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Mjöltznir 6/9

Les heures tournaient et le ciel couvert s'éclaircissait lentement.

Toujours prisonnière de la cabane de Wolfrey, Jaya, épuisée mais résolue, examinait frénétiquement chaque recoin, chaque ombre, en quête d'une issue vers la liberté. Son visage était marqué par l'insomnie, ses yeux brûlaient de fatigue, mais son esprit était aussi tranchant qu'une épée. Chaque fissure dans le bois vermoulu pourrait être un potentiel chemin de sortie.

Finalement, elle s'arrêta sur une armoire, dont la silhouette solide se découpait contre la lueur délicate d'une fenêtre cachée, marquée par l'absence d'un petit fragment de verre. Un frisson d'espoir courut immédiatement le long de son échine. C'était un risque, mais également son unique chance. Elle devait agir vite. Wolfrey, dans son souci constant de contrôle, visitait fréquemment la cabane.

Jaya entreprit de déplacer la lourde armoire qui barrait son chemin vers la fenêtre. Hélas, ses forces défaillirent rapidement. Elle grogna entre ses dents, déçue, mais déterminée. Ce n'était qu'un premier essai.

Alors qu'elle s'apprêtait à recommencer, la porte de sa sombre prison s'ouvrit subitement, la figeant dans une terreur glaciale. Wolfrey, faisant irruption sans crier gare, la surprit en pleine tentative d'évasion. Un silence pesant s'installa, lourd de conséquences, et Jaya craignit la réaction de son geôlier qui venait de refermer la porte derrière lui.

Cependant, il afficha un sourire narquois.

— Moi qui était venu pour savoir si vous n'aviez besoin de rien, très chère, je suis déçu de vous voir tenter de nous fausser compagnie, malgré tous nos égards. Vous êtes bien comme votre mère. Un caractère difficile et indomptable, digne de la géante qui sommeille en vous.

Jaya, désemparée et confuse, ne comprenait pas ce qu'il voulait dire.

— Qu'est-ce que vous avez dit ?

Ricanant, Wolfrey se délectait de son regard gorgé de questions.

— Vous ne le savez pas, jeune fille ? Cet héritage de la famille De Myre...

— Quel héritage ? De quoi parlez-vous ?

La voix de Jaya, gagnant en fébrilité, se faisait de plus en plus tremblante, captivant l'attention de Wolfrey.

— Moi qui pensait que Chrysiridia vous en avez parlé. Alors, vous ne savez rien sur la géante. Celle qui a détruit Alhora, il y a dix-sept ans.

La géante ? Parlait-il du... Géant Gelé ? Ce sombre nom fit naître en elle une cascade de frissons, envahissant chaque parcelle de son être.

— En étant femme, vous êtes héritière d'un pouvoir ancien et redoutable, ma chère, qui avait le potentiel de causer la destruction.

— Je... je ne comprends pas... Qu'est-ce que le Géant Gelé a à voir avec ma famille maternelle ?

Un rictus malsain se dessina sur le visage de Wolfrey.

— Vous êtes des Géantes Gelées. Aussi bien Chrysiridia... que vous, très chère. La géante ayant attaqué Alhora était la sœur de Chrysiridia, après qu'elle eut perdu l'esprit. J'étais là, je me souviens lorsqu'elle s'est déchaînée pour partir vers cette terre de meurtriers. Chaque femme de la famille De Myre reçoit cette malédiction dès sa naissance et elle prend le contrôle lorsque le réceptacle éveille son Risen. Dès lors, la haine s'empare du corps, les cris deviennent mortels et la force est décuplée, tout comme la grandeur.

Dos au mur, Jaya se sentait écrasée de toutes parts face à ces révélations. Une larme glissa sur sa joue blême, suivie d'une autre alors que tout prenait enfin un sens. C'était donc cela ? Cette vérité... ce qui résidait en elle. La raison pour laquelle Malista et le père Thésélius avaient péri dans ses cris de haine. La raison pour laquelle sa mère avait scellé son Risen, pour que jamais cette géante ne se manifeste...

