Chapitre 3: His Sister's keeper
Depuis deux ans, j'étais donc amie en cachette avec John. Sa mère était décédée quelques mois plus tôt étouffée dans son vomi. Je n'éprouvais que de la haine pour cette femme qui n'avait pas sut prendre soin de son fils et l'avait accusé de meurtrier. Un jour, j'avais essayé d'avoir une discussion à ce sujet avec elle, mais elle ne voulait pas m'écouter. Comme d'habitude elle était ivre. Je crois que je ne l'avais jamais véritablement vu dans son état normal.
Après plusieurs semaines d'amitié, John et moi nous étions découverts de nombreux points communs. Comme moi, il aimait beaucoup les livres et je lui passais généralement les miens dés que je les avait finis, avant de les rendre à la bibliothèque. Il s'intéressait aussi à l'art et à l'histoire. Nous avions beaucoup de discutions sur ces sujets. Bien sûr, en cours, il faisait semblant de ne pas y prêter attention, mais le soir, il venait rattraper son retard chez moi. Les professeurs s'étonnaient de ses bons résultats et ça le faisait beaucoup rire.
Il y avait autre chose qui le faisait énormément plaisanter : mon amitié avec Linda. Après tout ce que je lui avait raconté sur elle, il ne l'appréciait pas du tout. Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir. C'est vrai qu'elle était une personne assez...spéciale. Mais je lui demandais souvent de faire des efforts, car elle était tout de même mon amie. Et surtout, je la connaissais depuis mon enfance.
De mon côté, je me moquais moi aussi de ses amis et de leurs conneries. Ils étaient vraiment bêtes parfois et même John en riait. Mais, il n'arrivait pas à se résoudre à se séparer d'eux. Il ne pouvait se résoudre à laisser sa popularité de côté. Alors, je me contentais de ce qu'il voulait bien me donner : une amitié secrète.
Nous étions samedi, et aujourd'hui une fête était prévue pour tous les adolescents de l'Ark ayant plus de 15 ans. Pour être plus précise, il s'agissait d'un bal masqué en l'honneur d'un levé de lune. Linda n'avait cessé, toute la semaine de m'en parler, et même John m'avait poussé à y aller. J'étais donc chez « ma meilleure amie » qui m'avait convoqué pour choisir notre tenue et nos masques.
J'étais assise sur son lit et la regardait fouiller dans son armoire. C'est fou le nombre important de vêtements qu'elle avait vu le rang de sa caste qui n'était pas plus élevé que la mienne. Mais, je la soupçonnait de conserver de l'argent en cachette dans le but de s'en acheter un maximum.
Sans se retourner, elle me balança un pantalon qui atterrit malencontreusement sur ma tête et dit :
-Tiens, met ça.
Je le soulevais de mes yeux, retrouvant enfin la vue et l'examinais. Il s'agissait d'un jean slim noir, extrêmement moulant. En gros,c'était totalement le style de Linda et absolument pas le mien.
Quelques minutes plus tard, elle se retourna finalement, un vêtement dans chacune de ses mains. Elle me lança l'un d'eux et je le rattrapais de justesse. Il s'agissait d'un petit top blanc qui allait sans doute laisser voir une grande partie de mon ventre.
Je du faire une grimace car Linda dit :
-Met ça, Opale ! Je suis certaine que ça t'ira très bien. Et puis, ça te donnera un petit côté sexy. Il est grand temps de te trouver un petit ami.
Je gardais le silence, me retenant de lui livrer le fonds de ma pensée, et la laissais continuer :
-Moi en tout cas, je compte ne plus être célibataire à la fin de la soirée !
Elle regarda sa montre et ajouta :
-Merde ! Ça commence dans moins d'une heure. Il faut qu'on se dépêche !
