des Dell'Era s'étend sur le monde entier. Ce n'est qu'une question de jour avant que je puisse retrouver ma liberté.
Je dois tenir.
Je ne dois pas avoir peur.
Ça n'existe pas la peur.
Toutes les fois où j'ai eu besoin d'eux, Jallal et Aslan étaient là. Ils ne m'ont jamais laisser tomber. Je ne vois pas pourquoi ça commencerait aujourd'hui. Ils ont toute ma confiance.
Ma solitude m'envahit. Je ne veux parler à personne car je sais qu'ils me détestent et qu'ils attendent uniquement le moment où ils pourront à nouveau me frapper.
Ils parlent tous anglais. Je parle aussi couramment cette langue. Mais, je ne m'exprime que quand c'est nécéssaire. Je ne suis pas ici pour me faire des amis. Je ne vais pas rester longtemps. Je retourne bientôt chez moi, auprès des miens.
Ils me manquent tous tellement. Mais, ça ira mieux. Je suis fort. Je résisterais à ma douleur pour que quand je sorte il ne se doute pas du calvaire que j'ai vécu. Je continuerais de sourire, de faire des blagues et de me moquer de Aslan.
Je resterais le Yuri Dell'Era que tout le monde a connu et aimé. Personne ne détruira ce Yuri. Personne ne le rendra aussi cruel que tous ces monstres. Personne ne fera de lui celui qu'il n'est pas.
Je me courbe et laisse échapper un gémissement de douleur en ressentant une pression au niveau de mon ventre. Je soulève mon haut d'uniforme et remarque que ma peau est violacée. J'allais baisser mon tee-shirt quand j'entends un ricanement.
Je relève immédiatement la tête et croise le regard rempli de noirceur de cette pourriture de James. Il s'agit d'un homme grand, musclé, le teint bronzé, la quarantaine, les cheveux châtains claire et les yeux marrons claires.
Je feins l'indifférence et me redresse pour ne pas qu'il puisse ressentir la souffrance qui m'habite même si il doit la deviner. Je dois rester solide et ne pas me morfondre.
James : Je savais que tu faisais semblant de ne pas souffrir.
Il s'avance vers ma cellule en souriant. J'ai rarement été aussi heureux d'être enfermé. J'aurais pas été apte à me recevoir de nouveau coup.
Je me demande comment ça se fait qu'il bénéficie autant de liberté. Il est rarement menotté et accompagné des gardiens alors que les autres et moi nous sommes constamment surveillés.
James : Tu ne veux toujours pas parler n'est ce pas ? Quand est-ce qu'on pourra entendre ta belle voix ? C'est un privilège que pour les italiens c'est ça ?
Il se met à rire pendant que je reste impassible. Je ne réponds pas, comme d'ordinaire. Il cherche constamment à m'entendre. Mais, je ne ferais pas ce plaisir à ce fils de pute. Il hausse les épaules.
James : Tu finiras par me supplier d'abréger tes souffrances, Yuri. J'admets que je pensais que tu étais uniquement un gosse de riche et que tu n'avais rien dans le pantalon. Mais, j'avais tords. Tu tiens bien pour l'instant. Je me demande, il te faudra combien de temps avant de craquer.
Il continue de rire puis il quitte mon champs de vision pour aller je ne sais où. Je reprends enfin mon souffle. J'ai du mal à respirer quand je suis proche de cette ordure. Sa simple présence suffit à me faire frissonner. Je n'avais jamais été sujet à ce type d'émotion. Mais, je sais la cruauté qui l'anime et surtout tout ce qu'il est capable de me faire.
Je frappe contre ma grille à plusieurs reprises pour alerter un gardien. Après plusieurs minutes, l'un d'entre eux débarquent. Il m'observe avec ennui pendant que je m'avance vers lui. Nous sommes séparés par quelques mètres à cause du grillage. Je ne veux pas qu'on puisse entendre notre conversation.
Moi : Je veux qu'on appelle l'un de mes frères ou mon avocate. J'ai le droit d'avoir un coup de téléphone. Depuis que je suis ici, j'ai eu aucun contact avec le monde extérieur. Vous n'avez pas le droit de me traiter comme ça.
Je fais chaque jour les mêmes demandes et elles se soldent constamment de la même façon. Je me prends un refus violent. Il hausse les sourcils et affiche un rictus mauvais. J'aurais été surpris si il avait uniquement fait ce que je voulais sans protester. Ils me haïssent tous autant qu'ils sont.
Lui : Est-ce que tu respectes les droits de tes victimes en Italie ? Est-ce que tu as respecté les droits de ces pauvres enfants à qui tu as ôté la vie sans aucune raison ? Tu devrais fermer ta gueule et continuer de baisser la tête.
Il crache ses mots avec haine et rancoeur. J'ai cesser de clamer mon innocence quand j'ai compris que ça ne servait à rien.
Lui : Tu serviras d'exemple au monde entier. Les gens comprendront enfin que peu importe le nom que tu portes, la puissance de ta famille et l'étendu de tes richesses, tu paies pour tes actes. Rien ne reste impuni. Il n'existe personne au dessus des lois.
J'ai envie de lui arracher la tête, de lui couper les yeux et de le frapper aussi fort qu'ils m'ont tabasser. J'aimerais tant qu'il ressente le quart de ce que j'ai enduré depuis qu'on m'a mis dans cet endroit. Ils finiront par regretter leurs moqueries, leurs regards, leurs coups et leurs condescendance vis à vis de moi.
Moi : Quand je sortirais d'ici, je me chargerais personnellement de ton cas. Tu me remercieras de t'avoir juste tirer une balle dans la tête. Il vaut mieux ça plutôt que tu te retrouves confronté à mon frère aux yeux vairons.
Je lâche un sourire narquois. Il écarquille les yeux. Il ne s'attendait pas à ce que je rétorque puisqu'ils ont tous prit l'habitude que je la ferme. Mais, il est hors de question que je laisse un pauvre type comme lui s'adresser de cette façon à moi. Ils profitent tous de mon état faiblesse comme si ça allait durer éternellement.
Si Aslan avait été là, il aurait enfoncer son katana dans sa gorge.
Lui : Parce que tu penses que tu vas sortir ? Tu ne sortiras que dans un sac mortuaire. Tu ne reverras jamais ta famille. Il vaut mieux que tu te fasses une raison et que tu arrêtes de nous importuner en demandant à les contacter car personne ne te laissera faire.
J'hausse les sourcils. Il affiche un sourire confiant. Je ne comprends pas. Il a l'air sûr de lui, comme si c'était une évidence. Il finit par me tourner le dos et partir avant que je puisse l'interpeller.
J'ai la sensation qu'il sait quelque chose que j'ignore et que c'est pour cette raison qu'il est aussi sûr de lui. Je ne dois pas me faire monter la tête. Il cherche uniquement à me faire peur.
Il doit croire que je vais mourir à cause des coups qu'on me porte. Mais, ça ne sera pas le cas. Je tiendrais autant de temps qu'il le faudra. Je ne dois pas commencer à me laisser atteindre.
Quelques minutes plus tard....
*12h30
Je suis en train de faire la queue dans le réfectoire. J'ai hâte de retrouver la vraie nourriture. J'en peux plus de manger aussi mal. Mais, je ne peux pas me plaindre.
