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Chapitre 1

-Kian-

Le quartier marchand, comme à tous les matins, était en pleine effervescence. Les habitants venaient pour faire leurs courses habituelles. On entendait crier des prix à droite, à gauche. Les odeurs de poissons, de fruit, de viande se mélangeaient dans un parfum exceptionnel. Les étals affichaient mille et un produits venant des quatre coins du continent. C'était pour cela que ce quartier était une des raisons de la renommée d'Ivia. On en faire le tour sans voir deux fois la même chose. Et au milieu de ce bazar impressionnant, au détour d'une ruelle, se trouvait mon atelier. Une belle bâtisse de trois étages que j'avais rachetée pour une bouchée de pain à mon arrivé dans la ville. J'y vendais des arcs et tout le matériel de chasse que de nombreux clients me réclamaient. Après quelques années, j'avais réussi à me faire une petite réputation qui me permettait d'avoir quelques commandes auprès de la garde et des templiers. Mais ce matin, je n'allais recevoir qu'un seul client.

Il s'appelait Alder Hermer. C'était un étrange bonhomme qui excellait au tir à l'arc et à la chasse et qui accompagnait beaucoup le gouverneur Théodore durant ses promenades. C'était un de mes clients les plus fidèles et il était devenu un ami proche. Ce matin-là, il était venu récupérer une commande : un arc de chasse en noisetier gravé, le plus beau de ma collection. J'avais passé plusieurs nuits blanches à parfaire mon travail, afin d'être sûr que la pièce soit parfaite. Lorsque ce matin, j'entendis la cloche me prévenir de son arrivé, j'étais encore en train de faire mes dernières vérifications dans l'arrière-boutique :
- Kian ? m'appela-t-il pour vérifier ma présence. Je suis un peu en avance, désolé, mais j'étais excité comme un enfant à l'idée de recevoir un tel cadeau.

- Tu comptes bien payer rassure-moi ? ironisai-je en parlant suffisamment fort pour qu'il m'entende. Je suis en train de fignoler, viens.

J'étais assis devant mon atelier, terminant d'installer la palette en cuir de bœuf ebérien et la corde de lin. Une fois qu'il me rejoint, je lui mis l'arme dans les mains pour qu'il l'essaye. Il jaugea la tension de la corde, la résistance du bois, le détail des gravures et un grand sourire satisfait se dessina sur son visage :

- Il est parfait. Je n'en attendais pas moins de toi. Voici ton paiement, avec une prime, dit-il en me passant une bourse pleine.

- Je savais qu'il te plairait, même si je pense que tu ne l'as commandé que pour impressionner une fille, je me trompe.

Il éclata de rire et acquiesça, ajoutant que l'on ne pouvait rien me cacher. Il reprit :

- D'ailleurs, je viens d'y penser, mais ça ne va pas bientôt faire quinze ans que tu es arrivé à Ivia.

- Dans une semaine, je crois.

- Il faudra que l'on fête ça. Je me souviens du premier arc que j'ai acheté ici. Tu ne connaissais pas encore bien la langue, mais tu excellais déjà à ton art. Tu ne pas toujours pas expliqué pourquoi tu avais quitté Esaphan.

En entendant ce nom, la joie du moment précédent s'effaça, laissant les souvenirs et la nostalgie du temps passé remonter. Esaphan, ma terre natale. Une immense terre chaude et recouverte en majorité par un désert hostile. J'avais du quitté mon village pour quelques raisons que j'aurais préféré oublier. Voyant ma mine déconfite, Alder sut qu'il avait fait une erreur. Il s'excusa et changea de sujet :

- Tu as entendu parler de la nouvelle qui agite les quartiers résidentiels ?

- Non, répondis-je, intrigué.

- Ivia reçoit la visite de deux reliquaires. Si ça c'est pas exceptionnel. Il devrait arriver par la porte sud d'ici l'après-midi. Moi, je te le dis, quelque chose d'important se prépare.

Alors que la pensée que deux des membres de l'ordre le plus respecté du continent allaient être présents dans la cité d'Ivia me traversait l'esprit, je ne pus qu'être d'accord avec mon ami. Il y avait quelque chose qui se préparait.