Et voilà comment je passais l'heure la plus ennuyeuse de toute ma vie. Pire encore que les cours d'introduction à la mécanique. Après nous être habillées et maquillées, nous partîmes finalement en direction de la Station Alpha où devait se dérouler la soirée. Plusieurs jeunes nous dépassaient en courant, et j'avais moi aussi envie de me dépêcher d'arriver afin de voir John, mais Linda avait trop peur de froisser sa robe rose vif. Nous marchâmes donc pendant une dizaine de minutes avant d'arriver à destination. Au bout d'un tournant d'un énième couloir, nous commençâmes à attendre de la musique. Linda se décida enfin à se presser un peu et dit :
-Oh mon Dieu ! J'adore cette chanson !
C'est ainsi que nous nous retrouvâmes dans la salle déjà pleine d'adolescents qui dansaient ou qui discutaient. Tous portaient un masque. Les seuls dont le visage est découvert étaient les gardes postés à chaque coins de la pièce. Comme toujours, la fête allait être très surveillée.
Linda repéra Bertha et parti la rejoindre en me laissant en plan. De mon côté, je scrutais les gens, essayant de deviner qui se cachait sous les masques. Au milieu de la pièce, je remarquai deux adolescents qui dansaient ensemble. En y regardant de plus près, je les reconnu : il s'agissait de Nathan et de Brian.
Et, tout d'un coup je me souvins de pourquoi j'aimais les bals masqués : personne ne pouvait nous reconnaître sous nos masque, excepté si l'on faisait vraiment attention aux détails. Mais à part moi, je crois que jamais personne ne se rendait compte de qui est qui.
Je continuais alors de balayer la salle du regard lorsque je remarquais un garçon dans un coin de la pièce. Il était appuyé contre le mur, dans une position particulièrement arrogante avec les bras croisés et me fixait. Il me lança un petit sourire en coin en haussant les sourcils au dessus de son loup. Un petit rire m'échappa alors que je m'avançait vers lui, bien décidée à m'amuser. J'étais consciente que les gens me regardaient marcher vers lui, mais je m'en fichais. Ils ne savaient pas qui j'étais alors, pour ce soir, je décidais de dire au revoir à ma timidité et de me lâcher. Mais, pour cela, j'allais avoir besoin de mon meilleur ami.
Lorsque j'arrivais enfin à l'adolescent contre le mur, je me glissai à côté de lui de façon particulièrement aguicheuse et lui murmurais à l'oreille :
-Alors beau brun ténébreux, que compte-tu faire de moi ce soir ?
En rentrant dans mon jeu , il me répondit avec un clin d'œil :
-Tout dépend de ce que tu veux bien me laisser faire... Si j'ai de la chance, peut- être je finirai la nuit dans ta chambre.
Je pris un air faussement choqué et criais d'indignation pour me faire entendre par-dessus la musique :
-John !
-Pardon Opale mais c'est toi qui a commencé ! S'exclama-t-il en rigolant. Que voulais-tu que je fasse ? Je ne suis qu'un homme, après tout, continua-t-il d'un air faussement sérieux et un petit sourire en coin assez craquant.
Je lui donnait un coup de coude dans le ventre et attendit qu'il ait fini de rire pour dire :
-De toute façon, ce soir je veux passer du temps avec toi et surtout, je veux m'amuser ! J'ai envie d'oublier la petite fille sérieuse et timide que je suis d'habitude pour laisser transparaître la vraie moi. Celle que tu connais. Juste pour une nuit, j'ai envie de m'éclater, de faire comme les autres adolescents. D'oublier tous mes problèmes et seulement profiter.
John me regarda cette fois sérieusement.
-Tu es sûre ? Tu ne le regretteras pas ensuite ?
-Jamais, répondis-je sûre de moi pour une fois.
Cela faisait longtemps, depuis que j'avais dû prendre des responsabilités pour aider mon père pour être exacte, que je n'avais pas profiter de la vie, de la jeunesse. Et, je n'avais pas envie de perdre tout cela. J'avais envie d'en profiter avant qu'il ne soit trop tard.C'est ce que j'ai répondu à John après qu'il m'ait demandé pourquoi ce retournement de situation si soudain.