Ça allait être mon tour quand James et sa bande arrivent accompagné de plusieurs gardiens qui leurs enlèvent leurs menottes. Je détourne le regard. Avec un peu de chance, ils ne me verront pas.
J'allais prendre mon plateau pour avancer vers une table isolée quand je me sens violemment pousser. Je fais tomber le contenu de celui-ci.
James est le responsable.
Il se trouve à coté de moi avec ses potes. Ils ont dépasser tout le monde, comme toujours. Les gardiens viennent de voir ce qu'ils ont fait et ce qu'il m'a fait. Mais, ils continuent de parler et d'agir comme si de rien était.
James : Tu ne peux pas faire attention !
Tous les regards sont rivés sur nous. Ils aiment avoir l'attention sur lui, ça lui donne l'impression d'être une personne importante et de stimuler l'intérêt alors que c'est juste un pauvre con sans éducation et sans respect.
Je l'ignore et me met à ramasser le contenu du plateau sur le sol. C'est de plus en plus difficile de cautionner ce qu'il me fait. Mais, l'attente en vaut la peine.
James : Tu ne parles toujours pas ?! T'es vraiment qu'une pauvre merde, continue de ramasser comme un larbin. Ta place se trouve au sol.
Je ne réponds pas pendant qu'il rigole avec ses amis. Je sais que ça intensifie sa frustration. Je n'ai aucune honte à ramasser ce que j'ai fais tomber même si ce n'était pas de ma faute. On m'a éduqué avec des valeurs et du respect. Si je ne le fais pas, je sais que c'est la femme qui se charge de la cantine qui s'en chargera. Je préfère le faire.
James : Tu fais vraiment partie de la famille la plus puissante d'Italie et du Japon ? Tu dois être un usurpateur, ça ne peut-être que ça.
Je finis de ramasser et me relève. Je donne le plateau à la vielle dame qui me remercie. Je ne mangerais pas ce midi puisque chaque prisonnier a droit à une portion. Mais, ce n'est pas grave. De toute façon, je n'avais pas faim.
James : Pourquoi tu l'ouvres pas ?! C'est quoi ton problème ?!
Il serre les poings et contracte la mâchoire. Il ne se rend même pas compte qu'il est pathétique. Il ne mérite pas mon attention. Dans un autre contexte, il n'aurait même pas oser me regarder dans les yeux. Si il était pas accompagné de ses chiens de garde, il sait très bien que j'aurais pu lui ôter ses yeux.
Je guette du coin de l'oeil les gardiens qui ont leurs mains posés sur leurs matraques. Ils attendent que je riposte pour s'attaquer à moi sauf que je ne le ferais pas. James a tous les droits ici.
J'allais lui tourner le dos quand :
James : J'aimerais beaucoup rencontrer tes frères pour leurs infliger les mêmes sévices que toi. Ils doivent être autant des minables que toi.
Je m'avance rapidement et lui attrape violemment la gorge. Il écarquille les yeux de surprise pendant que je l'assassine du regard. Il me suffirait d'un seul mouvement pour lui briser la nuque et pour qu'il ferme enfin sa gueule.
Moi : Je t'interdis de parler de mes frères.
Ma voix est froide et ne laisse place à aucune contestation. Ses acolytes reculent d'un pas pendant que je continue de le maintenir fermement. Il ne tente aucune résistance. Je peux percevoir sa crainte dans son regard. Il voulait entendre ma voix, il est servit. J'aimerais tellement lui faire autant de mal qu'il m'en a fait. Mais, ça signerait mon arrêt de mort.
Moi : Si ils étaient là, tu raserais les murs comme le pauvre lâche que t'es. Tu te sens fort parce que t'es entouré de tes potes. Je n'ai besoin de personne pour t'arracher la tête et tu le sais mieux que quiconque. Reste à ta putain de place avant que je te fasse regretter le ventre à ta mère.
Je peux tout accepter. Je peux prendre les humiliations et les passages à tabac. Mais, je refuse qu'on mêle mes frères à ses conneries. Je ne tolérerais aucun manque de respect vis à vis d'eux. Pas après tout ce qu'ils ont vécus. Ils ont bien assez souffert pour nous préserver Eren et moi. C'est à mon tour d'avoir mal. Mais, ça ne sera jamais équivalent à ce qu'ils ont endurés.
Moi : Tu ne sais pas ce que je peux te faire et tu ne veux pas le savoir. À tes yeux, je suis peut-être une pauvre merde qui accepte de se faire martyriser. Mais, ce n'est pas le cas. Je suis Yuri Dell'Era. Je porte le sang des yakuzas et de la mafia italienne. Toi et moi, on ne joue pas dans la même cours.
Je peux percevoir ses tremblements. J'ai des difficultés à me maintenir debout à cause des douleurs que je ressens au niveau de mes membres. Mais, je reste impassible.
Je continue de le fixer. Je veux qu'il puisse voir la folie dans mes yeux. Il doit comprendre que je n'ai plus rien à perdre et qu'il peut perdre la vie en quelques secondes.
J'ai pas le temps d'accomplir un autre mouvement que les gardiens me repoussent violemment de James qui reprend son souffle tout en tenant sa gorge. Il me dévisage comme si il venait de voir un monstre. Je ne tente pas de me défendre quand ils se mettent à trois sur moi et qu'ils me jettent violemment au sol.
Ils se mettent à me mettre des coups de matraques dans le dos qui m'agressent et qui servent d'avertissements. Ils veulent que je comprenne qu'au sein de ses murs, c'est eux qui détiennent le pouvoir. Je l'avais bien compris.
Je ne réagis pas. Je contiens ma souffrance. Je savais qu'ils me frapperaient. Ils attendaient le moindre prétexte pour s'attaquer à moi. Après plusieurs minutes, ils me relèvent et m'emmènent dans ma cellule. Je suis toujours incapable d'émettre le moindre commentaire. Mais, c'est parce que mon corps saigne.
Quelques heures plus tard....
*15h45
Je m'attendais à ce qu'ils m'emmènent à l'isolement. Mais, ils ne l'ont pas fait comme si il savait que ça ne servirait à rien. Pourtant, j'aurais tout donner pour être seul là-bas, ça m'aurait permit de retrouver des forces et de ne plus être la cible des autres.
Ils n'ont pas daigner me conduire chez l'infirmière pour qu'elle soigne mon dos. J'ai uniquement fait passer de l'eau dessus. Ça me pique et me brûle énormément. Le frottement de mon haut avec mon dos est horrible. Mais, je dois faire avec.
J'étais sur le point de m'assoir sur le sol quand l'un des gardiens ouvre ma cellule. Je l'observe avec incompréhension. J'espère qu'ils vont pas encore s'amuser à me frapper. Je suis pas sûr de pouvoir tenir.
Moi : Qu'est-ce qui se passe ?
Il m'observe avec indifférence. Je déteste cette façon qu'ils ont de m'observer comme si j'étais un moins que rien.
Lui : Tu as un appel.
À l'entente de cette simple phrase, je lâche un grand sourire et mes yeux laissent percevoir toute ma joie malgré mon corps en piteuse état.
Enfin.
Enfin, une lueur d'espoir dans l'obscurité. Je savais qu'ils ne m'avaient pas oublier. Je savais que je devais être fort et qu'ils allaient me sortir de là. Je m'en veux d'avoir commencer à douter d'eux. Je savais que je pouvais compter sur eux.