-Solthia-


Sous le casque de mon armure, j'entendais et je voyais à peine les cris de la foule qui nous accueillait. Me recouvrant tout le visage, seuls les deux petits trous en face de mes yeux me permettait de diriger mon destrier. Une chaleur étouffante et désagréable m'empêchait de respirer correctement. Je n'avais qu'une seule envie : galoper jusqu'à la caserne pour enfin me débarrasser de ce fardeau. Bjorn, qui avançait à ma gauche, s'occupait de saluer la foule et de sourire à la plèbe. Même si je savais que recevoir des reliquaires était un honneur et un événement sans précédent pour un pays ou un royaume, j'étais étonné de remarquer l'attroupement qui rendait l'avancée d'Aval, mon cheval, si difficile. Si difficile, que des templiers de la Source avaient été pris pour séparer la foule pour notre passage.

Je me demandais ce que nous voulait le gouverneur pour nous avoir demandé de venir si prestement. Voilà trois jours que nous avions pris la route depuis la tour d'Ebtel. Le voyage en lui-même n'avait pas été très agréable à cause du chemin en montagne qu'il avait fallu emprunter, mais mon maître avait été sur les nerfs tout le long du trajet, rendant tout contact social impossible. Je supposai qu'il ne m'avait pas tout raconté le contenu de la lettre. Dans tous les cas, cela devait être important pour dépêcher deux reliquaires.

Après une longue et fastidieuse demi-heure, nous parvenions enfin dans les écuries de la caserne, c'est-à-dire à l'abri des regards. Je pris le casque dans mes mains et l'enlevai d'un coup sec. Une grande bouffée d'air frais me caressa le visage, me laissant enfin respirer pleinement. Un templier me guida dans ce que je supposai être un entrepôt pour les armes pour m'aider à me changer et à me mettre des habits plus confortables. Il ne devait pas s'attendre à ce que je sois une femme puisque les vêtements qu'il m'avait apportés étaient ceux d'hommes. Il s'excusa et voulu partir en chercher d'autre. Je l'en empêchais et insistai pour le convaincre que pour moi ça n'avait aucune importance. J'étais donc vêtue d'une chemise de soie bleue, d'une veste et d'un pantalon de coton marron et de botte de cuir. Je défis ensuite mon chignon et coiffais mes cheveux platine en une queue-de-cheval

En sortant, je tombai sur mon maître, toujours avec ses bras croisés, la lumière du soleil se reflétant sur son crâne nu et portant son habituelle cuirasse légère, bouclier au bras et glaive à la ceinture. Il discutait avec un homme en robe pourpre, signe représentatif de la gouvernance d'Ivia. L'homme devait être dans la quarantaine. Il avait de longs cheveux noirs arrangés en une tresse tombant sur son épaule gauche. De cette particularité, je me souvins de son identité. Il s'agissait de Théodore Bersvilian, Siège Gauche de la gouvernance et Juge Suprême de la Cour de Justice d'Ivia, un homme avec une réputation impeccable et soignant les relations entre la cité-état et les royaumes voisins. Il parlait avec mon maître avec une familiarité rare. Ces deux-là devaient se connaître depuis un long moment.Quand il me vit arriver, Bjorn sourit et me lança avec sa formalité habituelle :

- Tu tombes bien Sol. Le gouverneur et moi discutions des hommes s'habillant en femme et inversement.

- Je ne croyais pas que vous étiez soucieux de la manière dont nos politiques s'habillent, ria le gouverneur. Je suis heureux d'enfin vous rencontrer mademoiselle Herentio. Je connaissais bien votre père. C'était un...

- Pourrions-nous éviter d'aborder ce sujet ? le coupai-je. Je ne suis pas encore très à l'aire avec.

- Je comprends parfaitement. Veuillez accepter mes excuses.

- Je dois m'entretenir en privé avec le gouverneur. Fais-ce que tu veux pendant ce temps. Je pense que personne ne se doute que l'un des reliquaires qu'ils ont vus est une femme, donc tu devrais être tranquille. Pense seulement à ne pas rentrer.

Sur ces mots, il se retourna et partit avec le gouverneur. J'étais curieuse de savoir ce dont ils allaient parler. Mais bon, je n'étais surement pas encore reliquaire depuis suffisamment de temps pour que Bjorn me considère comme son égal. Il faut dire qu'après la mort de mon ancien maître, j'avais dû prendre sa succession sans avoir terminé ma formation. Je n'étais donc rien d'autre qu'une apprentie pour le reliquaire cinquantenaire. Qui sait, peut-être que la raison qui avait poussé le gouverneur Théodore à nous faire venir allait me permettre de faire enfin mes preuves et de m'émanciper une bonne fois pour toute. Je quittais donc la caserne pour découvrir un peu les secrets cachés de cette ville.

