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Chapitre 15

Dorian

Cela fait huit ans que je suis sur les circuits professionnels et c'est l'unique fois où mon père m'a félicité pour une victoire. J'ai été surpris de son geste, moi qui croyais me faire sermonner. Lana avait tort d'un bout à l'autre. Oui, c'est vrai qu'en voulant prendre ma douche je n'ai trouvé ni mon shampooing, ni mon déodorant, mais cela n'a rien d'exceptionnel à ce que papa pique une colère. Et cette fois-ci, il avait parfaitement raison. J'ai tout de même passé à un cheveu d'être disqualifié par mon manque de rigueur.

J'aurais dû écouter ma petite voix intérieure et retourner à l'hôtel avant que Daryl ne me fasse l'apologie des étoiles. C'était très instructif et reposant, mais je dois arrêter ça immédiatement. Le blond rend ma vie bien trop imprévisible et cela se répercute sur mes performances.

Ce soir, je vais prendre une bière avec mon père afin de souligner cette victoire. Cela fait trois week-ends que nous avons des courses. Je suis donc libre pour deux semaines entières. Enfin, libre n'est pas adéquat, je dirais plutôt que j'aurai la permission de boire un peu et de diminuer mon rythme de visites dans une salle d'entraînement. Ce sera l'occasion pour essayer de discuter avec papa de choses moins sérieuses.

Mon sourire ne me quitte pas alors que je termine de m'habiller. Cette victoire va tout changer, je le sens. J'ai un dernier regard vers le vestiaire que je ne reverrai pas avant l'an prochain, puis je ferme la porte derrière moi.

— Tu as été formidable, me dit une voix grave alors que je me retourne pour partir.

Daryl est assis sur l'établi, les bras accrochés au rebord comme s'il allait sauter. C'est à ce moment que je remarque qu'il est pieds nus. Cela n'a pas l'air de le déranger, peut-être même qu'il préfère être ainsi. J'en mettrais presque ma main au feu.

— Tu as prévu un truc, ce soir ? me demande-t-il. On pourrait se rendre dans un bar pour fêter cette course.

— J'ai déjà des plans avec papa pour ce soir.

— Tu ne vas pas t'enfermer dans ta chambre d'hôtel alors que tu viens d'arracher cette victoire ?

Je ris de sa question. Ce serait complètement idiot.

— Non, bien sûr que non ! Je pense que papa et moi n'avons pas eu beaucoup de chances de parler ces dernières années. Aujourd'hui, il était particulièrement réceptif. J'ai tellement hâte de lui dire tout ce qui s'est passé pendant la course.

— Dorian, je ne le sens pas trop. Tu es certain que c'est une bonne idée ? Après tout, ton père ne changera pas du jour au lendemain. C'est presque bizarre de l'avoir vu sourire.

Sa réponse me pince le cœur. Je croyais que Daryl était là pour me soutenir, mais ce que j'entends, c'est qu'il n'est pas d'accord avec ma décision d'essayer de renouer des liens familiaux avec papa.

— Je ne te demande pas de m'accompagner. De toute manière, je ne crois pas que tu serais le bienvenu.

C'est un peu direct comme réponse, mais il ne comprend rien de ce que je vis. Papa est dans une bonne journée et je vais en profiter. C'est tout !

— Je crois que... je vais y aller, me répond-il sans me regarder. J'espère que tu gagneras le championnat. Tu étais génial aujourd'hui.

Sans conviction, il saute de l'établi, mais en atterrissant, sa voûte plantaire entre en contact avec un écrou qui traîne au sol. Cela semble très douloureux malgré le fait qu'il réussisse à retenir un grognement. Mon désir de vouloir le rejoindre pour m'assurer qu'il va bien est cependant très vite occulté par mes angoisses face à ce qu'il pourrait me dire. Lui qui est habituellement si jovial ne s'amuse pas du tout, préférant partir en boitillant.

Je crois bien l'avoir déçu.

Une sensation familière s'empare de tout mon être. Que je choisisse Daryl ou papa, la culpabilité sera toujours au rendez-vous pour me triturer les tripes.

J'attends un long moment avant de quitter le garage, préférant m'assurer qu'il a disparu. En chemin vers l'hôtel pour rejoindre ma famille, je suis envahi par des fans qui me soutirent un autographe ou une photo. Je me plie à leurs requêtes sans résister puisque cela fait partie de mes obligations de vainqueur. Les admirateurs sont nombreux à s'être agglutinés dans le hall d'entrée. Ce n'est donc qu'après plusieurs minutes que je réussis enfin à atteindre ma chambre afin de relaxer avant de retrouver ma famille. Cette journée est l'une des plus belles que j'ai eue depuis bien longtemps. Seule ombre au tableau, Daryl qui part sans même un regard.