Je m'avance rapidement vers lui. Il me met les menottes pendant que mon coeur bat la chamade en sachant que je vais enfin avoir un contact avec eux. Ça a prit du temps mais ça en valait la peine. Ils sont surement sur le chemin. Ils doivent vouloir me rassurer. J'avais tellement besoin de cet appel.
Nous passons devant plusieurs cellules. Les détenus n'osent plus trop me fixer depuis la scène dans le réfectoire mais je sais qu'ils m'observent. Ils doivent se demander où je vais. Ils pourraient même tous me frapper à nouveau que ça ne m'ôterait pas cette joie qui ne cesse de croitre à mesure qu'on avance.
Nous finissons par atteindre la salle du téléphone. Je montre les menottes au gardien. Il hésite. Je sais qu'au vu de ce qui s'est produit, il doit craindre que je tente quelque chose. Mais, je ne le ferais pas.
Tout ce que je souhaite, c'est pouvoir parler à mes frères. Je ne manquerais cette chance pour rien au monde.
Moi : Je ne ferais rien. Je le promets.
Il soupire puis il finit par s'approcher et par me retirer les menottes. Je le remercie même si il ne le mérite pas.
Je me dirige vers le téléphone. Mon sourire s'agrandit. J'avale difficilement ma salive et sent une vague d'émotion m'envahir. Je ressens un mal être au niveau de ma gorge, quelque chose est en train de monter. Je ne dois pas fondre en larme au téléphone. Mais, le flux de sensation ne cesse de croitre.
Si je pleure, ils vont savoir que tout ne se passe pas de la meilleure des façons pour moi. Je dois me contenir. Ils ne doivent pas se rendre compte du calvaire qu'on m'inflige même si j'aimerais hurler qu'ils doivent venir rapidement avant que je devienne qu'un tas d'os.
J'approche le téléphone de mon oreille.
Moi : Aslan ? Jallal ?
Ma voix est rempli d'espoir. Je suis tellement heureux de dire leurs prénoms. Ils vont m'entendre râler vu le temps qu'ils ont pris pour venir me récupérer. Mais, ça attendra. Je dois d'abord connaître leurs positions et leurs plans.
J'attends quelques secondes qu'ils daignent me répondre quand :
Inconnu : Mauvaise réponse.
À l'entente de cette voix qui est modifié par différents stratagèmes, je perds immédiatement mon sourire et me tend. Je sais que c'est lui. L'invisibilé.
Je serre le téléphone dans ma main et me retient de le jeter contre le mur. Je ne peux pas m'empêcher de laisser échapper un soupir de déception même si j'aurais voulu qu'il ne sache pas ce que je ressens.
Lui : Je suis désolé, tu ne t'attendais surement pas à entendre ma voix.
Il ricane. J'ai envie de l'insulter, de le détruire. Je ne comprends pas comment il peut me joindre alors que ma famille est incapable de le faire. Il doit jubiler de me savoir enfermé dans ce trou comme une bête.
Lui : Je voulais juste te dire que j'aurais voulu que ça se passe différemment pour toi mais que ce sont les aléas de la vie. J'ai réussis à avoir votre mère et votre père, il était naturel que je m'attaque à leurs enfants également.
Je savais que c'était lui. Il m'a piégé avec cette fusillade. Il a fait en sorte que ça se déroule en Amérique pour être sûr que je subisse une extradition. Il savait que ce crime n'allait pas passer inaperçu. Il a choisit le parfait moment car il était aussi au courant que mes frères et Emilio étaient en Birmanie.
Il s'est attaqué à nos parents. Il a fait bien assez de mal à ma famille. Ils ont aussi eu Rodrigo. Ils ne m'auront pas.
Moi : Tu crois que tu as gagné parce que je suis ici hein ? Je sortirais et on te prendra tout ce que tu possèdes. Tu dois être fier d'avoir réussis à me piéger, profite bien de ta petite victoire.
Je tente d'avoir l'air confiant. Mais, je ne le suis plus autant que à mon arrivée dans cette prison. Plus les jours passent et plus je me prends des coups, plus ma volonté s'effrite. Je ne pourrais pas continuer éternellement à survivre. Jallal et Aslan l'auraient pu, ils auraient encaisser les coups sans jamais flancher. Mais, je ne suis pas comme eux.
Lui : Arrête d'avoir espoir, la chute sera davantage plus douloureuse. J'ai ouïe dire que tes frères et ton grand-père étaient en Birmanie dans un village isolé qui ne dispose pas de réseau. Tu vas devoir te débrouiller seul.
Il est tellement bien informé que ça en deviendrait suspect.
Lui : Le seul qui a suffisamment de pouvoir et d'argent pour te sortir de cette situation, c'est ton grand-père du côté maternel. Tu devrais lui demander son aide.
Il ricane. Je fronce les sourcils. Je préfère crever que m'abaisser à demander l'aide d'Akhin. De toute façon, il ne bougera jamais le petit doigt pour moi. Il ne nous considère pas comme des membres de sa famille. Il doit être ravi de me savoir dans une cellule miteuse pendant qu'il profite du luxe du Japon.
Lui : J'ai entendu dire qu'il te haïssait toi et tes frères depuis que vous vous êtes débarrasser de Nero et qu'il ne vous a jamais pardonner. Ça doit être difficile de ne pas être aimé par son sang non ? Akhin ne vous a jamais reconnu comme ses petits-fils.
Pourquoi est-ce qu'il me parle de Akhin et de Nero ? Comment est-ce qu'il peut être aussi bien informé ? Je ne comprends pas ce qui se passe. J'ai la sensation que tout a un lien et que chacun des mots qu'il emploi est méticuleusement choisi.
Lui : Tu ne sortiras jamais d'ici. Tu ne verras plus jamais la lumière du soleil et encore moins ta famille. Tu aurais dû faire tes adieux à tes frères. Considère que tu es déjà mort.
Il raccroche avant que je puisse répondre. Je n'ai pas compris le sens de ses mots mais ils ont suffit à m'oppresser le coeur. J'ai la sensation que tout le monde pense que je vais crever ici. C'est loin d'être rassurant.
J'ai un mauvais pressentiment qui ne cesse de croître. J'ai l'impression d'être condamné depuis que j'ai quitté l'Italie. Je me suis rendu pour protéger Ayhan. Je ne regretterais jamais mon choix.
Je finis par déposer le téléphone et me tourne vers le gardien en soupirant qui me remet mes menottes.
Il sort son téléphone de sa poche et observe un message qui lui a été envoyé.
Lui : Tu as aussi de la visite.
J'hausse les sourcils.
De la visite ? Qui ça peut-être ? Ça ne peut pas être ma famille. Je ne veux pas y croire et être encore déçu. Ça fait bien trop mal. Il vaut mieux que je m'attende au pire.
Je hoche uniquement la tête pendant qu'il me conduit jusqu'à la salle de parloir. Lorsque nous arrivons là-bas, il me retire mes menottes.
En apercevant une femme d'une quarantaine d'année qui se trouve assise, je hausse les sourcils. Je m'assois sur la chaise en face d'elle et de la grande vitre en plexiglas qui nous sépare.