Une fois certain que je n'allait pas me défiler ou le regretter le lendemain, Murphy me prit la main et m'entraîna vers une bande où trois garçons discutaient, un verre à la main. Je les regardais attentivement et me rendis compte que j'en connaissais au moins deux sur trois: Jasper et Monty, les deux de l'Agro Station qui cultivaient autre chose que des légumes.
-Salut, les gars, commença John. Vous n'aurez rien pour cette soirée par hasard ?
-Bien sûr, lui répondis Jasper. Qu'est-ce que tu veux ?
John tourna la tête vers moi et me jaugea durant quelques secondes avant de se pencher vers l'oreille de Jasper et de lui murmurer quelque chose.
-Très bien, lui répondis ce dernier en fouillant dans ses poches.
-Tiens, je te le fais gratuit pour la demoiselle, ajouta-t-il en lui tendant quelque chose et en me faisant un clin d'œil.
Je lui fis un petit geste de ma main libre en partant alors que John tenait toujours l'autre et m'entraînais vers le coin buvette de la pièce. Il nous servis deux verre de quelque chose qui ressemblait à du punch et m'amena jusqu'à un coin sombre. Il sorti deux petites fioles de sa poche remplies d'un liquide violet et m'en tendis une.
-Vite, verse la dans ton verre avant qu'un garde n'arrive.
Je me dépêchais de faire ce qu'il m'ordonnait et lui rendis la fiole.Il tapa son verre contre le mien et dit :
-A toi Opale et à cette soirée ou tu va enfin profiter, et surtout à nous !
Il vida ensuite son verre d'un trait et je fis de même. Ça avait le goût de citron industriel mais je sentais qu'il y avait autre chose dont le goût était indéfinissable.
-Viens on va danser ! Me proposa John dés que j'eus terminé.
Je lui répondis par un grand sourire et le suivis sur la piste de danse presque pleine. Je me cognais aux autres de tous les côtés mais je ne m'étais jamais sentie aussi vivante. John, en face de moi n'arrêtait pas de faire l'idiot et je ne pouvais m'arrêter de rire. Au bout d'une demi-heure, un garde vint nous interrompre :
-Contrôle d'identité.
Je me forçais à me calmer et sortis mon passe caché dans l'une de mes chaussures. Je n'avais pas pris de sac pour cette soirée et on nous avait toujours appris qu'il ne fallait pas sortir sans son passe. Les contrôles d'identité étaient fréquents et je ne m'en inquiétais pas plus que ça.
Il glissa mon passe dans une petite machine portative qui dû valider mon nom et ma photo puisqu'il me le rendis presque aussitôt. Ce fut au tour de John de lui tendre sa carte.
-Vous savez, commença le garde. On dit souvent que ces contrôles de routine ne servent à rien, mais pas plus tard que ce soir, nous avons arrêté une fille qui n'était pas répertoriée.
-Vraiment ? Lui demandais-je curieuse.
-Vraiment mademoiselle. C'était d'autant plus grave que son frère était un garde qui supervisait cette petite fête.
-Son frère ? L'interrogea John pendant qu'il lui rendait son passe.
-Et oui, comme vous le savez les deuxième enfant sont interdits et cette Octavia Blake sera donc envoyée à l'isolement, sa mère expulsé et son frère, Bellamy Blake, démit de ses fonctions. Passez une bonne fin de soirée et un bon lever de lune, dis le garde en partant contrôler d'autres adolescents.
Oh mon Dieu ! Pensais-je. La vie de cette famille va être détruite. Et le pauvre frère allait se retrouver tout seul. Cette histoire était en train de me rendre triste et allait gâcher ma soirée. Je savais que c'était important, mais je ne pouvais rien y faire et ce soir, j'avais décidé d'être égoïste et de profiter.
