𝐒𝐜𝐞̀𝐧𝐞 𝟒
𝕮𝖊𝖙𝖙𝖊 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖆̀ 𝖈𝖔̂𝖙𝖊́ 𝖉𝖊 𝖙𝖔𝖎, 𝖈'𝖊́𝖙𝖆𝖎𝖙 𝖈𝖔𝖒𝖒𝖊 𝖉𝖚 𝖑𝖆𝖎𝖙
𝕮𝖔𝖒𝖒𝖊 𝖉𝖚 𝖈𝖔𝖙𝖔𝖓 𝖖𝖚𝖎 𝖒'𝖆 𝖊𝖓𝖛𝖊𝖑𝖔𝖕𝖕𝖊́ 𝖉𝖊 𝖓𝖚𝖑𝖑𝖊 𝖕𝖆𝖗𝖙
𝕾𝖎 𝖔𝖓 𝖒𝖊 𝖑'𝖆𝖛𝖆𝖎𝖙 𝖉𝖎𝖙 𝖏'𝖞 𝖆𝖚𝖗𝖆𝖎𝖘 𝖕𝖆𝖘 𝖈𝖗𝖚
𝕬𝖑𝖔𝖗𝖘 𝖏'𝖒𝖊 𝖗𝖊𝖕𝖆𝖘𝖘𝖊 𝖑𝖊 𝖋𝖎𝖑𝖒 𝖊𝖓 𝖈𝖔𝖓𝖙𝖎𝖓𝖚
♪ ' ミ
Dernière année de collège, les élèves de troisième étaient concentrés pour réviser leur brevet alors que le soleil se faisait de plus en plus aimable. Minho avait travaillé dur, il avait eu son diplôme mention très bien, ses professeurs étaient fiers de lui. Quatre ans plus tôt, il débarquait dans un pays dont il ne connaissait la langue, et le voilà avec la mention honorable, la principale avait même fait un discours. Tout le monde avait applaudi, élèves compris, tous émus par les efforts de Minho, à découvrir une langue étrangère en étant directement dans le bain, ça avait forgé ses capacités d'apprentissage.
Il avait donc fini le collège en France, fier et heureux de vivre ça avec ses camarades qu'il affectionnait. Leur petit « tsundere » avait bien grandi, l'établissement entier le chérissait, tant il avait de qualités. Toutefois, ça n'avait pas été facile, cette dernière année en France, sa mère était souffrante, il n'arrivait donc pas à profiter pleinement du moment présent. Minho se faisait un sang d'encre pour celle qui l'avait mis au monde, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même.
Les adultes l'avaient soutenu, il avait même rencontré la psychologue scolaire, et en toute honnêteté, il avait accepté de la voir. C'était difficile de vivre cette épreuve, un soutien lui fit le plus grand bien, même si ça ne résoudrait rien, au moins il s'était senti plus léger. Du haut de ses quatorze ans, il ne pouvait rien faire que se rendre utile pour quelques bricoles, son père lui rappelant sans cesse qu'il n'était qu'un adolescent et n'avait pas à prendre ce poids sur ses épaules. Monsieur Lee était l'adulte, il s'occupait de son épouse qu'il avait juré d'aimer dans la santé comme dans la maladie. Il faisait également de son mieux pour passer du temps avec son garçon, mais lui aussi perdait de sa joie de vivre, son sourire s'étirait de moins en moins. Pourtant, il tentait de rassurer son enfant, mais il n'était qu'un humain, il souffrait beaucoup aussi.
Tout le monde était aux côtés de Minho, pourtant, un sentiment désagréable persistait, comme le sentiment d'être inutile. Parfois, sa mère lui faisait peur, et alors il culpabilisait, comme s'il était un mauvais fils. Il se trouvait odieux, à détester le fantôme de sa mère, son rire lui manquait terriblement, cette femme au regard éteint n'était pas celle avec qui il se sentait en sécurité. Il se demandait parfois si elle le reconnaissait, il avait peur qu'à perdre la tête, ses souvenirs s'effacent et qu'elle ne le voit plus, ou pire, qu'elle ne sache qui était ce jeune garçon. Ça le terrifiait.
Il avait commencé la danse en quatrième, alors que sa mère commençait déjà à s'effondrer, c'était lent, mais il n'avait manqué de le remarquer. La jolie rousse qui l'avait quitté avant les vacances faisait de la danse, il se souvînt alors de la compétition en primaire. Il avait demandé à ses parents de l'inscrire dans une école de danse et ça avait été une libération. La professeure ne cessait de le complimenter, il s'améliorait rapidement, elle n'avait jamais vu un élève progresser à cette vitesse. En un an, Minho s'était hissé à la première place du podium lors qu'un concours, il était né pour danser, ça ne faisait aucun doute.