Elle prend le téléphone, tout comme moi. Elle écarquille les yeux en voyant toutes mes blessures de plus près. Mais, elle n'en fait rien. Tant mieux. Je ne veux pas m'étaler sur ça.
Elle : Je suis votre avocate, M. Dell'Era.
Je l'observe sans rien dire. Je ne sais pas si je dois être heureux ou si je dois être dépité. Elle n'a pas l'air d'être venu m'offrir de bonne nouvelle. Son regard est vide et triste. Elle ose à peine me regarder. Je sens qu'elle va m'achever davantage comme si je ne l'étais pas déjà bien assez.
Moi : Je veux que vous disiez à la cour de vérifier mon passeport à la date de cette fusillade. Ils verront qu'il n'y a aucun signe que j'ai quitter l'Italie. Je n'étais pas sur le sol américain. Je ne suis pas responsable de ces meurtres. On essaie de me piéger pour des crimes que je n'ai pas commis.
Pourquoi est-ce que personne cherche à vouloir entendre ma version ? On m'accuse sans me laisser le bénéfice du doute uniquement à cause de mon nom de famille. Je ne dis pas que je suis une bonne personne. Mais, je ne suis pas coupable. Je veux juste qu'on me laisse le prouver. Mais, j'ai besoin de temps.
Moi : Je sais que vous avez l'habitude que vos clients vous disent qu'ils sont innocents. Mais, je ne vous mens pas. Je ne suis pas responsable de tous ces assassinats. Je n'ai jamais fais de mal à un enfant. Je n'aurais jamais tuer des innocents. Je ne suis pas comme ça, vous devez me croire.
Elle me fixe. Elle semble hésiter. Je la supplie du regard. Personne ne veut me croire. J'ose espérer qu'elle me donnera une chance, qu'elle aura la volonté de me faire confiance. Si elle ne le fait pas, je n'aurais plus aucune chance de me sortir de ce bordel.
Elle : Je vous crois, M. Dell'Era.
Je soupire de soulagement et lâche un petit sourire. Enfin. C'est tout ce que je demandais. Si elle n'était pas convaincu de mon innocence, elle n'aurait jamais pu me défendre.
Je veux retrouver ma liberté, ma famille, mon pays et mon monde.
Elle : Mais, ce n'est pas moi que vous devez convaincre. Ils ont trouver votre ADN, la science est contre vous. Malheureusement, on ne parle pas d'un témoin qui aurait pu vous confondre avec quelqu'un d'autre mais d'une preuve qu'on ne peut pas contester.
Je ne comprends toujours pas comment mon ADN a pu se retrouver là-bas. J'habite à l'autre bout du monde. Il ne devrait exister aucune trace de moi en Floride.
Mais, l'invisibilé à bien mit en place toutes ses cartes. Il souhaitait être sûr qu'il n'y aurait aucun doute sur ma culpabilité. Et puis, au vu du palmarès de ma famille, ça n'a pas été difficile de convaincre le monde entier que j'étais un tueur d'enfant. Nous l'avons sous estimer mais il est bien plus intelligent que ce qu'on croyait. Il doit s'agir de notre plus grosse erreur.
Elle : Je suis vraiment désolé. Mais, ils ont trouver le coupable idéal. Ils veulent que vous serviez d'exemple. Ils se fichent des preuves. Le peuple américain souhaite qu'on venge la mort de ces enfants.
Je comprends leurs volontés.
Elle : Personne ne dormira tranquille tant que justice n'aura pas été faite même si ça revient à condamner un innocent. Votre passeport n'a aucune valeur. Au vu de l'étendu de vos richesses, vous auriez très bien pu prendre un Jet pour faire l'aller retour discrètement.
Mais c'est quoi ce bordel ? La présomption d'innocence n'existe pas c'est ça ?
Ils ne se rendent pas compte qu'en s'attaquant à moi, ils prennent le risque que le véritable coupable continue ses méfaits ici ou dans un autre pays. Ils se trompent de cible mais ils s'en foutent. Ils veulent un Dell'Era et ils feront tout pour le garder.
Elle prend la pochette qui était posé à coté d'elle sur le bureau et en sort plusieurs photos qu'elle fait passer par la petite trappe en dessous de la vitre.
En les voyant, je me fige. J'attrape les photos et me met à les fixer. J'avale difficilement ma salive. Je suis affreusement mal à l'aise. Je comprends leurs haines vis à vis de moi et leurs volontés de me voir croupir en prison.
Sur les photos, le corps de plusieurs enfants sont disposés. Ils ont tous une balle entre les deux yeux. Certains ont les yeux ouverts tandis que d'autres ont les yeux fermés.
Le coupable a mit l'arme à bout portant alors qu'ils étaient conscients de ce qui se passait. Il n'a eu aucune pitié pour eux. Je comprends mieux pourquoi l'était américain souhaite autant ma tête. Seul un barbare peut agir avec autant de cruauté.
Je refais passer les photos en dessous de la vitre et elle les reprends pour les ranger dans sa pochette. J'ai vu tellement d'horreur dans cette vie. Mais, ça dépasse l'entendement. J'aurais dû me douter que l'invisibilé se ferait un plaisir de me faire endosser ce meurtre effroyable.
Elle : Je ne suis pas venue ici pour préparer votre défense. Mais, pour vous annoncer la nouvelle.
J'hausse les sourcils. Elle se met à se toucher les mains. Elle paraît angoissé. Elle appréhende ma réaction. Mon coeur bat de plus en plus fort. Je sais qu'elle va sceller mon destin.
Moi : De quoi vous parlez ?
Elle hésite avant de poursuivre :
Elle : Votre procès a eu lieu lorsque vous étiez en Italie. La cour craignait de mettre en danger la vie des jurys si vous étiez présent alors le procès s'est déroulé sans votre présence pour permettre leurs anonymats complets. J'ai essayé de vous défendre du mieux que j'ai pu même si je ne vous connaissais pas. Mais, c'était très complexe puisque personne n'avait aucun doute sur votre culpabilité. Votre nom de famille et votre ADN vous ont porter préjudice.
Je me fige. Je ne savais pas qu'ils avaient le droit de faire ça. Je ne pensais pas qu'ils pouvaient bafouer mes droits de cette façon. Mais, plus rien ne devrait m'étonner après tout ce que j'ai endurer ici.
J'aurais voulu me défendre, plaider ma cause, expliquer que je ne suis pas un monstre. Si j'avais réussis à convaincre ne serait-ce qu'une personne, ça aurait pu faire la différence. Mais, même ce droit on me l'a volé.
Elle : Je suis vraiment désolé... J'ai essayé de faire au mieux.... J'ai vraiment voulu vous sortir d'ici....
Mon regard est vide tout comme mon coeur. Je n'ai plus aucune énergie, plus de force et plus la volonté de me battre pour survivre. Elle est bien trop stressé comme si elle craignait pour sa vie. Elle doit avoir peur des représailles après ce qu'elle va m'annoncer.
Mais, je ne lui ferais rien. Ma famille non plus. Elle doit bien être la seule personne dans ce pays qui ne me déteste pas et qui est prête à se mouiller pour moi.
Moi : Comment s'est conclu le procès ?