Je ferme les yeux, étendu sur mon lit pour faire le vide. Demain, je dois retourner à Daytona pour les prochaines jours. J'y retrouverai maman avec ses causeries sur la pluie et le beau temps. C'est là que j'ouvre grand mes yeux. Daryl a le même caractère que notre mère. Un peu étourdis à l'occasion, les deux sont d'excellents orateurs à qui on aime se confier. Certes, je n'ai pas eu le temps de déballer tout mon sac à Daryl, mais ça serait venu si on en avait eu l'occasion.

Je me relève aussitôt, me disant que ça ne sert à rien de vouloir espérer quelque chose qui ne sera pas possible. De toute manière, il est plus que temps de retrouver les autres. On a une petite salle qui nous est réservée pour nos rencontres quotidiennes, alors je suppose qu'ils y sont tous. Je m'y dirige et entre sans frapper. La seule personne présente, pour le moment, c'est papa. Il est pensif tout en regardant par la fenêtre. Il n'a pas entendu mon arrivée, je me décide donc à débuter la conversation.

— Papa ? Est-ce que Lana et Brandon vont venir ?

— Je leur ai demandé de patienter un peu.

Je me fige sur le champ en entendant sa voix orageuse. Il ne s'est toujours pas retourné, mais je comprends que le père que j'ai cru retrouver aujourd'hui est de nouveau disparu.

— Est-ce que tout va bien ? tenté-je en me reculant.

— Toi ? Tu oses me demander si tout va bien alors que tu n'es pas rentré cette nuit ? Ton couvre-feu n'est pas un jeu que tu peux abandonner quand cela fait ton affaire.

— Je me suis endormi sans m'en rendre compte. Je suis désolé, papa. J'avais prévu de revenir à temps, lui réponds-je avec hésitation.

Mon père se retourne et je peux voir que sa mauvaise humeur est tout autant dans son regard que dans sa voix. Charles Firsten, grand patron de l'écurie Firsten, est de retour. Ses yeux, d'ordinaire plus pâles, me font penser à un jour de tempête en plein hiver. L'air semble s'être rafraîchi jusqu'à devenir glacial.

— Cet homme te détourne du droit chemin, Dorian. Il n'est qu'un pauvre idiot, avide d'obtenir de l'attention.

J'hésite avant de continuer car je sais que papa va se braquer. J'essaie de voir où Daryl a pu faire croire à mon père qu'il n'était là que pour apparaître en public. Tout est faux, j'en suis certain. Le blond n'a rien d'un gars en manque d'attention. Au contraire, je peux confirmer qu'il m'en a donnée bien plus qu'il en a reçue au cours de cette fin de semaine.

—Tu exagères, ce n'est pas du tout son objectif.

— J'étais en train de parler, Dorian ! Tu as perdu le nord ? L'erreur de débutant que tu as faite en oubliant ton filet, ne viens pas me dire que ce n'était pas de sa faute ! Il te retourne le cerveau. Ce White est une plaie ! Déjà que je vais devoir me battre en duel contre lui, j'espère que tu n'as pas l'intention de le soutenir en plus, me répond-il dans toute sa froideur.

— Un duel ?

— Ne fais pas l'innocent ! Tu as vu notre conférence de presse.

Je suis complètement perdu. J'ai fait la conférence de presse, mais j'ai tout de suite été tiré vers les photographes et ensuite vers le podium pour la remise de prix. J'ai bien remarqué que Brandon attirait Daryl, mais pour faire quoi ?

— Tu vas ruiner ta carrière avec ce White dans les pattes.

— Il..

— Surtout, ne m'interromps pas ! me lance-t-il à la figure. Je te rappelle que ta mère a fait pareil avec la mienne. Toutes les relations amoureuses sont une source de malheur. Oublie l'existence même de cet homme.

— Mais nous ne sommes pas amoureux, plaidé-je avec un pincement au cœur.

— Il te regarde exactement comme Sharon me regardait. Tu arrêtes tout de suite cette relation, gronde-t-il en s'avançant vers moi avec cet air furieux. Tu m'as bien compris, Dorian ? Cet homme sera ta perte si tu continues dans cette direction.

— Je... croyais que tu étais heureux pour moi, pour ma victoire.

— Cesse tes enfantillages ! me hurle-t-il en frappant mon torse de son index à plusieurs reprises. Les journalistes étaient tous aux aguets. C'est une chance que Brandon a trouvé comment faire tourner le tout à notre avantage. D'ailleurs, j'ai décidé que la prochaine semaine sera réservée à faire des tests sur la voiture que j'utiliserai pour notre pari. Tu dois être présent pour ne pas éveiller les soupçons des journalistes.