John qui devait avoir suivit le même résonnement que moi me proposa :
-Tu veux un autre verre ?
-Oui, s'il te plaît, lui répondis-je.
-Reste là je vais te le chercher.
Quelques minutes plus tard, il fut de retour et me tendis un autre verre. Cette fois, nous bûmes cul-sec en même temps, sans trinquer. Quelques minutes plus tard, je sentis que cela me montais déjà la tête. Je me sentis quelque peu vaciller, mais John me rattrapa en passant ses bras autour de moi.
-Ça va ? Me demanda-t-il préoccupé. Celui là était un peu plus fort que le premier mais je me suis dit que tu en avais besoin après le garde.
Le brouillard et l'adrénaline envahissaient petit à petit et le dernier souvenir que j'eu de cette soirée fut moi lui répondant avec un grand sourire :
-Ça va John. Ne t'inquiète pas pour moi, et merci beaucoup de rester avec moi alors que tu pourrais être avec tes copains...
Le lendemain matin, je me suis réveillée dans mon lit avec un sacré mal de crâne. John était couché sur le ventre, juste à côté de moi et ronflait légèrement. Son bras était autour de ma taille et il me serrait contre lui. Cela nous arrivait souvent de nous endormir dans cette position et cela ne m'avait jamais gêné.
Je tournais la tête vers mon réveil qui indiquait 9h30 du matin alors je décidais de pousser John du coude pour le réveiller.
-Hruphm...
-Réveille-toi John ! C'est 9h30. Je ne me suis jamais levée aussi tard de ma vie et mon père va se douter de quelque chose.
Il ouvrit lentement un œil, puis l'autre et me sourit :
-Bonjour, mon rayon de lune.
-Arrête John ! C'est pas le moment de plaisanter là ! Si je ne me lève pas bientôt mon père va m'engueuler et je ne pourrais pas le supporter avec le mal de tête que j'ai. Et le pire c'est que je ne me souviens pas de la moitié de la nuit dernière ! Je respirais un grand coup pour me calmer mais sans succès.
-Tu regrette ce qu'il s'est passé hier ?me demanda John d'une petite voix que je ne lui connaissais pas.
-Oh John ! Bien sûr que non, lui répondis-je. J'ai fait mon choix et je suis contente d'avoir profité, d'avoir bu ces verres. Ne te blâme pas tu n'a rien fait de mal. Même si je ne me souviens pas du tout de ce qu'il s'est passé après le second verre...
John retira immédiatement son bras d'autour de ma taille, mais je ne m'en formalisait pas.
-C'est vrai ? Tu ne souviens pas du tout de ce qu'il s'est passé ? Me demanda John avec un air sérieux que je ne lui avais jamais vu.
-Rien du tout, dis-je dans un soupir.
Il fronça les sourcils mais ne dit rien pendant de longues minutes. De mon côté, je me levais et m'habillais. Je regardais John qui avait la tête enfoncé dans le matelas peu confortable de mon lit. Quand je fus prête, je m'agenouillais à son côté et lui demandais :
-Hey, John. Ça va, toi ?
Il releva vivement la tête et dit :
-Il faut que je parte. Je dois passer voir un pote pour lui rendre un truc.
Il était déjà debout et sur le point de quitter la pièce.
-Tu viens ici ce soir ? Y a un nouveau livre que j'aimerais te montrer...
Il se retourna et évita mon regard en répondant :
-Je suis désolé, mais je ne peux pas ce soir. On se voit demain encours ?
Et il quitta la pièce sans attendre ma réponse. Je l'entendis dire au revoir à mon père puis claquer la porte de la cabine.
Après sa sortie, je ne pu m'empêcher de ressentir un énorme vide. Son départ précipité avait quelque chose de louche, et surtout, j'avais eu l'impression qu'il voulait me fuir. Je pris la décision de trouver coûte que coûte pourquoi.
Bạn đang đọc truyện trên: Truyen247.Pro