Je le sens. Je sens que sa réponse va me détruire davantage. Je sens qu'elle va me faire perdre le peu d'espoir auquel je m'accroche. Mais, j'ai besoin de l'entendre et surtout de savoir ce qui m'attend. Je veux pouvoir prendre mes dispositions et me préparer.
Elle : Vous êtes condamné à la peine de mort, M. Dell'Era. J'ai voulu faire appel de cette décision. Mais, à cause de la gravité des actes qui vous ont été reprochés, ça n'a pas été accordé. Votre exécution aura lieu demain à midi.
Non.
Ce n'est pas possible.
On ne peut pas me faire ça.
Dites moi que je vais me réveiller de ce cauchemar qui ne veut pas finir.
Je vous en supplie.
Dites moi que je ne vais pas crever, pas comme ça.
Je ne peux pas être reconnu coupable alors que je suis innocent.
La justice doit s'appliquer. Ils doivent me libérer.
Je comprends mieux les paroles du gardien et de l'invisibilé. Je comprends aussi pourquoi ils ne m'ont pas emmené en isolement, ils savaient que ça ne servait à rien car j'allais y rester qu'une nuit. Tout le monde sait que je vais mourir demain.
Mes mains et mes jambes se mettent à trembler pendant que ma gorge me brûle. Je me retiens de fondre en larme en levant les yeux au ciel. Mais, mes yeux sont rougies, je le sais. Mon coeur bat anormalement vite. Je me mords la lèvre.
Moi : Il faut que vous parliez à mon grand-père ou à mes frères. Ils parviendront à me sortir de là. Ils ne me laisseront pas mourir.
Ma voix est faible et moins confiante que d'ordinaire. Si ils ne peuvent pas m'aider, personne ne le pourra. Mon intonation laisse percevoir mon désarroi et ma crainte.
Je ne peux pas mourir.
Je ne veux pas mourir.
Je ne suis pas prêt.
Ils doivent absolument me sortir d'ici, c'est tout ce que je demande.
Elle baisse la tête avant de soupirer à nouveau.
Elle : Je suis désolée. Mais, je ne peux pas faire ça. Les autorités américaines m'ont mise sur écoute et me surveille pour être sûr que je ne les contacte pas. Si je le fais, je risque la prison aussi. Vous ne vous rendez pas compte de ce que votre entourage représente.
Elle marque une pause.
Elle : Si ils mettent les pieds en Amérique, ils risquent de s'opposer à la loi et ça serait une guerre sans précédent entre votre famille et les forces de l'ordre. Vous n'avez pas eu le droit de les joindre à cause de ça. L'Amérique craint de voir les Dell'Era débarquer et que la situation s'empire.
Je serre les poings et me retient de balancer ce putain de téléphone contre la vitre. J'ai envie de tout réduire à néant. Je ne veux plus rien entendre, plus rien voir et ne plus rien ressentir. Tout ce que je veux, c'est qu'on me laisse retourner en Italie.
Moi : Comment est-ce que ça pourrait être pire dans le contexte où demain je vais me faire exécuter ?! Vous vous rendez compte de ce qui se passe ?! J'apprends la veille de mon exécution que j'ai eu un procès et qu'on va m'injecter une putain de seringue dans la peau !
Elle sursaute. Je peux percevoir sa crainte dans ses yeux. Je me sens immédiatement coupable de mon attitude. Je soupire et tente de me calmer. Elle ne mérite pas de recevoir ma colère. Elle ne me transmet que les informations. Je dois me calmer et agir comme un adulte, pas comme un gamin furieux.
Moi : Je suis désolé. Je n'aurais pas dû crier. Je vous remercie sincèrement d'avoir prit cette affaire même si vous subissez des pressions. Je sais que vous cherchez à m'aider mais.... Je veux juste qu'on me laisse parler à ma famille.
C'est mon seul souhait.
Ma dernière volonté.
Elle : J'aurais voulu faire davantage pour vous. Je sais que vous êtes innocent, ça se voit dans vos yeux. Mais, tout ceci dépasse mes compétences. Vous êtes la tête à abattre. Personne ne pourra vous sauver.
Je hoche la tête et me lève sans un mot. Je n'ai rien de plus à ajouter. Je dois accepter mon destin. Je n'ai pas d'autre choix. Je n'ai aucune autre issue si on bloque même mon contact avec les miens. Ils étaient les seuls à pouvoir me donner une nouvelle chance mais même eux on m'interdit de les voir.
Je suis assis contre le mur de ma cellule. Je suis recroquevillé sur moi même en train de penser au sens de ma vie. Cette vie qu'on va me prendre sans que je puisse lutter. Cette vie qui n'aura peut-être pas suffisamment servi mais qui était la mienne.
Je regrette de ne pas avoir profiter de tous ces moments auprès d'eux. Je m'en veux de ne pas avoir dit à chacun des membres de ma famille à quel point ils sont formidables et exceptionnel. J'espère qu'ils trouveront la force de me pardonner de ne pas avoir survécu.
J'aurais tant voulu finir cette histoire auprès d'eux.
Je me mords la lèvre et fixe le plafond en tentant de ne pas laisser percevoir le moindre signe de tristesse. Mais, c'est bien trop difficile. Je suis épuisé mentalement et physiquement.
Ils m'ont tout prit. Ils m'ont prit ma force, mon courage, mon mental et même mon espoir.
Une larme coule sur ma joue, elle est suivie par une multitudes de larmes qui descendent sur mes joues. Mes jambes se mettent à trembler frénétiquement pendant que je renifle. Je ne parviens plus à discerner ce qui se trouve face à moi. Ma douleur est trop puissante.
Je passe mes mains sur mon visage en tentant d'essuyer mes larmes mais elles coulent davantage. Elles traduisent toute cette accumulation que j'ai tenter de faire taire.
Je voulais uniquement être proche de ma famille. Je voulais qu'ils soient tous fier de moi. Je voulais tellement être aussi incroyable que mes frères. Mais, ça n'a jamais été le cas. Je me suis fais avoir. Je vais mourir demain. Je n'ai plus aucune chance de m'en sortir.
Mon coeur saigne si fort que j'aimerais qu'on me l'arrache pour ne plus avoir si mal. Je suis tellement désolé de ne pas être à la hauteur. Je m'en veux. J'aurais pas dû croire que j'étais digne d'être un Dell'Era. Tout est fini désormais. Je n'ai plus rien. Je ne suis plus rien.
Yuri Dell'Era va mourir.
Point de vu Ayhan :
ITALIE
*16h05
Six jours.
Ça fait six jours qu'ils ont prit Yuri.
Demain, son exécution aura lieu.
Angelo et moi nous avons tout tenter pour pouvoir parler à un juge ou aux autorités américaines mais ce fut en vain. Le fait que je sois une Dell'Era ne change rien puisque je ne suis pas aussi influente que les hommes de cette famille.
J'ai essayer à plusieurs reprises de contacter Aslan, Jallal et Emilio mais mes nombreux appels sont restés sans réponse. J'ai finis par laisser tomber en me rendant compte du temps que je perdais.
J'ai voulu partir en Floride pour enquêter sur cette fusillade et prouver l'innocence de Yuri avec l'aide d'Angelo. Mais, aucun des pilotes de Aslan n'a accepté de nous emmener jusqu'à là-bas puisqu'ils n'ont pas reçu d'ordre de la part de celui-ci. Ils craignent qu'il m'arrive quelque chose et qu'ils soient considérés comme responsable.