- Einar –


J'étais assis devant l'autel de l'orbe, admirant son éclat se refléter sur les murs de marbre blanc du temple. Mon passage de disciple à templier de la Source me permettait de rester autant de temps que je le souhaitais pour méditer dans la chambre de l'orbe. Alors, je venais aux premières lueurs du soleil, accomplissais toutes mes corvées quotidiennes et passais le reste de ma journée assis en tailleur pour profiter des bonnes ondes de l'artefact de notre idole Serana. On aurait pu croire à une obsession tant on pouvait m'y voir.

Aujourd'hui, après avoir fini de nettoyer les statues de la grande nef à l'entrée du temple, j'étais comme à mon habitude venue me reposer devant l'orbe. Je fus cependant surpris de voir à mon arrivé que je n'allais pas être seul. Le Grand Templier, le baron d'Arnedar, était silencieusement en train de méditer. C'était un homme discret, très pieux, connaissant l'histoire des idoles parfaitement. J'avais entendu dire qu'il, simplement pour rentrer dans les ordres, avait laissé sa baronnie à son frère cadet et avait traversé la mer intérieure. En plus de tout ça, c'était un bretteur hors pair qui avait formé un bon nombre de recrues. J'avais moi-même appris l'art de la rapière après l'avoir attentivement observé en cachette durant ses entraînements.

Sentant probablement ma présence, il s'énonça sans lever la tête, m'invitant à prendre place à ses côtés. Le plus surprenant était qu'il m'avait appelé par mon nom, alors que je croyais jusqu'alors que jamais il n'aurait pris la peine de se soucier d'un néophyte tel que moi. Je m'approchai du baron et m'assis sans faire de bruit pour ne pas plus le déranger. Je ne sais pas si c'est parce que je ne voulais absolument pas faire un seul bruit, mais quand je commençai ma méditation, je remarquai bien plus le froid du sol en pierre, la légère brise traversant la chambre depuis les ouvertures servant de fenêtres, le chant des oiseaux à l'extérieur, le son des pas des autres disciples et templier et je parvins même à ressentir comme jamais les ondes de l'artefact.

- C'est une agréable sensation, pas vrai ?

La voix du baron m'avait surpris suffisamment fort pour me tirer violemment de ma méditation. Je tournai ma tête vers lui, intrigué et acquiesçai :

- Quand je suis devenu templier, j'étais comme toi, m'expliqua-t-il. Je ne passais pas une journée sans venir au moins une heure dans la chambre pour méditer. Mais avec le temps, et gagnant toujours plus de responsabilités, j'ai dû me résigner à ne plus pouvoir admirer cet artefact autant que je le souhaitais.

Le silence revint après que sa voix cessa de résonner sur les murs. Il se releva lentement et reprit :

- Une petite promenade dans les jardins, ça te dit ?

Je me relevai pour montrer mon accord nous nous rendîmes dans les jardins. Les jardins du temple d'Ivia étaient réputés pour toutes les haies taillées qu'ils contenaient. Chaque année, de nombreux jardiniers et paysagistes venaient ici pour renouveler le contenu et en faire le lieu le plus original et le plus beau sur la partie ouest du continent. Cependant, ils étaient très souvent fermés au public et je ne m'y rendais presque jamais moi-même. Je me laissai donc guider par le baron. Après quelques minutes de marche, il entama de nouveau la conversation :

- J'ai suivi ton éducation de très près, Einar. Tu es un templier plein de ressource. J'ai même cru entendre que tu savais manier deux épées, c'est bien cela ?

- Oui sir.

- Appelle-moi Horace s'il te plait. Je n'aime pas autant les formalités qu'on pourrait le penser. Dis-moi Einar, que sais-tu exactement sur la Source ?

- Eh bien, ce qu'on nous enseigne, répondis-je simplement. Que c'est un artefact créé par Serana comme un enchantement protégeant Ivia.