— Quel pari ? demandé-je avec inquiétude. J'avais prévu de retourner chez maman.

— Mais on se fout de Sharon ! me répond-il avec hargne. Tu n'as pas entendu ce que je t'ai dit ? C'est une source de malheur. Je t'interdis formellement d'y aller. Tu dois soutenir notre écurie, coûte que coûte.

— Je ne comprends rien. De quel pari parles-tu ?

Mon ton s'est changé en accusation involontaire. Il ne m'a jamais défendu de voir maman. C'est tout de même mon droit de voir qui je veux pendant mes vacances.

Malheureusement, mon père le prend très mal et sans que je ne m'y attende, il me gifle sur la joue droite, ce qui décale ma tête vers la gauche avec tant de lourdeur que j'en perd ma casquette. Lorsque je finis par me redresser, ma bouche entrouverte et mes yeux exorbités d'horreur témoignent de mon incrédulité. Ma main se lève d'un mouvement machinal jusqu'à ma joue malmenée que je sens irradier. Avec la rapidité de l'éclair, le sang me monte à la tête et de petites pulsions m'indiquent que j'aurai une marque pendant plusieurs heures. Je n'ai aucune idée pourquoi il m'a frappé. Maman n'est pas le fond du problème, il a simplement pris cette pseudo idée car il sait très bien que je n'ai jamais supporté qu'il s'en prenne à elle.

Moi qui croyais retrouver mon père, je me rends compte maintenant qu'il ne changera jamais. Enfin, oui, mais jamais quand il s'agira de moi. Une larme traîtresse coule sur mes doigts qui protègent toujours ma joue endolorie. Je recule pour ne plus qu'il s'approche et trébuche contre une chaise sur laquelle j'essaie de me retenir. Puisque j'étais déjà dans une position de retraite, je m'effondre plutôt au sol sans aucune grâce, entraînant le siège dans ma chute.

Le grand Charles Firsten me toise sans même vouloir m'aider à me relever. Son regard malsain m'indique qu'il me trouve pathétique de laisser voir la souffrance qu'il provoque en moi. Est-ce si horrible de m'avoir comme fils ?

— Retourne dans ta chambre, Dorian, me dit-il de son air furibond. On a une grosse semaine qui nous attend. L'État de New-York a une excellente piste de dragster à Calverton. C'est là que nous ferons nos essais.

Il complète sa dernière phrase en se tournant vers la vaste fenêtre, pas le moins du monde impressionné de voir son fils étalé de tout son long. Il ne m'aidera pas, c'est l'évidence. Il a adopté sa posture qu'il utilise quand il en a terminé avec moi. Lentement, je me relève en essayant de ne pas laisser mes sanglots prendre le dessus. Je suis taré, je le sais, puisqu'au lieu de quitter la pièce, je préfère relever la chaise et la replacer à sa place d'origine. Je sens que je ne vais pas tenir longtemps et essuie une autre larme traîtresse qui a fait son chemin jusqu'à ma bouche. Je jette un dernier regard vers mon père qui reste immobile malgré le bruit de mon reniflement incontrôlé. J'aurais dû me méfier. Daryl m'avait prévenu que ce n'était pas normal, mais voilà, encore une fois, je suis l'idiot de ce spectacle ridicule.

Idiot et ridicule.

Comme si toutes les émotions m'étreignaient d'un coup, je sors à toute vitesse et m'élance vers les ascenseurs. Il faut que je prenne l'air avant de m'effondrer. Comble de malheur, je me retrouve dans l'élévateur sur lequel je me suis défoulé deux jours auparavant. On voit avec clarté la trace de mon poing qui a enfoncé la porte de métal. Je regarde ma main encore fragile, me questionnant à savoir si je réitère l'exercice. Lorsque je ferme celle-ci, je comprends déjà que ce serait insensé de recommencer. Que me reste-t-il comme solution, s'il m'est impossible de me défouler ?

La réponse, je la trouve au fond de mon cœur meurtri, mais est-ce que je vais oser contrarier papa une fois de plus ? En fait, deux solutions s'offrent à moi, toutes deux présentant de très mauvais effets secondaires. La première est de courir vers Daryl pour qu'il m'apaise, mais cela va rendre mon père encore plus fou qu'il ne l'est. La seconde, quant à elle, semble de plus en plus acceptable. Il me suffit de trouver un endroit en hauteur.

Montréal est une île entourée de ponts. De ma chambre, il m'est déjà possible d'en voir trois. Je me redresse tout en détaillant mon regard vitreux qui se reflète devant moi. Ma vie est une vraie souffrance, ce serait si facile d'en finir.

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