Par la suite, j'ai réfléchis et je me suis dis que ça serait stupide de débarquer en terrain inconnu et de croire qu'on pouvait trouver une solution en un claquement de doigt.
Avec Angelo, nous sortons du poste de police dépité comme depuis la première fois. Nous avons fait appel à Aldo, le chef de la police, pour qu'il contacte les autorités américaines et qu'il explique que Yuri a un alibi et qu'il était sur le sol italien. Mais, personne ne répond alors que ça fait six jours qu'on tente.
J'étais sur le point de perdre patience et de tout détruire dans ce poste de police. Mais, je me suis retenu à la dernière minute car ça n'aurait servi à rien. Yuri a besoin qu'on fasse preuve de sang froid.
Angelo se tient toujours à mes côtés, il tente de rester fort mais il a bien maigrit et ses cernes ne cessent de se creuser. Je n'ose même pas imaginer mon état. Je suis contente qu'il soit avec moi, ça me permet de garder la tête hors de l'eau.
J'étais sur le point de monter dans ma voiture quand je sens une présence derrière moi. Je me tourne et croise le regard de Renato. Je soupire en le voyant pendant qu'il affiche un sourire en coin.
Renato : Tu as mauvaise mine.
Angelo l'assassine du regard pendant que je reste indifférente. Je suis bien trop épuisé pour me disputer avec lui. Je n'ai pas non plus de temps à perdre avec lui. Je veux qu'il me laisse tranquille.
Moi : Dégage.
J'allais me tourner quand :
Renato : Tu veux de l'aide pour sortir Yuri de prison ?
J'écarquille les yeux pendant qu'il affiche un rictus. Il vient de capter mon intérêt. Mais, je n'ai aucune confiance en lui. Je sais que son aide n'est pas gratuite. Il doit être au courant depuis le début mais il a attendu la veille de l'exécution pour me proposer son aide.
Renato : Je sais que tu as tenter de te débrouiller mais tu ne pourras rien faire seule. Je suis un Dell'Era. J'ai les mêmes contacts que mon père. Je pourrais téléphoner et tenter d'interférer en sa faveur pour lui faire gagner du temps avant que les autres reviennent.
Je ne peux pas croire qu'il soit sérieux. Il est peut-être en train de plaisanter. Angelo le dévisage. Je sais qu'il ne croit pas en ses bonnes intentions, tout comme moi. Mais, je suis désespérée.
Je veux qu'on parvienne à tirer Yuri de ce bordel. J'imagine pas ce qu'il doit endurer là-bas. Je suis déjà parti en prison et je ne le souhaite à personne surtout qu'il est dans un pays inconnu.
Moi : Pourquoi tu as attendu aussi longtemps ? Ton neveu risque la mort, tu devrais déjà être dans le premier avion.
Il lâche un petit rire.
Renato : Je ne le considère pas lui et ses frères comme des membres de ma famille. Ils sont uniquement les fils de mon frère. La mort de Yuri m'indiffère complètement. J'ai cru comprendre que tu étais présente quand les autorités américaines l'ont pris. Tu dois te sentir affreusement coupable. J'imagine même pas l'état de Aslan quand il apprendra que tu as laisser son petit frère.
Je me fige et ne répond pas. Mon coeur bat anormalement vite. Il voulait me troubler, il a réussit. Je sais qu'Aslan et que les autres ne me le pardonneront pas. Mais, je ne veux pas aider Yuri pour faire disparaître ma culpabilité. Je me fiche de ce qui peut bien m'arriver. Tout ce que je veux c'est qu'il puisse revenir auprès de sa famille.
Moi : Qu'est-ce que tu veux en échange de ton aide ?
Son sourire s'élargit. Il n'attendait que ça.
Renato : Je te le dirais le moment voulu. Je te laisse jusqu'à la fin de la journée pour me contacter. Tu devrais te dépêcher car Yuri n'a plus beaucoup de temps. Si il rentre dans la salle d'exécution, je ne pourrais plus rien faire pour lui.
Il tourne le dos et s'en va. Je soupire en tentant de calmer les pulsations de mon coeur. Mon regard reste vide. Je lève les yeux au ciel pour me retenir de fondre en larme. Mais, ça devient de plus en plus complexe de rester digne.
Angelo : Tu ne dois pas te fier à lui, il prépare quelque chose.
Je le sais.
Moi : Si on trouve pas une autre solution, on aura pas le choix. Je laisserais pas Yuri se faire injecter cette seringue. Si Renato le souhaite, je me tirerais même une balle entre les deux yeux si il peut me garantir qu'il sauvera Yuri.
VILLA DELL'ERA
*17h34
Nous rentrons dans la villa avec Angelo. Mon regard se pose sur plusieurs valises qui sont disposés à l'entrée. Je me mets immédiatement à trembler. Je marche rapidement vers le salon en espérant que ça soit bien ce que je pense. Je ne me relèverais pas d'une nouvelle déception.
J'aperçois Emilio, Jallal et Aslan. Emilio et Jallal affichent des sourires pendant que Aslan ne laissait voir aucune expression. Mais, quand son regard croise le mien, il affiche un petit sourire en coin qui laisse percevoir sa joie de me retrouver.
Je cligne plusieurs fois des yeux pour être sûr que c'est bien eux. Je me mords la lèvre et court dans la direction de Aslan. Je le prends dans mes bras et le serre si fort contre moi que j'ai peur de lui faire mal. Il semble surprit mais il me serre tout doucement contre lui.
Point de vu Aslan :
Je ne m'attendais pas à ce qu'elle réagisse comme ça en me voyant. Mais, ce qui m'inquiète c'est que j'ai pu déceler des larmes dans ses yeux. Il ne s'agissait pas de larme de joie mais de tristesse. Ça ne lui ressemble pas.
J'ai aussi l'impression qu'elle a maigrit. Elle a des cernes noires en dessous de ses yeux. On dirait qu'elle n'a pas dormit et manger depuis bien longtemps. Elle s'agrippe à moi avec une telle force.
Elle : Tu m'as tellement manquer, Aslan...
Sa voix est douce et laisse percevoir de la peine. Elle se retient de pleurer. Je le sais. Mais, ça suffit à intensifier mes craintes. Je ne sais pas qui est responsable de sa souffrance. Mais, cette personne va le payer amèrement.
J'observe Angelo, à la recherche d'une quelconque réponse. Mais, il détourne le regard et se mord la lèvre pour se retenir de fondre en larme. Jallal et Emilio haussent les sourcils tout comme moi.
Qu'est-ce qui s'est produit durant mon absence ?
Moi : Pourquoi tu pleures ? Qu'est-ce qui y a ?
Elle se met à trembler. Son coeur bat tellement fort que j'ai l'impression qu'il risque de sortir de sa poitrine. Elle se met à renifler tout en s'agrippant à mon torse. Elle éclate en sanglot dans mes bras pendant que Jallal et Emilio sont déboussolés.
Je suis incapable de parler en la voyant dans cet état. Elle fait que de pleurer, elle parvient plus à s'arrêter comme si elle accumulait une souffrance insoupçonnée depuis bien trop longtemps.