Elle était en réalité cette entité qu'elle avait craint depuis son enfance. Ce traumatisme qu'elle n'avait jamais pu enfouir. Ce cœur bleu scintillant, imprégné de glace... palpitait en elle.

Non, c'était impossible... elle refusait de croire les paroles de ce bonimenteur !

— Je ne vous crois pas... Vous tentez de me manipuler.

— Pourtant vous devriez me croire. Votre chevelure est la preuve même que la géante est prête à se réveiller.

Lentement, il s'approcha d'elle, dominant son corps frémissant de sa stature imposante. Une de ses mains se tendit pour capturer une mèche blanche, délicatement entremêlée de cheveux noirs.

— C'est ce qu'il se passe. Par étape. Doucement.

Puis, il prit ses mains entre les siennes et les retourna, exposant les paumes vers le haut.

— La glace sur la peau... Elle remonte et recouvrira bientôt tous vos os.

Dans un geste brusque, il saisit fermement ses poignets. Elle sursauta, prise par surprise.

— Oui, le processus a déjà commencé... et je suis curieux de voir votre rage de plus près, ma jolie.

La lueur malsaine qui brillait dans les yeux de Wolfrey inquiéta Jaya qui le fixait sans démordre, tel un papillon attiré par une flamme destructrice. Son cœur se serra instantanément, lui révélant que derrière cette expression se cachait un plan terrible.


Sous la contrainte, Jaya fut entraînée à l'extérieur, la peur nouant son ventre. Le soleil se levait difficilement, déployant ses rayons timides pour éclairer la montagne et sa couverture de neige pure qui s'étendait sur les terres arides de Mjöltznir. Aride était le mot juste. Depuis son arrivée dans les Montagnes Boréales, Jaya n'avait jamais contemplé un endroit aussi lugubre. De jour, elle y voyait bien plus clair.

Les sapins étaient absents de ce paysage austère. Seuls leurs cadavres secs tiraient leurs branches vers le haut, comme des âmes tourmentées implorant Ymos de leur rendre leur beauté. Les sommets acérés de roches noires s'élevaient vers le ciel, des crocs surgissant du sol. Le silence régnait en maître, perturbé uniquement par le vent glacial qui murmurait sinistrement à travers les crevasses rocheuses.

Mais le danger se constituait bien davantage en ces silhouettes revêtues de peaux de lycans qui émergeaient des quelques pauvres cabanes de bois entourant celle de Wolfrey.

Entraînée au centre de cette décadence, les regards pesants des bannis qui l'entouraient ne faisaient qu'accentuer son angoisse. Ils clamaient le nom de Chrysiridia, dans un soupir animal. Tels des cannibales affamés, ils la scrutaient avec avidité, prêts à se délecter de sa peur.

Maintenue par le chef aux yeux bicolores, Jaya trembla malgré elle, ses genoux menaçant de céder sous son poids.

— Mes amis, ce jour que nous attendions tous est arrivé, commença Wolfrey. Ce jour où notre vengeance prend enfin forme. Nous sommes les exilés, les bannis, ceux qui ont été chassés de notre foyer par la main de Chrysiridia et sa lignée. Nous avons été jetés dans les cratères sans vie de Mjöltznir et laissés pour morts ! Mais aujourd'hui, mes amis, nous brandissons l'étendard de la justice et de la résistance, car notre heure est venue de reprendre ce confort d'autrefois.

Les grondements d'accords se mêlèrent à la voix envoûtante de Wolfrey. Haletante, Jaya observait avec crainte ces silhouettes émaciées, brandissant leurs armes vers le ciel. Elles entonnaient un espèce d'hymne sinistre en son honneur.

— Nous avons été chassés, humiliés, et nos âmes ont été meurtries à cause de nos fautes. Nous n'avons guère droit au pardon ! Mais nous sommes réunis ici, unis par notre désir commun de reprendre ce qui nous a été arraché... grâce à cette jeune fille.

Soudain, Wolfrey poussa Jaya au centre de la foule rassemblée. Sans accroche, elle commença sérieusement à paniquer, le cœur fou d'angoisse. Tel un prédateur, le chef se mit à tournoyer autour d'elle, sans relâche, créant une tension palpable dans l'air.

