
Corps à corps avec des inconnus
Lorsque nous arrivons à l'organisation, je me gare devant le bâtiment et nous allons à l'infirmerie immédiatement. Je désinfecte et recouds sa blessure ; un point de suture a bel et bien céder lors de sa mission.
- Tu ne m'as toujours pas dit comment tu sais faire ça, me fait remarquer Monsieur Zach.
- Je vous l'ai déjà dit, je soupire.
- Donne moi la vraie version.
- Mon père était soldat à l'armée et ma mère était médecin, dans l'armée aussi. Donc j'ai vu et appris certaines choses, ça vous va ?
Il se tait et ne dit rien. Je ne sais pas si j'ai réussi à le convaincre ou non mais c'est la meilleure excuse que j'ai trouvé. Je finis de le soigner puis il part dans son bureau pour écrire un rapport sur notre mission.
Pour ma part, je me dirige vers la salle informatique. Il paraît que la curiosité est un vilain défaut mais je vais chercher qui est cette mafia qui terrorise tant de gens. Elle m'intrigue.
Comment suis-je censée rechercher ? Je ne connais pas le nom de cette organisation. Je vais chercher sur ce qu'il se passe à Los Angeles de louche, on finira bien par trouver. Ils doivent être experts dans la criminalité pour terroriser autant de gens, il doit donc y avoir des traces quelque part, soit dans les médias, soit dans les dossiers de la police.
Avant de commencer mes recherches, j'appelle mon boss de Londres. Il décroche après cinq sonneries, il n'est pas pressé lui. Mais j'ai fini par m'y faire. Ce n'est pas comme si j'avais le choix.
- Allô ?
- Bonjour Boss, il faut que tu falsifies quelques documents. J'ai dit à mon patron de l'organisation des États-Unis que mon père était à l'armée et que ma mère était infirmière à l'armée pour lui expliquer pourquoi je savais me battre et pourquoi je savais soigner.
- Bien, j'espère pour toi qu'il ne se doute de rien de ta réelle mission.
- Il ne sait rien, je peux vous le promettre.
- Continue comme ça.
Et il raccroche. Il n'a jamais été bavard. La vie de mes "parents" sera écrite sur le papier. Ma "vie'' commence à prendre forme. Yana se développe au fur et à mesure du temps.
Elle me parait tellement différente, comme être une personne externe à moi, mais pourtant, Yana et Nina sont bel et bien la même personne. Je retourne à ma première occupation et commence mes recherches sur cette mafia.
Je fais défiler des pages et des pages de sites internet, les mots se mélangent dans ma tête. Je lis plusieurs articles de journaux parlant de meurtres de "vengeance" ou de "règlement de compte".
Il y a un réseau de drogue qui circule dans Los Angeles apparemment, ça ne m'étonne pas, il y en a dans chaque ville. Il y a des bagarres à plusieurs contre un où les gens battent presque à mort la victime.
Je pense que je tiens ce que je cherche, c'est bien le profil d'une mafia. J'aimerai bien voir leur boss, savoir ce qu'ils font et pourquoi, même un gars comme Monsieur Zach, en a peur. Je veux savoir ce qu'ils ont de spécial pour terrifier autant de monde. Mais ça n'est pas dans ma mission, je ne dois pas m'étaler.
Voyant qu'il me reste un peu de temps avoir que ce soit l'heure de partir, je décide de faire des recherches sur ma vraie mission : trouver le traître de mon organisation.
Pendant deux heures je cherche et j'arrive à la lettre P, toujours sans résultat. Le boss est-il sûr qu'il y a un traître dans notre organisation ? Oui, bien sûr qu'il en est sûr, il ne se trompe jamais. Mais est-ce sûr qu'il fasse parti de cette organisation là ?
C'est ce que l'homme de l'immeuble avait dit le jour de l'incendie, mais est-ce fiable ? Nous pouvons avoir des nombreux ennemis, et pas seulement localisé à Los Angeles. Peut-être que le traître vient d'une organisation de Russie, ou bien de Chine, qui sait ?
Je retourne au bureau de Monsieur Zach puis j'entre sans prendre la peine de toquer. Il lève les yeux pour voir qui vient d'entrer même s'il se doute que c'est moi, étant donné que je suis la seule à ne pas frapper. Puis il se re-concentre sur son travail.
- Il y a un problème ? me demande-t-il.
- Non, je voulais savoir si vous vouliez que je vous ramène, comme vous ne pouvez pas conduire avec votre jambe.
- Je veux bien, mais je dois finir ça d'abord.
Je hoche la tête. Je me dirige vers l'étagère pour regarder tous les dossiers qui y sont entreposés en attendant qu'il termine. Il me laisse faire.
- C'est vous qui les avez tous faits ? je demande, légèrement admirative, même moi j'ai moins de dossiers que ça dans mon bureau et pourtant, je travaille beaucoup.
- Oui.
Je laisse glisser mon doigt sur la tranche de chaque dossier. Un des noms attire mon attention : Mafia LA. Je fronce les sourcils. Pourquoi a-t-il un dossier à leur nom alors qu'il ne veut pas que je fasse des recherches sur eux ? S'il en a peur, il ne devrait pas faire de recherches sur eux pour éviter les problèmes.
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est qu'il en fait parti et qu'il ne veut pas que je le découvre. Mon instinct a souvent raison. Mais c'est impossible, il est quasiment toujours à l'organisation.