- Dans les grandes lignes, c'est ça. Un cadeau de Serana pour qu'Ivia reste à jamais une cité indépendante et libre. Mais me croirais-tu, si je t'expliquai que cet orbe est en réalité un fragment de l'esprit de l'idole.

Devant l'incompréhension que l'on pouvait lire sur mon visage, il tenta de vulgariser ses propos :

- Pour que son esprit et sa sagesse perdurent à jamais, Serana a créé dans les dernières années de sa vie de nombreux artefacts. Cet orbe est une des cinq Source. Chaque source est une partie de la matérialisation physique de l'esprit de la magicienne. Elles agissent comme de puissantes sources de magie et chacune se trouve dans un lieu de ce monde. L'endroit est protégé par la magie de l'orbe, et l'orbe est protégé par les habitants du lieu, comme une sorte de symbiose.

- Sauf votre respect, mais... comment savez-vous tout cela ?

- C'est un secret que les Grands Templiers se transmettent.

- Pourquoi me raconter-vous tout cela dans ce cas ?

Il s'arrêta et posa ses mains sur mes épaules, me regardant droit dans mes yeux :

- Tu es doué, très doué et je suis sûr que tu pourras prendre ma place un jour. C'est pour ça que j'aimerais te prendre sous mon aile. Comme ça, plutôt que de m'espionner durant mon entraînement, tu recevras directement mes conseils.

- Je ne sais pas si...

Notre conversation fut interrompue par la venue d'un autre templier.

- Pardonnez-moi de vous déranger, mais on m'a demandé de faire parvenir ce message.

Il tendit une lettre que le baron s'empressa de lire. Je remarquai ses yeux ambre s'écarquiller et son teint blanchir un peu :

- Tout va bien messire, s'enquit le messager.

- Oui... j'ai juste une affaire urgente à résoudre. Einar, retrouve-moi ce soir dans la chambre de l'orbe. Nous pourrons conclure cette discussion en bonne et due forme.

Après avoir dit cela, il tourna les talons et me laissa au milieu des jardins. Le templier qui avait transmis la lettre était lui aussi reparti. Personnellement, j'étais un peu troublé. Je restai là, à regarder dans le vide pendant plusieurs minutes, histoire d'assimiler ce qu'il venait de se passer.

-Chika-


Je fus réveillée par le contact d'une main sur mon épaule. J'ouvris lentement les yeux et tournai ma tête pour voir qui m'avait dérangé. C'était la servante, une Éléonore, je crois.

- Excusez-moi, magister, mais vous m'aviez demandé de vous réveiller si vous vous mettiez à somnoler.

C'est vrai que j'avais dit ça moi. Je me redressai sur ma chaise et m'étirai pour me réveiller un peu. Je n'avais réussi à tenir plus de deux jours à étudier. Il fallait vraiment que je repose un peu. Je demandai à la domestique de me préparer un repas, mon bain et ma chambre. Elle acquiesça et repartit. Je me relevai et pris avec moi les livres que j'étais en train d'étudier. Je regardai autour de moi. La bibliothèque d'Ivia était vraiment immense. J'étais arrivé en ville il y a déjà deux mois et je n'avais toujours pas lu le huitième des ouvrages de ce lieu. Bien évidemment, je ne m'intéressais qu'à un genre bien particulier de sujet, mais celui-ci devait bien représenter la moitié des livres de la bibliothèque.

En sortant de la bibliothèque, je tombais nez à nez avec le gouverneur Théodore. À ses côtés se trouvait un homme à la stature immense, portant une cuirasse légère qui semblait pourtant plus résistante que n'importe lequel des murs de cette ville et au visage couvert des marques du passage. Il n'y avait pas forcément beaucoup de cicatrices, mais on sentait au simple regard que chacune d'entre elles résultait d'un combat que le géant gardait précieusement en mémoire. Le regard qu'il me lançait n'évoquait rien du tout, comme s'il m'avait déjà rencontré des dizaines de fois et que ma vue lui était instantanément devenue banale.

- Magister Il-Siang, me salua le gouverneur. Quel plaisir de vous voir hors de vos livres. Laissez-moi vous présenter messire Bjorn Herdsonn, actuel reliquaire de la foudre. Bjorn, voici Chika Il-Siang, magister belli nous provenant de l'Empire de Sekita.