Je la serre de plus en plus contre moi. Je ne comprends pas ce qui se passe. Mais, j'ai un mauvais pressentiment. Quelqu'un lui a causé du tord. Ses larmes sont celle d'une personne ayant souffert.
Jallal : Qu'est-ce qui se passe ? Où sont les autres ? Et Yuri ?
À l'entente du prénom de mon frère, son coeur bat encore plus fort. Mes oreilles saignent. Ses sanglots redoublent. Elle prend quelques minutes à se calmer. Elle finit par se reculer de moi. Elle se tient face à moi. Elle fuit mon regard.
Elle reprend son souffle difficilement. Elle commence à raconter tout ce qui s'est produit durant notre absence : l'intervention des forces américaines, les accusations à l'encontre de Yuri, l'extradition vers la Floride et enfin la peine de mort.
Pendant tout son récit, mes poings ne cessaient pas de se serrer pendant que mes yeux laissaient percevoir ma haine. Je me retiens de tout détruire sur mon chemin. Mais, seule la colère et la rancoeur me domine en imaginant la détresse de Yuri.
Mon frère.
Mon petit frère.
Mon petit frère est en prison, dans une cellule avec des putains de criminels qui doivent détester toute ma famille et qui doivent vouloir sa peau. Ils doivent se faire un plaisir de le martyriser.
Ils ont profité de mon absence pour s'attaquer à ma famille et me prendre mon petit frère. Je ne peux pas croire qu'ils aient oser faire ça. Il n'a même pas eu le droit à un procès équitable.
Je les tuerais tous jusqu'au dernier.
Ils paieront pour chacune des souffrances de Yuri. Peu importe si je dois détruire cette prison de mes mains, je le ferais sans aucune hésitation. Ils ont intérêt à me le rendre avant que je commette l'irréparable. Ils ne savent pas de quoi je suis capable quand on s'en prend aux miens.
Elle : Je... Je suis désolée... J'ai tenter de l'aider mais j'ai rien pu faire....L'exécution aura lieu demain à 12h....
Sa voix est si faible et tant rempli de culpabilité que ça m'oppresse. Elle parvient même pas à m'observer, elle craint ce qu'elle risque de voir. Elle doit avoir peur que je lui reproche l'extradition de Yuri. Mais, elle ne doit pas s'en vouloir. Elle n'aurait rien pu faire même si elle en avait eu envie. Ils ont bien calculer leurs coups.
Je sais que l'invisibilé est le responsable.
Mon frère est derrière les barreaux à cause de lui.
Ma femme est triste à cause de lui.
Yuri n'aurait pas tolérer qu'on s'en prenne à elle. Il savait qu'ils le voulaient vivant mais qu'ils se fichaient d'elle. Il s'est sacrifié sans regret.
J'observe Emilio et Jallal qui me lance des regards entendus. Ils le dissimulent mais ils sont tout autant paniqué que moi. En six jours, il a pu se passer tellement de chose. Mais, ce n'est pas le moment de se laisser envahir pas le stress.
Nous n'avons pas une minute à perdre. Nous devons agir avec réflexion et intelligence. Il faut qu'on sorte mon petit frère de cette prison et qu'on évite son exécution.
Emilio : Je vais tenter de contacter les autorités américaines. Je vais faire appel à tous mes contacts.
Ça ne sera pas suffisant. On ne peut plus uniquement payer des gens, le verdict a été donné.
Il faut le faire revenir en Italie. Les juges et les autorités américaines ne répondront pas. Ils savent ce qu'ils ont fais et ce qu'ils risquent. Ils ne se rendent pas compte de ce que ça coûte d'être l'ennemi des Dell'Era. En s'attaquant à l'un des nôtres, ils s'en sont pris à tout le monde.
Ils viennent de déclarer une guerre sans précédent. Je ne trouverais pas le repos tant que j'aurais pas détruit chacune de leurs vies.
Moi : Je pars pour la Floride avec Jallal.
Il s'agit peut-être d'un piège visant à nous éloigner de l'Italie. Il y aura probablement une unité d'élite qui nous attendra lorsque nous poserons les pieds sur le territoire américain. Mais, ça n'a aucune importance.
Mon ainé hoche la tête. Il doit se faire la même réflexion que moi sur l'éventualité qu'il s'agisse d'un piège. Il est nécessaire qu'on aille sur place pour gérer. Ils veulent sa tête mais ils ne l'auront pas. Je me fiche de devenir l'ennemi numéro 1 de l'Amérique. Je le deviendrais si ça permet de mettre mon petit frère en sureté.
Je sais que Yuri peut survivre à la prison. Mais, je ne sais pas il tiendra combien de temps. Si il perd espoir, qu'il pense qu'on ne peux rien pour lui, ça le détruira.
Moi : Angelo, tu restes ici avec le vieux et tu me transmets toutes les informations que tu peux avoir sur les gardiens, le directeur de cette prison, l'infirmière et même sur le médécin qui va accomplir l'injection. Je veux tout savoir.
Angelo acquiesce. Il renifle et se retient de pleurer. Je n'imagine pas combien ça a dû être difficile pour lui aussi. Il a dû se sentir tellement impuissant. Néanmoins, ça me rassure de savoir qu'il était avec elle et qu'ils ont pu se soutenir mutuellement pour ne pas craquer.
Je m'approche de lui et pose ma main sur son épaule pendant qu'il se retient de pleurer en levant les yeux au plafond. Il a aussi perdu du poids et des cernes noires entourent ses yeux.
Moi : Nous le ramènerons.
Il hoche la tête en se mordant la lèvre. Je sais qu'il me fait confiance. Je viens de faire une promesse. Je me dois de la tenir. Je ne dois pas craindre pour la vie de Yuri. Tout ira bien. Nous serons à nouveau ensemble très prochainement.
Je retire ma main de son épaule. Emilio sort immédiatement son téléphone pour tenter de joindre n'importe qui qui serait apte à interférer en la faveur de Yuri. Je ne m'attends pas à un miracle malgré tout le pouvoir qu'il détient.
Elle : Je viens avec vous.
Sa voix est faible mais déterminée. Si elle n'avait pas proposer de venir, ça m'aurait surprit. Pour une fois, je ne tente pas de m'opposer à sa décision car ça ne servirait à rien. Si elle reste ici, elle va continuer de se laisser dépérir. Elle ne trouvera pas le sommeil tant qu'elle ne saura pas que Yuri est hors de tout danger.
Jallal : On doit décoller maintenant sinon on arrivera pas à temps. On en a au moins pour 10 heures de vol.
Quelques heures plus tard....
JET
*00h56
Nous sommes dans le Jet depuis plusieurs heures. J'ai contacter le pilote en urgence qui a été d'une efficacité indéniable. Je craignais qu'il ne soit pas apte à assurer son poste mais il n'a émit aucune opposition à voler jusqu'en Amérique. La météo est favorable, c'est bon signe.
Jallal est installé en face de moi sur l'un des sièges. Il ne parle pas. Mais, je peux ressentir son inquiétude. J'éprouve la même chose à l'idée qu'on ait fait du mal à mon frère. Mais, nous le sauverons. Je ne tolérerais pas qu'on m'arrache à nouveau quelqu'un.
J'ai promis de les protéger, d'être toujours là pour eux et je ne manquerais pas à cette promesse. Nous n'assisterons plus à des funérailles. Nous avons déjà bien trop perdu. Je me fiche de combien ça coutera ni de ce qu'on devra faire, la vie de Yuri est inestimable.
