𝐒𝐜𝐞̀𝐧𝐞 𝟐𝟑
(♬) 𝕷'𝖆𝖒𝖔𝖚𝖗 𝖊𝖘𝖙 𝖊𝖓𝖋𝖆𝖓𝖙 𝖉𝖊 𝖇𝖔𝖍𝖊̀𝖒𝖊
𝕴𝖑 𝖓'𝖆 𝖏𝖆𝖒𝖆𝖎𝖘 𝖏𝖆𝖒𝖆𝖎𝖘 𝖈𝖔𝖓𝖓𝖚 𝖉𝖊 𝖑𝖔𝖎
𝕾𝖎 𝖙𝖚 𝖓𝖊 𝖒'𝖆𝖎𝖒𝖊𝖘 𝖕𝖆𝖘 𝖏𝖊 𝖙'𝖆𝖎𝖒𝖊
𝖘𝖎 𝖏𝖊 𝖙'𝖆𝖎𝖒𝖊 𝖕𝖗𝖊𝖓𝖉𝖘 𝖌𝖆𝖗𝖉𝖊 𝖆̀ 𝖙𝖔𝖎 (♬)
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Le trajet jusqu'à l'appartement des Han s'était passé dans un silence religieux, le jeune garçon appréhendait la réponse de sa mère. En effet, il avait été convenu que la décision reviendrait celle-ci. Jisung voulait tellement inviter ses copains et copines pour son anniversaire, il le désirait plus que tout. Oui, c'était nouveau pour le blondinet car seul Minho avait eu l'opportunité de venir chez lui.
Le souvenir de ces après-midis d'été aux côtés de son ami le plus cher eût le mérite de le faire sourire. Aujourd'hui, il espérait créer de nouveaux moments de partage et d'amitié pure, des instants mémorables avec celles et ceux qu'il aimait.
« Ta maman arrive plus tard, mon grand.
- D'accord ...
- Tu y tiens tant que ça, Ji' ?
- Bah oui, papa ! C'est la première fois !
- Mh, je vois. »
Il songea un instant à la puissance des mots de son enfant.
Finalement, la porte s'ouvrit sur madame Han qui lâcha un soupire d'aise, enfin chez elle, même si ce n'était là que le début de la semaine. Elle avait encore un projet à rendre avant vendredi. Mais pour l'heure, elle allait profiter de son foyer.
Lorsqu'elle vit son fils debout sur un tabouret face au plan de travail, dans la cuisine, elle sourit. Il était entouré des bras de son père qui l'aidait à couper des carottes, très certainement. Ça sentait bon, dans ce petit appartement. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais un rire s'échappa de sa bouche et elle tenta de le retenir en vain, ne voulant pas déranger les deux cuistots.
« Ah, chérie ! Tu es rentrée ?
- Maman !
- Coucou, mon cœur ...
- Regarde, maman, on prépare une salade avec papa. Et même que c'est moi qui coupe les carottes, t'as vu ?
- Et tu t'es pas coupé, trésor ? C'est risqué d'utiliser un couteau. »
A quelques pas de là, le bassin appuyé sur le meuble de la cuisine, monsieur Han observait ces deux magnifiques personnes qu'il chérissait tant. La vue était belle, Jisung sautillait autour de sa mère en faisant de grands gestes, et pour une fois, la femme n'était pas fâchée de le voir dans cet état. Au contraire, son regard était doux, comme si son enfant lui avait manqué. Il sursauta presque lorsqu'il croisa le regard de son épouse, son regard perçant sous ses longs cils et un sourire se dessinait sur ses lèvres fines. Elle était belle, ça il n'en doutait pas. Il n'a jamais cessé de l'aimer comme un fou, mais ces derniers temps, il s'était habitué à cette chaleur et oubliait à quel point ça le rendait heureux. Comme si être amoureux n'était rien d'extraordinaire, un sentiment quotidien sans étincelle.
Pourtant, il sentait toujours des vagues lui tordre délicieusement le ventre lorsqu'il se perdait dans ses yeux, son parfum lui faisait perdre la tête et sa voix lui donnait envie de chanter. Oui, mais il était tant convaincu de ses sentiments, qu'il oubliait la valeur de l'amour. Cependant, ce jour-là, il eût l'impression de se prendre la vérité en pleine face, il passait à côté de son bonheur. Il avait cessé de chérir ces instants précieux, il ne savourait plus l'intensité des émotions qui voyageaient en lui.
Et ce petit bout de chou, au joli nom de Jisung. Il avait la sensation d'avoir creusé un faussé entre eux, il s'en rendait compte, désormais. C'était à la limite si son fils ne le vouvoyait pas, leurs échanges n'avaient rien de chaleureux, n'étaient-ils pas des étrangers ?