Un reliquaire ? Cela expliquait pourquoi il m'avait regardé aussi videment. Mais maintenant qu'il avait appris que j'étais un magister belli – ou maître de guerre pour le vulgaire – une lumière de reconnaissance et de curiosité venait de s'allumer dans ses yeux bleus. Il me donna une vigoureuse poignée de main, vieille habitude des peuples du nord, si je me souvenais bien. C'est vrai que vu son physique, une origine pareille coulait de source. Curieuse, je questionnai Théodore :

- Et pourquoi, si vous me permettez une telle question, avez-vous faire venir un reliquaire dans une cité aussi prospère et paisible qu'Ivia ? Si vous ne préférez pas m'en parler, je comprendrais parfaitement, ajoutai-je en saisissant qu'une telle décision était purement politique et ne me regardait absolument pas.

- Eh bien, je ne sais si je peux me confier, même à vous.

- Dites-lui Théodore, coupai brusquement le colosse. Je suis sûr que les conseils d'un magister vous seront précieux.

- Vous avez raison Bjorn, deux avis valent bien mieux qu'un. Suivez-moi, si vous le voulez bien.

Il entra dans la bibliothèque et nous invita à le suivre. Il zigzagua entre les étagères jusqu'à arriver au bout de la salle. Il sortit une petite clef en fer pour ouvrir une vieille et lourde porte de bois. Derrière se trouvait un petit cabinet avec une table en son centre et plusieurs piles de papiers divers et variés disposées tout autour. Bjorn et moi, nous plaçâmes autour de la table pendant que le gouverneur fouillait pour trouver, je ne savais quoi. Il semblait piocher aléatoirement parmi les feuilles avant de tout rapporter sur la table. Il commença son explication :

- Récemment et dans de plus en plus de rapport, des gardes prétendent voir s'installer des camps de mercenaires dans la forêt en face des murs extérieurs. Bien sûr, quand j'ordonne une inspection, aucune trace de campement n'est retrouvée, comme s'il ne s'agissait que de fantôme. Personnellement, j'ai commencé à craindre la présence d'un félon dans la ville. J'ai donc envoyé Enox, le chef de mes espions pour qu'il enquête. Il m'a récemment révélé qu'il avait trouvé un suspect potentiel. Le problème est que cette personne est... le Grand Templier.

En entendant ce nom, je compris immédiatement pourquoi le gouverneur était si anxieux. Personne ne pouvait prévoir comment le peuple allait apprendre que leur Grand Templier adoré était en réalité un traitre à la cité. Mais si Théodore se trompait et qu'il l'accusait à tort, c'est lui qui allait subir toutes les conséquences de son accusation.

- Je marche sur des œufs et il faut que je prenne une décision. C'est pour cela que je t'ai fait venir Bjorn.

L'interpelé se mit à réfléchir. De mon côté, j'essayais de rendre la situation plus claire dans ma tête. Ivia, si elle avait réussi à tenir face à tous les assaillants qui l'avaient attaqué, c'était pour deux raisons. La première, mystique, racontait que la cité était protégée par l'orbe de Serana gardé dans le temple de la ville. La seconde, plus stratégique, reposait sur le fait que la ville s'était construite sur une assez grande péninsule. Ivia était presque totalement entourée par la mer et il n'y avait qu'un seul accès terrestre. Cela rendait la ville quasi-impénétrable et les grands stratèges estimaient que seule la trahison d'un habitant de la ville pouvait permettre à un envahisseur de gagner. Avec ça, on comprenait la crainte de Théodore de l'hypothèse du félon. Bjorn s'exprima :

- Je vais enquêter de mon côté. Grand Templier ou non, si un reliquaire demande à faire une inspection dans un temple de l'idole, personne ne pourra s'y opposer. S'il cache quelques dessins, je les percerai à jour.

Effectivement, dans le culte de l'idole Serana, les reliquaires avaient une place bien plus importante que n'importe quel templier ou inquisiteur. Je craignais cependant qu'une approche aussi frontale du problème n'allât faire qu'en causer de nouveau. Mais ne voyant pas d'autre alternative à la résolution de l'urgence, je ne pus qu'acquiescer sur le moment. La réunion se conclu sur cette décision, et je quittai les deux hommes pour vaquer aux occupations qui devaient prendre ma soirée à l'origine. De toute manière, je ne m'étais jamais vraiment intéressé à la politique.

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