Je me relève de mon siège. Jallal est en train de regarder des photos de Amaia et Alessio en souriant. Je suppose que ça a le don de l'apaiser, ça me rassure. Je ne veux pas qu'il se torture l'esprit. J'ai hâte qu'il apprenne qu'il va avoir un autre enfant. Mais, ce n'est pas encore le bon moment.
J'ouvre la porte de la chambre du jet. Je retrouve la civilé assise dans un coin, au sol. Elle est recroquevillée sur elle même. Elle semble réfléchir. Quand elle m'entend, elle relève la tête et elle soupire. Ses yeux reflètent sa fatigue mentale et sa peine.
Elle a l'air épuisée. Je me demande ça fait combien de temps qu'elle a pas dormit. Je suppose que ça doit faire six jours, depuis la disparition de Yuri.
Je m'assois à ses côtés. Elle me fixe puis elle se mord la lèvre. Elle finit par tourner la tête vers moi pour me fixer.
Elle : Je voulais pas le laisser tout seul... J'aurais pas dû être inconsciente.... Je te promets que je ne voulais pas de ça.... Les choses auraient dû se passer différemment. Tu me faisais confiance pour veiller sur les autres... Mais, j'ai même pas été capable de protéger ton petit frère.
Elle est incapable de former une phrase correctement. Elle ne cesse pas de bégayer. Elle en a bavé entre la culpabilité de ce qui s'est produit avec Yuri et la crainte de mon attitude vis à vis d'elle.
Je sais que je n'ai pas toujours eu le meilleur des comportements et que je n'ai pas non plus fais les meilleurs choix. Mais, je serais stupide de lui tourner le dos alors qu'elle a besoin de moi.
Moi : Cesse de te tracasser. Si Yuri apprend que tu te laisses mourir et que tu culpabilises autant, il s'en voudra. Tu as fais ce que tu as pu, c'est le plus important. Tu as agis avec intelligence et sang froid en éloignant Amaia, Alessio et Eren. Laisse nous prendre la relève, tu as besoin de repos.
Elle ouvre les yeux de surprise. Je m'en veux tellement d'être parti en Birmanie même si c'était indispensable. J'aurais dû trouver une autre solution. Pendant 1 semaine, elle a dû affronter tout ça sans mon aide.
Je l'attrape et la fait assoir sur mes genoux. Elle tremble toujours autant. Je la serre dans mes bras pendant qu'elle dépose sa tête sur mon épaule en frissonnant. Je me mets à caresser ses cheveux.
Moi : Yuri ne va pas mourir. Ne t'inquiète pas. Tu n'as pas à t'en vouloir. On va bientôt arriver et parvenir à le sauver.
Elle hoche la tête avant de fermer progressivement les yeux. Elle s'endort dans mes bras. Elle respire doucement. Elle a l'air bien dans cette position. Je ne bouge pas et reste comme ça pour éviter de perturber son sommeil. Pour ce qui nous attend en Floride, elle aura besoin de force.
Le Lendemain...
FLORIDE
*10h09
Aslan : Met toi derrière moi !
Sa voix est ferme et son ordre ne laisse aucune place à la contestation. Je n'ai même pas le temps de comprendre ce qui se passe qu'Aslan m'attrape le bras et me tire pour que je me retrouve derrière son dos. Tout va tellement vite.
Nous étions sur le point de monter dans la voiture qui allait nous conduire à la Prison d'Etat quand des dérapages puissants et assourdissants nous stoppent dans notre élan. Je suis caché par lui. Mais, je peux tout de même voir ce qui se passe autour de moi et ça m'horrifie.
Encore eux.
Six fourgons blindés.
Des voitures de police par dizaines avec des policiers qui en sortent armés avec des gilets pare-balle et des boucliers balistiques. Ils courent dans notre direction. Ils sont tellement nombreux que je ne saurais pas dire leurs nombres.
J'ai une putain de sensation de déjà vue qui m'oppresse le coeur et qui me fait trembler. Tout devait être simple. On étais censé atterrir et sauver Yuri. Aslan et Jallal ont tenter à plusieurs reprises d'appeler l'établissement pénitencier mais personne n'a répondu.
Les forces de l'ordre nous encerclent. Ils sont encore plus en masse que quand ils sont venus en Italie pour attraper Yuri.
Aslan se tient devant moi tout comme Jallal. Ils ne semblent ressentir aucune crainte alors qu'on est des cibles vivantes. Je peux même apercevoir des snipers qui sont postés sur les toits et qui nous visent. Il suffit d'un mouvement pour qu'on finisse avec une balle entre les deux yeux.
Celui qui semble être le chef de cette opération s'approche de nous en maintenant fermement son arme. Il est couvert par ses hommes. Aslan n'a pas dégainer son katana et Jallal n'a pas sorti son arme. Ils doivent être conscient que ça serait inutile et qu'ils n'hésiteront pas à nous tirer dessus.
Lui : Nous savions que vous viendriez en Floride pour tenter de récupérer votre frère avant son exécution. Votre attitude était prévisible. Le gouvernement américain est conscient que les liens du sang sont importants pour les Dell'Era. Nous avons bien fait d'attendre patiemment que votre Jet se pose.
Sa voix laisse percevoir une once d'amusement. Il parle italien avec un léger accent.
Un piège.
Nous sommes tomber dans un piège comme des débutants. Nous étions tellement pressé qu'on a pas prit en compte que les autorités américaines pourraient aussi vouloir la tête de Aslan et Jallal. Ils sont considérés comme bien plus dangereux que Yuri.
Lui : À qui est-ce que je dois m'adresser ? À Aslan Dell'Era ou peut-être à Jallal Dell'Era ? Je n'arrive pas à croire qu'on a désormais en notre possession les trois frères appartenant à la famille la plus influente du monde du crime. Détenir Yuri Dell'Era relevait du miracle mais vous avoir tous les deux aussi c'est encore plus exceptionnel.
Il affiche un sourire narquois. Il est fier de ses prises et il est clair qu'il ne nous laissera pas repartir en paix. J'imagine même pas ce qu'on lui a promit en échange de la tête des Dell'Era.
Quand est-ce qu'on pourra avoir un petit moment de répit ?
Ils vont nous arrêter et nous foutre en prison c'est ça ? Ils ne peuvent pas faire ça ! Chaque minute compte pour Yuri. Si ils veulent me mettre dans une cellule après qu'il soit en sureté, je n'émettrais aucune résistance. Mais, ils doivent nous laisser lui sauver la vie.
Ils n'ont rien contre nous mais ils veulent nous retarder pour être sûr qu'on ne pourra pas empêcher l'exécution de Yuri. Ils nous relâcheront surement quand il se sera fait injecter cette aiguille.
Aslan et Jallal restent bien silencieux, venant de l'ainé de la famille ça ne me surprend pas mais venant d'Aslan c'est tellement étrange. Ils observent uniquement les membres de l'unité d'élite sans sourciller comme si ils avaient prévu qu'ils allaient débarquer et qu'ils allaient vouloir nous arrêter.
Je regarde ma montre.
10h16.
Il ne reste plus que 1 heure et 44 minutes.
Policier : Vous êtes tous en état d'arrestation.
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