Alors, pendant sa dernière année de collège, il avait doublé ses heures au studio, il dansait jusqu'à épuisement, pour évacuer ce qui le rongeait de l'intérieur. Sa professeure avait eu peur qu'il ne se blesse à se donner autant, mais Minho n'avait jamais eu de malaise ou autre, son corps lui disait naturellement quand il devait s'arrêter. La respiration hachurée, dégoulinant de sueur, il rentrait chez lui. Il ne prenait même plus la peine de saluer ses parents, se précipitant à la douche pour ne pas voir la réalité en face. Il fait son possible pour éviter sa mère, car ça le minait, il ne pouvait pas le supporter, et il avait l'impression d'être un monstre pour ça. Parfois, il pleurait pendant une heure ou deux, réclamant sa maman, celle qu'elle était autrefois, il avait besoin d'elle. Son joli sourire, ses mots tendres et rassurants, son rire cristallin, les surnoms qu'elle lui donnait et les moments qu'ils avaient passé ensemble. Leur complicité avait disparu lorsque Minho arriva à la fin de la cinquième.
Madame Lee s'absentait souvent, elle courait pendant de longues heures, comme si elle fuyait quelque chose. Son époux commençait à ses poser des questions au fur et à mesure du temps, mais la femme continuait de sourire. Elle s'entraînait tous les jours, immédiatement après le travail, à peine un bonsoir, et elle disparaissait en tenue de sport. Il lui arrivait de revenir les yeux rouges, alors que des cernes assombrissaient son visage d'ordinaire lumineux.
Quand Minho entra en troisième, elle était grièvement malade, le médecin devait même se déplacer jusqu'au domicile. Il était coréen, installé en France depuis des années, il avait suivi sa patiente un moment, pourtant, son état ne s'était pas amélioré.
« La seule solution, c'est de rentrer en Corée, monsieur Lee. Je ne vois pas d'autres possibilités, elle a besoin de s'éloigner, quitter le pays où elle a souffert.
╴ C'est une décision extrême.
╴ Prenez le temps d'y réfléchir.
╴ Mh, merci Docteur. »
Minho n'avait jamais eu écho de cette discussion, prisonnier de ses angoisses dès lors qu'il mettait un pied chez lui. L'état de santé de madame Lee avait fait le tour du collège, car tout le monde connaissait Minho, et sa mine défaite ne trompait personne. Il était heureux à l'école, il se concentrait en classe pour oublier, travaillant d'arrache pieds, entre les études et la danse, il était bien occupé. Alors, il tenait le coup, même si la culpabilité ne cessait de le suivre comme s'il était hanté par ce démon lui répétant qu'il était un mauvais fils, incapable, et détestable.
Ses camarades faisaient au mieux pour le distraire, et ça fonctionnait, Minho souriait, il s'évadait, entouré de ses amis, quand n'était pas chez lui. Ça peinait monsieur Lee, il rappelait inlassablement à son enfant qu'il n'avait pas à se sentir mal vis-à-vis de sa mère. Il se devait de prendre soin de son épouse malade et de son fils qui en souffrait. Il fût pris d'anxiété à son tour, alors il prit la décision de discuter avec toute la petite famille.
« Ecoutez, ça ne peut pas continuer comme ça. »
Des larmes fendirent les joues creuses de madame Lee alors que son visage était dénué d'expression. Minho fronça les sourcils, patientant pour savoir où voulait en venir son père.
« Chérie, est-ce que tu serais prête à rentrer en Corée ?
╴ En Corée ? »
Minho entendit la voix de sa mère pour la première fois depuis longtemps. Il sursauta alors qu'il vit les yeux de la femme s'arrondir, son visage parlait à son tour, et c'était surprenant, le jeune garçon avait oublié ses expressions faciales.
Immédiatement, elle se tourna vers son fils. Il recula, terrifié de croiser son regard, pourtant, ça lui fit du bien, contrairement à ce qu'il aurait pu croire.
« Minho ...
╴ Maman, papa, si c'est pour vous ... Je suis prêt à partir ... Je veux juste que tout redevienne comme avant. Alors peu importe, je vous suivrai. »
Et il éclata en sanglot.
Le jeune garçon n'avait pas pleuré devant ses parents depuis la primaire. Monsieur Lee avait l'estomac en vrac, ça lui fit mal, mais en même temps, il était touché de voir son fils s'exprimer enfin sur son mal-être.