— Elle s'appelle Jaya. Elle est une De Myre.Vous savez ce que cela signifie.

Ils ricanèrent. Jaya se sentait tel un animal précieux, exposé derrière les barreaux d'une cage, que des individus vils se divertissaient à effrayer. Une curiosité à la merci de leur amusement pervers.

— Son pouvoir... est notre arme secrète. Avec la force de la géante sommeillant en elle, nous allons renverser Thorimay qui a régné bien trop longtemps sur cette montagne et prendre ses rênes. Et Chrysiridia sera témoin de notre courroux... et de notre triomphe.

— Je refuse de faire quoique ce soit pour vous ! clama la princesse, horrifiée par ce discours. Vous n'avez aucun droit de me soumettre !

Wolfrey ricana.

— Très chère, vous n'aurez pas le choix. J'espère que vous avez un bon entraînement en matière de combat et de magie, car il n'y a qu'un moyen de réveiller la géante...

Une vague de glace parcourut le corps de Jaya alors qu'elle vit les hommes se rapprocher d'elle, armes à la main, animés par une soif insatiable de spectacle.

— C'est de la forcer à laisser exploser toute sa haine la plus pure et la plus profondément enfouie. Et rien de mieux qu'un petit tournoi pour savoir lequel d'entre nous réussira à vous mettre hors de vous.

— Non, vous ne pouvez pas ! Je refuse d'utiliser la magie !

— Dans ce cas, vous mourrez ici, ma jolie. Et je ne vous promets pas que mes hommes laisseront ensuite votre cadavre offert en paix, si vous voyez ce que je veux dire.

Jaya eut un relent de dégoût au fond de la gorge à cette pensée.

Confrontée à cette situation critique, Jaya se demandait si elle avait réellement le choix. Elle aurait souhaité en avoir un, mais si elle espérait survivre, voire leur échapper, elle allait devoir se battre. Mais comment sans recourir à la magie ? Elle se sentait faible, et n'avait jamais réussi à maîtriser le Vhaïka comme Vadim aurait voulu lui enseigner.

Face à tant d'ennemis, seule, dépourvue d'armes et de magie, avait-elle la moindre chance ?

Ramenant toute l'attention de son invitée sur lui, Wolfrey leva alors ses mains de façon théâtrale au-dessus de ses épaules.

— Qui veut commencer ?

La tension emplissait l'atmosphère alors que Jaya se retrouvait face à l'un des hommes de Wolfrey. Grand et robuste, il demeurait le plus costaud du groupe. Son regard fixe et résolu révélait à la fois sa volonté de se défendre, mais aussi sa peur de recourir au Risen qui aurait pu causer d'irréparables dégâts.

Si ce que Wolfrey disait à son sujet était vrai, concernant la géante, elle ne devait surtout pas laisser sortir sa magie. Sous aucun prétexte.

L'homme, armé d'une lance aiguisée, chargea Jaya avec fureur. La pointe de silex brillait dangereusement à la lueur du soleil levant, menaçant de percer la défense fragile de la jeune femme.

Jaya se déplaça avec douleur, esquivant à grandes peines les assauts de son adversaire. Ses quelques enseignements de Vhaïka lui furent essentiels pour garder ses distances et danser sur le fil pour éviter la brutalité des attaques.

La lance fendit l'air avec un sifflement aigu, et promptement, la brune s'effondra au sol, roulant habilement de côté. L'arme s'écrasa violemment dans l'empreinte encore chaude de son corps dans la neige. L'homme, dans un geste de poursuite, la saisit par la cheville pour la tirer vers lui. Or., Jaya lui décocha un coup de talon d'une précision effrayante en plein visage, lui explosant le nez. Des gouttelettes carmin tachèrent le blanc tapis. Le paria recula, grondant sa frustration et sa colère.

Saisissant cette opportunité, Jaya se redressa à toute vitesse, titubante. Toutefois, dans une seconde d'inattention, elle ne parvint pas à esquiver entièrement le revers de lame qui s'abattit impitoyablement sur son épaule. Un cri s'échappa de ses lèvres. La douleur se propagea aussitôt, ardente et cruelle, alors que son manteau se déchirait, révélant la peau lacérée et ensanglantée en dessous.

