Partie 26 : Vingt-sixième Relevé
Pov Matthew :
Un poing vint percuter ma mâchoire en un claquement sourd, la faisant pivoter vers l'extrême gauche.
Je ripostai, balançant violemment un crochet dans la tempe de mon assaillant avant de lui bourrer les côtes de coups avec force, la mine féroce.
Il me sauta dessus et nous roulâmes sur le bitume, cherchant à dominer l'autre.
Je lui donnai un violent coup de boule et sa tête vint cogner le sol, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle en soit recouverte de sang.
Des bras vinrent me saturer, décollant mon corps du sol avant de me plaquer contre le mur.
Je tentai de me dégager de leurs poignes de fer, luttant contre les mains qui m'étranglaient.
"Je sortais de chez moi, détendu et comblé lorsqu'un mouvement à ma gauche me surprit.
Audric.
- Matthew Parrish ! Mais quelle surprise ! Depuis le temps qu'on te cherchait les gars et moi ! Tu nous dois quelque chose, tu te rappelles ? Une vie contre une vie. Dent pour dent mon pote... -S'exclama celui-ci avec un sourire carnassier.
Je jetai un rapide coup d'œil autour de moi et vis que j'étais acculé.
Condamné.
- Une vie pour une vie. -Répéta le chef des Black Snake en s'approchant.
Je serrai mes poings, les pieds ancrés dans le sol.
Je ne me rendrai pas sans me battre."
- Dis-moi, de quoi serais-tu capable pour sauver ta petite blonde ? -Me dit Audric en essuyant le sang qui perlait de sa bouche.
Je me figeai.
- Ne t'avise pas de la toucher, connard !
- J'ai donc touché un point sensible...! -Rit-il en me décochant un violent coup dans l'abdomen.
Je me courbai en avant, le souffle coupé.
- Salaud... -Soufflai-je en le fusillant du regard.
Les autres membres des Black Snake éclatèrent de rire, crachant sur mon visage.
- Un conseil : je serais toi, je ne m'insulterais pas. On ne sait jamais, la mort frappe parfois vite et ta jolie blonde n'est pas à l'abri d'un petit accident...
- Elle n'a rien à voir avec tout ça ! -Rugis-je en voulant me dégager de leurs poignes.
Une lueur meurtrière brillait dans le regard d'Audric.
- Ça c'est sûr : c'est toi qui as tué Ian.
"J'étais accoudé contre un bar, les yeux rivés sur mon verre et les larmes aux yeux.
Joy était morte...
Je l'avais tuée.
Une dizaine de shots plus tard, mes idées semblaient plus claires, je ne me préoccupais pas de ce que les gens pensaient et l'endroit dans lequel j'étais. Tout était devenu si flou que mes souvenirs de ces quelques heures s'embrouillaient.
- Hey, petit. Quelque chose ne va pas ? -S'enquit le barman aux cheveux gris et au tatouage tribal sur le visage.
- Ma future femme est morte il y a deux jours. -Lançai-je d'une voix enrouée par les pleurs.
Il écarquilla ses yeux et son air aurait pu être comique si la tristesse et le désespoir n'avaient pas pris le dessus.
- Je suis désolé... -Me dit-il en posant une main sur mon bras, le serrant doucement.
- Ouais, c'est moi qui l'ai tuée. Un accident... Un accident de la route.
Une larme roula sur ma joue, s'écrasant contre la table.
Un rire éclata derrière moi, grave et moqueur.
- Pleurer pour une gonzesse...
Je me tournai violemment vers l'homme baraqué qui riait de la mort de Joy et hurlai:
- Qu'est ce que tu viens de dire ?
Il plissa les yeux, brillant de malice et articula lentement :
- Tafiote. Les vrais mecs ne pleurent pas pour des pétasses.
Je m'emportai, la rage prenant le dessus sur la raison. Personne ne devait trahir la mémoire de ma petite amie. Personne.
J'attrapai la bouteille de whisky qui traînait sur le bar et la lui lança sur la terre.
Des éclats de verre éclatèrent autour de nous, s'incrustant dans nos peaux, coupant la peau bronzée de l'homme.
Celui-ci chancela sur le tabouret avant de se lever, ne riant plus.
- Tu viens de signer de ton arrêt de mort, la tafiote.
Les gens se reculèrent, apeurés et il m'entraîna dehors, me balançant contre les poubelles qui traînaient dans la ruelle où nous étions.
Aveuglé par la fureuret le désespoir, et n'ayant désormais plus rien à perdre, je pris la seule arme à portée de moi : des débris de verres.
Sautant sur l'homme, j'enfonçai le morceau verdâtre dans sa jugulaire, le faisant rugir de douleur.
Il fut obligé de s'abaisser et j'en profitai pour claquer sa tête contre le rebord d'une fenêtre, une douzaine de fois, jusqu'à ce que j'entende un craquement sonore et que son corps s'affaisse.
Mort."
Une douleur sourde s'insinua dans ma tête.
J'avais tué le chef des Black Snake et avait fui en France en espérant enfin trouver la paix... Sans penser ne serait-ce qu'une seule seconde que j'avais déclenché la guerre.
Je sentis une piqure aigue contre mon cou et levai les yeux vers Audric qui tenait un poignard.
- Tu vas crever, étouffé dans ton propre sang et lorsque ce sera fait, nous nous occuperons de ta petite poupée blonde... Je suis sûr qu'elle appréciera de mourir pour un ivrogne.
Mes yeux s'embrasèrent.
Julie est innocente ! Personne ne touche à mon petit oiseau... Je tuerai quiconque voudra me la prendre. Elle est à moi. À. Moi.
Mon poing percuta sa mâchoire.
- Tu crèveras avant moi, Audric. C'est une promesse que je tiendrai, soit en sûr.
La piqure gagnait en intensité.
Je ne fermai pas les yeux, bien décidé à mourir dignement.
La mort ne m'effrayait pas.
- Nous nous rejoindrons en enfer, Audric. -Dis-je d'un ton assuré.
C'était une de mes nombreuses certitudes.
Soudain, le ronronnement désinvolte d'une voiture les fit se figer.
- Merde ! -S'exclama l'un d'eux.
C'était M. Roy, mon voisin de palier.
Audric soupira et je fus heureux de ce petit contre-temps.
Les Black Snakes ne pouvaient pas prendre le risque de se faire coffrer.
La lame quitta ma gorge et je pus de nouveau respirer.
- La prochaine fois sera la bonne. Je te fais une promesse à mon tour : dans moins d'une semaine, ton joli petit trésor sera mort. Je lui promets d'affreuses souffrances. Tu me prieras de l'achever plus vite. Et tu veux savoir ? Ça ne servira qu'à la faire hurler encore et encore, jusqu'à ce que je décide qu'elle en aura eu assez.
Le coup qu'il me porta me laissa étalé sur le sol avant qu'il ne se déchaîne sur mon corps, enchaînant les coups de pieds et les poings d'une poigne de fer.
Il tourna alors les talons, me laissant sur le chemin broussailleux.
Qu'étais-je prêt à faire pour Julie ?
Tout. -Pensai-je dans un état à moitié comateux.
Je vis alors Ambre sur une des motos, me dévisager avec suffisance.
Je partirai. Ils ne savent pas où habite Julie... Elle sera en sécurité.
Mes yeux se fermèrent.
Je t'aime Julie.
Puis je sombrai dans l'inconscience.
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Et c'est un Matt en très, très mauvaise position que voilà...
Qu'en pensez vous ?
A vos commentaires :)
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