« Minho, chéri ...
╴ Je veux juste que vous soyez heureux, maman.
╴ Mais-toi, pourquoi tu ne penses qu'à nous ? Je suis désolée ...
╴ Maman, arrête ! C'est pas de ta faute, alors je veux pas que tu sois désolée. Ces chiens t'ont rendue malade, c'est de leur faute, à ces bouffons, pas la tienne !
╴ Minho, ton langage.
╴ M'en fous, papa, c'est que des ordures ! Moi, je me sentirai mieux seulement si vous, ça va, ok ? J'en peux plus de vous voir amorphe, vous comprenez ?
╴ Ecoute, loulou ...
╴ Je suis qu'un satané gosse immature, j'ai besoin de vous ! Alors, si vous allez pas bien, bah moi non plus je vais pas bien ! Tout ce que je veux, c'est vous voir heureux.
╴ Mon petit cœur. Viens. » avait murmuré madame Lee de sa faible voix.
D'abord, il fit la grimace face à l'invitation de sa mère. Il n'avait pas envie d'étreindre un fantôme, et se gifla mentalement pour le penser. Toutefois, il s'avança et une fois dans les bras de sa maman, il pleura comme un bébé. Et ça faisait du bien, il avait enfin l'impression d'être son enfant. A ce moment-là, elle avait repris sa place de parent, Minho se sentit plus fort qu'avant, entouré de cet amour dont il avait manqué ces dernières années.
« S'il vous plaît, je veux juste passer mon brevet.
╴ Bien-sûr, mon grand, tout ce que tu voudras. » sourit son père.
C'est beau le sourire d'un parent.
« Et je dirai au-revoir à mes amis, ils m'ont beaucoup aidé, vous savez.
╴ Alors, je leur suis sincèrement reconnaissante. » souffla sa mère, alors qu'elle fût prise par la fatigue.
Cet échange avait été riche en émotion, elle avait besoin de se reposer. Evidemment, ça ne l'avait pas miraculeusement guérie, mais ils avaient tous un espoir, celui que les choses s'arrangent. Même si la femme restait une figure effacée, elle était heureuse de rentrer dans son pays. Ça ne se voyait pas sur son visage car elle avait perdu de son humanité, à force d'être plongée, malgré elle, dans une spirale infernale, elle devait réapprendre à vivre.
Lorsque Minho reçut son diplôme, il regarda un à un chacun de ses camarades, ceux qu'il fréquentait, ceux qui étaient dans sa classe. Il les gratifia d'un sourire et se promit d'aller les voir personnellement pour leur dire merci, il était reconnaissant envers tous.
Madame Lee avait encore du mal à marcher, mais elle avait accepté de faire de la rééducation. Désormais, elle pouvait au moins se déplacer dans la maison sans se tenir aux murs, c'était déjà bien.
Quelques jours après l'obtention de son diplôme, Minho fût invité à une autre discussion familiale. Cette fois, ce fût la mère de famille qui prit la parole. Elle avait toujours ses cernes, mais au moins, elle pouvait se déplacer jusqu'au cabinet du docteur.
« J'ai discuté avec le médecin. Il m'a conseillée d'aller à la campagne. Mais, on a toujours la maison en ville, alors si jamais vous voulez y aller, je vous rejoins-
╴ Hors de question, maman ! On vient avec toi.
╴ Minho a raison, c'est une excellente idée, mais on va là-bas ensemble.
╴ Merci ... » répondit-elle.
La femme pleura de nouveau, mais réellement cette fois. L'adolescent n'aurait jamais cru un jour se sentir heureux à l'idée que sa mère pleure. Car pleurer, ça montre qu'on a des sentiments et qu'on est en vie, c'est un brin d'humanité qui ressort et ça fit du bien au brun d'en être témoin.
« C'est normal, maman.
╴ Maintenant, il faut trouver un logement.
╴ Et un village. » ajouta Minho, complètement investi.
Il fit des recherches le soir même, déterminé à trouver le lieu idéal. La Corée du Sud n'était pas un pays très grand, nul besoin de fouiller pendant des jours pour se décider.
Le lendemain, Minho se leva, tout excité.
« Paju ! C'est pas très loin de la capitale, regardez.
╴ Bonjour à toi aussi, Minho. » plaisanta monsieur Lee.
Ça aussi, ça lui avait manqué, rire avec ses parents, c'était un peu leur marque de fabrique. Une famille chaleureuse qui n'avait pas peur de se charrier, complices de fou rire et témoignant d'une grande affection les uns pour les autres. Cependant, ils n'avaient pas encore retrouvé leur équilibre qui marquait la solidité des Lee (n/a : je vous autorise à faire des jeux de mots, ne vous retenez pas haha).