Une grimace de souffrance déforma le visage de la princesse. Les yeux humides, elle serra les dents pour coincer son envie d'hurler davantage et se redressa complètement. La gorge de l'homme vibra d'un rire gras. Elle refusait d'abdiquer face à ces monstres qui se délectaient de sa détresse.

— Allez, à mon tour !

La princesse voyait un autre banni s'avancer pour prendre la relève, armé cette fois d'un long bâton de bois. Le sang qui perlait de sa blessure souillait son manteau, où une tache écarlate s'élargissait peu à peu. Son nouvel adversaire prenait un malin plaisir à lui asséner des coups aux chevilles, la faisant chuter dans la neige à plusieurs reprises.

Jaya les suppliaient d'arrêter. Les échos de sa voix rebondissaient sur les façades rocheuses, mais restaient sans réponse.

D'autres suivirent pour la bousculer, la frapper et agacer son Risen qui vibrait en elle. Il bouillonnait sous sa peau, frappait contre sa cage thoracique et réclamait sa libération pour mieux pourfendre ces immondices vivantes. Elle prit une inspiration, puis le fit taire courageusement en calmant ses émotions mises à rude épreuve. Si elle cédait, c'en était fini d'elle et probablement de cette montagne.

Car elle le sentait... quelque chose forçait en elle. Il poussait, poussait et poussait jusqu'à lui en faire terriblement mal. Et ce n'était pas uniquement son Risen.

Chaque fois qu'elle se remettait sur ses jambes tremblantes, elle était accompagnée d'une sensation de froideur intense dans la totalité de son être. Comme un bain de glace se remplissant peu à peu jusqu'à la gorge. Or, Jaya puisait dans ses dernières réserves de force pour résister sous les yeux avides de Wolfrey.

Alors qu'elle tombait à nouveau au sol, terrassée, endolorie et épuisée, elle le vit approcher, le saint maître des lieux dans sa cape de fourrure.

— Vous êtes résistante pour une gamine si frêle. J'aurais cru que vous céderiez plus facilement, mais... comme votre mère, vous avez le moral dur comme la pierre.

Jaya lui jeta dans les yeux un regard noir. Wolfrey leva lentement sa main droite et un éclair d'énergie bleue jaillit de ses doigts. La foule d'hommes rugit de plaisir, consciente que le moment de vérité était arrivé.

— Je serais moins clément que mes camarades, très chère.

Aux yeux de Jaya, cette scène était une danse périlleuse entre la vie et la mort, où chaque étincelle pouvait sceller son destin. Wolfrey semblait déterminé à provoquer l'éveil qu'elle redoutait plus que tout au monde. C'était une lutte intense, trop intense... Tant et si bien qu'une larme solitaire trouva son chemin sur sa joue diaphane.

— Je vous en prie... Cessez cette folie.

Mais l'orage bleu ne faisait que grandir dans la main de Wolfrey, signe qu'aucun retour en arrière n'était envisageable pour lui.

Du moins, c'était ce qu'il pensait.

Soudain, un cri résonna dans les hauteurs, brisant le tumulte de la bataille. Wolfrey, pris par surprise, fut violemment repoussé en arrière par une force gigantesque, projeté comme une marionnette désarticulée. Le souffle coupé, il tenta de se redresser, mais la puissance de cette magie inconnue était telle qu'il fut maintenu à terre, impuissant, tout comme ses hommes.

Jaya, instinctivement, baissa la tête entre ses bras pour se protéger du choc.

Réprimant une quinte de toux, elle osa lever un œil quand elle sentit une présence imposante dressée entre elle et Wolfrey.

Une silhouette majestueuse, vêtue d'un manteau blanc aux bois de cerf, se découpait dans les nuages de poudreuses soulevés par la rafale, comme une figure mythique sortie tout droit d'un conte ancestral. Des flammèches scintillantes de Risen volaient autour d'elle, tandis que son regard perçant fixait Wolfrey avec férocité.

Les destins s'entrecroisaient et le combat prenait une nouvelle tournure.

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