Et puis, pourquoi intégrer une agence d'agents secret ? Il serait plus judicieux d'entrer dans la police pour brouiller les pistes. Alors que cache Monsieur Zach ?
Je le regarde discrètement, il est en train d'écrire sur un autre dossier. Serait-ce possible ? Si c'est le cas, ne vaut mieux pas que je lui dise que j'ai quand même fait des recherches. Il m'a prévenu que si je faisais des recherches, il ne donnerait pas cher de ma peau.
Je vais donc éviter d'ébruiter cette affaire. Je commence à m'intéresser à des choses sur lesquelles je ne suis pas censée faire des recherches. Je commence à m'étaler mais ma curiosité prend le dessus.
Il ferme le dossier et se lève.
- On peut y aller.
Je hoche la tête, il faut que je paraisse normale. Je suis douée pour jouer la comédie, ça fait parti du métier. Nous entrons dans l'ascenseur et j'ai l'impression d'être compressée, de manquer d'air, pourtant je ne suis pas claustrophobe et l'ascenseur est plutôt grand.
Monsieur Zach se penche vers moi et m'embrasse sans que j'y sois préparée. Il m'embrasse avec envie, avec fougue et passion. Automatiquement, je lui rends son baiser et tous mes doutes s'envolent. Il ne peut pas faire parti de cette mafia, c'est impossible.
Lorsque le bruit qui montre qu'on est arrivé au rez-de-chaussé retentit, Monsieur Zach se décolle de moi.
- C'était pour quoi ? je demande.
- J'en ai eu envie toute la journée. Il fallait que je le fasse avant de devenir fou, répond-il en haussant les épaules comme si c'était la chose la plus normale du monde.
Je sens une chaleur s'emparer de mes joues et la fameuse sensation dans mon bas ventre accroître.
Monsieur Zach sort et je reste quelques secondes dans l'ascenseur en souriant toute seule. Je ne peux m'empêcher de caresser du bout des doigts mes lèvres. Qui eut cru qu'un jour je pourrais ressentir ça. Qui eut cru que mon abruti de patron pouvait être romantique ?
- Tu viens ? me demande Monsieur Zach en me regardant.
Je sors de mes pensées, hoche la tête et je le rejoins. Nous sortons du bâtiment. Sans que je comprenne réellement ce qu'il se passe, un groupe d'hommes musclés se dirigent vers nous avec un air menaçant.
Je ne les connais pas mais ils ne m'inspirent pas confiance. Ils marchent avec détermination en nous fixant du regard. En ont-ils après nous ?
- Attention ! je dis pour prévenir Monsieur Zach du probable danger qui va se passer.
Il a déjà repéré le soucis avant mon avertissement. Il est aux aguets. Je vois ses muscles contractés. Les hommes se sont mis autour de nous, nous encerclant. Je regarde le visage de chacun mais je n'en reconnais aucun. Qui sont-ils ? Que nous veulent-ils ?
- Zach, ça fait longtemps, dit l'un d'entre eux.
- Vous les connaissez ? je demande, incrédule.
Monsieur Zach ne me répond pas et reste concentré sur les personnes, à l'affût d'une probable attaque je suppose.
- Elle est bien foutue ta copine, en dit un autre.
- Je ne suis pas sa...
Je commence mais je ne finis pas ma phrase. Sommes-nous un couple ? Après tout, on s'est embrassé à plusieurs reprises, je ressens des sensations dans mon ventre, je le raccompagne chez lui et je lui fais à manger, je prends soin de lui et je m'occupe de lui. Est-ce que ça fait de nous un couple ?
Me tirant de mes pensées, Monsieur Zach frappe l'un des gars. Les cinq personnes qui nous encerclent réagissent et tous se décident à venir nous frapper.
Ne pouvait-il pas réfléchir avant de taper ?! On aurait pu discuter calmement, comme des personnes civilisées, et s'en sortir sans encombre. Ils sont sacrément musclés, on risque donc d'être plus facilement blessés.
Je me prends un coup dans la mâchoire. La civilisation attendra, pour l'instant, je vais les démonter, à commencer par celui qui a osé me toucher.
J'ai trois hommes en face de moi. Je bloque leurs coups avec mes avants-bras et je les frappe dès que je peux. Je vise la gorge, qui est un endroit sensible.
Il y en a un qui agrippe mes cheveux mais je ne crains pas. Je lui fais une clé et je le mets à terre. Le deuxième arrive à m'étrangler alors qu'il est sur le côté. Je ne peux pas attaquer avec mes jambes, et il le sait, ce qui montre que ces hommes savent se battre.
Je ferme mon poing et donne un coup dans son attribut masculin, puis je remonte d'un coup mon coude pour qu'il lui arrive en pleine mâchoire alors qu'il se baisse à cause de la douleur.
Je n'ai qu'une envie : prendre sa tête et la tourner d'un coup pour casser sa colonne vertébrale et le tuer sur le coup. Mais je ne peux pas le tuer sur le trottoir devant l'organisation, à découvert, aux yeux de tous.
Je me contente de lui donner un coup qui le fait tomber dans les pommes. Je maîtrise l'autre facilement. Il ne faut pas me chercher. Je me tourne vers Monsieur Zach. Lui aussi en a fini. Je le vois se tenir la cuisse. Son pantalon est tachée de sang et sa pommette est rougie.
- C'est quoi ce bordel ? je hurle sur Monsieur Zach.
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