Ainsi, ils avaient pris un joli petit appartement dans le village. Pendant une année, madame Lee respira la liberté et son époux continua le télétravail, comme en France. Elle fût mise en arrêt mais sa boîte lui gardera une place jusqu'à son retour.
Ils avaient décidé de retourner dans leur maison l'année suivante. C'était étrange, ils s'accordaient pour dire que c'était comme un rêve, revenir sur le lieu où ils avaient vécu un long moment était surréaliste.
Ainsi, Minho se retrouva à cette fête, et il passa son premier jour dans le lycée de sa ville natale auprès de ses anciens amis. Il était littéralement collé à Jisung, enfin personne ne savait qui se collait à l'autre, mais ils se séparaient uniquement le temps des cours. La journée fût à la fois longue et rapide.
Il fût convenu que ce soir-là, monsieur Lee ira chercher son fils au lycée. Profitez une dernière fois de la voiture avant le bus, Minho n'avait pas refusé un instant.
Toutefois, au loin, il reconnut une autre voiture à côté d'une silhouette féminine. Elle regardait son téléphone, et plus il s'approchait, plus Minho était heureux. Il s'assura que Jisung était toujours avec lui, et celui-ci se mit à s'exciter en remarquant la femme.
« Hé, mais Minho ! C'est pas ta mère, là-bas ?
╴ Bien vu, mon p'tit génie.
╴ Madame Lee ! Bonjour !
╴ Mon Dieu, Jisung, comme tu as grandi ! Tu es devenu un beau jeune homme. Ça fait si longtemps, je suis heureuse de te voir.
╴ Moi de même. Vous allez bien ?
╴ Oui, merci. Et toi ? »
Le blond acquiesça vivement.
Evidemment, Minho n'avait pas eu le temps de raconter à son ami de toutes les péripéties qu'avait traversé sa famille. Il ne pouvait pas savoir à quel point sa question avait du sens, à quel point elle était importante, le brun ne sût retenir un sourire.
« Je vais aller prendre mon bus ! Allez, Minho, à demain ! Et bonne soirée, madame Lee ! Au plaisir de vous revoir ! » salua Jisung avant de se sauver jusqu'à l'abri bus.
La maman du brun se mit à rire alors que le vent soulevait ses cheveux détachés. Ils étaient beaux depuis qu'elle en reprenait soin, ils brillaient, comme le visage de la femme.
« Qu'est-ce qu'il parle bien, Jisung, pour un garçon de son âge.
╴ Il a toujours été très poli avec toi et papa. » fit remarquer Minho.
Sa mère approuva du chef.
« Demain, vous prenez le même bus. Vous avez échangé vos numéros ?
╴ Déjà fait, depuis la soirée. »
Madame Lee pouffa, espiègle.
« Mh, je vois.
╴ Hé, commence pas à te faire des films.
╴ Moi ? Me faire des films ? C'est pas mon genre !
╴ Bien-sûr, oui, bien-sûr. » répliqua Minho en plissant les yeux, méfiant, c'est qu'il connaissait assez sa mère pour savoir ce qu'elle avait en tête.
La femme avait retrouvé son humour, son fils en fût enchanté, ils pouvaient enfin se chamailler tranquillement, sans se soucier de la réaction de l'autre. C'était amusant, ils étaient de nouveau complices, riant ensemble comme au bon vieux temps.
Les années en France avaient laissé une cicatrice dans la famille, et plus particulièrement dans le cœur de la trentenaire, frôlant la quarantaine comme son époux. Mais elle se reconstruisait petit à petit, elle était même heureuse de reprendre le travail et retrouver ses collègues. Elle les avait contactés à son retour en Corée, sur le groupe chat de la boîte, tout le monde avait témoigné de leur joie à l'idée de la revoir. Ils s'entendaient tous très bien, madame Lee était aimée par la grande majorité, elle en inspirait même certains de par sa philosophie de vie et son visage aussi lumineux que le soleil au printemps.
Quant à lui, Minho avait hâte d'être demain. Il allait rejoindre Jisung dans le bus pour la première fois, car en primaire, leurs parents les déposaient et les ramenaient en voiture. C'était une toute nouvelle histoire qui s'inscrit dans leur vie.
Désormais, Minho avait toutes les cartes en main pour briller. Il avait même un charmant blond aux reflets roux à ses côtés, avec des joues rondes qu'il avait tant envie d'embrasser.
⬤⬤⬤
(Minho le plus beau
regardez l'homme)
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