Les traits solaires de son petit bout de bonheur réchauffaient de nouveau son cœur. Ah oui, ce n'était pas aisé de vivre avec un enfant comme Jisung. Il partait dans tous les sens, parfois, c'était difficile de le calmer tant ses émotions étaient fulminantes. Mais bon sang, c'était la chair de sa chair, et ce garçon-là, il valait de l'or. C'était un peu une explosion de saveur, car tout était intense chez lui et d'un côté, il lui ressemblait un peu. Cependant, avec l'âge, monsieur Han avait appris à dissimuler le tourbillon qui autrefois le malmenait.
Seulement, Jisung était un être à part, c'était une évidence. Il ne savait pas vraiment si c'était une bonne chose, est-ce que son fils souffrait ? En tant que père, que pouvait-il faire pour le bonheur de ce petit bout d'homme ? Il l'ignorait.
« Dis, Papa ? Tu es déçu ? »
Diable que lui avait-il pris ? Il fronça les sourcils, c'était de sa faute, il faisait tout de travers à se cacher derrière son travail. Si Jisung en était venu à cette conclusion, ce n'était pas sans raison.
« Moi, j'suis pas un bonhomme ! »
Ca l'avait chamboulé, il ne pensait pas que le petit prenait tant les choses à cœur. Un simple surnom l'avait mis dans tous ses états. De toute évidence, Jisung était un enfant sensible, et il eût peur de passer à côté de ça. Ce n'était pas un « simple surnom » pour le blondinet, chaque mot avait un sens, monsieur Han s'en sentait désolé. Il n'avait pas pris le temps de connaître le cœur de son fils, il n'avait fait qu'avancer tête baissée. Cependant, il n'a pas toujours été ainsi.
C'était autrefois un homme très attentionné, il veillait toujours sur les autres. Il notait chaque détail qui composait la vie de sa future épouse. Il n'avait d'yeux que pour elle, sans pour autant négliger ses amis.
Il s'était enfermé dans un quotidien morne, il passait plus de temps avec ses collègues de bureau qu'avec sa famille. C'était désolant, il commençait à le regretter.
La voix de sa femme le sortit de ses tourments.
« Tu as passé une bonne journée, chéri ?
- Oui, Jisung était surexcité à l'idée qu'on fasse à manger ensemble. Et on a bien travaillé, hein mon grand ?
- Oh oui, ça s'est sûr ! » avait ri le jeune garçon.
Madame Han arqua un sourcil. A vrai dire, elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui parle de sa fin de journée avec leur fils. Elle avait l'habitude qu'il lui parle du bureau, mais il n'en était rien. Ça l'avait rendue si heureuse, qu'elle porta ses mainsà sa bouche.
« Ça va, maman ? »
Il avait beau être tête en l'air, toujours à courir à droite à gauche, Jisung n'en était pas moins observateur. D'autant plus lorsqu'il s'agissait de sa mère.
« Oui, petit cœur. Maman est juste très heureuse de rentrer.
- C'est dur le travail, aujourd'hui ? Tu es fatiguée, hein, dis ?
- Non, Jisungie. Tout va bien, je suis si heureuse de vous voir, mes deux amours. »
Ce n'était pas courant qu'elle l'appelle ainsi, mais ça faisait toujours chaud au cœur, parce que c'était joli « Jisungie » sur de la voix de sa mère. Ca chantait, ça dansait, et ça rendait la vie plus légère. Il avait envie de tourbillonner en riant.
De son côté, monsieur Han n'était pas en reste. Il sentit son cœur gonflé, « mes deux amours » c'était beau, ça ravivait la flamme de ses sentiments.
Soudain, il tapa dans ses mains.
« Oh, mais c'est vrai. Tu n'avais pas quelque chose à demander à ta maman, Ji' ?
- Hein ? Ah bon ? »
L'homme pouffa, c'était du Jisung tout craché.
Il s'approcha de lui, comme pour lui dire un secret.
« Ce week-end, ton anniversaire ...
- Ah oui ! C'est vrai ! »
Monsieur Han se redressa d'un coup en se tenant l'oreille. Le blondinet n'avait pas su retenir son excitation, une fois encore, et lui avait grillé les tympans.
Bien entendu, il ne le fit pas remarquer et Jisung ne s'en était même pas rendu compte. Il avait soufflé du nez, amusé ... et bientôt sourd.
« Maman, maman, c'est mon anniversaire samedi !
- Ah ça, je ne pourrais pas l'oublier ... »
Elle se souvînt rapidement de la naissance de Jisung. Comment oublier cette date ? Impossible.
« Est-ce que je peux inviter mes copains et mes copines ? Hein ? Dis ?
- Mais, ça fait combien, tout ce monde ?
- Bah euh—attends ! Trois, sept ... Oui, c'est ça ! Ça fait sept !
- Sept ? Mais enfin, Jisung ... Comment veux-tu ? L'appartement est trop petit. »
Evidemment, il était déçu. Seulement, il ne protesta pas. Non, à la place, les larmes parlèrent d'elles-mêmes. Il ne savait pas les retenir, elles étaient toujours trop lourdes dans ses yeux.
« Jisungie ? Tu pleures ? Oh non, mon amour ...
- Maman ... » renifla-t-il.
Le couple Han se rapprocha de leur fils et se mit à sa hauteur. La maman de Jisung l'enlaça doucement, et son papa posa une main sur son épaule. Ils s'échangèrent un bref regard, tous les deux inquiets.
« C'est—c'est ... » articulait mal le blondinet.
Il peinait à respirer calmement. C'était douloureux dans sa poitrine, des petites aiguilles qui rentrent et qui sortent.
« C'est la première—première fois que j'ai des—des amis ... Et—et—et ...
- Jisung ! Hé, petit chat ... » essaya son père.
Rien n'y faisait, il était secoué par ses pleurs.
« Moi—moi, je voulais ... Non, mais moi—moi j'avais en—
- Ecoute, mon petit cœur. D'abord, reprends ta respiration. Tout va bien, trésor, on va en parler, calme-toi. »
Elle lui massa le dos en faisant des petits cercles de sa main. Son père embrassa le sommet de son crâne, et ainsi le blondinet se calma peu à peu.
Lorsque son souffle reprit un rythme raisonnable, la femme s'éloigna pour regarder son enfant dans les yeux. Elle souleva une mèche blonde pour mieux voir Jisung et son regard brillant à cause de ses dernières larmes. Il avait la mine fermée, il hoquetait encore un peu.
« Mon amour, écoute-moi. Ça te tient vraiment à cœur ? »
Encore secoué par ses sanglots, Jisung ne put que hocher de la tête vivement.
« C'est un peu petit, ici ...
- Mais c'est joli ! » assura le blondinet.
Monsieur Han sourit, car ça n'avait pas vraiment de rapport avec la place. Ça n'allait pas pousser les murs de l'appartement.
« On peut peut-être pousser la table, là-bas. » proposa le père.
Ils tournèrent tous la tête vers la direction indiquée.
« Et le canapé ici, ça agrandira l'espace ... Mais ce sera moins joli ... » plaisanta-t-il, histoire de mettre un peu de légèreté.
Ca eût au moins le mérite de faire rire Jisung et sa mère. Les deux s'échangèrent un regard complice, et finalement, le jeune garçon renchérit.
« Mais c'est pas vrai, ça ! Ma maison, elle sera toujours la plus joli ! Hein c'est vrai, maman ?
- Bien-sûr, mon ange, bien-sûr.
- Bon, et bien c'est réglé ! Allez, à table tout le monde ! On continue la conversation en mangeant, je meurs de faim. »
Madame Han approuva, et Jisung sauta sur sa chaine. Il se sentait fatigué, tout à coup. Cependant, il n'avait pas fini. Enfin, il n'avait pas commencé d'ailleurs. Il voulait expliquer à ses parents la situation.
« C'est pas un caprice ...
- Mais personne n'a dit ça, mon grand.
- Nan, mais papa, vraiment ! C'est la première fois que j'ai des copains et des copines ! Et je veux les inviter ! C'est la première fois que je peux inviter quelqu'un pour mon anniversaire ! Tout le monde s'amuse à leur anniversaire ... Mais moi, bah moi, je pouvais pas ... Parce que les enfants ... Ils étaient pas gentils. »
Le jeune garçon baissa la tête, et monsieur Han serra légèrement ses poings autour de ses couverts. Qu'il se sentait misérable. Sa femme lui accorda un regard, et ça eût le mérite de l'adoucir un tant soit peu.
« C'est giga important ! Moi aussi, je veux faire la fête ! Un anniversaire, ça doit être trop chouette ! Je veux pas de papi et mamie qui disent des trucs méchants !
- Ji' ...
- Pardon, papa ... C'est ...
- C'est rien, mon garçon. C'est rien, va, je comprends.
- On les laissera plus dire des choses pareilles !
- C'est vrai, maman ? »
La lumière dans les yeux de Jisung aurait pu être belle, mais elle n'était que le reflet de la dure vérité. Elle rappelait les innombrables reproches, ses repas interminables qui rendaient tout le monde nerveux à la fin de la journée.
Non, ils n'en voulaient plus.
Le couple Han ne voulait plus de cette méchanceté gratuite, ces conseils ridicules et cette mauvais foi. Les deux parents ne méritaient pas ça. Et Jisung, non plus.
Il avait hâte de fêter ses sept ans.
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